08/10/2008

Combien les fonctionnaires de l'Etat payent-ils pour garer leur voiture sur leur lieu de travail ?

(et sera-t-il possible de mettre fin à des situations privilégiées injustifiées et inacceptables ?)

 

En juin dernier, j'ai déposé une IUE, Interpellation Urgente Ecrite, afin de connaître le détail des prix pratiqués par l'Etat lorsqu'il loue des places de parking – y compris au centre-ville - à ses fonctionnaires.

 

 

Il faut dire que les quelques échos que j'ai eus à ce sujet m'ont laissé – et ce n'est pas peu dire !– sans voix… Des places de parking en plein centre-ville louées entre 20 et 30 francs par mois, c'est vraiment indécent !

 

 

Alors que Genève souffre d'un trafic pendulaire beaucoup trop important, alors que les pouvoirs publics et notamment l'Etat insistent sur la nécessité d'abandonner autant que faire se peut la voiture pour les transports publics ou le vélo, alors que les personnes qui stationnent en zone horodateurs ou en parking souterrain payent près de 300 francs par mois, alors que le nombre de places de parking sur domaine privé est beaucoup trop élevé et que ces places ne rapportent rien d'autre que des nuisances aux collectivités publiques, l'Etat se comporte de façon particulièrement peu exemplaire.

 

 

Cerise sur le gâteau, et malgré la pause estivale, le Conseil d'Etat n'a pas été capable de répondre à ma question lors de la session de septembre du Grand conseil… alors que les réponses aux IUE sont justement sensées être apportées par le Conseil d'Etat à la session suivant celle de la question….Ce qui semble signifier que jusqu'à ce jour, l'Etat ne disposait pas d'un recensement centralisé de ses places de parking et de leur prix de location ! J'espère que la réponse du Conseil d'Etat nous parviendra bien ce jeudi… Et que nous parviendrons d'une part à aligner le prix de location de ces places sur celles du marché et d'autre part à en supprimer une partie… car s'il y a trop de places de stationnement sur domaine privé, il y en aussi beaucoup trop à l'Etat !

 

 

IUE_PrixDesPlacesDeParkingALEtat.pdf

Commentaires

Seulement 300 Francs par mois! Mais c'est un scandale, ce devrait être beaucoup plus!

Écrit par : Johann | 08/10/2008

On est parfaitement d'accord. Maintenant, une question : comment se fait-il que vos camarades de la Ville ne soutiennent pas l'initiative "200 rues piétonnes" des Verts? Je sais que vous la soutenez, alors qu'est-ce qui cloche? Vous ne pourriez pas les convaincre??

Écrit par : Sandro Minimo | 08/10/2008

Sandro : bonne question ! Mais vous êtes sûr ? Bon, maintenant que je suis à PLO, je suis un peu loin de ce qui passe au PS Ville... je vais me renseigner... Mais je sais aussi qu'en politique, on n'aime pas trop les "donneurs de leçon" qui viennent d'ailleurs... à suivre donc...

Écrit par : roger deneys | 08/10/2008

>Mais je sais aussi qu'en politique, on n'aime pas trop les "donneurs de
>leçon" qui viennent d'ailleurs... à suivre donc...

Vous êtes un de leurs "camarades", et je suis sûr que vous passez pas mal de temps au centre-ville... vous ne venez donc pas "d'ailleurs" et vous êtes directement concerné!

Écrit par : Sandro Minimo | 08/10/2008

Moi, je suis d'accord avec vous...

Écrit par : roger deneys | 08/10/2008

Ca m'a toujours surpris ceux qui se révoltent contre les "privilégiés" qui paient peu un bien dans un marché captif, alors qu'une révolte tout aussi légitime, voire plus serait de la diriger contre ceux qui font payer le prix exhorbitant à la majorité.

Exemple typique: les squatters versus les propriétaires.

Écrit par : Djinius | 08/10/2008

Ici, aucune révolte contre des "privilégiés" qui payent peu un bien. Grogne certaine contre une République qui n'est pas foutue de s'appliquer les principes qu'elle demande à tout un chacun de respecter... Le marché du parking n'est d'ailleurs pas captif, c'est l'Etat qui se réserve des privilèges sur des bases absolument peu claires (je me suis d'ailleurs opposé à plusieurs reprises à des places de parking réalisées en beaucoup trop grand nombre dans de nouvelles écoles... et qui sont en plus généralement "gratuites" (payées par les impôts donc...) pour les profs et fonctionnaires qui les utilisent).

Le vrai prix d'une place de parking est de l'ordre de 100.- à 300.-/mois, selon le lieu, selon que ce soit en surface ou en sous-sol... Et c'est sans doute encore trop bon marché car cela n'intègre que l'amortissement des coûts de construction et d'entretien... pas les coûts de la pollution induite par la place de parking, ni les conséquences économiques du trafic saturé.

Par contre, sur le fond, Djinius, je partage votre remarque : nous vivons dans une société qui effectivement "se révolte" contre de pseudo-privilèges et privilégiés plutôt que contre celles et ceux qui sont à la cause du mal. On peut effectivement penser aux réactions antisquatters, à celles contre les requêrants d'asile ou les mendiants roumains ("tous des profiteurs"), alors qu'on laisse dormir tranquille les promoteurs-spéculateurs, les banquiers suisses (pas seulement, d'accord) qui accumulent dans leurs coffres le fric volé dans tous les pays dits du tiers-monde par des "élites" corrompues, ou le gouvernement roumain qui peine à aider ses concitoyens à sortir le pays de la catastrophe dite "communiste" (mais ce n'est pas évident, ça c'est sûr !)

Écrit par : roger deneys | 08/10/2008

Sandro : c'est inexact ! Selon mes informations "L'AG de la section du 4 septembre a soutenu la position prise par le bureau, à savoir soutenir cette initiative, en cherchant à pouvoir en discuter avec les verts. Un courriel leur a été envoyé dans ce sens. Toujours pas de réponse... ".

La presse a évoqué une situation tendue entre les verts et les socialistes à ce sujet, ce qui n'est pas non plus le cas... Le vide n'étant pas tendu... Mais il faudrait aussi savoir si les discussions que les Verts ont avec les Radicaux - qui se disent intéressés par cette initiative - ne se termineront pas par une demande, en contre-partie, de places de parking souterraines par milliers...

Écrit par : roger deneys | 08/10/2008

C'est vrai que cette information sur le nombre de places de parc à disposition des fonctionnaires en Ville de Genève serait intéressante à connaître. De là à dénoncer des privilèges... Ça fait partie des petits plus que toute entreprise offre à ses employés et honnêtement ça ne me choque pas. On trouve la même chose dans beaucoup d'entreprises. Il serait intéressant par contre de connaître le pourcentage du personnel qui peut en profiter et comment ses places sont attribuées. J'imagine aussi que le soir, ces places sont louées au prix fort, ou bien restent-elles vides?

Une question : pourquoi déposer une "Interpellation Urgente Ecrite" ? En quoi est-ce "Urgent" ? C'est quelque chose qui existe depuis des lustres, non ?

Écrit par : Tatage | 08/10/2008

Mr Deneys, les radicaux ont effectivement demandé 3000 places souterraines nouvelles, ce sur quoi les Verts ne devraient normalement pas rentrer en matière, pour ce que j'en sais. On espère juste qu'ils tiendront.

Par contre, j'ai eu l'écho que les socialistes ne soutenaient pas l'initiative pour cause aussi des problèmes liés au parking... mais j'espère qu'il ne s'agit que d'un déficit de communication.

Écrit par : Sandro Minimo | 08/10/2008

Il faut exiger 200 balles par vélos ! les Khmers Verts ont les moyens et, de plus, ils nous ewmmerdent !

Écrit par : Octave Vairgebel | 08/10/2008

Tiens, TrollMalpoli est déjà rond comme un boulon apparemment !

Écrit par : Djinius | 08/10/2008

Dans cette question, il n'y a pas que l'angle du "privilège insupportable" ou de l'horreur que suscite pour le vert moyen n'importe quel parking en ville.

Il y a aussi le point de vue des fonctionnaires concernés:

L'attractivité d'un poste de travail est fait d'un ensemble de divers elements. Certains auront peut-être signé pour tel poste sachant que le salaire est plus bas qu'ailleurs mais avec des avantages en terme de parking ou de caisse de pension.

De revenir la dessus après signature du contrat ressemble a ce que la gauche denoncerait habituellement comme un fourbe et unilaterale retrait d'aquis de la part d'un employeur privé non ?

AF

PS: Je ne suis pas fonc. et je paye mon parking 300 Frs par mois. Ca n'empêche pas qu'il faut être coherent,

Écrit par : Alain Fernal | 08/10/2008

A Tatage. Pour commencer par la fin : Interpellation Urgente Ecrite, IUE, car c'est le SEUL moyen pour des Député-e-s d'obtenir une réponse du Conseil d'Etat RAPIDEMENT à une question qu'ils se posent, soit en lien avec l'actualité, soit en lien avec des dossiers traités en commission. Il nous est aussi possible de poser des Questions Ecrites (QE) mais alors le Conseil d'Etat dispose - je crois; il faudra que je révise mon règlement du Grand Conseil - de 6 mois pour répondre...

Ici, rien de nouveau effectivement, MAIS en même temps aucune réponse, aucune action, aucun changement de politique en la matière depuis des lustres ! Alors, quand on paye 20 balles par mois pour garer sa bagnole à Rive, même quand on habite à Champel, à 5 minutes ou 10 minutes en bus et 3 à vélo à la descente (8 à la montée), ben voilà, Monsieur Machin et Madame Chose, qui versent pourtant 10 francs par an au WWF et 10 à Franz Weber, y vont en bagnole ! Vroum, vroum !

Et quand il n'y a pas de réponse, c'est aussi parfois parce que le Conseil d'Etat estime - parfois à tort, parfois à raison - que le problème n'est pas prioritaire ou trop compliqué à résoudre... Donc il fait une petite danse du ventre aux Député-e-s, les charme, les endort... Tout va très bien, Madame la Marquise... et rien ne change jamais...

Sur le fond, je pense que vous avez également tort, tout en posant aussi les bonnes questions : POURQUOI considérer que d'offrir une place de parking est un "petit plus" normal, alors qu'il est réservé à certains (généralement il n'y a - heureusement - pas une place de parking par employé, donc les cadres, les hauts revenus) sans aucun critère transparent, et surtout sans corrélation entre le lieu de domicile et l'accessibilité en transports publics par exemple.

De plus, c'est totalement discriminatoire envers celles et ceux qui vont p.ex. en transports publics ou à vélo, ou à pied, sauf à considérer - pourquoi pas - qu'une indemnité mobilité est versée à chaque employé pour qu'il paye ensuite sa propre mobilité... mais à son vrai coût !

Sinon, et c'est bien ce que je dénonce, comment voulez-vous réussir à diminuer le trafic inutile ? Soral peut bien se plaindre - à raison - du trafic pendulaire, le MCG hurler contre le trafic frontalier et les Verts et les Socialistes dénoncer - à raison - les méfaits de la pollution de l'air, mais ce qui est sûr, c'est que quand on ne paye même pas son parking à son vrai prix, il n'y aucune motivation pour personne à renoncer ou à moduler son utilisation de la voiture !

C'est pourtant dramatique, non ? Je pense que vous avez entendu parlé du réchauffement climatique ? Des particules fines et de leur nocivité sur la santé des enfants et des personnes âgées ou affaiblies ?et que vous vous rendez compte que l'utilisation actuelle de la voiture échappe à toute rationalité ?

Le SEUL avantage, c'est que plus il y a de bagnoles, même pour rien, plus la campagne des "yaka" en faveur d'une - inutile - traversée du lac ou de la rade est facilitée...

A Bécile. Oui, le problème doit évidemment être évoqué dans le cadre des relations contractuelles entre employeur et employés. Que des entreprises privées - qui sont d'ailleurs souvent des modèles d'archaïsme en terme de mobilité et de progrès au sens large, particulièrement à Genève - offrent ce genre de susucre ne m'étonne malheureusement pas mais que l'Etat en soit là me désespère !

Et, effectivement, la perte "d'acquis", même stupides, fait toujours mal : mais, là, vous voyez, je crois que les enjeux en terme d'occupation et de gaspillage d'espace, de pollution, de destruction accélérée de notre planète, dépassent la question de la défense de quelques privilèges égoïstes d'un autre âge !

Écrit par : roger deneys | 08/10/2008

Merci pour ces explications. Sur le fond, je suis d'accord avec vous. Ces privilèges devraient être plus transparents et si les hauts fonctionnaires étaient logés à la même enseigne que les simples employés, il est probable que leur approche du problème de la circulation à GE serait différente.
Mais peut-être que ces places à bas prix ont été attribuées il y a longtemps et que les heureux bénéficiaires évitent de trop en parler, surtout si leur domicile n'est pas trop éloigné du lieu de travail.

Écrit par : Tatage | 08/10/2008

Roger, je vous demande un service ... parlez autour de vous du vélo Moniky, avec un abonnement de 30,- francs par mois ... c'est un vélo pliable, mon article sur ce vélo, paraitras vers 11h30.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 09/10/2008

La transparence dans la gestion des affaires de l'Etat de Genève a un long chemin à faire. Tous ce qui ont des privilèges souvent liés au logement, au véhicule, à l'accès à certains lieux publics n'y voient qu'un juste retour. Genève possède le plus grand nombre de fonctionnaires de Suisse, il faut bien entretenir cet électorat captif.

Ici on parle du parkings, mais combien de passe-droits (publics ou privés) existent-t-ils dans la république de Genève.. la liste est non exhaustive.. Des centaines...

Écrit par : sirène | 09/10/2008

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