24/03/2010

Pour du logement écologique et bon marché, réalisons un écoquartier exemplaire dans la plaine de l’Aire !

Alors qu’une majorité du Grand Conseil s’apprête à voter le déclassement de la plaine de l’Aire dans les prochaines semaines, de nombreuses oppositions s’élèvent déjà, notamment en raison des projets mégalomanes de la commune de Plan-les-Ouates. Pourtant le déclassement de la plaine de l’Aire offre un périmètre idéal à la réalisation de logements économiques et de qualité dans le cadre d’un écoquartier exemplaire, susceptible de préfigurer ce que seront les villes de demain !

Un premier débat organisé par l'association des intérêts de Plan-les-Ouates (AIPLO) a lieu à la salle communale de Plan-les-Ouates ce mercredi 24 mars 2010 à 20h15.


Habitant depuis bientôt 4 ans à Plan-les-Ouates, commune aux moyens considérables, je dois dire que je suis assez sidéré par la médiocrité de son urbanisation, notamment dans le quartier où j’habite, celui du Vélodrome.

NouveauxImmeublesPLO.jpgAbsence de lieux de socialisation (commerces, cafés, restaurants, maison de quartier, etc.), bétonisation outrancière (on appréciera en particulier les nouveaux immeubles d’un noir sordide qui sont en cours de finalisation le long du mail, qui, lui, ressemble de plus en plus à une réalisation digne de Ceaucescu, sans doute un clin d’œil à l’attachement roumain de Plan-les-Ouates, jumelé avec le village de Sangeorgiu), réponses évasives et/ou paternalistes aux demandes des habitants, omniprésence de l’automobile (le stationnement y est illimité et gratuit, c’est dire que les travailleurs de la Ziplo, frontaliers, vaudois ou genevois, ne sont pas prêts à renoncer à l’utilisation de leur voiture !), ce quartier du Vélodrome est un véritable modèle de ce qu’il ne faut pas faire et qui risque bien de devenir explosif dans les années à venir, notamment parce que le quartier compte nombre de jeunes enfants qui ne sont pas encore adolescents…

Il est donc important de ne pas persister dans de telles pistes, qui ne servent qu’à enrichir quelques propriétaires ou promoteurs et de considérer, aussi et surtout, les besoins réels des futurs habitants de ce nouveau quartier d’habitation qui pourrait se réaliser dans la plaine de l’Aire, entre la zone sportive des Cherpines et l’autoroute de contournement.

Compte tenu de l’actuelle crise du logement et de la rareté des terrains, déclasser la zone agricole, où le prix du terrain est bas, n’est pas un geste anodin et il n’est pas acceptable d’en accepter le principe pour réaliser par exemple des centres commerciaux ou de loisirs sans aucune valeur ajoutée à long terme, alors même que c’est bien le bas prix de ces terrains qui, combinés à des réalisations immobilières à but non spéculatif, permettront de réaliser enfin les logements bon marchés qui manquent à Genève, notamment pour les classes moyennes, les jeunes et les aînés (qui sont souvent dans l’incapacité de quitter un logement trop grand mais bon marché).

Ainsi, alors que nous entrons dans le XXIème siècle avec de légitimes appréhensions quant à l’avenir de notre planète (réchauffement climatique, catastrophes naturelles) et donc de l’humanité (accroissement des inégalités, migrations, fanatismes exacerbés par la misère, etc.), il serait grand temps de nous projeter dans un monde plus ambitieux en terme de lien social, d’écologie, de sens de la vie et de respect des autres.

La réalisation d’écoquartiers exemplaires, au lieu des prétextes cosmétiques ou marketing – le développement durable et l’écologie sont à la mode - destinés à cacher des réalisations triviales, marquées du sceau du consumérisme triomphant du XXème siècle est un moyen d’exprimer de telles ambitions, concrètement.

ImmeubleCooperatifMilloPLO.jpgUn tel projet pourrait notamment s’inspirer de ce qui s’est fait à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, dans le quartier Vauban (ici le déclassement des Cherpines-Charrotons porte sur une surface de 58 hectares, alors que Vauban compte 38 hectares) mais également tenir compte des dispositions les plus modernes en termes de gestion de l’énergie (maisons passives et écologiques, selon des normes Minergie ou autres) ou de la mobilité (p.ex. en diminuant drastiquement le nombre de places de parking, simplement en considérant qu’aujourd’hui déjà les centres urbains, Zürich, Bâle, Berne, mais aussi Genève comptent environ 30% à 35% d’habitant-e-s qui n’ont pas de voiture et qu’un nouveau quartier moderne doit être considéré à l’égal d’un actuel centre-ville – et pas une zone périphérique ! - dans lequel les transports publics et les systèmes de CarSharing et covoiturage doivent être la norme; une place de parking pour dix logements au maximum, plus des voitures en CarSharing avec Mobility).

Des surfaces de bureaux collectifs devraient également permettre de développer le télétravail socialisé, alors qu’aujourd’hui, le télétravail est bien une réalité mais confiné à la sphère privée, avec tous les risques d’exclusion que cela comporte.

SalleCommuneMilloPLO.jpgAutre aspect essentiel, les immeubles construits suite aux réflexions menées par les groupes d’habitant-e-s des immeubles des coopératives participatives, p.ex. la CoDHA ici à Genève, offrent des infrastructures collectives en leur sein (salles communes, chambres d’amis communes), ce qui favorise les occasions de rencontre entre habitant-e-s, les partages, les échanges, bref, qui contribuent à plein temps à la recréation du lien social aujourd’hui trop souvent disparu ou distendu dans notre monde de cages à poules. La création d’espaces collectifs contribue également à la diminution des coûts de construction dans la mesure où chaque habitant n’a pas besoin d’espaces supplémentaires « à lui » .

JardinDesCharrotons.jpgDans la plaine de l’Aire, nous devons également envisager d’englober une partie de l’actuelle exploitation agricole comme faisant partie du futur écoquartier. Pourquoi ne pas conserver la coopérative biologique d’agriculture contractuelle de proximité du Jardin des Charrotons, voire une production de délicieux cardons AOC genevois dans le périmètre ? De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour reconnaître aussi l’intérêt des projets de petite agriculture dite familiale, notamment l’excellente revue La Revue Durable, dont le prochain numéro qui sera publié fin mars 2010 aborde le thème.

L’intérêt de ces démarches, outre les avantages écologiques certains en terme de transports de marchandises, réside également dans le fait que notre société actuelle « produit » des êtres humains considérés comme « inemployables », ce fameux taux de chômage de l’ordre de 5% à 10% qui est presque incompressible car notre société considère que l’écart à la norme – économique, sociale, culturelle, affective – n’est pas conciliable avec le productivisme de l’économie tertiaire (services, banques, informatique, etc.), alors même que ces personnes sont tout à fait capables de travailler mais que nous n’avons simplement pas de débouchés à leur proposer : le retour à la terre doit aussi être reconsidéré comme une possibilité d’emploi dans le futur, y compris – et peut-être surtout – pour les jeunes trop facilement désœuvrés et largués.

D’autre part, la réalisation des projets immobiliers doit être confiée en priorité, voire uniquement, à des coopératives d'utilité publique, à lucrativité limitée et transparentes : il n’est pas acceptable d’encourager encore le secteur privé de l’immobilier genevois, dont la seule opulence en termes de nombre d’agences et de standing commercial devrait nous convaincre définitivement que trop d’argent se gagne sur le dos de la collectivité, que nous soyons locataires ou petits propriétaires ! A Genève, le secteur des coopératives d’habitation autonomes et d’utilité publique est trop marginal et mérite d’être soutenu pour développer la réalisation de logements de qualité bon marché. Un acteur tel que la CoDHA, Coopérative de l’Habitat Associatif, et d’autres formes de coopératives participatives à créer, sont aussi nécessaires pour garantir un investissement réel des futurs habitant-e-s dans ce qui pourrait devenir un futur quartier phare de Genève !

Si un tel projet d'écoquartier dans la plaine de l'Aire vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter par email à l'adresse rdeneys@imaginer.ch car il va falloir travailler toutes et tous ensemble pour y arriver ! L'avenir nous appartient !

Quelques liens utiles :

Sur l'Association pour les Intérêts de Plan-les-Ouates:
http://www.aiplo.ch/

Sur les coopératives d’habitation :
http://www.habitation.ch/pdf/Brochure-SCH%20et%20communes.pdf
http://www.ash-romande.ch/

Sur la Revue durable :
http://www.larevuedurable.com/index.php
http://www.metropolisation-mediterranee.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/Larevuedurable_-_sommaire_no37_-_mars_2010_cle728cde.pdf

Sur le CarSharing :
www.mobility.ch

Sur l’agriculture contractuelle de proximité :
http://www.mangeurs.ch/mangeurs/Agriculture_contractuelle...

Sur le Jardin des Charottons :
http://www.charrotons.org/

Sur l’écoquartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Quartier_Vauban_de_Fribourg-...

Sur les écoquartiers, à Genève :
http://www.ecoattitude.org/accueil/
http://www.ecoquartiers-geneve.ch/

Sur les normes de construction écologiques et économes en énergie Minergie ®  :
http://www.minergie.ch/home_fr.html
http://www.minergie.ch/minergie-ecop-eco.280.html

Sur le projet de loi visant à déclasser le périmètre des Cherpines-Charrotons :
http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10523.pdf

Sur les projets de la commune de Plan-les-Ouates dans le secteur Cherpines-Charrotons (on appréciera aussi le mode de fonctionnement qui associe la société civile, sport, culture, etc. depuis plusieurs mois mais dans un processus balisé qui l’empêche de sortir des plans défendus par la commune) :
http://www.plan-les-ouates.ch/node/2402 (ps : si vous cliquez ensuite sur « Projets », vous aurez peut-être comme moi un message « Accès refusé. Vous n'êtes pas autorisé(e) à accéder à cette page. »
http://www.plan-les-ouates.ch/files/pdf/Complexes_Cherpin...

Sur la CoDHA :
www.codha.ch

Trois immeubles intéressants à Genève, comprenant des espaces communs (salles communes pour des fêtes, anniversaires, cinés-clubs, réunions, etc. ; chambres d’amis communes, etc.) :

 

Commentaires

Pour rappel: chacun parle selon le siège qu'il occupe !

Écrit par : Charly Schwarz | 24/03/2010

Si je comprends bien vous proposez de construire un genre de kibboutz géant à côté d'une zone industrielle?

Écrit par : Riro | 24/03/2010

Moi qui me demandais ce que vous deveniez! Voilà un blog qui va faire du bruit dans le landernau! Dommage que vous ne l'ayez pas publié hier, je l'aurais sans doute publier dans la revue de presse de la Tribune. Mais dites-moi, cette soudaine (?) bronca contre le maire Seydoux, c'est une charge donquichotesque ou une stratégie socialiste? Au plaisir de vous lire!

Écrit par : JF Mabut | 24/03/2010

Avant de miter encore plus le territoire, faisant en sorte de tout faire pour que le Projet PAV, centre-ville aboutisse. L'exemple d'éco-quartier qui me vient à l'esprit est celui de l'ancien site Artamis prévu pour 2014.... paradoxalement construit.... sur un site pollué... mais joliment appelé «Social Loft» avec 2/3 de logements social et 1/3 de logements libres. En résumé, plusieurs objectifs seront poursuivis : réduction de l'empreinte écologique, mixité d'activités, cadre de vie convivial et gestion participative... et à Genève, faire collaborer la Ville et le canton est une démarche participative en soi...David Gaillard, urbaniste et collaborateur de la Fondation Braillard évoque l'exemple de Vauban, en Allemagne, souvent cité comme une référence d'éco-quartier. «Construit sur une ancienne caserne, le site se révèle très refermé sur lui-même, avec une population très homogène – couples avec enfants de classe moyenne. Il y a un côté ghetto.» C'est un risque à ne pas négliger car l'éco-quartier ne doit ressembler à un bunker social mais à un lieu ouvert à tous...

Écrit par : demain | 24/03/2010

Merci Demain. Je n'ai pas d'a priori, les projets ne sont pas forcément contradictoires et je suis tout à fait en faveur du développement du PAV et d'Artamis. L'extension de la ville n'est sans doute pas indispensable si ce n'est qu'il est évidemment beaucoup plus facile - pour ne pas dire juteux - pour les promoteurs de réaliser des projets dans des zones relativement inhabitées... Et qu'il y a urgence à Genève aujourd'hui, sauf à vouloir encore accentuer le trafic pendulaire et les nuisances qui vont avec... Donc si nous déclassons, faisons-le, cette fois, avec intelligence ! Et ici la zone n'est justement pas prise dans le sens d'un mitage du territoire, c'est le plan directeur cantonal qui avait défini ce périmètre comme destiné à la construction de logements car il est justement dans le prolongement direct de l'urbanisation genevoise et encore plus avec le PAV !

Il faut cependant aussi penser qu'un écoquartier dépend effectivement de qui y vit et qu'il n'est pour le moment pas question de généraliser à l'ensemble du canton ce type de projets : d'autres types de construction, pour d'autres types d'habitants, encore aujourd'hui attachés à leur voiture individuelle ou à leurs thuyas, doivent aussi exister.

La remarque sur le côté ghetto est par contre assez stupide car la réalisation de nouveaux projets intéresse évidemment au premier chef les jeunes couples, qui vivent dans des appartements trop petits et trop chers, voire trop bruyants, trop mal situés, etc. et qui donc cherchent à la fois des logements plus grands pour avoir des enfants, mais aussi des réseaux de solidarité de proximité pour s'occuper des enfants.

D'ailleurs les "ghettos" existent déjà, mais souvent caractérisés par des difficultés sociales et la précarité ambiante, les Libellules au hasard... Mais ce ne sont, pour le moment à Genève, jamais de vrais ghettos. Et ces lieux, les Ouches, Inti, Mill'o dans une moindre mesure, sont caractérisés par une ouverture permanente et remarquable envers leur quartier au sens large, pas que leur immeuble.

M. Mabut, j'essaye de cumuler des activités qui demandent plus que 24h par jour, famille avec 2 jeunes enfants, députation, travail de petit patron, associations diverses et variées... Donc il m'arrive de ruminer des écrits, blogs, projets de loi, etc. pendant des mois, voire des années, avant de trouver le temps... Et quand cela devient vraiment urgent, je n'ai plus le choix...

Mais souvent entre 23h et 3h du mat', donc vous imaginez que cela n'est pas forcément très commode pour assurer le lendemain...

Écrit par : roger deneys | 24/03/2010

@Roger Deneys. J'ai repris la phrase de M. Gaillard sur la notion de "ghetto"...Néanmoins, je le rejoins car à force de vouloir mettre toutes les familles ensemble, on se trouve avec des quartiers de type EMS. La mixité, c'est aussi celle inter-générationnelle, celle aussi des personnes de passage et ceux plus sédentaires, c'est aussi au niveau salarial, un fonctionnaire avec un ouvrier spécialisé. Le problème c'est qu'à Genève les groupes sociaux sont très marqués : les bobos tendance vert- la mouvance socialiste autour de la ville- les associations - les quartiers bourgeois - le quartier international - les propriétaires de la Vieille Ville.... Exception faite, les fonctionnaires d'Etat, membres de la CIA qui se retrouvent ensemble toutes catégories confondues : policier, enseignant, infirmier, ....

Écrit par : demain | 24/03/2010

Demain, il faut se méfier des trop grandes généralités. Il faut connaître réellement ces quartiers et ces groupes de futurs habitans pour en tirer d'éventuelles conclusions. Moi, de ce que j'en connais, notamment au sein des immeubles de la CoDHA, c'est justement une réelle mixité salariale, professionnelle et aussi générationelle (notamment si les immeubles sont conçus pour offrir des appartements de différentes tailles), mais par contre souvent avec des profils - logiquement - plus "associatifs" que dans la société au sens large. Il n'y a donc pas de volonté de mettre toutes les familles ensemble, j'essayais simplement d'expliquer pourquoi cela avait un sens particulier pour elles (et je le vis d'ailleurs au quotidien grâce à mes merveilleux voisins !)

Écrit par : roger deneys | 24/03/2010

Ce qui me gêne dans l'idée genevoise des éco-quartiers, c'est qu'il colle trop au mode associatif, coopératif qui est à mon sens, un modèle fermé sur lui même souvent restrictif : soit vous en faites partie, soit vous en êtes exclu. A Genève, trop souvent le profil des locataires détermine l'appartenance à un lieu et de nouveau, les éco-quartiers font référence à un groupe social particulier du type . Je préfère parler d'éco-logis (sans jeu de mot) où on fait la part belle aux techniques d'économie d'énergie (ventilation, isolation, nouvelles TIC, emploi matériau innovant, renouvelable, récupérable.....Ceci dit l'éco-quartier Eva Lanxmeer aux Pays-Bas, reste l’un des plus aboutis en Europe pour la qualité de son cadre de vie, la gestion des énergies, la mixité sociale, etc.

Écrit par : demain | 24/03/2010

Demain,

Et les quartier de logement de luxe cela ne constitue un modèle fermé a destination d'un groupe social particulier ?

Mais en effet, qui dit habitat coopératif, dit volonté des habitants de voire un peu plus loin que leur nombril, et dans ce sens prédestine ces quartier à des groupes sociaux particulier dont les membres n'ont pas pour seul objectif dans la vie de maximiser leur revenu.

Écrit par : Djinius | 24/03/2010

Ce chantier est prévu sous les fenêtres de M. Deneys. Ceci peut expliquer cela !

Écrit par : Charly Schwarz | 24/03/2010

C'est aussi un modèle d'exclusion social aussi mais ce modèle ne me concerne pas tandis que les éco-quartiers en principe sont à destination des classes moyennes et moyennes supérieures. Les habitants des éco-quartiers veulent de meilleurs logements dans un environnement optimale mais ces habitants sont quelque par des privilégiés car ils font partie d'une minorité bien intrégrée, bien connectée socialement et politiquement.

Écrit par : demain | 24/03/2010

Tout d'abord merci Demain et Djinius, vos commentaires changent des habituelles contributions stériles qui foisonnent sur ce blog ! Quel plaisir !

Demain, je persiste néanmoins à penser que vous faites un mauvais procès d'intention aux projets genevois : actuellement ils sont effectivement - et somme toute logiquement - portés par le monde associatif, militant, prospectif, ouvert, etc. mais cela ne veut pas pour autant dire qu'ensuite les habitant-e-s sont toutes et tous issus de ce moule. Et là j'en veux pour preuve les habitant-e-s des immeubles coopératifs associatifs que je connais mieux ici à Genève, Inti (qui a d'ailleurs un appartement pour aînés co-géré avec Pro Senectute), les Ouches, Mill'o : la diversité est là et ne répond pas à des stéréotypes aussi forts que ceux que vous évoquez !

Dans le même ordre d'idée, un joli - mais tout petit - projet à Villeurbane, "banlieue" de Lyon, appelé le Village vertical intègre également 4 chambres d'amis collectives dont 2 disponibles également comme chambres d'hôtes et qui pourraient être gérés par un futur habitant handicapé.


A l'inverse, je me pense pas non plus qu'un écoquartier exemplaire soit destiné pour le moment à l'ensemble de la population genevoise : les éco-logis que vous évoquez deviennent en fait la norme - assez paresseuse en fait - car les lois (nouvelle loi sur l'énergie p.ex.) et les standards professionnels (normes SIA) vont dans ce sens. On va donc réaliser de plus en plus d'éco-logis mais cela n'empêche pas d'être aussi plus ambitieux pour certains projets.

Plus ambitieux et en même temps plus contraignants, p.ex. en réduisant drastiquement la place dévolue de la voiture (il faut d'ailleurs relever le fait que la voiture renchérit considérablement le coût des constructions lorsque les places de parking doivent être construites sous les immeubles, donc autant y renoncer quand c'est possible... Et c'est possible aujourd'hui pour près de 30% des habitants de la ville !)... Mais pourquoi faudrait-il empêcher celles et ceux qui le souhaitent de vivre dans des 5 pièces dans des maisons Minergie-P ou Minergie-ECO de 100m2 à 1850.- ou 1900.- ? A mon avis cela peut intéresser des personnes de tout horizon, non ?

Écrit par : roger deneys | 25/03/2010

C'est vrai mais mon expérience dans le dossier dèjà très lointain d'Ilôt 13 à travers l'association Amphithéôme m'a laissé perplexe en son temps. J'espère que les choses ont avancé depuis les années 80 par avec plus de transparence, d'ouverture et de gestion citoyenne mais il est certain que par exemple, les étrangers au sens large, entendons les nouveaux venus qui arrivent sur le territoire, ne peuvent pas participer à une expérience urbaine comme celle des éco-quartiers -qui ne fait que commencer réellement à Genève par rapport à ce qui se fait par exemple en Suisse allemande- Aujourd'hui, il est certain que le dépassement de notre dépendance aux hydrocarbures et les conséquences géo-politiques désastreuses, ont réveiller la conscience collective et seront un réel booster pour l'économie des énergies renouvelables, propres et innovantes. La population adhère à changer ses habitudes de consommation, à vivre autrement dans des locatifs qui sont enfin en énergie propre. Le seul hic c'est que le politique avance lentement et que la formation des apprentis et des métiers du bâtiments sont encore un peu à la traîne. De plus, seuls les propriétaires individuels sont en mesure de réagir vite. Par contre, les locataires dépendent encore trop de propriétaires, caisses de pension essentiellement qui veulent atteindre rapidement un meilleur rendement que de bâtir selon des normes écologiques.

Écrit par : demain | 25/03/2010

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