20/08/2009

Insécurité à Genève (1) : les Libéraux sont des pyromanes.

(Thèses, antithèses et foutaises en matière de sécurité)

Ce mercredi matin 19 août, le lis dans le 20 Minutes une pleine page de publicité pour les Libéraux genevois sur le thème de la sécurité, "Insécurité: ça suffit".

 

Cette publicité fait suite à une campagne médiatique déclenchée par l'affaire du Saoudien "agressé" relayée – et montée en épingle – par plusieurs médias romands, notamment la Tribune de Genève et la Première de la radio romande.

 

Si la Tribune de Genève a fait amende honorable (voir article du 14 août dernier) et qu'il était légitime de parler du traitement qu'en avait fait la chaîne de télévision arabe Al-Arabya, notamment en raison de l'impact touristique qu'il peut avoir, force est de constater que la Première de la radio romande n'a cessé d'amplifier l'ampleur du phénomène, parlant encore ce mercredi 19 août lors de l'émission du Grand 8 de "Résoudre la criminalité à Genève, le nouveau travail d'Hercule".


 Après un "reportage" sur le "nouveau problème" des dealers dans le quartier de la Servette dans le Journal du Matin, le Grand 8 commente ainsi le thème de son sujet : "La sécurité à Genève devient un problème de premier plan. Un citoyen a créé un site internet pour les touristes étrangers, sur lequel une flèche pointe les zones à risques... et il y en a beaucoup. Dans le même temps, les actes criminels prennent de l'ampleur. Une bijouterie genevoise a été victime d'un cambriolage lundi en plein après-midi, à la rue du Rhône."

 

Dans un premier temps, il me semble opportun de rappeler qu'il n'y a rien de fondamentalement nouveau cet été à Genève : les dealers ont leurs quartiers, qui changent au gré des interventions des policiers, les agressions et les attaques de bijouterie ne sont pas nouvelles, y compris à la Rue du Rhône (et heureusement qu'un journaliste ne s'est pas fait volé son sac aujourd'hui, l'exemple aurait été pris pour confirmer que "les actes criminels prennent de l'ampleur").

 

Ainsi, l'exploitation politique de faits divers relayés avec complaisance par certains médias (on notera notamment que la Première a réussi l'exploit d'inviter sur ce thème au Journal du Matin, les députés Forte et Stauffer, le président du Parti socialiste genevois René Longet (interrompu plusieurs fois lorsqu'il parlait), Charles Poncif (jamais interrompu et écouté comme s'il s'agissait d'une parole divine même lorsqu'il débite un chapelet d'âneries acratopèges) et Yves Nidegger (idem); Le Grand 8 en a fait de même, titrant plusieurs fois sur l'insécurité à Genève avec divers invités de droite), ne peut servir de base sérieuse de travail pour parler de problèmes qui ne sont pas nouveaux et qui nécessitent par contre des réponses circonstanciées et intelligentes (c'est d'ailleurs pour cela, Messieurs les "journalistes" de la Radio romande, que la Gauche a parfois un grand malaise quand elle entend parler de "sécurité" : elle ne supporte pas les réponses Walt Disney qui servent de fond de commerce électoral à l'UDC, puis aux Libéraux et aux Radicaux : les bons (blancs) d'un côté, les méchants (noirs) de l'autre et ils nous est donc toujours très pénible de devoir nous exprimer sur des propositions manichéistes qui ne résolvent pas les problèmes).

 

A ma connaissance, le journal du matin et le Grand 8 n'ont d'ailleurs pas commenté, ni peut-être même parlé, du caractère finalement inexact de l'agression du Saoudien,

 

La publicité libérale de ce jour est justement l'exemple parfait de la confusion, des amalgames et contre-vérités qui empêchent de trouver des solutions intelligentes et à long terme, d'autant plus que certaines lois proposées et votées par les Libéraux sont de nature à augmenter les risques d'agression.

 

 

"Depuis quatre ans, les libéraux tirent la sonnette d'alarme"

Etonnant ! "ça suffit" aujourd'hui mais cela fait 4 ans que cela dure ? Quelle réaction rapide ! Observateurs, les libéraux !

 

N'importe quel Genevoise ou Genevois qui ne souffre pas de troubles de mémoire se souviendra de l'ambiance infecte qui régnait à la gare Cornavin ou vers l'Usine du temps de Mme Spoerri, Conseillère d'Etat libérale en charge du Département de Justice et Police. Il n'y a rien de fondamentalement nouveau et spécifiquement genevois durant cette législature.

 

"Les agressions, vols, déprédations et trafics en tout genre se multiplient et pourrissent la vie des Genevois".

Outre le fait que ce genre de discours est universel en Europe, la droite entonnant partout le même refrain - Sarkozy et Berlusconi en tête - et n'est donc pas de nature à "pourrir" seulement la vie des Genevois, l'amalgame est fait entre des problèmes totalement différents qui n'ont absolument pas le même impact sur notre vie quotidienne, même s'ils ne sont pas agréables à vivre (les libéraux auraient encore pu rajouter l'affichage sauvage, un autre de leur "combat" victorieux contre "l'insécurité" mais qui n'a justement encore rien à voir).

 

Ainsi les dealers ne posent pas les mêmes problèmes que les auteurs de déprédations, les voleurs ou surtout les auteurs d'agressions.

 

"Des quartiers entiers, malgré les efforts de la police, sont tombés sous la coupe des délinquants"

Une chose est certaine : ce n'est pas la télévision Al-Arabyia qui dissuade les touristes de venir à Genève, c'est bien les médias romands, l'UDC et le Parti libéral avec ce genre d'annonce ! J'habite Plan-les-Ouates, mais en lisant ça, j'hésite même à me rendre au Grand Théâtre… On se croirait à Bagdad ma parole !

 

Tapez "insécurité Genève" sur Google pour voir…

 

En réalité, certaines zones – la gare Cornavin et le quartier de l'Usine du temps de Mme Spoerri, les Pâquis aujourd'hui – sont laissées pour ainsi dire à l'abandon par les forces de police et les dealers en profitent pour exercer leurs activités à ciel ouvert en toute impunité, à côté de toutes les activités licites ou non qui s'y exerçaient précédemment.

 

Mais si ces zones deviennent effectivement pénibles, elles ne sont pas pour autant "sous la coupe des délinquants".

 

 

"La mendicité organisée explose"

Une fois de plus, un amalgame contre-productif, la mendicité n'est certes pas agréable, ni à exercer ni à subir, mais elle ne constitue pas du tout la même problématique d'insécurité que les agressions ou les zones laissées à la disposition des dealers : la mendicité est l'expression de la misère du monde, locale ou internationale, qui s'est d'ailleurs gravement accentuée à cause des politiques libérales menées partout dans ce monde ("alors que le nombre d'affamés dans le monde décroissait, il a recommencé à augmenter depuis 1995-1997", FAO, L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde; vous pouvez d'ailleurs – et même surtout si vous pensez être Vert - lire à ce sujet l'excellent livre d'Hervé Kempf intitulé "Comment les riches détruisent la planète") et en Suisse ("En Suisse, l'association Caritas estime le nombre de pauvres en 2005 à un million, soit 14% de la population; en 2003, ils étaient 850 000", in l'Humanité, 12 janvier 2006, source identique).

 

La mendicité, organisée ou non, est désagréable aussi parce qu'elle confronte notre opulence, même parfois très relative, à la vision du dénuement. On comprend ainsi mieux pourquoi cette "problématique" est très populaire du côté de Prégny-Chambésy, Cologny ou Champel.

 

 

Les Libéraux genevois prétendent d'ailleurs prioritairement avoir lutté contre l'insécurité à Genève par une mesure à ce sujet:

 

… "interdit la mendicité"

On regrettera d'abord que les Libéraux n'aient pas plutôt interdit la pauvreté, la mesure aurait sans doute été plus utile… Plus sérieusement, cette mesure est une véritable stupidité car elle accroît la charge de travail des forces de police pour une mission qui est pourtant nettement moins urgente que la lutte contre les auteurs d'agressions. Je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion de voir des policiers interpeller des mendiants en ville, mais ce genre d'action mobilise rapidement 2 agents pendant une demi-heure… un gaspillage éhonté des forces de police qui devraient être sur le terrain pour chasser les auteurs potentiels d'agressions.

 

 

… "mesures d'éloignement"

Autre mesure particulièrement inutile qui a été proposée notamment par les libéraux : "éloigner". Eloigner, pourquoi pas, mais pour faire quoi ? Et où ? Aucune réponse, rien, le néant, "ailleurs"… Donc le délinquant, au hasard un jeune demandeur d'asile débouté et désœuvré qui deale du côté des Pâquis pour ne pas devoir vivre avec seulement 500 francs par mois se voit interdit de quartier ? La belle affaire ! Sauf à lui interdire le canton entier, il ira sans doute dealer un peu plus loin, du côté de la Servette, de Plainpalais ou de Champel demain. Et s'il va à Nyon, je ne vois pas très bien où est le gain pour la collectivité. Les problèmes sont déplacés, pas réglés. On peut d'ailleurs se demander quelle est véritablement l'intérêt de la police de déplacer des délinquants pour les perdre de vue alors qu'elle sait où ils sont et ce qu'ils font.

 

… "réintroduction des courtes peines de prison"

Si les jours-amende sont effectivement un système assez peu convaincant pour lutter contre la criminalité de bas-étage, on peut tout de même se poser la question de l'utilisé de la mesure : le problème aujourd'hui est surtout celui des multirécidivistes qui ont un sentiment d'impunité. A quoi cela sert-il de mettre une personne qui n'a rien à perdre, pas d'avenir, un jour ou une semaine en prison ? A rien du tout ! Cette menace est peut-être utile pour vous et moi, honnêtes citoyens qui n'ont pas envie d'aller fréquenter des délinquants de trop près, mais pour une petite frappe de banlieue lyonnaise ou un dealer sans avenir ? Risible ! D'ailleurs en recourant à trop de petites peines de prison, la capacité de la prison doit être fortement augmentée, ce qui engendrera des coûts de gestion de la petite délinquance disproportionnés (un policier sur le terrain est plus utile qu'un gardien de prison, son coût est aujourd'hui presque le même).

 

 

 

A titre personnel, je n'ai pas de recettes miracles à proposer car elles n'existent pas. Je pense néanmoins ceci :

 

- La France libérale de Nicolas Sarkozy exporte ses délinquants vers la Suisse et Genève en particulier.

La France de Nicolas Sarkozy utilise les mêmes recettes bidon que le Parti Libéral : il a multiplié les lois sécuritaires sans pour autant diminuer la délinquance, même si les prisons françaises sont pleines (98 détenus pour 100'000 habitants en 2005; 738 pour 100'000 habitants aux Etats-Unis). "L'attractivité" relative de la Suisse est par contre plus grande car les peines y sont moins sévères qu'en France. Mais sauf à vouloir comme aux Etats-Unis incarcérer près de 1% de la population par principe idéologique, cette spirale n'amène en fait à rien car la crainte de la prison n'est efficace que pour les citoyens "non délinquants", pas pour ceux qui n'ont rien à perdre (lien donc avec la précarité, la pauvreté et les possibilités de changement positif de statut social).

 

Le fait d'être un canton frontalier est évidemment particulièrement attractif pour de petits délinquants puisqu'ils n'ont pas besoin de faire de trop longues incursions en territoire "inconnu" et leur base arrière est relativement bien protégée.

 

A titre d'exemple de l'inefficacité des méthodes libérales de Nicolas Sarkozy (discours sécuritaire démagogique sans moyens réels), on retiendra l'exemple édifiant du nombre de voitures brûlées la nuit du 14 au 15 juillet, qui augmente d'année en année chez nos voisins, à tel point que la nouvelle stratégie consiste à interdire à la police et aux préfectures de donner les chiffres exacts - cf. extrait annexé du Canard Enchaîné du 22 juillet dernier – dans une indifférence médiatique délibérée (méthode qui plait sans doute par avance aux journalistes de la Radio romande : quand ont-ils pris le temps de faire le point sur leur traitement caricatural de l'affaire du saoudien ? jamais !).

 

- Les délits distincts doivent être traités différemment

Une hiérarchie dans la lutte contre les délits doit être observée (ce qui est d'ailleurs le cas), sans céder aux discours alarmistes et démagogiques basés sur des faits divers, vrais ou faux, qui suscitent de l'empathie ou des problématiques qui n'ont rien à voir (mendicité) :

 

-         la lutte contre les agressions et les auteurs d'agressions est la priorité absolue car il s'agit d'atteinte aux personnes. Et là, les peines de prison sont pleinement justifiées.

-         la lutte contre les concentrations de dealers est la seconde priorité car il s'agit d'éviter que des sentiments d'impunité ne se développent davantage et aussi de ne pas mettre en péril le sens du respect de l'autorité auprès des jeunes, des enfants : si le deal ne me dérange pas en tant que tel (transaction à caractère privé d'une substance illicite – et d'ailleurs à tort ou à raison -  entre 2 personnes adultes consentantes), l'existence de zones de deal à ciel ouvert pose le problème de la crédibilité des adultes envers les enfants : comment demander à ceux-ci de respecter des règles, des lois, d'obéir si tous les jours ils côtoient des personnes qui exercent en toute impunité des activités répréhensibles ? Je suis en tout cas incapable de l'expliquer à mes propres enfants !

-         la lutte contre les vols sans violence est la troisième priorité

 

 

- La lutte contre les incivilités et la police de proximité doivent être mise en œuvre prioritairement par les communes

Eviter les déprédations ou retrouver leurs auteurs, lutter contre les excès de nuisances nocturnes, l'expression d'agressivité sur la place publique sont des tâches qui doivent être accomplies par des agents municipaux. Assurer une présence régulière de la police auprès des citoyens, jour ET nuit, doit aussi être l'œuvre des agents des communes, afin de garantir une interaction de proximité entre les habitant-e-s et les représentant-e-s de l'autorité.

 

- L'insécurité ne se limite pas aux agressions, vols et trafics

Pour rester dans le domaine des atteintes à l'intégrité physique et à titre d'exemple, le 24 juillet 2009, il y avait déjà eu 9 personnes tuées sur les routes genevoises, soit 50% de plus qu'en 2008. L'insécurité dans la circulation ne semble pas préoccuper particulièrement les Libéraux (ni la radio romande) puisqu'ils ne l'évoquent pas dans leur publicité : pourtant, neuf personnes décédées, le chiffre est particulièrement inquiétant et il y a de quoi craindre pour sa vie ou au moins son intégrité physique en prenant le volant, en roulant à vélo, en marchant chaque jour ! Des mesures doivent aussi être prises en la matière et la présence et l'action policière plus répressive sont nécessaires (malgré l'évidente mauvaise volonté de certains policiers notamment au Grand Conseil qui considèrent que les questions de sécurité routière ne sont pas importantes).

 

- La prison de Champ-Dollon doit être agrandie

Indépendamment de la question du contrat qui lie la construction de l'agrandissement de Champ-Dollon à un ancien député libéral, il est nécessaire d'agrandir Champ-Dollon dans des proportions raisonnables. Pas pour enfermer à tour de bras comme en rêvent certainement les libéraux et d'autres, radicaux et UDC notamment, mais pour tenir compte de l'évolution du nombre d'habitants au regard du nombre de places, soit avoir une vision d'un taux de "délinquance constante". Il s'agit d'ailleurs aussi de garantir la sécurité et la santé des gardiens et des détenus.

 

- La sécurité a un coût, nous devons nous donner les moyens de l'assumer

Engager davantage de policiers, d'agents municipaux, accroître la présence d'agents sur le terrain, jour et nuit est une véritable priorité mais elle a un coût certain. Il est donc particulièrement stupide de priver les collectivités publiques des ressources fiscales nécessaires à l'accomplissement de ces tâches : la baisse d'impôts soumis en votation populaire le 27 septembre prochain ferait baisser les recettes fiscales cantonales de près de 400 millions de francs par an et celles des communes de près de 100 millions de francs, dont 50 seulement pour la Ville de Genève. L'argent "économisé" par les contribuables du côté de Collonge-Bellerive ou Vandoeuvres leur permettra sans doute de recourir aux services de sociétés privées de sécurité, mais pour la majorité des habitant-e-s des Pâquis ou des Eaux-Vives, cela se traduira par une présence policière encore amoindrie et la fin des dispositifs de prévention. Il faut donc refuser la baisse d'impôts le 27 septembre prochain.

 

- Nous devons montrer l'exemple, les Libéraux les premiers

Les adultes ne doivent pas oublier que la société "violente" dans laquelle nous vivons est le modèle que nous proposons aux plus jeunes, aux enfants, aux ados, aux jeunes adultes : comment peut-on ensuite leur demander de respecter certaines règles, certains comportements, les lois si, nous-mêmes, comme adultes, nous ne le faisons pas ou seulement en partie ? Ainsi, "jouer avec les limites" de la légalité, au volant, au travail, à la maison donne un très mauvais exemple car l'exemplarité – à tort ou à raison – est considérée comme nécessaire à la crédibilité des propos.

 

Les étranges pratiques électorales des libéraux qui détournent les recherches Google à leur profit (je n'ai d'ailleurs pas entendu les journalistes de la Première en parler avec leurs nombreux invités libéraux; c'est pourtant un excellent sujet) sont peut-être à la limite de la légalité (je ne sais pas de quelle côté), mais elles dépassent toutes les limites de la moralité et de l'éthique : quelle est donc la crédibilité d'individus qui prônent le respect des lois et la condamnation des actes délictueux quand eux-mêmes font preuve d'une vision somme toute assez élastique de leur respect ? N'importe quel délinquant de bas étage utilise ensuite le même type de rhétorique des limites pour excuser ses actes ou les minimiser : "je ne l'ai pas frappé, il est tombé tout seul", "je n'ai pas fait exprès", "c'est lui/elle qui le voulait", "ce n'est pas interdit", "je ne savais pas que c'était illégal", "je croyais que c'était permis", "ce n'est pas grave". Idem d'ailleurs quand on entend le libéral Charles Poncif défendre les riches délinquants américains qui ne respectent pas les lois fiscales de leur pays : on ne comprend pas très bien pourquoi ce n'est pas grave que certains ne respectent pas les lois alors que d'autres devraient le faire à plein temps.

 

Les libéraux sont en fait des pyromanes, ils parlent de lutter contre l'insécurité mais cautionnent les comportements délinquants.

 

CanardEnchaine_AllumerLeFeu_22juillet2009.jpg

 

Commentaires

Je ne sais pas si les libéraux sont des pyromanes, mais ce dont je suis sûr, c'est que les Genevois en ont ras le bol d'assister à ce pugilat préélectoral entre les partis sur le thème de la sécurité publique !

Ils en ont ras le bol d'entendre parler de "sentiment d'insécurité subjectif", de constater jours après jours que certains délits, toujours les mêmes - vols à la tire, vols à l'astuce, vente et consommation de drogue, etc. - se répètent, qu'ils sont commis la plupart du temps par des multirécidistes, que l'arsenal législatif existant n'est pas pleinement utilisé - je pense à la détention administrative notamment - et que ces mêmes partis politiques se renvoient la "patate chaude" en faisant de ce problème bien réel, un enjeux électoral ...

Les Genevois en ont vraiment ras le bol de constater qu'ils sont pris en otage par les partis politiques qui brandissent leurs solutions comme des miroirs aux alouettes, alors que la situation se dégrade ...

Ce que les Genevois attendent de toute urgence ce sont des actes et non de belles promesses !

Finalement les Genevois se foutent totalement de savoir que la situation n'était pas meilleure sous l'ère de Micheline Spoeri qu'actuellement sous l'ère de Laurent Moutinot !

Pour conclure cher Roger, je tiens à vous féliciter pour votre article très bien documenté et fort intéressant, que ne renierait probablement pas le responsable de la Police de sûreté neuchâteloise, le très qualifié Olivier Guéniat.

Merci de passer aux actes !

Amicalement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2009

L'insécurité n'existe pas selon le PS, ce n'est que subjectif ! OK ! Alors, Roger, lisez aujourd'hui la lettre dans le courrier des lecteurs concernant cette vieille dame agressée par un connard à Balexert et qui, plusieurs mois après cette agression est décédée ! L'angélisme a vécu, placez-vous face à la réalité.

Écrit par : octave vairgebel | 20/08/2009

J'oubliais, pour ce qui concerne la prison, pas besoin de l'agrandir car c'est trop coûteux. Prenons exemple sur le camp sous tente de Maricopa et du shériff Joe Arpaio. Les detenus (hommes et femmes) sont sous tentes, en tenue rayée de bagnard (l'été la tenue est d'un rose super) avec des boulets aux pieds et bossent en construisant des routes ou cassant des cailloux ! Ici, nous pourrions les utiliser pour faire avancer le chantier du TCOB ! Certe, cela ne plaira pas aux gauchos de services mais qu'est-ce qui plait à cette catégorie de la population ? Les vols, les dealers, les agressions de vieilles dames, l'interdiction des caméras de surveillance (dans ce cas, cela prouve que certains ont beaucoup de choses à cacher) ! Santé !

Écrit par : octave vairgebel | 20/08/2009

J'oubliais, pour ce qui concerne la prison, pas besoin de l'agrandir car c'est trop coûteux. Prenons exemple sur le camp sous tente de Maricopa et du shériff Joe Arpaio. Les detenus (hommes et femmes) sont sous tentes, en tenue rayée de bagnard (l'été la tenue est d'un rose super) avec des boulets aux pieds et bossent en construisant des routes ou cassant des cailloux ! Ici, nous pourrions les utiliser pour faire avancer le chantier du TCOB ! Certe, cela ne plaira pas aux gauchos de services mais qu'est-ce qui plait à cette catégorie de la population ? Les vols, les dealers, les agressions de vieilles dames, l'interdiction des caméras de surveillance (dans ce cas, cela prouve que certains ont beaucoup de choses à cacher) ! Santé !

Écrit par : octave vairgebel | 20/08/2009

Deux de mes amis agressés hier soir au centre ville de Genève par 6 maghrébins !
Dans mon service, sur 26 personnes la moitié ont subit une agréssion en ville depuis 4 ans comme par hasard à chaque fois il s'agissait de ressortissants de l'Est ou du maghreb ! Que vous faut-il de plus ?

Écrit par : Fabrice | 20/08/2009

Merci Jean. Nous avons eu l'occasion d'auditionner Olivier Guéniat lors d'une séance de la Commission des Droits de l'Homme que je préside cette année et c'était effectivement fort intéressant, fort utile et stimulant ! Mais malheureusement pas suffisant pour faire sortir certaines idées reçues du crâne de certains collègues...

Le livre d'Olivier Guéniat est d'ailleurs toujours sur ma table de nuit...

J'en profite aussi pour relever que le journal Le Courrier a pris soin de ne pas tomber dans le panneau du saoudien agressé et de faire le point sur la surenchère qui a suivi, dans une excellente analyse de Fabio lo Verso. Merci et bravo à lui (encore qu'il est très gentil avec ses collègues...).

Octave, ne lisez pas mes textes, ils sont trop longs pour vous, vous perdez le fil : j'écris justement que ce n'est pas nouveau, pas que cela n'existe pas.

Écrit par : roger deneys | 20/08/2009

Merci Roger de reconnaître, enfin, que nous vivons dans l'insécurité. C'est, pour un membre et élu du PS, une grande nouveauté car Moutinot continue de nier l'évidence et parle uniquement d'un "sentiment d'insécurité" !

Écrit par : octave vairgebel | 20/08/2009

Vous omettez de mentionner l'évolution de la criminalité. Notamment les Lésions corporelles, qui, en 10 ans, sont passées de moins de 400 à 1'500 environ en 2008. Presque quadruplé, Inquiétant !

http://www.geneve.ch/police/doc/statistiques/rapports-activite-2008/2009-04-21-rapport-activite-2008-donnees-statistiques.pdf

"La France libérale de Nicolas Sarkozy exporte ses délinquants vers la Suisse et Genève en particulier."
Personnellement j'en suis persuadé. Celà expliquerait en partie l'insécurité croissante à Genève. Apparemment les garde-frontières français sont plus vigilants que les Suisses qui se focalisent sur le contrôle des marchandises et refusent de contrôler une voyageuse signalée sans papier.

Voir mon expérience récente à Cornavin sur mon blog
Insécurité: le conseil fédéral nous a menti pour Schengen.
http://ouvalasuisse.blog.tdg.ch/archive/2009/08/12/criminalite-la-douane-aussi-responsable-comme-le-conseil-fed.html

Écrit par : Zorro | 20/08/2009

D'après les chiffre aimablement fournit par le camarade djinius (un champion de l'autogoal):

Vols à l'astuce, les chiffres de la police sont les suivants :

2000 238
2001 349
2002 429
2003 373
2004 621
2005 985
2006 1591
2007 1786
2008 1955

Soit depuis 2000 une augmentation de plus de 700%. La comparaison des performance Spoeri - Moutinot est passeiste et sans interet, notons quand même pour clore le sujet qu'entre 2005 et 2006 (arrivé de Moutinot au DI) le chiffre a quasiment doublé.

Au même titre que l'incontournable "sentiment subjectif" une autre caracteristique de la gauche est de se soucier plus du sort des criminels que des victimes. Vous n'y echapper pas avec ce: " A quoi cela sert-il de mettre une personne qui n'a rien à perdre, pas d'avenir, un jour ou une semaine en prison ? A rien du tout ! "

Et bien si ! Ca sert a en debarrasser la société pendant que ce pauvre chou est "inutilement" a l'ombre. Accesoirement ça reduit aussi le sentiment d'impunité, en particulier si les sentances sont prononcées rapidement et executées immediatement, car le crimino-camé moyen a une capacité de projection dans l'avenir des plus reduite. Mais etre au trou demain soir pendant que ses potes vont fumer des pets en faisant une tournante, ça l'embête quand même !

Écrit par : Eastwood | 20/08/2009

Comme toujours le brave Roger Deneys voit le brin de paille dans l'oeil du cyclone mais ne se préoccupe pas de l'avis de tempête!

Ce qui est certain c'est que si les Libéraux sont des "pires aux mannes", le bon peuple de Genève peut être certain qu'il ne faut pas compter sur le PS pour fournir l'extincteur!

Mais il est vrai aussi que si le PS Moutinot est aux commandes il le doit aux Libéraux qui ont utilisé l'araignée noire (à défaut de rouge) pour mettre assez de savon sur les rails de la Micheline pour qu'elle déraille.

Dans ce coup là on voit bien que PS ou PLG c'est le même combat avec les mêmes armes pour atteindre les mêmes objectifs: foutre en l'air la joie de vivre des G'nevois!

Rien de nouveau à cela, depuis que leur idole est passée par Genève les tenants du pouvoir à Genève ont toujours brûlé avec délectation ce qui méritait d'être sauvé.

hier la liberté de parole aujourd'hui le droit de vivre en paix et d'être protégé.

Deneys n'est qu'un pion dans ce jeu fait d'angélisme et de cynisme. Lui en vouloir revient à condamner un simple d'esprit.

Soyez chrétiens, épargnez-le!

Écrit par : Michel Servet | 20/08/2009

Eastwood, le problème est qu'une peine d'une semaine ne me semble pas de nature à dissuader votre délinquant virtuel de recommencer à sa sortie, ni même d'en faire un futur enfant de coeur pour rester dans la métaphore chrétienne (merci, amen, Michel)... Et le coût est exorbitant : gardiens, cellules, etc. qui ne peuvent être conçus au rabais pour de "petits délinquants".

A mon avis - et peut-être que vous phantasmez sur des intentions que je n'ai pas : celles de vouloir renoncer à tout sanction pour des délits - la sanction doit être exécutée mais sous d'autres formes que la prison : est-ce que par exemple 3 mois (chiffre choisi arbitrairement ici, mais en tout cas pas une trop courte durée) de travail d'intérêt général n'est pas plus dissuasif et efficace qu'une semaine de prison ?

Sinon, sur le fond, la démagogie sur ce thème est affligeante et les médiocres résultats des champions du discours sécuritaire, Sarkozy en tête, devraient nous inciter à ne pas suivre la même voie.

Et cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire.

Il faut "simplement" aussi du temps car il est certain que l'ampleur des nuisances générées par la délinquance violente a été sous-estimée, peut-être par la police, peut-être par les Conseillers d'Etat et Conseillers administratifs en charge du dossier, peut-être par l'ensemble du Conseil d'Etat et du Conseil administratif de la Ville, peut-être par les parlements cantonaux et municipaux.

Mais en brouillant les problématiques comme le font les libéraux, la catastrophe est annoncée.

Écrit par : roger deneys | 21/08/2009

Recette miracle contre la criminalite a Geneve qui augmente constamment: Comme les criminels sont des etrangers plus la plupart, les expulser de Suisse avec leur famille meme pour les soit-disant "petit crimes". On lit dans la Tribune tout le temps qu'un criminel arrete est "connu par la Police", on lit qu'un criminel a commit un crime pour la dixieme fois (jeudi un Eyptien) - alors, pourquoi il est encore en Suisse? Evidemment les frontieres doivent etre controles de nouveau. On vit dans la peur a Geneve et on n'ose plus sortir le soir, surtout si on est femme. Triste, vue la vie culturelle riche a Geneve. Quant aux mendiants, la Suisse et l'Union europeenne a donne des billions a la Roumanie, alors il faut insister qu'ils s'occupent de leurs Tziganes. Il est aberrant de donner de l'argent aux mendiants pendant que leurs enfants cambriolent nos maisons. Il y a 15 ans Geneve etait encore sur. Quel changement due au laxisme des autorites. M. Moutinot dans une emission au TSR disait que Geneve a renvoye 240 etrangers en 2008, mais La Tribune a ecrit que Geneve a renvoye que 10! Par contre, le Canton de Vaud a renvoye 90, pourtant ils ont beaucoup moins de criminalite.

Écrit par : Livia Varju | 22/08/2009

Au delà du combat politique de chacun, et des manipulations médiatiques exercées par le uns et les autres, l’affaire du touriste saoudien a eu comme avantage de mettre le débat sur la table et d’ainsi confirmer de criantes vérités.

M. JOBIN, directeur de l’office du tourisme de notre canton a déclaré que l’affaire du saoudien n’était qu’un « fait divers » sur les ondes genevoises, ce qui est juste mais qui est très grave.

La violence des actes, des faits, des délits, des paroles est banalisée par notre société, par la multiplicité de celle-ci et le traitement naïf des média pour ces « faits divers ». Ceci reste valable jusqu’au jour où l’un de nos proches est touché.

Depuis 6 ans je dirais, l’on parle d’insécurité. Un sentiment induit par diverses composantes. Dans les arguments qui nourrissent cette appréciation, il y a ceux qui sont émotionnels, voire irrationnels et ceux qui sont constitués de faits, à travers le vécu, mais aussi par l’information.

Durant de longue années, la police à dissimulé de nombreuses informations sur les « faits divers » grave, des viols, des agressions, des violences, des lésions corporelles, des brigandages.
Les raisons ? Sont-elles politiques, médiatiques, opérationnelles ou liées aux pouvoir judiciaire et à l’enquête, nul ne sait.

Par contre, depuis deux ans, ces informations tombent, avec discernement elles sont transmissent à la presse, ce qui a entraîné une banalisation du « fait divers ».

Tous les chiffres de la criminalité sont à la hausse.
Le travail des policiers est à la hausse.
Le travail de la justice est à la hausse.
Le taux d’occupation des prisons est à la hausse.
Le nombre de victime est à la hausse.

L’insécurité, ce sentiment né de la peur et devait nous protéger porte enfin un nom, criminalité de rue, au sens large de l’image.

Elle touche tous les citoyens car elle est visible, elle est retranscrite dans les débats et la presse, elle est perceptible dans la rue, dans certains quartiers.

L’important, au-delà des clivages politiques, c’est qu’enfin on en parle de cette criminalité de rue et qu’on tente de trouver des solutions pour lutter contre.

Ce ne sont plus que les professionnels de la profession qui le disent, mais la Genève internationale, ses commerces, ses hôtels, ses ONG, ses habitants, ses touristes, ses magistrats, ses quotidiens et maintenant ses élus.

Avec ce débat, nous venons de déterrer un cadavre qui avait une odeur nauséabonde. Il nous faut trouver la cause de la mort, l’arme du crime, le mobil et la solution pour interpeller l’auteur afin que cela ne se reproduise plus.

La criminalité de rue n’est pas une fatalité, la politique genevoise non plus, alors réveillons nous et tous ensemble sortons Genève de ce trou puant, tous partis confondus.

Écrit par : Minet | 04/09/2009

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