02/06/2007

Notes à l'école : toujours zéro pour les radicaux !

Cette semaine la Tribune m'inflige un véritable pensum : le député radical Jacques Follonier, maître à penser des radicaux en matière de politique de l'éducation et Jean Romain, maître universel autoproclamé – et complaisamment valorisé par la plupart des médias romands - des questions d'éducation à Genève.  

Avons-nous vraiment mérité cela ? Deux jours de suite en plus ! Mais comment peut-on accorder une telle place à de telles inepties !?

Tout en dénonçant l'intention du Conseiller d'Etat Charles Beer de nommer des directeurs dans les écoles primaires, Jacques Follonier réussit à nous faire croire que les problèmes d'élèves sortant de la scolarité obligatoire sans savoir ni lire ni écrire disparaîtraient grâce aux notes à l'école! Mais comment peut-on croire des choses pareilles ? Qui peut, en 2007 penser que des lacunes aussi graves disparaîtraient uniquement en changeant le système d'évaluation ? Jusqu'à preuve du contraire, en passant des degrés Celsius aux degrés Fahrenheit, la température ne change pourtant pas… Les notes à l'école sont un système d'évaluation archaïque, une majorité de genevoises et de genevois ont pensé que c'était pourtant souhaitable… prenons-en acte, faisons avec. Mais ne faisons pas croire que les performances des élèves en seront améliorées !   Les parents resteront les mêmes, notes ou pas, certains avec de graves lacunes en langue française, d'autres avec de plus graves lacunes encore en socialisation et toujours ceux qui n'arrivent pas à sortir de situations économiques ou affectives catastrophiques.   Les enfants resteront eux aussi les mêmes, notes ou pas, avec les mêmes parents, avec trop souvent des overdoses de télévision, de violence et de publicité, reléguant les valeurs travail, effort, apprentissage intellectuel, intelligence au dernier rang (au premier rang on trouve la prestance physique rehaussée par de nombreux accessoires plus ou moins onéreux allant des habits aux maquillages en passant par les gadgets électroniques et la réussite "facile" par le génie du foot ou de la chansonnette…)   Et M. Jean Romain ferait aussi mieux de s'occuper de ses propres élèves plutôt que de nous sortir à longueur d'année des théories toutes plus fumeuses les unes que les autres sur mai 68 et ses méfaits… Je me demande d'ailleurs ce qu'un psy dirait de cette fixation ? Une déception amoureuse ? Un copain d'alors qui a eu LUI sa photo dans Paris-Match ? Un copain moins doué devenu Conseiller fédéral à sa place ? J'attends volontiers vos hypothèses...   Mais donc, même sans être un spécialiste des questions d'école genevoise (j'ai fait ma scolarité à La Chaux-de-Fonds et mon fils Yann termine ici sa première enfantine - merci et bravo Joëlle !) et sans être a priori un partisan intégral de mesures visant à nommer des directeurs, je ne comprends pas cet acharnement de pitbulls: laissez M. Beer faire son travaille, critiquez-le, mais sans dire n'importe quoi et si vous l'estimez utile, présentez-vous au suffrage universel contre lui lors des prochaines élections… A chacun son rôle ! Et ne faites pas croire que c'est à coup de "yaka" que les choses vont changer : c'est un système complexe, lourd, les conséquences des mouvements se mesurent bien après le coup de barre ! Pour parodier ce stupide socialiste français Claude Allègre, on ne manoeuvre pas un troupeau de mammouths aussi facilement que l'imparfait du subjonctif du verbe aimer...  

Et la Tribune ferait mieux de faire des articles – elle est d'ailleurs parfois capable d'en faire de très bons, si, si ! – plus prospectifs, sur les modèles en vigueur ici ou là, sur les thèses qui se discutent de par le monde plutôt que de redonner la parole à ces tristes sires qui ne nous apprennent plus rien, ce qui est un comble pour parler d'éducation !

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