25/10/2007

Elections fédérales : punition en continu sur RSR-La Première…

Pour moi, le pire en politique, ce n'est pas les résultats – en tant que socialiste, objecteur de conscience, antimilitariste, athée, cycliste au quotidien, écolo convaincu, anticapitaliste (mais réaliste !) et patron de gauche, j'ai l'habitude de perdre des élections ou des votations – mais les commentaires "éclairés" que les médias et les journalistes trop complaisants me font subir… je n'ai pas mérité ça, même si "je perds" !

J'échappe heureusement à la télévison car je n'en ai pas depuis près de 30 ans, j'ai échappé à l'imbuvable et complaisant Décaillet sur la Première, mais mon calvaire continue. Rien à faire.

Quand Sarkozy a été élu, le lundi matin, quand mon radioréveil a sonné, j'ai entendu 30 secondes de la Première : c'était déjà trop ! On avait l'impression, pour parler vulgairement, que le journaliste pissait dans son froc de bonheur ! J'ai préféré renoncer et trouver une fréquence plus supportable… en fait la Radio suisse italienne m'a comblé : je ne comprends pas tout en italien, ça me fait bosser en douceur une langue que j'adore et c'était tellement gentil ! Pas très intéressant, mais tellement gentil !

Lundi matin 22 octobre, évidemment que je devais m'attendre au pire. Débâcle socialiste. J'ai hésité à switcher préventivement sur la Suisse italienne. Mais voilà, il faut aussi savoir affronter la réalité du néant intellectuel. Surtout quand on fait activement de la politique.
En fait j'ai anticipé, courage, courage, et ça a commencé dimanche soir vers 22h30, j'attendais le journal ; je tombe directement sur Weiss, non élu, qui vient nous décrire avec des trémolos dans la voix – en fait des larmes qu'il devait retenir en raison de sa non-élection, contrairement à Luscher – la catastrophe dans laquelle ce nouveau parlement va plonger la Suisse (en fait il faut comprendre la catastrophe qu'on mérite pour avoir osé ne pas l'élire à Berne). Journaliste complaisant, qui prend acte, qui ne rétorque pas, qui ne pose aucune question sur la permanente ambiguïté des Libéraux face à l'UDC (d'ailleurs Luscher est bien plus direct : il est pour des alliances avec l'UDC, sans état d'âme) ou sur la contradiction des propos qui dénoncent la surenchère sécuritaire alors que lui et Luscher ont chacun déposé courant octobre un projet de loi sécuritaire – et surtout électoraliste - digne de l'UDC !
Lundi matin, ça recommence : le réveil sonne, on me fait ingurgiter dès 6h30 "comme expert" pour commenter les résultats et l'avenir de la Suisse, Xavier Comtesse, la tarte à la crème du néolibéralisme helvétique : comment un individu qui ne parle que de démanteler l'Etat peut-il être amené à commenter l'avenir d'un pays en tant qu'expert ? Son discours sur les écolos "tout les partis sont écologistes" est une ânerie parmi d'autres qu'il nous a fait entendre et il recommence ! Au secours ! J'agonise !
Mais ce n'est pas fini : à 7h, avant ou après, peu importe, c'est l'annonce de l'invité de la semaine : banco ! Jean Romain, en fait il s'appelle Puttallaz, le prof de collège, "philosophe" couchepinien, antisocialiste aigri primaire qui veut revenir à l'école du XIXème siècle. Je ne peux pas écouter ça, c'est vraiment trop. Mais je me demande quand même si c'est conforme à l'éthique journalistique que de passer la pommade quotidiennement à un membre du comité de la SRT Genève, soi-disant chargé de veiller à la mission de service public de la TSR !
PS (c'est le cas de le dire) : je tombe en début de semaine sur un article du Temps qui explique les courants du Parti Socialiste, avec d'un côté les "syndicalistes" et de l'autre les "réformateurs". Je pense, comme pour les moutons, que les mots sont très importants : comment oser présenter le Parti sous cette forme ? Car le sous-entendu est évident : les "syndicalistes" n'étant pas les "réformateurs", ils sont non-réformateurs, donc conservateurs, donc archaïques. Ce qui est totalement faux. La TdG écrit d'ailleurs le même article sans utiliser ces termes. Et donc si il y a bien un courant fort issu du monde syndical et d'autres sensibilités venant d'autres horizons (dont je fais partie, comme p.ex. les socialistes qui viennent des milieux de la défense des locataires, ASLOCA notamment), il y a dans chacun de ces courants des conservateurs et des réformateurs. C'est un débat permanent entre les idéaux, le mythe du passé (en réalité la Suisse a toujours été un pays conservateur de Droite mais certains l'oublient) et le pragmatisme. Et la capacité de chacun d'entre nous à accepter des idées nouvelles.
Jean Romain : à part Google, allez jeter un coup d'œil p.ex. sur http://www.ssp-vpod.ch/ssp/go.pl?p=http://www.ssp-vpod.ch/ssp/ge31.htm et vérifiez qu'il est bien membre du comité de la SRT Genève, qui se présente comme "un relais « démocratique »" en expliquant "Qualité, indépendance, sens du service public, proximité, voilà quelques mots-clé tirés des statuts de la tsr et de la rsr, et qui sont autant de valeurs défendues  par des acteurs professionnels engagés et qui ont pour ambition de les garantir et de les préserver. C’est aussi le rôle des SRT, qui ont pour but de représenter et de défendre, au sens large, les intérêts des téléspectateurs et des auditeurs" sur http://www.rtsr.ch/rtsr/?rub=menus&&menu=2&idpere=57&sous...
Xavier Comtesse : rien à proposer d'intéressant comme ça sur le pouce, complaisance à tous les étages sur Google ! Par contre, j'ai appris qu'il a animé le séminaire organisé par le DES, le Département de l'Economie et de la Santé du canton de Genève, fin août-début septembre en Valais : je me demande comment et pourquoi il a été choisi pour cette tâche et je me demande aussi si il a été payé – et donc combien et par qui le cas échéant – pour ce ménage…
PS1 : Sur la Première, entendu Roger Guignard ce mercredi matin pleurer sur le traitement médiatique accordé à la Suisse après les élections : ben tiens ! Les Suisses auraient peur ! Et cela suffirait à justifier un vote UDC ? Il y a effectivement de quoi être inquiet de notre avenir, à part peut-être si on est millionnaire comme de nombreux dirigeants de l'UDC, travail, éducation, santé, avenir, mondialisation, rien n'est simple ! Mais cela ne justifie par pour autant les choix simplistes et xénophobes !

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