05/10/2007

Habiter mieux et moins cher à Genève : c'est possible. Mais faisons un effort pour y arriver !

Demain, samedi 6 octobre, nous inaugurons officiellement l'immeuble de la coopérative de la CoDHA dans lequel j'habite ici à Plan-les-Ouates. On se réjouit de fêter cette belle réalisation en bois de l'atelier ATBA, qui est Minergie-ECO et pour laquelle l'association Mill'o des habitantes et habitants a obtenu le Prix du Développement durable 2007 ! C'est tellement agréable à vivre ! Mais c'est aussi une occasion de réfléchir – ensemble peut-être si vous venez participer à la fête – à la situation du logement à Genève (pour en savoir plus : www.amillo.chet www.codha.ch).

 

Aujourd'hui, le marché immobilier genevois est complètement saturé. Malade même. Les médias et les partis de droite reprennent généralement en cœur les litanies habituelles sur les blocages dus à une législation trop rigide. Mais les genevoises et les genevois ont bien raison d'exprimer régulièrement au travers des urnes une opposition claire et nette aux projets de la Droite genevoise et des milieux immobiliers.

 

Car il s'agit avant tout d'une défense de l'intérêt général face à des intérêts privés qui sont déjà particulièrement choyés en Suisse et à Genève.

 

Cela ne veut cependant pas dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : des réformes sont nécessaires, les législations doivent être adaptées pour tenir compte à la fois de l'évolution des moeurs et de nouvelles contraintes, environnementales p.ex.

 

Favoriser une vraie mixité sociale, éviter les ghettos de riches ou de pauvres, économiser l'énergie en consommant moins et en isolant mieux - et donc diminuer les charges des locataires - sont des modifications législatives qui s'imposent. Comme d'encourager la construction de logements sans places de parking afin de diminuer les coûts de construction (n'oubliez pas que les grandes villes suisses, Genève compris, comptent au moins 25% d'habitants sans voiture !) et limiter ainsi indirectement les déplacements pendulaires automobiles (réchauffement climatique et maladies respiratoires chroniques, ça vous dit quelque chose ?). Le chantier est énorme… mais les Genevoises et Genevois sont assez peu enclins à accepter des réformes en votation populaire.

 

Sans doute qu'avec des milieux immobiliers plus corrects, moins soucieux de la défense exclusive de leurs propres bénéfices mirobolants, méprisant à l'occasion envers les locataires, sans scrupules quand ils peuvent augmenter leurs revenus de quelques dizaines ou centaines de francs sur le dos de locataires peu ou mal informés et surtout extrêmement craintifs car ils craignent les conséquences d'une éventuelle protestation en cas de déménagement futur, les discussions seraient plus sereines et les propositions élaborées en bonne intelligence finiraient sans doute par être acceptées en votation populaire. Et certaines réformes souhaitables mais refusées passeraient sans doute la rampe (je pense notamment à la votation concernant le calcul des loyers en m2 plutôt qu'en nombre de pièces : dans une vraie relation de confiance, honnête, il ne pourrait y avoir que des avantages pour les locataires… mais la crainte – relayée puis amplifiée par l'ASLOCA avec son efficacité habituelle même si elle est parfois connotée de considérations électoralistes – d'éventuelles dérives dans le calcul des loyers finit par l'emporter sur des réformes de raison (et moi qui ai vécu 18 ans à La Chaux-de-Fonds, je m'énerve encore de ce calcul du nombre de pièces incluant la cuisine, alors qu'il n'existe pas ailleurs !).

 

Donc aujourd'hui, il faut saluer les efforts des "réformistes", je pense notamment à Mark Muller mais aussi à Carole-Anne Kast : essayer de proposer une nouvelle vision de la politique du logement, essayer de débloquer cette situation beaucoup trop crispée est essentiel ! Mais cela ne veut pas encore dire que ces réformes aboutiront, ni qu'elles doivent aboutir à n'importe quel prix (car il s'agit justement d'une question de prix !) : la voracité "naturelle" (j'y reviendrai : ce n'est pas des philanthropes et mêmes les acteurs institutionnels tels que les caisses de pension ont des contraintes de rendement) des promoteurs liée la conjoncture extrêmement favorable dans le secteur des clients à très hauts revenus encouragent une spéculation démesurée, l'appétit privé l'emporte sur des considérations d'intérêt public… tous les signaux qui vont dans ce sens – et je pense notamment aux questions liés au prix de vente des terrains déclassés , p.ex. aux Vergers à Meyrin, mais idem à La Chapelle-Les Sciers ou aux Communaux d'Ambilly, ainsi que les prix exorbitants des loyers pour des objets parfois complètement pourris - sont de nature à rendre vain tous les efforts entrepris… ce serait dommage !

 

Mais, fondamentalement, derrière toute ce business et cette spéculation qui finiront bien par exploser - à nouveau - en vol un jour ou l'autre (au Grand conseil, je siège à la Commission de Contrôle de la Fondation de Valorisation… c'est la collectivité qui finit par payer – avec la débâcle de la Banque cantonale sous forme d'impôts, dans le cas de banques privées sous forme de licenciements, de frais plus élevés, de surenchères spéculatives et je dois en oublier), il y a quand même des questions qui méritent d'être posées :

 

-         La propriété privée du sol est-elle défendable ?
-         La spéculation est-elle inévitable ?
-         L'absence de transparence financière des propriétaires est-elle acceptable ?
-         L'absence de dialogue et surtout de prises de décision basés sur le partage d'intérêts mutuels entre propriétaires et locataires est-elle normale ?

 

Je ne conteste évidemment pas la légalité de ce que je déplore ici. Je pense néanmoins que cela devrait changer, bien entendu sans révolution, à la Suisse, avec une prise en compte – raisonnée – des intérêts de chacun. Mais changer.

 

Ainsi une propriété publique du sol est un instrument primordial pour éviter la spéculation sur le prix des terrains et faire ensuite grimper de façon totalement inconsidérée le prix des logements. Pourquoi, alors que nous vivons une centaine d'année au maximum, ne pas généraliser l'attribution de terrains en droit de superficie à durée limitée à des vraies coopératives, sans but lucratif, aux comptes contrôlés par la collectivité, aux revenus des dirigeants soumis à des limites strictes (je ne vois d'ailleurs pas très bien pourquoi celles et ceux qui protestent contre les hauts revenus dans les entités parapubliques comme SIG ne luttent pas aussi contre des très haut revenus dans des secteurs où nous sommes toutes et tous obligés de "consommer", des loyers à l'assurance maladie, c'est indécent ! A quand un article de la Tribune aussi sur les revenus – et appartenances politiques pendant qu'on y est - des dirigeants et membres des conseils d'administration des caisses maladies ? Combien gagne p.ex. le patron du groupe Mutuel grâce à nos primes d'assurance ?)

 

La structure coopérative d'utilité publique permet également , comme dans le cadre de la CoDHA, d'inventer des modèles de réalisation des immeubles qui associent dès le départ les futures habitantes et habitants, les architectes et les propriétaires que sont les coopérateurs : cela ne veut pas dire que tout est possible et que les lubies des uns et des autres seront satisfaites, mais les enjeux sont clairs, les contraintes aussi, sans risque de malentendu, sans soupçon "structurel". Ni que tout est simple car le travail "ensemble", sur un pied d'égalité, des différents acteurs n'est pas une chose habituelle dans notre société.

 

Compte tenu du résultat concret, dans lequel j'habite aujourd'hui, et en repensant à l'appartement dans lequel j'habitais encore il y a moins d'une année, aussi sympathique était-il, je pense qu'il est indispensable, sans attendre de futurs accords, de favoriser – y compris en empêchant la réalisation de projets immobiliers par des structures privées car les terrains sont rares et précieux ! - dès que possible l'émergence de projets immobiliers à réaliser par de véritables coopératives à caractère participatif et non-lucratif ! Toutes les habitantes et tous les habitants de notre canton y trouveront leur compte ! D'ailleurs les structures peuvent être multiples, pas besoin d'un moule unique, à chacun "son" projet, sa coopérative s'il le souhaite, dans les limites légales et en toute transparence financière pour le bien de tous et contre les profits de quelques-uns !

 

Si cela vous intéresse, notre petit immeuble se trouve à l'Avenue du Millénaire 13-19 à Plan-les-Ouates (plan sur le site www.amillo.ch), nous faisons la fête avec spectacles et musique ce samedi 6 octobre dès 10h30… et il y a aussi un immeuble de la CoDHA aux Ouches, d'autres coopératives telles qu'Inti à Cressy… bref, beaucoup d'exemples qu'il est primordial de multiplier sans tarder ! Soyez les bienvenu-e-s !

 

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Commentaires

A te lire camarade je retrouve ma jeunesse! La propriété publique du sol, celle-là je n'y avait pas pensé. Même pendant mes délires les plus fous!

Génial camarade Roger, on va reprendre la lutte des classes, comme en 17. Mais attention au troskistes, eux ils y croient. Tandis que nous?
Au fait pour ta fête, c'est sur les économie d'énergie que tu as trouvé le budget ou en prenant sur tes jetons de présence multiples et variés?

Écrit par : Lénine | 05/10/2007

Je crois que vous n'avez pas compris que le Genevois moyen a un revenu confortable et aimerait être propriétaire de son logement comme dans beaucoup de cantons suisses. Tous les jous la télévison nous bassine de publicité où l'on voit une famille avec chien chat jardin et jolie maison. Les genevois ne veulent plus être locataires d'appartements ils veulent des villas ! et malheureusement Genève ne peut l'offrir qu'à des gens très très riches. J'ai éclaté de rire quand la semaine dernière la BCV a déclaré que dorénavant la villa serait un produit de luxe pour les vaudois ! On croit rêver, cela fait fort longtemps que la villa est devenu un produit de luxe pour un Genevois. Le Genevois ne voit plus à quoi cela sert de gagner mieux que les autre pays pour avoir des logements minables ! Faites quelque chose pour inciter les genevois à avoir une maison et ceux-ci ne partiront plus dans le canton de VD ou France voisine !

Écrit par : Genevois frontalier | 05/10/2007

bnojour à tous,
comme d'hab. les socialistes se servent les premiers! Je suis sûr que Monsieur Deneys qui est aussi député à certainement trouvé des subventions cantonales ou fédérales pour sa construction. Avec un peu de chance son copain Brunier lui aura trouvé une petite combine des SIG pour encourager ce genre de construction! Avec les socialistes il fa0ut s'attendre à tout maintenant qu'ils se sont fait "Mouchet" sur les revenus pharaoniques des planqués des SIG.

Ce que je trouve incroyable c'est que "Lénine" tourve que de rendre le sol propriété publique est une bonne idée!! Décidément plus ils sont à gauche plus ils délirent!.

Ce que je trouve scandaleux c'est que des Genevois sont contraints par ces lois de débiles à aller habiter en France pour pouvoir se payer une maison. Au cas où M. Deneys ne l'aurait pas compris, on ne veut pas tous habiter dans des immeubles! Ce qui est grave avec cette façon de communiquer, c'est qu'on va finir pas avoir l'impression que plus personne ne veut habiter des maisons individuelles!
On devient des vrais communistes, pire que les soviets. Une honte

Écrit par : Jean-Eco Nomize | 05/10/2007

J'en reviens pas !

Voilà un socialiste, mouillé jusqu'au coup dans l'affaire des bonus cachés des SIG (il a été rapporteur au Gd Conseil), qui vient nous parler de transparence des propriétaires privés!

L'avantage du ridicule c'est qu'il ne tue pas! Si c'était le cas, on devrait encore payer pour enterrer le député!!!

Décidément le socialisme genevois est tombé bien bas!

Écrit par : Oscar | 05/10/2007

Heureusement que la plupart des suisses frontaliers votent à droite. La plupart sont d'ailleurs ,bien plus engagés politiquement que les résidents genevois qui deviennent de vrais ramollis de la citrouille ! Il n'y qu'à voir le nombre d'entre-nous qui sommes engagés dans des partis. N'oubliez-pas que nous sommes environs 50000 à voter !

Écrit par : Genevois frontalier | 06/10/2007

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