22/11/2007

Bécasse !

Lundi 19 novembre 2007, Plan-les-Ouates. Avenue du Millénaire. Mill'o. Un lundi de début d'hiver. Il ne pleut pas. 21h. Anja et Yann se sont endormis. Je descends à la cave pour aller chercher deux paquets de couches pour ma fille. Il n'y en a plus à la crèche, c'est l'urgence ! Et deux litres de lait de céréales. En remontant, je ressors de la partie centrale de l'immeuble où se trouve la cave. Je referme la porte. Tiens ! Bizarre ! A ma gauche, je vois Bolingo, le chat de ma voisine Christine qui fait le fou. Il saute, tourne sur lui-même, bondit à nouveau, un vrai chat foufou ! Il est au dessus de la grille métallique qui protège la trappe de la cheminée – à pellets, c'est un immeuble Minergie ! – et tourne là-dessus comme un fou. Etrange. Réflexe biologique – l'homme est un prédateur – ou curiosité de curieux/ornithologue amateur, je fais un pas vers la gauche. Mais qu'est-ce que Bolingo fait là-dessus ? Drôle d'endroit pour jouer quand même ! Mais… mais… Ha oui ! Il y a du bruit ! Bolingo saute, mais il y a aussi un autre bruit…. J'écoute encore. Oui, pas de doute, il y a quelque chose qui bouge là en bas, au fond de la trappe se trouvant sous la grille. Comme des pas. Petits. Lents.
Mais il fait nuit. Ce n'est pas la lumière extérieure qui m'aide. Et Bolingo fait toujours le fou sur cette grille. Et j'entends toujours le bruit. Un rat ? Pour aller se coincer là-dessous – et comment ? mystère ! – ça doit être un rat. Une souris je ne l'entendrais pas. Mais même un rat a le droit de vivre. Ou en tout cas de ne pas crever comme ça, enfermé au fond d'un trou avec un chat qui tourne au dessus de sa tête. Que faire ? La trappe fait au moins 1m20 de profondeur. Comment attraper un animal sauvage qui se trouve là en bas… Bon, je n'en sais rien. Mais vérifions de quoi il s'agit vraiment… Si c'est un pigeon, c'est moins difficile à capturer et libérer qu'un rat… Je monte les escaliers, je prends mon natel, la seule lampe de poche qu'on ne perd pas et qui a des piles en état de fonctionnement et je redescends. J'allume. A travers la grille, à ma hauteur, rien d'identifiable. Mais il y a bien quelque chose. Bolingo est toujours là. Il tourne sur la grille autour de la cheminée en suivant les mouvements de ce qui bouge là en dessous. ça doit être un rat… Je me baisse et j'approche la lampe de poche de la grille. Tiens… non… oui…. hmmm… Un pigeon ? On dirait plutôt un pigeon qu'un rat… J'approche encore ma lampe de poche de la grille. Je suis à genoux. Mais… Mais… Non, attends… Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas un pigeon ! Ni un rat ! C'est un oiseau EXTRAORDINAIRE : c'est une bécassine ! On dirait une bécassine des marais ! Là en bas, 1m20 sous la grille, une bécassine des marais. Enfermée ! Coincée ! Avec Bolingo qui tourne au dessus de sa tête ! Mais COMMENT est-elle arrivée là ? Je n'y crois pas !!! Une bécassine des marais, un oiseau migrateur quand même assez rare ! J'essaye de me souvenir de mes guides et de mes observations récentes mais je pense vraiment que c'est la bécassine des marais. Pas la sourde. Pas la double. Il faut que je montre ça à tout le monde ! Vite ! Hé, Bolingo ! Arrête de vouloir te faufiler pour entrer dans la trappe ! Chhttttttt ! Je monte les escaliers, Nathalie ! Viens voir ! Un truc absolument extraordinaire ! Hé, vite ! Encore mes voisins ! Les autres habitants de l'immeuble. Je frappe à la porte ou à la fenêtre de la cuisine. Si tu veux voir un truc incroyable, viens ! Viens voir ce qu'il y a là en bas vers le local vélo ! Nathalie, David, Sébastien, Stéphane descendent et viennent voir. C'est quoi cet oiseau ? Une bécassine des marais ! Comment est-elle arrivée là ? Mystère ! Bon, il va quand même falloir la sortir de là ! D'abord, rentrer les chats. On attrape Bolingo et on le remet chez Christine. Nathalie vérifie que Mioumiou est bien chez elle. La voie est libre ! Stéphane enlève la grille. Nous sommes là les quatre, David, Stéphane, Sébastien et moi. Que faire ? Il y a environ 30 cm de chaque côté de la cheminée jusqu'au mur. Je vais descendre ! Mais non, c'est trop étroit, tu n'arriveras pas à remonter ! David prend un balai pour essayer de la "pousser" à un étroit particulier. Sans succès ! Elle essaye de s'envoler mais retombe, frappant les murs de ses ailes ! Flûte ! Pourvu qu'elle ne se blesse pas ! Un oiseau si précieux ! Il faut faire autrement ! Stéphane se met à plat ventre. Tend les bras vers le bas. David pousse la bécassine vers la droite avec son balai ! Hop ! Il l'a attrapée ! On y est ! Stéphane se lève ! La bécassine est dans sa main. Vivante. Comme étonnée. Vite, je vais chercher mon appareil photo ! C'est trop incroyable ! David prend la bécassine dans sa main. Photos. Oui, une bécassine des marais ! Un oiseau migrateur, assez rare, j'en ai vu en Laponie en juin. Et au Fanel le mois dernier. On devrait allait le poser dans le jardin pour vérifier s'il peut s'envoler… Encore Pierre et Charmaine qui arrivent. Mioumiou est bien enfermée. On retourne à la lumière pour leur montrer la bécassine. Et retour dans le jardin. On la pose… Oui, oui… Pas de problème ! Elle s'envole ! Lentement ! En direction du Salève. Bye bye bécassine ! Tu es libre !!!!!!!
Super… Trop top ! Nous pouvons rentrer à la maison ! Bonne nuit les gars !
Mais c'est trop exceptionnel ! Vite ! Transfert des photos sur le PC… et mon guide ? Les bécassines ce n'est pas si simple, ça mérite une vérification dans mon guide…. j'ai dit "des marais", mais vérifions quand même… Voyons, voyons… Mais… mais… MAIS… Mais non ! Ce n'est pas une bécassine des marais ! C'est une bécasse des bois ! UNE BECASSE DES BOIS ! Sur la tête, pas de lignes parallèles à la tête, mais bien des barres perpendiculaires ! Et c'est donc une coche ! Un oiseau que je n'avais encore jamais vu ! Incroyable ! Et comment s'est-elle faufilée là-dedans ? Et est-elle sédentaire ici à Genève ? Je n'en sais rien !!! Je ne sais rien de cet oiseau ! Heureusement que j'ai fait des photos mais c'est quand même vraiment incroyable !
Photos sur www.amillo.ch
PS : Je ne peux m'empêcher de penser à l'article récent – samedi dernier ? - de la Tribune relatant les choix gastronomiques de Philippe Chevrier en matière d'oiseaux sauvages. Je suis un gourmet gourmand, sans trop d'état d'âme –je ne suis pas végétarien et je suis facilement capable d'apprécier un bon morceau de viande (un onglet de la boucherie de Plainpalais, un gigot d'agneau, un magret de canard…) ou même – exceptionnellement - de foie gras (je n'en suis d'ailleurs pas très fier mais j'assume) et Philippe Chevrier est un grand cuisinier mais – je lui avais d'ailleurs fait la remarque il y a quelques années quand j'étais allé chez lui – je trouve vraiment navrant de faire l'apologie des qualités gastronomiques et gustatives d'oiseaux sauvages qui sont en voie de disparition. Et la Tribune se fait complice en publiant un pareil article. Ce n'est pas glorieux !

La bécasse des bois dans la trappe...

La bécasse des bois dans les mains de David

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21/11/2007

La mobilité à Genève : soutenons le référendum contre le Parking de Pré-L'Evêque !

Le Conseil municipal de la Ville de Genève a voté à la majorité un crédit d'étude de 560'000.- pour la réalisation d'un nouveau parking souterrain situé à la Place de Pré-L'Evêque, à proximité immédiate du quartier des Eaux-Vives. Si j'ai bien compris, ce parking de 250 places est essentiellement (180 places) destiné aux habitantes et habitants du quartier des Eaux-Vives, en raison du manque de place de stationnements dans ce quartier. Je crois avoir entendu le chiffre de 700 places de parking qui "manqueraient" (je n'aime pas beaucoup le verbe "manquer" : est-ce un manque de places ou un excès de voitures ?) dans ce quartier. En raison des incertitudes liées à sa réalisation (proximité de la nappe phréatique engendrant d'éventuels surcoûts, risque de référendum, etc.), la Fondation des Parkings n'a pas accepté de financer l'étude de ce projet et c'est donc la Ville de Genève qui devrait s'y coller.

 

A priori, on peut se dire que c'est une idée rationnelle, la Place de Pré-L'Evêque est une place (le terme est peut-être inappropriée) sinistrée, mais d'y laisser dormir des voitures en surface est une aberration compte tenu de la rareté de l'espace en Ville. Et les problèmes de stationnement aux Eaux-Vives méritent effectivement qu'on trouve des solutions.

Mais, vu l'endroit et la circulation alentour qui ne risque pas de diminuer à court terme, j'y érigerais plutôt un immeuble de bureaux et tant pis pour cette "place" qui n'a pas survécu à l'aberration automobile…. En tout cas, si j'habitais les Eaux-Vives, c'est sûr que je n'irais pas m'y promener avec mes enfants, même "libérée" de ses voitures stationnées en surface, cette "place" est un enfer ! C'est plutôt un crottodrome de plus…

Les chiffres évoqués pour la réalisation du parking tournent autour de 15 millions de francs.

Et c'est là que je ne peux m'empêcher d'avoir de vrais doutes…

On dépenserait 15 millions de francs pour résoudre le problème de 180 "habitants" ? Alors qu'en fait ces habitants ne sont que des pendulaires à l'envers : ils habitent en ville mais travaillent ailleurs et sont donc des pendulaires vers un autre lieu, comme les Nyonnais ou les frontaliers : ils habitent ailleurs mais viennent travailler en ville. A Plan-les-Ouates, où j'habite depuis l'hiver dernier, à proximité de la Ziplo (Zone Industrielle de Plan-les-Ouates), nous avons des pendulaires de la Ville de Genève, qui habitent en ville et qui viennent travailler en prenant leur voiture, d'autant plus facilement d'ailleurs que le parking est ici gratuit ! Et pourtant des liaisons TPG assez efficaces existent ! En 2007, je trouve cela tout simplement incroyable et inadmissible !

Mais revenons au parking en question. 15 millions pour 180 habitants. 700 places "manquantes"… soit 4, voire 5 parking, 60 ou 75 millions à coûts équivalents. Et aurions-nous pour autant régler définitivement le problème ? Quand je pense à l'attitude du TCS en général, des lobbies habituels du tout vroum-vroum (Feu Vert, GTE, etc.) et de la majorité de droite au Grand Conseil (qui refuse d'améliorer l'attractivité de la Rue du Rhône simplement parce que la fermeture du trajet allant de la Place du Rhône à la Place Bel-Air est évoquée; ou qui complique le système législatif réglementant la création de zones 30 en adoptant une loi redondante avec le dispositif fédéral mais aussi en partie plus contraignante donc potentiellement illégale), j'ai l'impression que cela ne servirait à rien.

Et faut-il vraiment investir 15 millions de francs pour enterrer 250 voitures et répondre aux besoins de 180 habitants automobilistes ? Quand on connaît les problèmes liés au réchauffement climatique ? Aux coûts de l'énergie et du pétrole qui sont à la hausse ? Quand on sait que près de 30% des ménages vivant en ville n'ont pas de voiture ? Et que ce chiffre est encore plus élevé dans les autres grandes villes suisses ?

Donc j'avais envie de poser la question différemment : est-ce qu'il ne serait pas possible de faire renoncer à la voiture 180 habitants des Eaux-Vives moyennant 15 millions de francs ? Ou, idéalement, d'en faire renoncer davantage pour la même somme ? Ou le même nombre pour nettement moins d'argent ?

Car en fait l'investissement dans un parking, ici ou ailleurs, comme envisagé à la Place Neuve à l'époque, représente surtout une source de nuisances à très long terme : on ne va pas renoncer à exploiter un parking bénéficiant d'un droit de superficie de 99 ans avant la fin de cette période, surtout compte tenu de l'investissement consenti !
Avec 15 millions, pourrions-nous faire renoncer 300 familles des Eaux-Vives à la voiture individuelle ? Ce n'est peut-être pas "équitable" pour celles et ceux qui n'en ont pas, mais essayons au moins de faire l'exercice… Je sais bien que certains esprits chagrins me rétorqueront que certains profiteront de l'occasion pour tricher, mais faisons abstraction de ces aspects qui peuvent être réglés de différente façon.

15'000'000 francs divisé par 300 = 50'000.- par famille. Est-ce qu'avec une somme destinée à la mobilité de 50'000.-, des habitantes et habitants renonceraient à la voiture ?

Un Abonnement Général annuel 2ème classe des CFF coûte 3'100.- et il sert aussi d'abonnement annuel TPG-Unireso. Le partenaire 2'100.-, les enfants dès 6 ans, selon l'âge, entre 600.- et 800.-; Selon mes souvenirs, Mobility CarSharing (www.mobility.ch) exige une utilisation annuelle de l'ordre de 10'000.- pour considérer qu'une voiture est "rentable". Un bon vélo coûte 1'000.-, un vélo électrique dans les 1'500.- à 2'000.-, un scooter électrique dans les 4'000.-


Et la voiture coûte cher en réalité. En y renonçant, on économise aussi.
Pour 15 millions de francs, ne devrions-nous pas par exemple tenter l'expérience de trouver 300 ménages des Eaux-Vives prêts à signer un contrat de mobilité dans lequel ils s'engagent à vendre leur voiture (sans en faire racheter une par un parent ou un ami) en échange d'une prise en charge de leur mobilité selon des modalités à définir, comme p.ex. 2'000.- d'investissement par personne pour l'achat de vélo/scooter électrique/etc. et ensuite 1'000.- à 2'000.- par personne par an pendant 10 ans pour la couverture des coûts de mobilité sous forme d'AG, de demi-tarifs, d'utilisation - limitée - de Mobility ?

A mon avis, même si cela peut paraître utopique, c'est moins idiot que de réaliser de nouveaux parkings souterrains, mesures de compensations ou non. Il faut désintoxiquer notre société de sa dépendance à la voiture et au pétrole !
http://www.geneve.verts.org/doc/Feuille%20de%20signatures...

ps1 : pour un montant inférieur à 15 millions de francs, la Ville fait preuve d'une frilosité bien grande pour réaliser un aménagement cyclable indispensable à la réalisation d'un véritable réseau cycliste urbain efficace : une passerelle sur le Pont du Mont-Blanc.


ps2: en lisant l'édito de la Tribune de ce mardi 20 novembre au sujet de l'avenir de la mobilité à Genève, je salue les efforts de ce quotidien pour parler de cette épineuse problématique mais je ne peux m'empêcher de constater que des réponses dogmatiques sont déjà données au sujet de la Traversée du lac avant même que le débat ait lieu ! Si le but du débat public de ce mercredi 21 novembre est de donner une légitimité à des choix idéologiques déjà faits, c'est tout simplement regrettable : n'ayons aucun tabou : la traversée du lac ou de la rade peut éventuellement être utile mais cela doit être vérifié en fonction des véritables mesures à prendre pour d'abord libérer l'agglomération des nuisances automobiles !

00:42 Publié dans mobilité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

15/11/2007

Et voilà ! Ma camarade Loly Bolay, nouvelle présidente du Grand-Conseil !

Bravo Loly !

Et un score d'enfer ! 68 voix sur 68 bulletins ! Super !

Mais à 20h30, fini de rigoler... Les cadeaux fiscaux pour les riches sont de nouveau à l'ordre du jour... cf. mon blog précédent !

18:29 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Un nouveau cadeau fiscal pour les riches… le débat commence ce jeudi 15 novembre 2007 à 20h30 au Grand Conseil. Sans beaucoup d'espoir de pouvoir inverser aujourd'hui la vapeur...

C'est bien connu. Les finances de la République et Canton de Genève sont loin d'être au beau fixe. Mais une fois n'est pas coutume, dans la logique de l'initiative -12%, la Droite genevoise revient à la charge avec un projet visant à exonérer fiscalement les dons à hauteur de 20% des revenus, contre 5% aujourd'hui. Ce cadeau profitera évidemment d'abord aux plus riches, qui peuvent – car ils en ont la marge de manœuvre, pas comme vous et moi – décider de dons importants, ne serait-ce que justement pour des raisons fiscales. Les recettes fiscales vont donc encore baisser de quelques millions par année, vous, avec vos petits revenus, vous aurez fait une économie fiscale de quelques dizaines de francs, eux, de quelques dizaines ou centaines de milliers de francs… mais pour vous, l'économie se traduira par des tours de vis supplémentaires dans les prestations publics, de l'école à la santé, des taxes administratives plus élevées, bref, vous payerez certainement bien plus que votre économie car il va falloir aussi compenser l'absence de recettes des plus riches ! Quel cadeau ! Il aurait d'ailleurs été plus juste de fixer un montant maximum en francs et pas en pourcents. Chacun aurait pu déduire p.ex. 10'000.- (donc 10% d'un revenu de 100'000.-) au maximum, qu'il soit "pauvre" ou riche ! Ensuite, c'est la porte ouverte au renforcement de la logique du charity-business, les ressources de l'Etat étant plus basses, les associations d'utilité publique auront encore plus intérêt à démarcher tout azimut pour capter des dons intéressants…. bref, de l'argent dépensé en pub. marketing, etc.au lieu de servir les causes justes et nobles de ces associations ! Et que dire des Verts, qui soutiennent ce projet qui va à l'encontre des idéaux de justice sociale et de développement durable, en encourageant une logique de marché au détriment de celle de l'intérêt général !

Vous pouvez lire le texte et les rapports de majorité et de minorité (le mien) sur http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09863A.pdf

Et J'espère bien qu'un référendum sera lancé contre cette loi inique si elle acceptée ce soir !

Et bravo à ma camarade Loly Bolay, nouvelle présente de notre Grand Conseil, je t'embrasse Loly !

18:05 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

12/11/2007

Un samedi au soleil sur le balcon en épluchant les patates...

Samedi 3 novembre... Le temps passe... Mais c'était si bon au soleil sur le balcon en épluchant des patates et en écoutant le Barbier de Séville : quel luxe! Quel bonheur!

21:10 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

02/11/2007

Insécurité routière : peu d'espoir que ça change à Genève

 

 

Les nombreux morts sur les routes genevoises, en particulier ces derniers jours, me donnent des frissons dans le dos. Comment ne pas penser à ces vies gâchées, à ces enfants perdus à jamais, à ces parents effondrés. A toutes ces vies brisées. Père de 2 petits enfants, je ne peux m'empêcher de penser que cela pourrait aussi m'arriver un jour, bien malgré moi, bien malgré eux. Alors je pense à ces parents qui ne retrouveront plus leur enfant. C'est moche, c'est injuste. C'est vraiment terrible.

 

 

 

Certains prendront peut-être ces événements avec plus de philosophie, "la mort fait partie de la vie", mais autant cette phrase est nécessaire quand l'inévitable – la maladie grave, l'accident stupide - se produit, autant elle me semble inacceptable quand les événements ont des causes identifiées, connues et surtout évitables.

 

 

Je n'accepte pas la fatalité dans ce cas-là.

 

 

C'est peut-être parce que j'ai un caractère un peu contemplatif, j'aime regarder, essayer de comprendre ce qui se passe derrière les apparences, peut-être aussi parce que je fais du vélo en ville (presque) au quotidien depuis des années(1), je ne peux m'empêcher de penser en voyant la situation sur les routes que depuis très longtemps, au moins depuis que Ramseyer siégeait au Conseil d'Etat, aucune action digne de ce nom n'est menée à Genève pour lutter contre les dangers mortels liés à la voiture. Seul Bernard Bertossa avait, comme Procureur Général, donné un signal clair en condamnant beaucoup plus sévèrement les automobilistes ivres.

 

 

Notre société – ses dirigeants et ses autorités dont la police, sa majorité politique, ses principaux acteurs économiques – semble considérer que la mort part la voiture est une fatalité qui ne mérite pas qu'on s'y intéresse vraiment au delà de la compassion à exprimer lorsque des événements tragiques surviennent.

 

 

Lorsque je présidais l'ASPIC il y a quelques années et que je n'avais pas encore d'enfant, j'avais décidé une fois "pour voir" de faire un test en téléphonant systématiquement à la police pour dénoncer les comportements des automobilistes les plus dangereux pour les plus faibles d'entre nous (piétons, cyclistes) et demander une intervention de leur part pour faire cesser l'infraction : pendant 15 jours, c'était comme de vouloir soulever des montagnes : la police ne se sentait jamais concernée. Voitures garées sur des passages piétons ou sur des bandes cyclables, même à contresens comme vers le BFM : impossible de les faire intervenir. Rien. Signalant une voiture garée en plein milieu d'un passage piéton, j'avais même eu droit à cette réponse sidérante de l'agent : "Mais est-ce que ça vous gêne personnellement ?". Ben voyons, si c'est les autres qui sont en danger ou se font écraser, pourquoi est-ce que je m'en préoccupe… Et ce n'était pas simplement des réponses visant à expliquer qu'ils étaient surchargés, mais c'était méprisant : comment avais-je osé déranger la police pour des choses aussi futiles ?

 

 

Cette impression de je-m'en-foutisme perdure et il ne me semble pas déceler une attitude réellement plus stricte de la part de la police. La réponse du Conseil d'Etat à mon interpellation urgente écrite déposée en 2006 (http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IUE00275A.pdf) n'est d'ailleurs pas de nature à me rassurer car elle transpire une autosatisfaction qui ne résiste pas à l'analyse de la situation sur le terrain : ce n'est pas parce que les infractions et les amendes sont nombreuses en chiffre absolu qu'elles représentent des pourcentages significatifs du total des infractions !

 

 

Or si la police n'est pas active à longueur d'année pour lutter contre les infractions de la circulation, rien ne va réellement et durablement s'améliorer : on dirait que nous oublions que les adultes sont des modèles pour les enfants et que toutes les théories sur la sécurité routière sont balayées en une demi-seconde quand un enfant voit ses parents commettre des infractions sous ces yeux. Le "faites ce que je dis, pas ce que je fais", c'est du pipeau ! Et c'est surtout suicidaire.

 

 

En marchant, en pédalant, en étant à une terrasse ou au bureau (j'ai une vue plongeante sur la Rue des Deux-Ponts), c'est tout simplement sidérant : de jour comme de nuit, il n'y a pas une minute sans que des infractions de circulation potentiellement dangereuses pour les autres ne soient commises : feux rouges ou stops grillés (il y a 10 jours, c'était à la bifurcation vers le Boulevard Saint-Georges : l'automobiliste était fort surpris que je l'engueule alors qu'il avait failli m'écraser en brûlant le feu rouge), double-lignes franchies impunément notamment par les scootéristes et motards et se retrouvant face aux véhicules venant dans l'autre-sens (à la Rue des Deux-Ponts par exemple : l'accident mortel arrivera, c'est certain, ce n'est qu'une question de temps : on le sait, on laisse faire, on tolère; mon interpellation écrite urgente d'il y a quelques années n'y a rien changé). C'est là à la Jonction, mais c'est partout ailleurs. Tout le temps. Que des infractions soient commises à l'occasion, c'est une chose, que cela devienne la norme, c'est bien plus grave (je ne suis pas non plus prêt d'oublier cette automobiliste qui roulait dans son petit 4x4 derrière ma voiture Mobility et qui avait crû bon de me klaxonner, de me faire les phares puis de me gratifier d'un doigt d'honneur parce que j'avais eu l'outrecuidance de ne pas accélérer alors que le feu était orange foncé…)

 

 

Tant que cet état de fait durera, la situation s'empirera. Tant que le sentiment d'impunité sera la norme, nous ne pourrons pas améliorer les choses. Tant que des Députés comme le Libéral Jean-Michel Gros croient nécessaires de défendre des demandes de grâce pour des actes graves commis avec une voiture, tant que les Députés de droite n'auront pas intégrer le fait qu'on peut être "pour" la voiture tout en étant intraitable à l'encontre des criminels au volant, nous ne nous en sortiront pas. Le vote en 2004 (http://www.ge.ch/grandconseil/data/loisvotee/MV01495.pdf) concernant une motion demandant d'appliquer un principe de "vision zéro" - pour zéro mort par an sur les routes – à Genève en est l'illustration : cette motion a été acceptée par 35 voix contre 33 (c'était un vote nominal : on peut voir qui a voté quoi : http://www.ge.ch/grandconseil/data/courriers/AN-M01495.pdf ). Mais comment peut-on être contre l'idée de zéro mort par an sur les routes !? Même si cela signifie des contrôles plus stricts ?

 

 

Mais pendant ce temps, notre société de consommation qui ne peut s'empêcher de vendre en toute légalité – au nom d'une prétendue et illusoire liberté - les objets les plus stupides et les plus inutiles comme des voitures qui roulent beaucoup trop vite et qui sont beaucoup trop grosses pour les villes, croule sous les publicités les plus bêtes et les plus mensongères pour faire croire à chaque automobiliste-consommateur, si possible jeune de surcroît, qu'il peut devenir Un Homme, un vrai, parce qu'il aurait une plus grosse voiture que son voisin… Dans la rue, dans les journaux, la voiture est partout. Mais en fait pas seulement la voiture - ce qui en soit pourrait être acceptable même si à titre personnel cela me dépasse – aussi des comportements associés à la voiture : vitesse (excessive), "évasion" (= être seul sur la route), "liberté" (= faire ce qu'on veut indépendamment des conséquences pour les autres). C'est tout cela qui est "vendu" avec la voiture, pas seulement la ferraille et les aspects pratiques.

 

 

Et je pense que ces publicités mensongères sont particulièrement dangereuses lorsqu'elles sont diffusées dans une société comme la nôtre qui considère les infractions de la route comme des banalités.

 

 

Je ne serai certainement jamais Conseiller d'Etat mais c'est vrai que c'est un des combats que j'aurais aimé mener dans un exécutif. Il y a tellement de choses à faire, y compris d'ailleurs pour faire changer l'attitude de la police à l'égard de ce type d'infractions. Ce type d'actions est considéré comme impopulaire et cela doit certainement aussi expliqué la mollesse politique et administrative qui prévaut en la matière depuis trop longtemps.

 

 

C'est terrible.

 

 

 

 

(1) Et inutile de me répondre que les cyclistes commettent aussi des infractions, etc., etc. : je le sais bien, c'est aussi inacceptable quand autrui est mis en danger mais il n'en demeure pas moins que tant par le nombre que par la vitesse et le poids, les voitures sont bien plus dangereuses que tous les vélos du monde.

 

 

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