02/10/2008

Décaillet ou la baudruche de la liberté autoproclamée qui se dégonfle

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

En arrivant en commission ce mercredi midi, j'apprends par un Député populiste ravi et gonflé à bloc, que l'invité de M. Décaillet ce matin sur Radio-Cité était Maître Bonnant, venu conforter la thèse du maître de céans, à savoir que le MCG n'était pas populiste. Quelques échos de-ci, de-là m'apprennent également que M. Décaillet s'est fendu d'une réponse sur son blog à mon précédent billet…

Voyons, voyons… M. Décaillet se la joue traditionaliste, il commence par une petite attaque personnelle gratuite " Député au Grand Conseil, élu pour s’occuper du bien commun, le socialiste Roger Deneys passe le plus clair de son temps à expectorer, dans un style où l’approximatif le dispute au nauséabond, le plus noir de son fiel contre tout journaliste de ce pays donnant la parole à d’autres voix que celles de son seul camp. C’est son occupation principale. Son moteur.".

Comme je n'ai jamais rencontré ce monsieur et que je ne pense pas qu'il se soit intéressé auparavant à mes modestes, très modestes, horriblement modestes faits et gestes de fourmi, je me demande évidemment sur quoi il se fonde concrètement pour tenir de tels propos, peut-être a-t-il pu consulter ma fiche à la P 26, au Vatican ou à Ecône ?

Mais impossible de le savoir. Pourtant, et je n'oserais évidemment pas donner de leçon de journalisme à M. Décaillet, il me semblait que les preuves, la précision, le récit des faits, des sources d'information identifiées étaient à la base du journalisme digne de ce nom… Mais ici, rien, il ne justifie même pas le contenu de son blog par un lien sur mon article ! 

Bon, je n'ai peut-être pas les qualités requises pour être considéré comme un expert en matière de journalisme, mais j'ai la chance d'avoir pu nourrir mes réflexions sur le sujet tant par une lecture attentive - et critique - du Canard Enchaîné depuis de très nombreuses années (c'est un modèle en la matière, d'autant plus qu'il n'a pas de publicité et ne dépend donc pas d'intérêts financiers occultes) et d'avoir plusieurs amis journalistes… dont le parrain et la marraine de mon fils : eux, dans leur travail, me semblent savoir faire preuve d'écoute et de respect, sans pour autant renoncer à leurs convictions.

Je suis "nauséabond" mais nous empruntons notre vocabulaire au même marécage, je le qualifie certes de crapaud mais son billet traite de grenouilles celles et ceux qui ne pensent pas comme lui…

Mon "occupation principale" est "d'expectorer mon fiel contre tout journaliste", "toute haine de l’autre joyeusement crachée" mais il ne connaît pas mon emploi du temps, ni mon travail ni mes autres activités. Je blogue de 7 en 14 alors que lui écrit ou paraît quotidiennement dans les médias genevois et que je lis régulièrement des papiers dans lesquels lui dénigre gratuitement le  monde politique genevois qui ne pense pas comme lui.

Il trouve mon style "approximatif" mais dans mon billet je cite précisément ses écrits alors que lui ne le fait pas (et il ne met même pas de lien sur mon billet, ce qui permettrait à tout un chacun de juger de nos styles et emportements respectifs).

Et je n'ai pas à ce jour eu connaissance des qualifications de M. Décaillet en matière de jugement de styles, la fréquentation mondaine des artistes ou autres "élites" ne me semblant pas de nature à faire de qui que ce soit un artiste, même si c'est une prétention courante chez les personnes qui se pensent cultivées. Mais en réalité, il n'y a pas d'art sans risque.

Mais c'est vrai qu'il a sans doute été désarçonné car il ne doit pas souvent lire ou entendre des critiques : tout le monde, des artistes aux politiques, sait bien que pour bénéficier de la puissance médiatique, il faut de préférence servir la soupe (pour parler poliment) de ces fantastiques, brillants, uniques journalistes et animateurs ! La complaisance est la norme. La vérité l'exception. D'ailleurs, la fourmi Deneys ne perd rien pour attendre, à un an des élections cantonales, elle va se faire broyer par le Décaillet déchaîné… Pauvre de moi ! J'en tremble déjà…

Le pire dans le papier de M. Décaillet, est qu'il ne sait même pas lire. Il interprète, suivi par quelques zélateurs obtus (on quitte le monde des batraciens pour entrer dans celui des ovins). La vue peut-être brouillée par la contradiction, comme un petit garçon boudeur, il me fait penser à mon fils de 6 ans et demi.

Mon papier revenait sur sa négation du qualificatif "populisme" au sujet du MCG. Dans ce papier, je n'ai pas du tout cherché d'explications aux résultats de dimanche dernier à Vernier. Et il ne sait même pas ce que j'en pense, il ne m'a pas appelé, ni interviewé, ni sur les résultats de dimanche, ni sur la candidature socialiste. Il n'a pas non plus pu le lire ici ou là car je ne me suis pas exprimé publiquement sur le sujet (ça viendra peut-être mais, vous savez, en politique comme ailleurs, on aime d'abord laver son linge sale en famille). Mais il sait : "Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est la confirmation, chez certains socialistes genevois (Dieu merci, pas majoritaires) de l’incapacité à perdre une élection sans immédiatement en rendre responsable la presse".

Je suis membre d'un parti politique, donc effectivement "partisan" et libre de l'être (parce que pour M. Décaillet, un socialiste devrait être conservateur, intégriste même, démagogique, favorable aux baisses d'impôts en faveur des plus riches, favorable à de grands projets qui bétonnent le territoire, etc., etc. … bref, tout sauf socialiste !) lui est journaliste, sensé respecter des principes d'indépendance et d'objectivité énoncés à la fois dans la "Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste" et la "Loi fédérale sur la radio et la télévision", mais il mélange allégrement les genres, quand ça l'arrange, comme ça l'arrange, passant d'une casquette d'éditorialiste dans la Tribune de Genève à celle de journaliste sur Léman Bleu ou Radio-Cité… C'est trop facile et c'est à mon avis un des principaux reproches qu'on peut faire à Léman Bleu, qui n'est pas TV Vatican ou TV Ecône : avec M. Décaillet et ses nombreuses casquettes interchangeables, les limites de l'article 4 de la Loi fédérale sur la radio et la télévision, Exigences minimales quant au contenu des programmes" sont atteintes, voire dépassées. Et il n'y a plus aucune vraie liberté, seulement la pensée unique, pour ne pas dire l'unique pensée.

Comme je n'étais jamais allé sur son blog, je vois que M. Décaillet l'a, en toute modestie, intitulé "Liberté".

 

Ben, voyons ! La démonstration est ici faite ! Liberté d'asséner des jugements à 2 balles sur tout un chacun, mais interdiction d'oser contredire le grand homme !

Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste http://www.presserat.ch/21730.htm  

Déclaration des devoirs

Le/la journaliste qui récolte, choisit, rédige, interprète et commente les informations respecte les principes généraux de l'équité exprimés par une attitude loyale envers ses sources, les personnes dont il/elle parle et le public ; il/elle tient pour ses devoirs essentiels de: 1.      Rechercher la vérité, en raison du droit qu'a le public de la connaître et quelles qu'en puissent être les conséquences pour lui-même. 2.      Défendre la liberté d'information et les droits qu'elle implique, la liberté du commentaire et de la critique, l'indépendance et la dignité de la profession. 3.      Ne publier que les informations, les documents, les images et les sons dont l'origine est connue de lui/d'elle; ne pas supprimer des informations ou des éléments d'information essentiels; ne dénaturer aucun texte, document, image et son, ni l'opinion d'autrui ; donner très précisément comme telles les nouvelles non confirmées; signaler les montages photographiques et sonores.

RS 784.40 Loi fédérale sur la radio et la télévision http://www.admin.ch/ch/f/rs/784_40/a4.html

Art. 4 Exigences minimales quant au contenu des programmes

1 Toute émission doit respecter les droits fondamentaux. Elle doit en particulier respecter la dignité humaine, ne pas être discriminatoire, ne pas contribuer à la haine raciale, ne pas porter atteinte à la moralité publique et ne pas faire l’apologie de la violence ni la banaliser. 2 Les émissions rédactionnelles ayant un contenu informatif doivent présenter les événements de manière fidèle et permettre au public de se faire sa propre opinion. Les vues personnelles et les commentaires doivent être identifiables comme tels. 3 Les émissions ne doivent pas nuire à la sûreté intérieure ou extérieure de la Confédération ou des cantons ni à leur ordre constitutionnel, ni violer les obligations contractées par la Suisse en vertu du droit international. 4 Les programmes des concessionnaires doivent refléter équitablement, dans l’en-semble de leurs émissions rédactionnelles, la diversité des événements et des opinions. Si une zone de desserte est couverte par un nombre suffisant de diffuseurs, l’autorité concédante peut exempter un ou plusieurs concessionnaires de l’obligation de diversité.

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2008/09/30/roger-deneys-l-impasse-du-destin.html#comments

Roger Deneys, l'impasse du destin

Sur le vif – Mardi 30.09.08 – 09.25h

Député au Grand Conseil, élu pour s’occuper du bien commun, le socialiste Roger Deneys passe le plus clair de son temps à expectorer, dans un style où l’approximatif le dispute au nauséabond, le plus noir de son fiel contre tout journaliste de ce pays donnant la parole à d’autres voix que celles de son seul camp. C’est son occupation principale. Son moteur. Cet élu, dont on attend vainement, au passage, l’amorce d’une idée pour faire avancer la vie de la Cité , s’en va vitupérant, toutes stridences sifflées, toute haine de l’autre joyeusement crachée, sur les chemins d’impasse de son destin. C’est son droit. Chacun occupe son existence comme il peut. Mais Roger Deneys, au fond, existe-t-il ? Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est la confirmation, chez certains socialistes genevois (Dieu merci, pas majoritaires) de l’incapacité à perdre une élection sans immédiatement en rendre responsable la presse, comme on tue le messager de la mauvaise nouvelle. Oui, il y a, dans ce parti cantonal, une petite clique de censeurs, détestant au fond la presse, la libre circulation des idées, rugissant dès qu’on donne la parole à leurs adversaires, ou qu’on exprime un point de vue contrariant leur dogme. Juste une clique, mais qui fait du bruit : naguère un conseiller national, aujourd’hui une magistrate de la Ville , ainsi qu’un maire, lorsqu’on omet de faire la révérence devant la Lumière de sa Préciosité. Autant dire, pas grand monde. (…) Pascal Décaillet, alias "Liberté"

Commentaires

Mon cher Deneys,

Non seulement vous n'êtes pas capable d'accepter une défaite dont votre camp est le principal artisan mais encore vous faut-il aller attaquer la presse comme victime expiatoire!

Décidément vous êtes pathétique, voire nettement plus! Permettez-moi de citer Audiard qui me semble avoir tout résumé concernant les individus de votre espèce dans le film culte les TONTONS FLINGUEURS:
"les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait"

Je crois surtout que le PS a largement de quoi se priver d'élus de votre niveau. Il a nettement mieux dans ces écuries pour ne pas avoir à nous faire subir de telles calamités.

Je citerai à nouveau Audiard:

"Quand un type comme ça se retire,
y'a pas de place à prendre,
c'est la fin d'une époque"

Vivement que nous changions d'époque!

Écrit par : jules | 02/10/2008

Il est pour moi clair que Décaillet aurait depuis longtemps du rendre sa carte de presse ou alors se faire engager par des quotidien gratuits.

Il est comme ces avocats du parti libéral : doué d'une fort belle belle capacité à aligner phrase complexe et référence culturelle pour mieux emballer une rhétorique des plus bourgeoise.

Écrit par : Dji | 02/10/2008

Mais c'est pourtant vrai:

Votre empreinte mediatique est presque exclusivement composée d'invectives de bas étage envers "les populistes", a defaut d'arguments rationels ou de propositions constructives.

Surtout ne changer rien, avec des amis comme vous la gauche na pas besoin d'ennemis.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 02/10/2008

Entièrement d'accord avec vous. M. Décaillet mélange allègrement les genres, et depuis très longtemps. Mais ses nouvelles fonctions à Radio Cité lui donnent des ailes. Je crois qu'il n'a pas (plus) le recul nécessaire, l'objectivité qu'on est en droit d'attendre d'un journaliste, dont vous avez rappelé le code de déontologie. Qu'il se présente à une élection, qu'il affronte l'opinion publique, qu'il s'engage pour défendre ses idées mais qu'il ne prenne plus ses lecteurs, auditeurs et téléspectateurs pour des imbéciles qui ne verraient pas clair dans son jeu.

Attaquer les socialistes pour leur "dogmatisme", venant de lui, c'est franchement risible. En tout cas, son billet anti-socialiste fait clairement la lumière sur sa incapacité à être un journaliste politique, un observateur neutre de la vie politique locale. Lui qui se veut être "le meilleur journaliste de Suisse romande" montre clairement ses limites avec ses attaques répétées contre les représentants de la gauche. Peut-être est-il si agressif parce que son modèle de société est en train de s'effondrer, les partisans de l'économie libérale dont il est si proche appelant à une intervention massive de l'Etat pour sauver ce qui peut encore l'être.

Au moment où la planète financière s'effondre, il est navrant de le voir rester au niveau des querelles de bas étage et partisanes. Lui le grand spécialiste, l'interviewer de choc, que n'interroge-t-il pas les acteurs du monde de la finance, les économistes capables d'expliquer ce qui se trame dans les coulisses des banques suisses et de la banque nationale, ceux qui ont contribué à ce fiasco et les politiques sensés proposer une solution. Le public serait en droit d'attendre des médias au moment d'une crise majeure de l'information de qualité et des analyses de personnes compétentes. Mais en Suisse romande, les médias préfèrent le people et le populisme, c'est plus vendeur. Pendant ce temps, à l'abri des projecteurs, se tiennent des discussions secrètes engageant le pays entier et tous ses citoyens, dont personne ne parle, même pas le "grand journaliste politique" M. Décaillet.

Écrit par : Tatage | 02/10/2008

Ce qui me stupéfie est de constater qu'aussitôt que des journalistes parlent français on les accusent de préciosité.

Cela prouve au moins que les réformes incessantes dot l'école genevoise est la victime ne rend pas les Genevois plus instruits mais plus stupides.

L'école est le premier maillon de l'indépendance car elle doit fournier deux outils essentiels. Apprendre à compter et savoir lire/écrire.

J'ai la désagréable impression que le PS met un soin particulier à ce que l'école nous produise des ignards assistés et incapable de s'en sortir seuls.

Cela s'appelle de la manipulation de masse.

Le résultat est que les médiocres règnent en maitre au milieu d'une masse dopée à la Star Ac et non pas enrichie par "les chiffres et les lettres".

Ce qui conduit certains à condamner ce qu'ils ne sont en mesure de comprendre ni sur le fond ni sur la forme.

Le PS n'est certes pas seul responsable, la libérale Bunscwig Graf a été un important contributeur à cette situation.

Comme quoi même chez les libraux qui hérissent, il y a des démago vous n'êtes pas seuls dans le fromage même si Beer se garde la part du lion.

@tatage, il ne sert à rien de chercher des coupables, trouvons les causes. Les fonds de pensions, dont la CIA et bien d'autres en Suisse font partie, sont eux aussi responsables en recherchant des perf. toujours meilleures et donc plus risquées.

Quant à limpartialité des journalistes, je ne crois sincèrement pas que le Courrier, bible des toute la gauche fonctionnarisée genevoise, soit plus neutre.
La manchette de lundi et l'édito sont là pour prouver que non seulement le journaleux est mauvais mais encore qu'il n'est pas capable de lire correctement des décisions de justice pourtant issues de la plume rose de juges tous socialistes.

Si ça c'est pas du populisme, je suis comme Marc Bonnant, il faut qu'on m'explique ce qu'est le populisme!

Cela dit je ne vois pas le rapport avec la choucroute!

Écrit par : Egolène | 02/10/2008

Le problème avec M. Decaillet ce n’est pas son français, ni son besoin d’étaler sa culture, si ça ce trouve il se rend même pas compte à quel point il se couvre de ridicule (comme quand il s’est comparé à Jésus Christ lors du dernier débat sur la constituante), il est dans son égo trip et rien ne l’arrête.
En même temps, c’est vrai qu’il pose des bonnes questions et un peu de culture n’a jamais fait de mal à personne.
Non, le vrai problème c’est qu’il n’est absolument pas impartial, il ne jure que par les radicaux au point d'inviter des politiciens radicaux retraités lorsque les autres ne peuvent pas venir. Il nous a expliqué des dizaines de fois que Pierre Maudet était le meilleur de tous les temps, que Pierre Kunz était le seul qui savait de quoi il parle dans le débat sur la future constitution, sans parler de ses éloges pour HR Merz, P.Couchepin, F.Longchamp, etc. etc.
C’est vrai qu’il apprécie aussi ceux qui font dans le populisme, mais là c’est uniquement parce qu’avec nombre de ses confrères (pas tous heureusement) il chevauche le même cheval de bataille.
Ses amis du Matin n’ont-ils pas écrit, aujourd’hui encore, qu’il était le meilleur journaliste de suisse romande parce qu’il avait (entre autre) le no de natel de tous les conseillers fédéraux ? Woaw, ça c’est du critère…..
Ceci dit, plus on parle de lui, plus il se sent important et c’est donc la dernière fois que je le fais…..

Écrit par : diego | 02/10/2008

M. Deneys, vous passez le plus clair de votre temps à critiquer de manière peu ragoùtante vos interlocuteurs ou adversaires. Vous avez perdu! Assumez.

Même si certains de votre clique se paient la part du lion, ça n'est pas moins malhonnête, illicite et illégitime.

Heuresement que tous les socialistes ne pensent pas tous comme votre clique de privilégiés. Gageons qu'ils sauront voter au-delà des étiquettes, conscients de l'arbre qui cache la forêt...

Quant à Décaillet: il faut préciser qu'il déteste surtout la bêtise et la méchanceté gratuite ! Et c'est tout à son honneur...

Écrit par : Micheline Pace | 02/10/2008

@egolène : je suis d'accord avec vous, l'instruction et l'éducation sont primordiales. Mais réduire l'école du XXIème siècle à " Apprendre à compter et savoir lire/écrire" est réducteur et ne veut pas dire grand chose, car toutes les querelles viennent du "comment". Avec cet maxime simpliste, certains voudraient revenir à l'école de grand-papa, celle où les enfants obéissaient au doigt à l'oeil sans broncher, à des instituteurs et profs tout-puissants, dans des classes homogènes d'enfants au parcours scolaire identique. Le retour à cette école-là n'est plus possible, parce que les choses ont changé, les familles ont changé et le monde s'est considérablement "complexifié". C'est un défi que de réussir à instruire des enfants venus d'univers différents, de leur apprendre à comprendre un peu le monde qui les entoure, en leur fournissant le bagage de connaissances nécessaires pour affronter leur futur.

Et puis, ceux qui avaient appris si bien à compter dans l'école d'hier sont aujourd'hui démunis pour réparer les dégâts de la crise financière actuelle.

Pour en revenir à M. Décaillet, son émission de ce matin sur Radio cité était consacrée à un politicien d'avenir "Messrs. Ducret, Seydoux, Bender et Loretan parlent du Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz"
Je n'ai pas écouté mais on ne peut pas dire que ce soit très en phase avec l'actualité mondiale du jour!

Écrit par : Tatage | 02/10/2008

Si vous avez aimé le billet de M.Decaillet et bien regardé les commentaires de ses thuriféraires. Belle brochette de progressistes, de gens ouverts, d'optimistes de la vie.
Que du gris! Des ex-franquistes, des partisans de la sélection naturelle, des pseudos philosophes qui affirme des poncifs du style que "la gauche estime que l'individu n'est jamais totalement responsable". Sait-il ce pseudo-philosophe que l'existentialisme (de gauche dit-on!) considère chaque personne comme un être unique qui est maître non seulement de ses actes et de son destin, des valeurs qu'il décide d'adopter?
En lisant les commentaires au billet de M. Decaillet ont saisie pleinement les paroles d'un Ernest Renan qui affirmait que l'avantage avec la bêtise humaine c'est que c'est la seule chose qui donne une idée de l'infini.

Vous avez bien du courage M.Deney de critiquer celui qui se croit "Dieu", qui confond moi et service publique et qui se pare du manteau de l'innocence (pseudo-journalistique) pour nous distiller ses messages maurrassien et inégalitariste.

Écrit par : Toxo | 02/10/2008

@Toxo

"Des ex-franquistes, des partisans de la sélection naturelle, des pseudos philosophes qui affirme des poncifs du style que "la gauche estime que l'individu n'est jamais totalement responsable". "

Primo je n'ai jamais croisé de franquistes sur les blogues de la TDG, ensuite cette affirmation sur la gauche est absolument vraie...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 02/10/2008

Cher Carlitos, désolé.
Je traîne chaque jour sur ce site, et certes, lire des commentaires ou des billets d'ex-franquistes, c'est pas souvent ('doivent être tous morts à l'heure qu'il est, Franco étant mort lui-même il y a 33 ans).
Par contre lire des ultra-réactionnaires, des bien-pensants à tendance autoritariste ou des "vrais genevois" à tendance néo-conservatrice, ça... Waow, c'est plus que facile sur ce site de la TdG ! Dire qu'il n'y a que ça, ce serait exagérer, mais tout de même, ils me semblent bien représenter la majorité.

Aux autres qui postent ici contre M. Deneys :
Lui prêter tant de méchanceté et d'autres défauts,
il faudrait juste que vous le rencontriez, lui, un des gars les plus gentils du monde que j'aie jamais croisé...

Écrit par : JacK Barron | 02/10/2008

J'ose espérer que la Gauche ne sera pas jugée à l'aune de l'incompétence de Deneys. Il représente ce que je déteste le plus les bons sentiments dégoulinants et il lui manque ce que j'aime le plus la raison et le savoir ces instruments précieux pour mener un travail politique digne de ce nom.

N'allez pas trop vite en besogne dans les critiques je peux garantir qu'il existe à gauche des personnes dont les préoccupations vont au delà de la pipolerie et qui se préoccupent réellement du bien commun.

Quant à Monsieur Décaillet qu'il fasse son job et que les politiciens fassent le leur :se faire entendre. S'ils échouent dans cette tâche ils sont les premiers responsables de cet état de fait et pour ce qui concerne les socialistes aujourd'hui, leur discours est inaudible pour la plus grande part de la population et le journaliste cité ne peut que le constater.

Écrit par : Rita Cadillac | 02/10/2008

@JacK

"doivent être tous morts à l'heure qu'il est"

Détrompez-vous, ils sont encore vivants en Espagne, mais tellement minoritaires et insignifiants qu'il n'y a pas lieu de peindre le diable sur la muraille... A moins qu'à l'image de Chavez l'on ne considèrer le Parti Populaire (PP), le plus grand parti de la droite espagnole, avec encore pas mal d'anciens membres du gouverenement de Franco, comme "fasciste", ce qui dans la réthorique de gauche est très vite avancé...

"Par contre lire des ultra-réactionnaires, des bien-pensants à tendance autoritariste ou des "vrais genevois" à tendance néo-conservatrice, ça..."

Perso je me sens proche des néo-conservateurs, et encore plus des libertariens américains. Mais je ne dirais pas que je représente la majorités des blogueurs de la TDG, vu que je crois être à peu près le seul à être vraiment atlantiste et à soutenir le duo Mccain-Palin (Et ce même si je suis un darwiniste convaincu et un partisan du mariage homosexuel - enfin--- des PACS en tous cas)... Ce que m'autorise la liberté d'opinion... Sinon la majorité des blogues de la TDG sont atteints par l'Obamania unilatérale des européenes, ce qui est normal pour une ville traditionnellement à gauche...

Quant à la petite lutte éditoriale interposée entre Mr. Denys et Mr. Décaillet, ma fois, j'ai un penchant pour les penseurs de Droite, donc j'aurais tendance à préférer le second... Le seul qui ose tapper dans la fourmière pour montrer ce que bien des candidatures à la Constituantes représentent: des lobbies bien pensants sans véritable projet pour Genève...

Écrit par : Carlitos de Unmauno | 03/10/2008

@Carlitos :
vous aurez noté mes efforts sémantiques. Je déteste les conversations atteignant le point Godwin.

Écrit par : JacK Barron | 03/10/2008

"vous aurez noté mes efforts sémantiques. Je déteste les conversations atteignant le point Godwin."

Tout à fait, et c'est tout à votre honneur. Cependant vous l'avez quasiment atteint en évoquant les "franquistes de la TDG"... Je sais que celà ne m'était pas directement adressé, mais il se trouve que le même jour j'avais publié un billet élogieux sur Décaillet perçu comme éligible pour l'émission "TSR Infrarouge". Pensant que le point Goldwin était atteint j'ai réagi.

Je ne nierai pas que dans certains milieux libéraux-conservateurs l'on trouve quelques admirateurs de Franco ou de Pinochet vus comme champion de la lutte anti-communiste... J'ai généralement des mots assez durs envers eux, et ils me le rendent bien... Mon père, de sensiblité républicaine et socialiste, étant né sous la dictature de Franco, il est clair que j'ai été éduqué dans la plus pure haine du franquisme... Ce qui ne m'empêche pas d'être méfiant vis-à-vis de l'égalitarisme et du mutliculturalisme tel que la gauche européenne les conçoivent aujourd'hui, tout en restant un démocrate convaincu, et, d'une certaine manière un identitaire "light", "light" parce que de toute manière issu de la gauche socialiste et résolument extrême-centriste.

Maintenant, pour en revenir à votre critique concernant la notion de "responsabilité individuelle", il est évident que c'est une valeur qui est plus traditionnellement défendue par la Droite libérale que par la Gauche, et qui s'oppose à une certaine vision extrême de l'égalitarisme socialiste. Je ne crois pas que celà soit de la pseudo-philosophie: En réalité c'est la base du clivage gauche-droite, et socialisme-libéralisme...

Écrit par : Carlitos de Unmauno | 03/10/2008

Ancien journaliste ( a la retraite) je n'aime pas toujours la façon dont mes confreres actuels s'expriment, même lorsqu'ils ontraison. la grossierete est une arme trop facile. J'aime mieux la precision... et une forme d'écriture qui tout en restant classique permet d'être cinglant. Dans une societé qui derive, les journalistes devraient faire partie des corporations qui donnent l'exemple et non qui courrent apres la mode du moment. Mais c'est un chemin plus difficile et qui - peut-être- n'apportent pas la même notoriété... encore que la notorieté de la valeur, si elle est plus difficile a trouver, demeure plus longtemps.

Écrit par : J.-M.LAYA | 03/10/2008

Merci M. Laya. Avec l'analyse de Philippe Souaille dans mon précédent commentaire, j'apprécie de voir que des journalistes savent encore raison garder. A mon avis les divergences d'opinion (car c'est en plus souvent relatif) ne devraient pas conduire à des dérives incontrôlées. Mais les médias sont devenus une sorte de drogue, il faut y être, il faut en être... le triomphe de la société bling bling en fait... Rien à voir, mais cela me fait plaisir d'en parler car un fournisseur, entendant de l'opéra dans le lointain alors que je luis téléphonais (j'écoute Don Giovanni), m'a signalé qu'Arte avait passé La Traviata chantée l'autre jour dans la gare de Zurich... Je n'ai pas de TV depuis près de 30 ans, mais c'est pour ce genre de choses que j'apprécierais parfois d'en avoir une... bref, pour dire, qu'heureusement, il existe encore de petits espaces qui échappent à cette étrange folie...

Sinon, il me semble me souvenir de votre nom... cela doit dater de l'époque où ma mère faisait encore de la politique mais je peux me tromper (je n'ai pas de fiche !)

Écrit par : roger deneys | 03/10/2008

Jean-Marie Laya fut longtemps réd. en chef adjoint de la Tribune de Genève... et mon maître de stage. Bonjour à lui.

Écrit par : Philippe Souaille | 03/10/2008

C'est vrai que les blogs de la tribune permettent d'abriter les courants les plus progressistes également.

Un exemple ?

http://victordumitrescu.blog.tdg.ch/archive/2008/10/02/communique-de-presse.html

Écrit par : Djinius | 03/10/2008

Merci Monsieur Souaille de la précision... morale (?) de l'histoire : les chiens ne font pas des chats... normalement...

Écrit par : roger deneys | 04/10/2008

A vrai dire, je ne sais pas très bien dans quelle catégorie me place mon ancien maître de stage... Mais s'il y a une leçon que j'ai retenu de son enseignement, il aimait à le répéter souvent, c'est que dans ce métier, mieux vaut avoir le cuir épais... En politique aussi d'ailleurs.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/10/2008

Si Mr Decaillet était journaliste, ça ce saurait.

Écrit par : rhodine | 27/12/2010

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