01/12/2008

Le prix du lait : participez à la course contre le profit !

vache-savoie.jpgAvec les Socialistes, participez à la Course contre le profit!

Scène 2: le prix du lait

Faut-il garantir des revenus décents aux producteurs de lait ou encourager une stupide guerre des prix qui ne profitent qu'aux grands groupes de l'agro-alimentaire?  Pour sourir et courir, samedi 6 décembre, dans le cadre de la course de la Marmite , je vous invite à venir courir avec les Socialistes… et profiter de l'occasion pour exprimer en couleur, en douleur, déguisés, en verve, en vache, en berlingot, en lingot, à poil, en pleurs, à la soupe à la grimace, à la soupe au lait, en rires - ou en jaune d'ailleurs peut-être - votre ras-le-bol de ce système économique!

J-5


La Suisse a des paysages idylliques, un côté maison de poupées, petit, microscopique même, des parcelles de quelques hectares, du blé ici, du colza par là, des tournesols, de l'herbe et quelques vaches, sans doute moins d'une cinquantaine, juste à côté... Et des reliefs, pas la monotonie des vastes plaines et les monocultures de La Pampa , du Pô ou de l'Ouest de la France.

Du Jura à l'Emmenthal, en passant évidemment par la Côte , le Lavaux ou la Gruyère , des paysages paisibles, comme figés, hors du temps, dominés par la présence chatoyante des Alpes. Comme si les balafres du monde moderne, autoroutes, affreux hangars, minables villas mitoyennes n'avaient aucune prise. Comme si la frénésie brownienne des citadins, boulot-dodo, Ikea-cinéma, ne troublait pas la paix de la campagne. Une paix d'éternité.

Malheureusement, l'image ne correspond plus à la réalité.

La campagne est bétonnée, urbanisée, motorisée. Et surtout, l'agriculture, les paysans, sont considérés – aussi partout ailleurs en Europe et dans le monde industrialisé – comme une filière industrielle particulière, soumise aux mêmes lois, aux mêmes règles, aux mêmes contraintes. Adieu veaux, vaches, cochons ! Bienvenue business plan, rentabilité et rationalisation !

Ainsi, la Suisse , sous l'égide du Conseil Fédéral et de l'Union Européenne (qui brille d'ailleurs par sa stupidité intrinsèque en la matière, Français en tête), sacrifie son agriculture et ses paysans sur l'autel du mythe du marché… pour favoriser essentiellement ses banques et son industrie pharmaceutique… et faire croire à des consommateurs avachis de publicité qu'ils seront gagnants.

Je viens ainsi de lire dans le Terre&Nature du 27 novembre sous la plume de Léo Bolliger que dès "le 1er mai 2009 (on appréciera la symbolique de la date…), le marché suisse du lait ne sera plus géré par l'Etat sur la base de contingents".

Les enjeux sont pourtant clairs : les quatre plus grands transformateurs de lait en Suisse ont créé une nouvelle structure d'achat commune, Association lait suisse (ALS), dont le président a déclaré qu'il était possible que le prix d'achat au producteur baisse de 10 à 20 centimes par litre.

En réalité, cette proposition met la pression de façon inadmissible sur des producteurs qui sont loin d'avoir la vie facile, indépendamment de ce qu'on peut penser de leurs modes de production respectifs (certains sont engagés dans cette spirale du productivisme, aliments industriels pour le bétail, fermes-usines, endettement massif pour financer les investissements, d'autres, les producteurs bio notamment, cherchent la qualité du produit, le bien-être du bétail, la proximité… mais certainement sans réussir à éviter l'endettement) et prouvent une fois de plus que le Marché est un mythe. D'un côté, des industriels (dont la Migros , certainement aussi la Coop , Nestlé peut-être) qui réussissent à réduire l'expression de la demande presque à un seul acteur et de l'autre, des offrants en nombre plus considérable, des exploitants autonomes (27'000 producteurs) dont beaucoup pensent d'abord à ne pas devoir fermer la boutique le lendemain et qui sont certes fédérés (38 groupes de producteurs) mais évidemment sans aucune puissance économique collective équivalente (notamment parce qu'ils n'ont pas de véritable marge de manœuvre financière).

D'un point de vue de consommateurs, on peut d'ailleurs douter de la réelle nécessité de la mesure : votre budget est-il menacé par le prix du lait ? J'en doute fortement… Ces 10 à 20 centimes de baisse du prix d'achat seront d'ailleurs certainement répercutés marginalement sur les prix finaux, dont en baissant votre prix d'achat du litre de lait de 5 ou 10 centimes, je doute que vous fassiez au final une "économie" supérieure à 2 ou 3 francs par mois…

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Ne devrait-on pas considérer que le but de toute production serait d'assurer un revenu décent à ses producteurs et que le prix à payer est la résultante directe de ce revenu décent ? Dans le même article, on peut lire que selon un responsable de la Fédération des producteurs suisses de lait (FPSL), "le revenu à l'heure actuelle ne dépasse pas les 3 200 francs en moyenne par mois, soit 6 francs de l'heure" et que "un centime de moins par litre, c'est 33 millions de francs de manque à gagner pour les producteurs".

La transparence des revenus et des charges est sans doute nécessaire pour vérifier la véracité des propos, mais le cadre est là : en appauvrissant les producteurs, ne prenons-nous pas des risques inconsidérés, stupides, cupides surtout, qui accentueront encore la précarité de certains paysans, de certaines familles, ce qui aura comme conséquence directe de favoriser encore plus les concentrations et donc l'industrialisation des filières agricoles ?

A l'inverse, est-il nécessaire que des entreprises augmentent leurs marges par tous les moyens lorsqu'elles menacent les conditions de vie d'êtres humains ?

Un système économique basé sur la course au profit est amoral, suicidaire, mensonger. Il ne peut plus durer.

Et la Suisse, les Suisses, les Genevois devraient se réveiller et dire Stop ! ça suffit !

Et pensez-y vraiment… parce que demain, ce sera peut-être aussi votre tour…

En attendant, pour sourir et courir, samedi 6 décembre, dans le cadre de la course de la Marmite , je vous invite à venir courir avec les Socialistes… et profiter de l'occasion pour exprimer en couleur, en douleur, déguisés, en verve, en vache, en berlingot, en lingot, à poil, en pleurs, à la soupe à la grimace, à la soupe au lait, en rires - ou en jaune d'ailleurs peut-être - votre ras-le-bol de ce système économique !

07:55 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : prix, lait, suisse, agriculture, paysans, course contre le profit, capitalisme | |  Facebook

Commentaires

Un système économique basé sur la course au profit est amoral, suicidaire, mensonger. Il ne peut plus durer.

@ Roger Deneys:

Quel credo!

C'est ce qui s'appelle de la récupération, normal vu l'objectif visé.

Il n'en demeure pas moins que vous mélangez deux éléments incompatibles.

Le profit, qui est tout simplement fondamental, et la morale qui est, quant à lui une variable, donc tout aussi dangereuse que l'intégrisme religieux.

Même si je comprends votre esquisse de raisonnement, il convient de séparer les éléments amalgamés pour tenter d'y voir clair.

Le profit, à moins de vivre selon les règles des parfaits Cathares, est une règle de fonctionnement de l'échange.

Même si vous êtes dans le troc, il y a profit puisque si vous échangez un service/un bien contre un autre, c'est que la démarche vous est profitable.
A défaut l'échange n'intervient pas.

Ce que vous critiquez, comme moi d'ailleurs, c'est l'excès de profit qui devient de l'enrichissement excessif.

L'exemple de ce que "nous" décrions c'est le revenu des certains patrons de multinationales qui gagnent, en une année, ce que nous deux (réunis pour l'occasion) ne gagnerons jamais en deux vies.

Nous entrons, à partir de cet instant non pas dans la morale mais dans l'absence d'éthique et l'irrespect.

Sur ce terrain-là je vous suis volontiers, mais de grâce ne bannissez le profit qui est esentiel au progrès et l'économie.

N'oubliez pas que la réponse adéqaute à la misère n'est pas la subvention mais la prospérité et que l'assurer, il convient que chacun, dans une mesure raisonnable, réalise un profit.

Laissez la morale là où elle est, les excès qu'elle peut entraîner ont fait suffisamment de morts et de malheureux pour la confiner le plus possible.


Cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 01/12/2008

"Cet élu, dont on attend vainement, au passage, l’amorce d’une idée pour faire avancer la vie de la Cité, s’en va vitupérant, toutes stridences sifflées, toute haine de l’autre joyeusement crachée, sur les chemins d’impasse de son destin. C’est son droit. Chacun occupe son existence comme il peut. Mais Roger Deneys, au fond, existe-t-il?"

Ce passage d'un article de Pascal Décaillet, résume parfaitement ce que beaucoup de personnes pensent de ce personnage farfelu et incompétent.

Écrit par : charvet | 03/12/2008

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