29/04/2008

Majorité électorale (1) : fantasmes, dangers et… arithmétique…

Depuis la réélection de M. Zappelli au poste de Procureur général, les commentaires vont bon train quant à la possibilité d'obtenir une double-majorité de droite Conseil d'Etat-Grand Conseil en 2009. Et certains commentateurs plus agités en déduisent même que cette majorité de droite est aussi possible en Ville de Genève.

 

Hier encore, il me semble avoir lu dans la Tribune , sous la plume conservatrice intégriste de M. Décaillet, une sorte d'appel – un ordre de marche en fait – au PDC, les invitant à ranger leurs états d'âme et à conclure, bien sagement, une alliance nationale, un front uni, de la droite….ET de l'extrême-droite. Et c'est bien là le problème : peut-on affirmer, après les résultats de l'élection de dimanche 20 avril, que la droite est majoritaire ? Ou plutôt : différemment majoritaire ? Car il ne faut pas se faire d'illusions : la droite EST majoritaire au niveau cantonal (67 député-e-s de droite et d'extrême-droite, occupés à plein temps parlementaire à démanteler l'Etat, à supprimer des prestations sociales et à baisser les impôts pour les riches…). Mais le problème, pour les plus conservateurs et les plus rétrogrades des commentateurs, est que cette majorité est RELATIVE : 23 libéraux, 12 PDC, 12 Radicaux, soit 47 députés sur 100, moins que 51. Pour obtenir une majorité ABSOLUE au Grand Conseil, il manque 4 sièges à la droite, soit un apport de voix de l'UDC (10 sièges) ou MCG (7 sièges). L'idéal pour les commentateurs conservateurs, serait évidemment de combiner cette majorité relative au Grand Conseil avec une majorité au Conseil d'Etat. Et là, il s'agit bien d'un scrutin élu selon au système majoritaire et pas d'une proportionnelle… Donc, pas de miracle, selon la donne actuelle, la droite traditionnelle doit s'allier avec l'extrême-droite de  l'UDC pour obtenir une majorité au Conseil d'Etat !

 

Est-ce un calcul raisonnable ? La droite, doit-elle s'allier à l'UDC pour obtenir une majorité au Conseil d'Etat. ? Certes, à leur habitude, les Libéraux, sont prêts à tout pour avoir du pouvoir et surtout faire avancer encore plus vite tous leurs projets de démantèlement de l'Etat et de privatisations, prêts à vendre leur âme, prêts à renier leurs idéaux… Et ils pensent pouvoir compter sur la docilité habituelle et le suivisme de leurs cousins radicaux… Donc, la clé de cette nouvelle majorité conservatrice passerait par le ralliement des PDC…

 

Mais en fait, ces beaux calculs occultent deux problématiques :

 

- Contrairement à ce qu'on peut parfois penser, il existe des Radicaux, des vrais, qui ont encore le sens de l'intérêt général, de l'Etat fort, au noble sens du terme, qui sont de véritables républicains attachés aux valeurs fondatrices de nos démocraties. Pas des libéraux qui ne vivent - politiquement - que dans le but de démanteler l'Etat pour épargner les impôts des plus riches, pas des extrémistes de droite de l'UDC qui ne vivent que pour attiser la haine de l'autre, pour dénigrer celles et ceux qui – souvent indépendamment de leur volonté – n'ont pas eu les mêmes opportunités de réussir de brillantes carrières dans la finance, le droit ou l'immobilier et finalement – c'est quand même un comble pour de véritables libéraux ! – revenir à une société conservatrice, rétrograde et répressive à l'égal de celle des Mollahs iraniens !

 

- Une majorité absolue au Conseil d'Etat, composée de la droite et de l'extrême-droite est-elle plus viable et plus forte qu'une minorité soutenue par une majorité relative au Grand conseil ? En réalité, la proximité d'idées entre l'UDC, les Libéraux, les Radicaux et les PDC est assez faible… A part sur des grands principes idéologiques comme les baisses d'impôts en faveur des plus riches, les convergences risquent d'être rares… Et même en matière fiscale, les limites sont aussi déjà bientôt dépassées pour les milieux économiques proches des partis de droite : quand l'Etat exsangue ne construira plus de routes, plus d'écoles, plus d'équipements publics, quand les appels d'offres selon les procédures de marchés publics se feront encore plus au détriment des entreprises genevoises (qui ont légitimement des coûts de production plus élevés que dans la plupart des autres cantons suisses ou dans les pays limitrophes), je ne suis pas certain que ces mêmes milieux soutiendront encore cette politique du pire…

 

En réalité, et contrairement à ce que prétendent les commentateurs archaïques, le Progrès passe par un renouveau de la politique "à la Suisse ", en cherchant des accords autour de valeurs qui permettent de réformer, de moderniser l'Etat et les conditions-cadre de l'économie.

 

La politique du compromis est préférable à la politique du pire !

 

 

22:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : genève, politique, entente, gauche, droite, élections, majorité | |  Facebook

Commentaires

Dites, il me semble que lorsque vous, le PS, faites alliance avec l'extrême-gauche et les écolo intégristes, tout va bien.
Une extrême, lorsqu'elle est de gauche, tout va bien au PS.
Une extrême, lorsqu'elle est de droite, rien ne va plus au PS.

2 poids, 2 mesures ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/04/2008

Roger, ne vous moquez pas des mollahs iraniens car ils sont copains avec votre amie Cruella-la-soumise ! De plus, depuis le 12 décembre, le PDC est à gauche grace à son président-magouilleur Darbellay ! N'oubliez pas de regarder dimanche le document sur la "bande des 4" magouilleurs lors de la non-réélection de Blocher ! C'est sordide de découvrir Berset, Levrat, Darbellay et Leueuberger le genevois à l'accent des Pâquis comploter comme de véritables mafiosis car, c'est une vraie mafia cette équipe de branquiniols !! Santé !!

Écrit par : Octave Vairgebel | 30/04/2008

Victor,

Tu peux préciser en quoi le parti des verts peut être comparer à la droite extrême de notre belle démocratie ?

Franchement, il me semble qu'intervention après intervention tu dis des anneries de plus en plus énoooorme !

Sinon, tu devrais plus souvent venir à Genève, y'a une scène antifaf asser active, tu t'y amuserais comme un fou !

Écrit par : Dji | 30/04/2008

Dji,

L'UDC vit sur la peur de l'étranger, les vert sur la peur du CO2. Même type de fond de commerce.

Quand a la scène antifaf de Geneve, "scène" est le mot juste. Juste un cirque alternatif avec quelques centaines de clowns qui pensent representer quelque chose.

AF

Écrit par : Alain_Fernal | 30/04/2008

@ Dji, même si Alain_Fernal, a fait une part du boulot pour répondre ( dont je le remercie ), sachez néanmoins, que je dis toujours la même chose, à savoir...la gauche c'est gentil, la droite c'est méchant...c'est l'opinion unanime des gens de la gauche.
A chaque fois qu'ils le peuvent, ils traitent le SVP-UDC d'extrême-droite.
( comprendre nazis & fachos, pour leur crimes ), comme si dire extrême-droite était une accusation de crime.
Si, pour traiter un parti politique de "méchant", il suffisait de compter les cadavres, à ce jeu là, les communistes et la gauche y laisserait bien plus de plumes que la droite, voire l'extrême-droite.
N'oubliez pas qu'on a eu le Procès de Nuremberg, pour les nazis, mais pas encore un procès du communisme, même si la Roumanie en a intenté un, il n'est pas fini pour autant.
Il faut dire qu'il y a plus de 70 ans d'archives à traiter...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/05/2008

Pascal Décaillet est un journaleux pompeux et imbu de lui-même. Ses prétendus "appels" ne servent qu'à gonfler son égo déjà en pleine inflation.

S'agissant du reste de vos propos, on retrouve les platitude crypto-marxistes dont les prétendus "intellectuels" du PS arrosent régulièrement les masses laborieuses: une droite obnubilée par le "démantèlement" de l'Etat (faut-il rappeler que le ministre des finances est un vert), épargner les riches, "dénigrer celles et ceux qui – souvent indépendamment de leur volonté – n'ont pas eu les mêmes opportunités de réussir de brillantes carrières dans la finance, le droit ou l'immobilier"...

Pourquoi n'avaez-vous pas ajouté "- et la droite qui se moque des droits légitimes des squatters"? Ainsi votre tableau de clichés vides aurait été complet.

Tout cela est bien enfantin et même niais. La gauche genevoise est la plus bête du monde.

Écrit par : N. Chauvet | 01/05/2008

En rédigeant sa dernière note Roger Deney devait s'attendre à recevoir une volée de bois vert, tant ses propos sont hors du temps et des réalités politiques non seulement genevoises mais européennes. Les commentaires précédents en témoignent, il est servi. Je m'en voudrais de ne pas apporter mon complément.
En fait, contrairement à ce qui dit Roger Deney, la seule vraie surprise qui a suivi l'élection massive de Daniel Zappelli réside dans les propos soudainement mesurés, empreints d'ouverture à l'égard de l'UDC, en provenance des partis de l'Entente. On pouvait en effet craindre que leurs porte-paroles en restent aux discours carrés qu'ils tenaient encore récemment, notamment après les dernières élections municipales et fédérales. Il est heureux qu'enfin les libéraux, les radicaux et les démo-chrétiens se rendent à l'évidence : les partis de l'Entente ont bien plus en commun avec l'UDC, même blochérienne, qu'avec les socialistes helvétiques, genevois en particulier.
Roger Deney fonde son argumentation sur des balivernes qui n'ont qu'un seul objectif : masquer les motivations profondes d'un PS qui prend l'eau, à savoir permettre malgré tout à leurs "élites" de continuer à siéger dans les exécutifs cantonaux et fédéraux afin qu'elles puissent profiter de tous les avantages de ces fonctions sans jamais, ou presque en assumer, les véritables responsabilités.
Baliverne No 1. Faire craindre aux Genevois qu'une forte majorité de droite au Conseil d'Etat conduirait au démantellement de l'Etat social. Où a-t-il vu en Suisse et à l'étranger des gouvernements de droite, même là ou celle-ci gouverne seule, procéder à un tel démantellement ? Ne fait-il que feindre ou a-t-il oublié que le rôle des parlements est précisément de s'opposer aux bouleversements qu'il agite en épouvantail ?
Baliverne No 2. Laisser croire que les partis de l'Entente "vendraient leur âme" s'ils s'alliaient à l'UDC pour conquérir la majorité du Conseil d'Etat en 2009. Manifestement, seule l'habitude prise par les socialistes suisses et genevois, celle une fois élus de faire des politiques de droite en accord avec les bourgeois, peut l'amener à tenir ce genre de propos. Les radicaux, les libéraux et les PDC j'en suis sûr, ne transigeront pas sur les valeurs d'ouverture, libertaires et humanistes qu'ils défendent. Ce qui a manqué à ces partis jusqu'à présent c'est plutôt l'ambition et le courage de les exprimer clairement puis de les mettre en oeuvre avec détermination.
Baliverne No 3. Les compromis, en l'occurence avec le PS bien sûr, valent toujours mieux que "la politique du pire". L'histoire de notre pays, très conservateur, gouverné par la droite depuis toujours, ne saurait constituer un exemple de politique du pire, chacun en conviendra. Quant à l'hisoire récente de Genève, elle tendrait plutôt à démontrer que ce sont tous les compromis acceptés depuis une trentaine d'années par les partis de l'Entente au nom de calculs parfois peu reluisants qui ont conduit au pire. Le pire dans les gaspillages de toutes natures, le pire dans l'inefficacité de l'administration publique, le pire dans les finances de l'Etat.
Le texte de Roger Deney fait penser à une incantation plus qu'à un discours politique. Il aimerait croire à ce qu'il dit mais les mots qu'il choisit laissent entrevoir plus de craintes que de convictions.

Écrit par : pierre kunz | 01/05/2008

Cher Pierre Kunz, laissez moi ajouter ceci à la Baliverne No 1.

Depuis 1848, les Radicaux ont conduit la Confédération et Genève, à ce que l'on voit aujourd'hui de la Suisse.
Des gens responsable, de droite, oui, ont fait de la Suisse ce qu'elle est aujourd'hui.
Vive l'union sur les points qui réunissent et rassemble la droite, plutôt que la bataille rangée entre camps, basée sur les différences. ( dont rêve la gauche ).

Pour vu que des Pierre Kunz Genève en ait de + en +, dans les autres partis de droite.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/05/2008

1848-2008 : même combat. Les mêmes sont dans l'arène politique, d'un parti à l'autre! Formalisme et légalisme remplacent persuasion.

A droite comme à gauche, c'est pourri à mort!

Écrit par : Micheline | 01/05/2008

Malheureusement, aucune compréhension de la politique, mais je pense que votre information sera utile à de nombreuses personnes.

Écrit par : hash cleansing pills | 08/12/2008

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