14/08/2007

SIG, socialistes, primes et copinage : à la réflexion (1)…

J'ai été assez surpris des derniers commentaires reçus sur mon blog au sujet de l'article de l'invité de la Tribune de mercredi 8 août, M. Patrick Dimier.
Evidemment, j'étais sans doute un peu trop "lyrique", vraiment emporté et fâché, trop long surtout, mais je suis perplexe. Quand même perplexe.
Ce qui me choquait et m'avait fait réagir dans le papier en question était que M. Dimier cherche à prouver sa théorie par des faits placés hors contexte et de nature à discréditer le système démocratique genevois dans son ensemble.
Je ne contestais pas son droit de penser, écrire ou dire cela, mais il me semblait pour le moins délicat que la TdG, quotidien incontournable à Genève, accorde une telle place à des propos pareils en sachant pertinemment qu'ils sont de nature à induire les lecteurs en erreur.
Je pense en effet qu'il est très dangereux d'accorder de l'espace démocratique aux thèses populistes, qu'ils s'agissent de celles de l'UDC (on peut d'ailleurs lire avec intérêt l'analyse de Karl Grünberg, secrétaire général d'ACOR SOS racisme, à la page 3 de la Tribune de samedi-dimanche 11-12 août au sujet de l'agression perpétrée par des néonazis à Genève) ou, ici, de celles d'autres mouvements comme le MCG ou personnes comme M. Dimier.
Les réactions reçues sur le blog me confortent d'ailleurs dans la nécessité de faire attention. Le discours "vous êtes tous – moi inclus - des magouilleurs, des apparatchiks, des profiteurs, des corrompus, tous les politiciens, de gauche comme de droite" (avec comme sous-entendu : "moi je ne suis pas comme eux, je ne suis pas de gauche, pas de droite, et bien meilleur qu'eux et je ferai le ménage") contient en lui des germes de réactions violentes (puisque nous serions des "salopards", des "crapules", abusant de la crédulité des électrices et électeurs) lorsque le message est diffusé en direction de personnes qui ne sont pas toutes en état (social, psychique, affectif) de le recevoir, ce qui est de plus en plus fréquent dans notre société à deux vitesses.
Si nous pouvions éviter d'encourager des réactions du type tuerie de Zug, cela me semblerait très raisonnable. Faisons donc attention à ne pas attiser la haine gratuite. Si les personnes indignées à tort ou à raison se contentaient toujours, comme ici, de nous envoyer des volées de bois vert par écrit – ou encore mieux – de s'engager elles-mêmes en politique pour "améliorer" ce qui devrait l'être, il n'y aurait pas de souci.
Maintenant, revenons au fond du problème. Les commentaires reçus sont assez étranges, on me reproche en effet de chercher à couvrir une pratique qui s'apparente au copinage, à un scandale, et à une magouille. Alors que je n'ai pas parlé des primes accordées aux dirigeants de SIG mais des dangereux procès d'intention de M. Dimier.
D'abord pour "Pierre, enseignant du secondaire" (mais existe-t-il vraiment ? il sent un peu la caricature, non ?) car son analyse de texte de "camarade" me laisse songeur : a-t-il vraiment lu dans mon précédent commentaire que je défendais ce système de primes ? Que comme socialiste je partageais cette logique ? Que je cherchais à défendre un système de "privilèges"  ou l'augmentation des inégalités de revenus ?… Etrange… Est-ce la fatigue ? En pleine vacances d'été ? Sans vague de chaleur ? Bizarre, bizarre…
Comme Pierre ne connaît pas non plus M. Patrick Dimier, je suis allé voir sur Google, comme ça nous parlerons toutes et tous en connaissance de cause… et je suis tombé sur deux articles assez récents susceptibles d'éclairer un peu mieux le profil de ce Monsieur :
- Un article de 20 Minutes du 21 juin 2007 intitulé "«Conseiller politique» libéral pour le MCG" qui commence ainsi "GENEVE – L’avocat libéral Patrick Dimier est payé pour donner des «conseils juridiques et politiques» au MCG". http://www.20min.ch/ro/rechercher/story/28969555
- Un article du Courrier du 10 janvier 2007 intitulé "Une frontalière traîne le président du MCG en justice" dans lequel on apprend que le président du MCG, M. Georges Jost, est patron d'une société de téléphone érotique et qu'il est défendu par M. Patrick Dimier.
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=42800&layout=article,latruite
M. Dimier a donc des liens politiques forts avec le Parti Libéral (il en est membre) et le MCG (il lui procure - contre rémunération semble-t-il - des "conseils juridiques et politiques"). Il a aussi manifestement des liens professionnels avec le président du MCG.
L'indépendance de M. Dimier semble donc pour le moins relative, et notamment le fait qu'il appartienne au Parti Libéral n'est pas de nature à rassurer sur l'objectivité des critiques qu'il formule à l'encontre des bénéficiaires du système de primes au sein de la direction de SIG.
Maintenant, revenons à la question des primes. S'agit-il ou non d'un scandale ? On peut jouer sur les mots, mais à mon avis même en étant - comme moi - contre le système de primes, c'est difficile de parler de "scandale". Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a aucun problème.
Et je le répète : je suis contre le système de primes car – comme l'a relevé avec son talent habituel mon collègue député Socialiste Alberto Velasco, membre du Conseil d'administration de SIG (et qui s'est opposé à ce système lors d'un vote) – un tel système peut éventuellement se justifier dans une entreprise confrontée à un marché libre, à un système de concurrence entre différents acteurs, mais n'a aucun sens dans le cadre d'un monopole.
Si j'ai bien compris les choses à la lecture des journaux, M. Raymond Battistella, le Directeur Général – "étonnement" épargné par M. Dimier d'ailleurs – était favorable à ce système de rémunération de ses cadres dirigeants. Et manifestement aussi une majorité du Conseil d'administration de SIG qui a – toujours si j'ai bien compris – voté cette décision.
Je ne sais pas qui a soutenu ou non cette proposition (sauf mon brillant camarade Alberto Velasco qui s'y est opposé), mais à la lecture de la composition du Conseil d'administration de SIG, difficile de prétendre que cela est dû à une "magouille" des Socialistes et des Verts… car ils n'ont pas de majorité au sein de ce Conseil ! En reprenant ce qui se trouve sur le site de SIG, on trouve cette composition, cf. http://www.sig-ge.ch/corporate/l-entreprise-sig/notre-organisation/conseil-administration/index.lbl :

Daniel Mouchet

Socialiste
Président de SIG, Président de Cadiom, Administrateur d’EOS Holding, Administrateur de Gaznat S.A., Administrateur de la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny (SFMCP), Administrateur Télégenève, ancien Maire de Carouge 
Alberto Aliprandi
Radical
 
Patrick Ascheri
Radical
Maire de la commune d’Anières, chef du service des votations
Didier Bonny
PDC
 
Robert Cramer
Les Verts
Conseiller d’Etat
Henri Duvillard
PDC
Maire d’Aire-la-Ville, ancien Député, Entrepreneur
Alain Gaumann
Les Verts
Ingénieur-conseil en énergétique, Administrateur de Gaznat S.A., Président des commissions des deux fonds énergétiques cantonaux, Administrateur de la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny (SFMCP), Administrateur de Securelec SA
Claude Haegi
Libéral
 Président de la Fondation Européenne FEDRE pour le développement durable des régions, ancien Président du Conseil d’Etat et ancien Maire de Genève
Johnny Hamel
Radical
Ingénieur EPFZ/SIA, Président de la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny (SFMCP)
Rudy Jaussi
Ingénieur, représentant du personnel
Claude Marcet
UDC
Expert-comptable, Député, Administrateur des TPG (Transports Publics Genevois)
Alain Peyrot
Libéral
Président d’une régie immobilière, ancien Député
Eric Peytremann
Socialiste
Patrice Plojoux
Libéral
Maire de Russin, Député, Administrateur des TPG et de Genève Tourisme, Administrateur de Gaznat S.A.
Daniel Poscia
Responsable de l’économat, représentant du personnel
Caroline Schum
Les Verts
Marie-Laure Sommer
Ingénieure, représentante du personnel
Eric Stauffer
MCG
Jean-Marc Styner
Responsable maintenance de postes HT, représentant du personnel
Olivier Terrettaz
PDC

 

Manuel Tornare
Socialiste
Conseiller administratif de la ville de Genève
Pierre Vanek
SolidaritéS
Conseiller national, ancien Député
Alberto Velasco
Socialiste
Député, Ingénieur postgradué EPFL en énergie
Cette composition est par ailleurs gravement remise en cause par les projets de loi déposés par les Libéraux, cf. le rapport http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09628A.pdf, et qui auront pour effet essentiel de rendre encore moins transparentes les décisions prises par SIG, puisque l'automaticité de la représentation de tous les partis présents au Grand Conseil disparaît !
Donc à mon avis il y a 2 problèmes dans cette affaire de primes - pas évoqués par M. Dimier mais cela n'est guère surprenant car cela casse sa démonstration du complot, socialiste de surcroît :
1. Qui doit décider du système de rémunération des collaborateurs d'une entité semi-publique ? Le politique (Parlement, Conseil d'Etat) ou l'opérationnel (Le Conseil d'administration) ?
Les Libéraux – docilement suivis par leurs amis radicaux, PDC et UDC - tartinent à longueur d'année sur la "dépolitisation des Conseils d'administration", afin de rendre les décisions de ces conseils moins liées (en réalité : moins liées de façon transparente) à des questions de vision politique et de favoriser leur autonomie. Alors, s'ils sont autonomes, faut-il s'immiscer dans des décisions prises à la majorité du Conseil d'administration ? En plus, en Suisse il est de coutume de laisser les questions de rémunération aux partenaires sociaux, aux employeurs et aux employés : pourquoi faudrait-il qu'il en soit autrement ici ? C'est quand même cocasse de voir un Libéral devenir subitement défenseur de l'interventionnisme public quand une décision lui déplaît !
D'ailleurs la Loi fixe un cadre, le Conseil d'administration prend des décisions dans ce cadre, mais si à chaque fois qu'une décision déplaît à un membre minorisé du Conseil d'administration et qu'il en fait une affaire politique – je ne sais pas pourquoi mais je crois reconnaître là le style du Député MCG Stauffer – et demande un changement de Loi pour passer sa petite lubie, on n'est pas prêt de vivre dans un monde plus simple ! Surtout que rien n'empêche de fonctionner selon les règles habituelles du système politique suisse : rédaction d'une proposition sous forme de motion ou de projet de loi, travail sérieux en commission et vote du Parlement… En ce qui me concerne je suis partagé entre mon opposition à un tel système de rémunération accompagné de primes et la nécessité de garantir une véritable autonomie aux établissements semi-publics ! Donc si l'autonomie prime, je les laisse faire, même si cela ne me plaît pas, et si la "morale" est prioritaire, je soutiendrai un projet qui vise à interdire les primes dans les rémunérations des collaborateurs des entités semi-publiques. N'hésitez d'ailleurs pas à me faire part de vos réflexions à ce sujet, je serai moins bête pour étudier le sujet en commission et le voter le jour venu !
2. Quelles sont les règles et les limites de transparence des entreprises semi-publiques ?
Etant favorable de façon générale à un maximum de transparence dans les activités publiques ou parapubliques (Il y a quelques années, j'ai p.ex. proposé que le rapport d'activités de la Fondetec, www.fondetec.ch, mentionne les rémunérations des membres de son Conseil… et j'étais également favorable à la publication du salaire du directeur et de ses collaboratrices/teurs… Et en ce qui concerne le Grand Conseil, je suis en faveur de la publication annuelle des déclarations fiscales des DéputéEs ainsi que de leurs rémunérations obtenues dans le cadre de leurs activités politiques ou para-politiques (jetons de séances plénières, commissions, rapports, etc. ou de Conseils divers, fondations, entreprises parapubliques, etc.)), c'est là que je trouve que la question des primes n'est actuellement pas réglée de façon satisfaisante par SIG : La rémunération des collaboratrices et collaborateurs se fait habituellement selon une grille connue et publique de classes et d'annuités. Donc sans connaître forcément le salaire exact de telle ou telle personne, on peut connaître exactement les limites fixées aux revenus dans l'entreprise. Avec un système de primes, arbitraire, il me semble alors primordial de garantir la complète transparence des primes versées : qui a reçu combien sous forme de primes ? Le Conseil d'administration doit bien entendu connaître ces montants, mais un contrôle parlementaire doit aussi s'exercer afin de garantir la conformité des procédés avec les intentions exprimées par le Peuple et ou le législateur. Donc si "scandale" il y a, c'est dans l'absence actuelle – et peut-être provisoire – de transparence de SIG à ce sujet !
Mais je me réjouis par avance de savoir qui – quels partis ? - soutiendra des propositions de transparence des revenus !

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10/08/2007

Les "potes aux roses" des SIG : La Tribune se moque de ses lecteurs !

Retour de petites vacances, service "politique" minimum, j'épluche les journaux. Rapidos comme d'habitude et, la pluie aidant, merci aussi aux TPG, je lis même ce que je ne lirais pas forcément en entier. Dans le Tribune, des trucs trop beaufs dès le titre, blabla tartiné par des journalistes fatigués ou des invités (toujours les mêmes) qui trop souvent confondent intelligence et complaisance (ils se pensent intelligents et ne sont que complaisants avec les autres et surtout avec eux-mêmes). Trop beauf quoi !
Mais bon, pour passer le temps…
Je lis donc ce jeudi 9 août la Tribune de hier mercredi 8 août et le blabla de l'invité du jour, l'avocat Patrick Dimier, à la page 21, intitulé "Après le "pot de départ", les "potes aux roses" des SIG".
Haha ! Dès le titre, on est mis dans l'ambiance, humour sophistiqué garanti ! On dirait du Poncet.
Normalement je ne lis pas ce genre de truc, inutile, trop long, encombre le cerveau pour rien. En plus, le titre est suffisamment explicite pour que je comprenne qu'on cherche à faire un amalgame entre les dépenses scandaleuses de la fête de départ de Monsieur Jobin à l'aéroport (si Monsieur Jobin avait payé de sa poche la partie qui dépasse la décence - soit env. 100.- par invité – on pourrait discuter) et les bonus versés aux SIG.
Bof, c'est tellement n'importe quoi, ce que confirme le début du texte, que je m'arrêterais dès la fin du premier paragraphe, en me demandant quand même pourquoi la Tribune offre si souvent autant d'espace pour raconter n'importe quoi…Pourquoi "si souvent" pas pourquoi "n'importe quoi", ça je sais.
Mais le trajet est long, donc je finis par lire le truc jusqu'à la fin, parce que je ne comprends toujours pas le lien supposé entre les 2 sujets.
En haut de la dernière colonne, là, je m'arrête. Et je relis. Les trois dernières phrases. "Le contrôle devrait se faire par le Parlement, de façon neutre. Le rapport du Grand Conseil sur les SIG, exercice 2005, est signé d'une élue écologiste, le parti du ministre de tutelle. La commission parlementaire était présidée par un député socialiste, le parti du président du conseil d'administration!"
Oui, je relis deux fois et je réfléchis : Mais oui ! En 2005, c'est bien MOI qui présidait la commission en question !
Bon, le texte semble avoir été rédigé dans une crise de délire profond, une sorte de théorie du complot et du copinage généralisés, mais quand même ! Qu'est-ce qui peut bien s'être passé pour que je sois ainsi indirectement cité dans un "article" pareil ?
Surtout que je ne suis pas vraiment rassuré par le début du paragraphe suivant "Même si la présomption d'honnêteté doit prévaloir, l'indépendance du contrôle public doit être la règle".
En politique, c'est classique d'entendre et de lire n'importe quoi. Y compris d'être maltraité. Mais ce qui est inquiétant, c'est quand des journaux considérés comme "sérieux" (tout est relatif et on fait avec ce qu'on a) jouent à un jeu que je trouve extrêmement dommageable et dangereux : c'est quand ils cautionnent le discours du "politiciens= tous pourris" en donnant ainsi autant de place à un auteur qui écrit absolument n'importe quoi au regard des faits.
Et attention ! En ce qui me concerne je suis loin de donner un blanc-seing aux pratiques de primes octroyées à SIG !
Mais franchement, si Monsieur Dimier est libre de tenir une prose rappelant celle de M. Stauffer du MCG, ce n'est pas normal qu'un journal sérieux laisse publier des allégations dénigrant ici les socialistes en particulier, mais en cherchant à mettre tout le monde dans le même sac.
Ce n'est pas normal pour moi car si les propos "humoristiques" (du Stauffer-Poncet, certains aiment ça, c'est peut-être lié à une overdose de cocktails mondains et de TF1 ?) de l'invité peuvent être publiés tels quels (on peut traiter les socialistes et moi-même de calvino-marxistes ou de dogmatiques, je n'en ai rien à cirer), encore qu'ils n'apportent pas grand 'chose à la République, il est par contre totalement scandaleux de laisser écrire des choses qui sont volontairement d'une mauvaise foi totale, alors même que n'importe quel journaliste qui suit le fonctionnement du Grand Conseil – même les plus médiocres – sait que cela ne correspond pas à la réalité des faits.
En l'occurrence, si on laisse tomber les parties de délire contre les calvino-marxistes (pourtant cela ne doit pas être les coups de soleil ! C'est plus grave que ça), il y a au moins deux détournements de sens inacceptables et qui n'auraient pas dû être publiés :
1. "Le rapport du Grand Conseil sur les SIG, exercice 2005, est signé d'une élue écologiste, le parti du ministre de tutelle".
Oui, Morgane, députée verte, a fait le rapport. On peut la remercier car la Commission de l'Energie et des Services Industriels travaille – comme trop souvent les commissions - avec un manque de temps et de moyens certain et il n'est de loin pas évident pour des nouveaux députés (regardez les dates : 29 septembre et 6 octobre : c'est le premier rapport pour tous les nouveaux députés de la législation 2005-2009) de mesurer l'ampleur du travail qu'on attend d'eux. Mais comment se passe la désignation d'un rapporteur en Commission ? M. Dimier l'ignore-t-il ? Les journalistes de la Tribune ne sont-ils pas au courant ? Et bien c'est simple : Après le vote final, le Président demande qui souhaite rédiger le rapport (de majorité si il y a une minorité, de la commission si il y a unanimité)… et si personne ne se propose, on cherche un "volontaire", si possible expérimenté…
Et que contient un rapport de la Commission? Un récit factuel des débats et auditions de la Commission, parfois accompagné de commentaires personnels, mais c'est rare.
Donc, que dit le rapport au sujet du vote ? "La commission a voté à l'unanimité des membres présents (2 L, 1 MCG, 3 S, 2 R, 2 Ve, 2 PDC, 1 UDC)….". Donc 8 éluEs de Droite et 5 de Gauche ! Et pas seulement des Verts ou des calvino-marxistes qui ne représentent de loin pas la majorité ! Donc tous les partis politiques ont cautionné le contenu du rapport rédigé par Morgane Gauthier ! Et ça, ni Monsieur Dimier, ni la Tribune ne l'ignorent !
Donc même si la phrase de M. Dimier est exacte, son sens est mensonger : il n'y a aucune relation particulière entre le rapporteur et le Conseiller d'Etat exerçant la tutelle sur SIG.
2. Ensuite, pour ma pomme : " La commission parlementaire était présidée par un député socialiste, le parti du président du conseil d'administration!"
Hé oui, je présidais la commission cette année-là, de novembre 2005 à fin octobre 2006 ! Mais c'est quoi le travail d'un Président de Commission au Grand Conseil genevois ? C'est ORGANISER le travail de la commission, préparer les ordres du jour, les auditions, les votes sous le contrôle permanent et pointilleux des autres membres de la Commission et du Département à laquelle la Commission est rattachée. Tant M. Dimier que les journalistes le savent. Une présidence a peut-être une influence sur le rythme de travail, mais n'a pas d'influence sur le travail parlementaire lui-même, toutes les auditions demandées ont lieu, toutes les questions posées obtiennent des réponses. Tous les Députés, toutes les Députées, quels que soient leurs partis ont donc pu poser toutes les questions (la liste figure d'ailleurs dans le rapport) qu'ils souhaitaient poser, même si - ou bien que - Daniel Mouchet est – soit - socialiste comme moi. Et l'année suivante, le président de la Commission change, par tournus quasi-automatique par parti.
Donc même si la phrase de M. Dimier est exacte, son sens est mensonger : il n'y a aucune relation particulière entre le président de la Commission et le Président du Conseil d'administration de SIG.
Une autre partie qui est totalement navrante dans cet "article", même si, placée dans un contexte plus sérieux, elle peut faire l'objet de discussions politiques musclées et peut-être mériter une remise en cause : le fait que le Président du Conseil d'administration soit membre d'un parti politique, ici socialiste. Pourquoi ou pourquoi pas ? Il faut d'abord rappeler que jusqu'à peu, les conseils d'administration des grandes entités publiques ou parapubliques étaient composés de représentants de tous les partis élus au Grand Conseil. A mon avis, c'est un minimum démocratique (peut-être insuffisant, la Cour des Comptes vient heureusement compléter le dispositif) pour des entités liées à de l'argent public, mais des projets de loi soutenus par la Droite et notamment les Libéraux ont fait voler ces dispositions en éclat, et il restera un nombre réduit de représentants des partis, 2 ou 3, ce qui est particulièrement dangereux. Mais il y a donc des traditions, des tournus, des habitudes quant à la désignation des présidents de Conseil d'administration. Ainsi les TPG ont une deuxième présidence consécutive du Conseil d'administration octroyée à un libéral, ce qui aussi assez "cocasse" (on rit parfois jaune à Genève, ça doit être mon calvino-marxisme qui ressort…) quand on pense que le Parti Libéral est le plus grand pourfendeur des TPG et que la majorité de ses membres pratique l'érotomanie automobile avec un art consommé… Mais c'est une pratique traditionnelle (pas l'érotomanie automobile, sauf chez une majorité de libéraux : l'attribution des présidences de conseils d'administration), qui a ses raisons d'être, qui n'est pas forcément la pire car il est primordial d'avoir de bonnes relations entre les entités parapubliques et le monde politique. Mais on peut en discuter… et de là à y voir une prise de pouvoir occulte quand justement un président est membre du parti socialiste sans détenir la majorité "politique" au sein du Conseil, il faudra m'expliquer comment c'est possible…
Quant à la présence de mon collègue député socialiste Christian Brunier à la direction de SIG, on peut aussi se poser la question de savoir s'il y a des raisons objectives de s'opposer à cette "double-casquette" (si elle existe !). A partir de quel grade hiérarchique et dans quelle structure y a-t-il opposition avec le mandat de Député ? C'est une question essentiellement idéologique mais pour y répondre il faut au moins amener des faits concrets, qui prouveraient l'incompatibilité des statuts. Il n'y a rien dans l'article de M. Dimier. En séance plénière, il m'arrive de penser que Christian ne devrait pas intervenir sur tel ou tel sujet car ils sont trop proches de son statut professionnel mais c'est en même temps tellement logique qu'on parle de ce qu'on connaît ! Ne faudrait-il laisser la parole qu'aux ignares ? Personne n'en sortirait gagnant ! Bref, si le mandat est exercé en toute transparence et que les conflits d'intérêts financiers directs ou indirects sont clairement exposés, je n'ai pas de raison actuellement de penser que c'est un problème d'être à la fois à la direction d'une entité parapublique et député. Pas certain d'ailleurs qu'on puisse en dire autant des députés avocats d'affaires qui ont des mandats dont on ne sait souvent rien mais qui ont des liens directs avec les décisions du Grand Conseil.
Je trouve totalement scandaleux que la Tribune de Genève donne autant de place à M. Dimier pour raconter des salades pareilles, qui n'ont qu'un seul but d'ailleurs : faire croire que les pratiques des politiciens de Gauche (les socialistes à SIG) sont les mêmes que celles des politiciens de Droite… et que donc l'affaire Jobin n'en est pas une. La Tribune de Genève a bien entendu le droit de soutenir des politiciens de Droite (c'est une entreprise commerciale privée), mais elle devrait au moins faire preuve d'un minimum d'honnêteté intellectuelle dans la défense de ses poulains et ne pas chercher à faire le lit du populisme de bas étage auquel elle participe en publiant ce papier… Pas nouveau mais pas glorieux ! Et dangereux pour la démocratie dans son entier !
PS1 : pour plus de transparence, tellement souhaitée par M. Dimier, il aurait également été utile que ce dernier nous explique quels sont ses liens avec les partis politiques genevois.
PS2 : Vous pouvez lire le rapport sur les comptes SIG 2005 sur http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09888A.pdf

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09/08/2007

Auberge de Mont-Cornu : quel bonheur !

Quelques jours de très petites vacances, l'occasion de retourner à La Chaux-de-Fonds, où j'ai grandi. Evidemment que si le temps est au déluge, comme aujourd'hui, ce n'est pas forcément le lieu le plus agréable au monde, avec cette fâcheuse habitude des nuages à s'accrocher juste au dessus de nos têtes (mais par contre - n'est-ce pas mon ami le bourdon des Pâquis ? - ce n'est pas comme à Neuchâtel ou à Genève : on ne baigne pour ainsi dire jamais dans la peuf polluée, le brouillard froid et humide… même si en fait la ville est aussi devenu sur-bagnolisée… hélas, pas de miracle !).
Quand il fait beau, il y a par contre des endroits absolument magiques, parce que la nature est belle, que l'air est vif et frais (bon pour le cerveau à mon avis…), que la lumière et les couleurs sont chatoyantes !
Avec, selon les saisons, des pâturages bien verts, des couleurs d'automne dignes d'un été indien canadien ou de la neige pure et blanche (rare ces dernières années, mais sans canons à neige !), l'Auberge du Mont-Cornu (je dis "du" mais le nom correct est "de"… avant de corriger mon éventuelle erreur, il faut que je réfléchisse…) est un endroit absolument magique !
Non seulement la terrasse offre d'un côté une vue plongeante sur la ville de La Chaux-de-Fonds et de l'autre sur le Jura (le Chasseral trônant un peu vers la gauche) et la maison est magnifiquement fleurie, mais on y mange avec un plaisir infini !
Il y a d'une part des fondues absolument délicieuses (le plaisir est d'ailleurs renforcé par la fraîcheur limpide de l'air), donc quand on y retourne pas très souvent, c'est incontournable, mais tout le reste est également savoureux et tellement bien présenté, notamment avec des fleurs qui décorent les mets… on y retournerait dès que possible !
Et les desserts sont aussi parfaits, beaux et bons à la fois…. et accompagnés par une menthe fraîche ou un petit ristrett', c'est le régal ! Miam !
Bon, en famille avec de petits enfants, c'est une petite trotte en montée à l'aller (le mieux c'est de prendre le bus 1 "Arêtes" jusqu'au terminus, ensuite c'est une descente et une remontée un peu raide… il faut viser l'antenne en haut de la colline !), donc la voiture peut être utile (Mobility, http://www.mobility.ch/, à la gare) mais c'est nettement moins bien pour un petit verre de plus de Neuchâtel ou un petit schnaps… boire ou conduire, il faut choisir !
Et, ô bonheur suprême !, le service est sympathique, souriant, sérieux mais sans chichi…
(pas de site semble-t-il mais regardez http://www.terroir-du-monde.ch/page/rwi-lgs-fr-pgs-list-z... et http://www.360.ch/guide/guide_b.php?lieu=223)
 
PS : A La Chaux-de-Fonds, il y a une autre adresse incontournable et extrêmement sympathique, plus gastronomique, situation géographique moins valorisante et moins commode avec des enfants, c'est La Parenthèse, http://www.la-parenthese.ch/ : A ne pas louper ! Et si vous avez l'occasion de discuter avec les patrons, n'hésitez pas à dire que vous venez sur le conseil d'un client "genevois" (origine non contrôlée…) venu il y a un certain temps – trop longtemps ! – qui cherchait à comprendre le sens profond de la mode des mélanges terre-mer, style coquilles Saint-Jacques dans une fine lamelle de lard grillé… j'aime le lard, oui, j'aime les coquilles Saint-Jacques,oui… mais ensemble ? Pourquoi donc ensemble ?

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