23/03/2011

Cherpines-Charrotons : déclasser, certainement OUI, déclasser n’importe comment aujourd'hui, certainement NON !

Le Parti socialiste genevois s'apprête lors de son Assemblée générale de ce soir, à donner son mot d'ordre final sur le principe du déclassement du périmètre des Cherpines-Charrotons qui est soumis en votation populaire le 17 mai prochain après l'aboutissement du référendum.

Point de la situation quelques heures avant le vote, en rappelant que le groupe socialiste du Grand conseil avait voté ce déclassement au printemps 2010 (PL10523; rapports sous http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10523A.pdf...) à une très large majorité, notamment en raison du soutien du Grand conseil à une résolution socialiste intitulée "Plaine de l'Aire : priorité aux logements !" (R611, http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/R00611.pdf...) qui visait à améliorer le projet particulièrement médiocre qui avait été élaboré sous le contrôle des services de Mark Muller et surtout des communes concernées.


Un appartement de 6 pièces (116,10 m2) en duplex au 5e étage pour 2'533 Francs par mois, charges comprises. Dans un immeuble neuf (fin 2010) à hautes performances énergétiques et construit avec des matériaux de construction non polluants, labellisé Minergie P+ECO.

Avec subvention, si votre revenu est modeste, ce même logement tout beau tout neuf reviendra à 1'633 Francs par mois.

Ces loyers ne sortent pas d’un conte de fées mais sont ceux que la Coopérative de l’Habitat Associatif, la CoDHA, demande pour un appartement situé dans le quartier du Pommier au Grand-Saconnex (http://www.codha.ch/pommier.html), début février 2011.

Ce logement vous intéresse ? Et bien vous risquez de ne jamais le voir… ni l’avoir !

Pourtant, même si vous avez l’habitude de vous faire avoir par les propriétaires et les régisseurs à Genève (oserai-je vous relater l’écho récent que j’ai eu d’un diplomate débarquant à Genève et dont l’ambassade prenait en charge le loyer… Et qui hésitait « quand même » pour ce 4 pièces à 12'000.00 francs par mois), l’absence de logements abordables à Genève n’est pas une fatalité.

Aujourd’hui, matériellement, à Genève, rien ne s’oppose à la réalisation de logements aux loyers mensuels hors subvention compris entre 1'000.- pour un 3 pièces et 2'500.- pour un 6 pièces : pour cela, pas besoin d’accord historique – ou historiquement creux - sur le logement, mais simplement d’une volonté de permettre la réalisation de logements par des coopératives plutôt que par des promoteurs privés.

Un intéressant document publié l’an dernier par la CCIG, la Chambre de Commerce genevoise (dont le directeur est un député radical qu'on peut difficilement qualifié de progressiste) et intitulé « Geneva Cube » rappelait notamment que Genève était très en retard sur Zurich, où environ 20% du parc immobilier, contre moins de 3% à Genève, était en main des coopératives en offrant des loyers aussi de l’ordre de 20% moins chers que ceux du marché libre et que nous devrions impérativement nous en inspirer.

Mais pour cela, encore faut-il en avoir la volonté politique, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Le fait que le Conseiller d’Etat en charge du dossier, Mark Muller, soit un ancien serviteur docile des milieux immobiliers (il a été le secrétaire général de la Chambre Genevoise Immobilière avant d’arriver – miraculeusement – au Conseil d’Etat) n’est pas étranger à cela.

Le fait que ce même Conseiller d’Etat ait beaucoup de peine à considérer sa fonction comme un véritable emploi, exigeant, difficile, dans lequel il faut payer de sa personne pour convaincre et faire avancer les dossiers, n’arrange évidemment rien.

Le fait que ce Conseiller d’Etat semble plus fasciné par le sport-business et le bling-bling, de l’Euro-foot au jury des Miss Fêtes de Genève en passant par les Jeux Olympiques de Vancouver ou Annecy (ou même Genève !) que par les tractations avec les combattifs – et qui se comportent parfois comme des enfants gâtés égoïstes- Conseillers administratifs des communes genevoises vient achever les espoirs de jours meilleurs pour le logement bon marché à Genève.

Aujourd’hui, l’aménagement à Genève est donc laissé au bon vouloir des promoteurs, des amis des promoteurs et l’Etat est aux abonnés absents. Il regarde. Il laisse faire.

J’en veux notamment pour preuve - en laissant de côté le laisser-faire incompréhensible qui a pu se poursuivre à la Gérance cantonale depuis l'arrivée de Mark Muller à la tête de ce département il y a 5 ans - dans ce projet de déclassement des Cherpines-Charrotons, le fait que le Conseiller d’Etat Mark Muller a brillé tout au long du processus par son absence, tant lors de la séance publique – qualifiée d'ubuesque par la Tribune de Genève – tenue en mars 2010 à Confignon lors de la présentation des premiers résultats des mandats d’étude parallèles pourtant financés à 50% par le Canton, pour plus de 250'000 francs (cf. mon IUE 999, http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IUE00999A.pdf), que plus tard, lors de la présentation publique à Plan-les-Ouates du projet vainqueur.

La seule exception, très récente, est sa participation à un débat organisé par son propre parti politique sur ce sujet à Confignon dans le cadre de la campagne des élections municipales.

Bonjour la stature d’Homme d’Etat que devrait incarner un Conseiller d’Etat digne de ce nom ! Bonjour la défense des intérêts de la population en laissant ce projet partir initialement sur un (oui : UN SEUL !) millier de logements sur 58 hectares mais avec des centres commerciaux et surtout une patinoire de 10'000 places pour le GHSC et arriver ensuite, maintenant, péniblement, à 3'000 logements !

Mais, faut-il s’en étonner, toujours sans aucune garantie concernant les loyers de ces logements...

Pourtant, à Genève, compte tenu des lois et du droit en vigueur, si un lieu permet bien de réaliser du logement bon marché, abordable, social ou non, c’est bien là où le prix d’acquisition du terrain est le moins élevé… Et donc particulièrement, pour ne pas dire seulement, dans la zone agricole !

Aujourd’hui, les Socialistes sont, à raison, les porte-paroles des classes moyennes et défavorisées qui vivent dans des situations de logement catastrophique et ils revendiquent donc, toujours à raison, la réalisation de nouveaux logements. Fort bien.

Mais est-ce suffisant pour accepter l’actuel projet de déclassement des Cherpines-Charrotons ?

La réponse est certainement NON.

Rappelons justement que la résolution socialiste R611 acceptée l'an dernier par le Grand Conseil demandait l'élaboration d'un plan localisé de quartier, un PLQ, qui intègre les principes suivants:

- Priorité aux logements à forte densité, afin de ne pas « gaspiller » le territoire déclassé;
- Priorité aux logements à faibles loyers, de type logement d’utilité publique (LUP), et aux coopératives favorisant des constructions de type « écoquartier »;
- Développement d’infrastructures sportives et culturelles adaptées aux besoins communaux et cantonaux avérés et déterminés sur la base des besoins des futurs utilisateurs (coordination au niveau cantonal);
- Intégration d’activités économiques diversifiées et de proximité dans le plan d’ensemble;
- Si possible maintien d’activités agricoles de proximité;

Si nous pouvons admettre qu'un effort a été fait concernant le nombre de logements, tout reste à faire concernant les autres demandes.

Une partie du problème, pour les Socialistes en particulier, réside dans le fait que nous n’avons, à ce jour, pas trouvé ni donc proposé de solutions pour permettre la réalisation rapide de logements bon marchés en quantité sur tout le territoire genevois : le recours au déclassement d'une partie de la zone agricole semble donc, à court terme, inéluctable, qu'on le regrette ou non.

Mais malheureusement, les accords à la Mark Muller, sa passivité politique assumée à la tête de son Département et l’absence de contrôles sérieux, ont consacré le règne de la spéculation et du marché libre.

Le prix de l’immobilier, du terrain aux immeubles a explosé. La PPE est de retour, les villas pourries atteignent des prix de vente record, le délire est total !

Genève est fondamentalement victime de son attractivité financière, qu’il s’agisse de blanchiment en bonne et due forme malgré le renforcement certes réel des exigences fédérales en la matière ou de placements à plus ou moins long terme de dictateurs prudents, et des capitaux ainsi disponibles en trop grande quantité : il faut pouvoir « placer » cet argent en lieu sûr, idéalement pas trop loin du lac…

Ainsi, il est aujourd’hui illusoire de vouloir réaliser du logement bon marché sur d’éventuelles parcelles qui seraient déclassées de la zone villa. L’idée, aussi mentionnée dans le document Geneva Cube, de l’extension de la ville entre la gare Cornavin et l’aéroport est certainement judicieuse mais, compte tenu des zones actuelles et dela majorité politique actuelle au Grand Conseil, elle ne permet pour le moment pas de réaliser du logement à loyer abordable.

La périmètre des Cherpines-Charrotons permettrait pourtant de réaliser du logement à prix abordable car le prix du terrain en zone agricole est plus raisonnable et qu’une ferme volonté – totalement inexistante à ce jour - du Conseil d’Etat permettrait d’éviter l’explosion de prix immobiliers sur ce périmètre.

En cas de déclassement de ce périmètre, seule une mise en droit de superficie des périmètres concernés à des coopératives d’habitation d’intérêt public et aux conditions de rémunération contrôlées (les promoteurs immobiliers genevois, SPG, Foncia Geco, etc. ont déjà depuis longtemps monté des projets immobiliers sous forme de coopératives pour obtenir davantage de terrains… mais dans ces « coopératives », les loyers ne sont plus les mêmes !).

Mais ce n’est pas le cas pour le périmètre des Cherpines-Charrotons: aujourd’hui, il n’existe aucune garantie quant au caractère prépondérant des surfaces mises à disposition des coopératives et aux logements à loyers abordables qui y seront réalisés.

A défaut d’avoir la volonté et les capacités d’influencer l’évolution du parc immobilier genevois, à défaut de se mouiller, n’importe quel homme politique sait que le plus important est de communiquer, de donner le change, de «faire croire» que la situation est sous contrôle, ou, encore plus judicieux, maîtrisée, ou même… ambitieuse.

Ainsi, le projet des Cherpines-Charrotons compte à peine 3'000 logements pour 58 ha, ce qui est extrêmement modeste. On fait donc miroiter des qualités complémentaires "exceptionnelles" pour emporter l’adhésion des sceptiques :

Alors qu’une partie du déclassement des terres agricoles servira à réaliser des équipements sportifs d’enfants gâtés qui n’ont rien à faire sur un tel périmètre (car ils répondent aux besoins de sportifs d’élite et pas à ceux des habitant-e-s du périmètre ou de sa proximité), on valorise ces projets en faisant miroiter les «besoins de la population»;

Idem concernant la réalisation d’équipements culturels : qui pourrait être contre ? Mais est-ce si exceptionnel, compte tenu des besoins, de prévoir de tels équipements dans un nouveau quartier ? Et la soi-disant concertation qui a eu lieu avec les milieux intéressés s'est plus révélée être un instrument de propagande conçu comme un catalogue à la Prévert (la preuve que c'est bien de la culture !) qu'une véritable mise en perspective ou en compétition des projets susceptibles de voir le jour dans le périmètre.

Mais la plus tartuffe des affirmations vient du Conseil d’Etat : il s’agirait, selon le communiqué de presse du Conseil d’Etat du 3 mars dernier, d’un écoquartier ! La belle affaire ! Cf. PointDePresseCE_20110302.pdf

Certes, le Conseil d’Etat n’innove pas. La Société Privée de Gérance, SPG, avait déjà eu l’occasion de développer cette vision assez particulière de l’écoquartier…

SPG_AssetDevelopment_Newsletter1_Ecoquartiers_P1.jpg
SPG_AssetDevelopment_Newsletter1_Ecoquartiers_P2.jpg

Plus récemment, un site Internet dédié à la propagande en faveur de ce déclassement, http://www.urgence-logements.ch, réalisé par un homme de main du parti libéral, reprend aussi à son compte ces définitions manipulées de l’écoquartier.

PourEtContreEcoquartier_SiteUrgenceLogements_18Mars2011.JPG

 

Cela n’étonnera personne compte tenu des énormes enjeux financiers d’un tel dossier. Mais cela n'est pas non plus sans rappeler les méthodes utilisées par les fondamentalistes opposées aux thèses de l'évolution de Darwin ou autres négationnistes.

Que les constructions prévues répondent aux normes de hautes performances énergétiques telles que Minergie est évidemment un plus par rapport à ce qui existe déjà ailleurs. Mais cela n’en fait pas un écoquartier pour autant ! Les normes de hautes performances énergétiques sont obligatoires aujourd’hui selon la nouvelle loi sur l’énergie acceptée en votation populaire !

Que la chaleur résiduelle de la ZIPLO, des zones industrielles, soit récupérée pour les nouvelles constructions est certes intéressant mais elle n’est que la mise en pratique de concepts industriels contemporains, bientôt standards.

Mais, en réalité, cet « écoquartier » prévoit, pour ces 3000 logements, plus de 7'000 places de parking !

Alors même qu’un tram est prévu entre la ville et Saint-Julien, soit par la Route de Saint-Julien, soit par la Route de Base, soit les deux (et même s’il manque aussi un train-tram plus rapide en direction de Saint-Julien) !

Les habitant-e-s de la Ville, de Lancy et de Plan-les-Ouates , comme ailleurs dans notre canton, sont aujourd’hui déjà exaspérés par le trafic et les nuisances automobiles. Il est tout simplement incompréhensible de prévoir la réalisation de nouveaux quartiers conçus en réalité selon les plus éculés principes des années ’70 ! La voiture pour tous, la voiture partout ! Alors que dans les villes, près de 30% des ménages n’ont pas de voitures, comment peut-on, en 2011, imaginer la réalisation de nouveaux quartiers qui comptent plus de 2 places de parking par logements ? Incompréhensible partout ! Une réalité à Genève ! On a même réussi à entendre un des "experts" chargés de désigner le vainqueur des mandats d'étude parallèles se plaindre du nombre insuffisant de places de parking des projets présentés…

Faut-il rappeler qu’une place de parking souterraine – mais si vous mettez 7'000 voitures en surface, je ne vous dis pas la tête de l’écoquartier ! - coûte entre 40'000 et 70'000 francs et qu’elle renchérit donc considérablement la construction ?

Pour 3'000 logements, en restant avec cette proposition absurde de plus de 7000 places de parking, le coût total des parkings s’élèvera ainsi entre 280 et 490 millions de francs !

Nous sommes donc bien loin, malgré la propagande, de la réalité d'un écoquartier et des demandes figurant dans la résolution socialiste R 611!

En conclusion…

Compte tenu des projets existants, le déclassement actuel des Cherpines-Charrotons est donc une solution séduisante pour celles et ceux qui pensent que réaliser n’importe quels logements à n’importe quelles conditions dans un délai relativement court est nécessaire.

Les grands gagnants seront les propriétaires actuels des terrains (les plus-values dépasseront souvent la dizaine de millions, cf. la réponse volontairement malpolie et incomplète du Conseil d'Etat à ma récente interpellation urgence écrite IUE 1149 "Déclassement des Cherpines-Charrotons : qui sont les propriétaires des parcelles et à combien devraient s'élever leurs gains en cas de vente suite au déclassement ?", http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IUE01149A.pdf) et les promoteurs qui sont déjà sur le coup.

Les perdants seront les locataires des classes moyennes et défavorisées, qui ne trouveront pas de logements abordables en nombre suffisant et tous les habitants du canton qui connaîtront encore plus de problème de circulation et de nuisances liées à la voiture.

Mais si les exigences sont plus sérieuses, conformément à la résolution socialiste R611, loyers abordables majoritairement prépondérants compte tenu du prix du terrain de la zone agricole, avec des droits de superficie, diminution drastique de la présence de l’automobile pour diminuer encore les coûts et les nuisances, le principe du déclassement redeviendra possible.

Certains y sont définitivement défavorables, aussi pour de bonnes raisons, telles que la préservation de la zone agricole et la nécessité de garantir des capacités de production agricole de proximité.

Dans ce cas, il serait alors urgentissime de trouver une solution pour permettre la réalisation rapide de logements à loyers abordables ailleurs dans notre canton car, n’en voyant aucune à court terme, il ne me semble pas possible dans l’état actuel de la situation, de renoncer définitivement au déclassement de la Plaine de l’Aire.

En mai 2011, nous pouvons voter sans état d’âme NON au déclassement car les projets de Mark Muller et des promoteurs ne répondent pas aux besoins prépondérants de la population genevoise.

A nous ensuite de monter un autre projet, plus visionnaire à l’échelle – très modeste – genevoise, qui permet de réaliser un véritable écoquartier, où la voiture occupe une place conforme aux besoins réels du XXIème siècle et représente des coûts moins insensés et qui permet de construire des 6 pièces à haute performance énergétique à des loyers mensuels hors subvention de 2'500 francs !

Ce jour-là, et si aucune autre solution réaliste n'est trouvée, nous pourrons - et devrons - voter OUI sans hésiter !

PS : concernant les questions de densité et de typologies de quartiers, cf. cet excellent document : Densite_et_qualite_0508.pdf

Commentaires

Sujet complexe, mais explication circonstanciée font de ce billet une très bonne information.

Merci pour cela, tout en espérant que le PS genevois soit à même de prendre conscience de la réalité de ce projet ...


Boris Calame

Écrit par : Boris Calame | 24/03/2011

Accepter le déclassement ne revient-il pas à donner un chèque en blanc aux autorités dont la majorité actuelle qui à su déjà montrer qu'elle projetait un projet urbanistique à l'opposé de l'idéal que vous présenter ci-dessus ?

En effet, je crains qu'une fois le déclassement acquis, que le Grand Conseil ne remontre son vrai visage, à savoir un organisme aux ordre des banques et des milieux immobilier.

Pour ces raisons, je voterai NON.

Écrit par : Dji | 24/03/2011

Certes les demi mesures ne satisfont personne. Toutefois, à force de les brandir continuellement sous leurs auspices négatives et de s'opposer à tout prix quelque soit les projets, on finit une fois de plus par ne rien construire.
Et le grand perdant dans l'histoire ? Certainement pas le professionnel de l'immobilier, mais le résident genevois qui souhaiterait simplement pouvoir acquérir (ou louer) un logement sur le territoire du canton pour un prix contrôlé par l'état (nous sommes en zone de développement, ce que l'auteur oublie carrément d'indiquer...).

Écrit par : Yann Bartolini | 30/03/2011

Certes les demi mesures ne satisfont personne. Toutefois, à force de les brandir continuellement sous leurs auspices négatives et de s'opposer à tout prix quelque soit les projets, on finit une fois de plus par ne rien construire.
Et le grand perdant dans l'histoire ? Certainement pas le professionnel de l'immobilier, mais le résident genevois qui souhaiterait simplement pouvoir acquérir (ou louer) un logement sur le territoire du canton pour un prix contrôlé par l'état (nous sommes en zone de développement, ce que l'auteur oublie carrément d'indiquer...).

Écrit par : Yann Bartolini | 30/03/2011

"(nous sommes en zone de développement, ce que l'auteur oublie carrément d'indiquer...)."

Zone de développement qu'il est prévu de supprimer dans la constitution soutenue par la majorité actuelle ... raison de plus pour ne PAS lui faire confiance.

Écrit par : Dji | 30/03/2011

Quel que soit l'aboutissement de ces discussions (et je doute qu'on parvienne sur Genève a une abolition de la zone de développement), il existe encore le récent mécanisme de la loi sur les LUP.
Alors svp, arrêtons de nous tirer sans cesse dans les pattes. Actuellement, nous sommes dans un système d'opposition totale, où si le projet n'est pas parfait pour un camp, on considère qu'il vaut mieux le torpiller.
Et comme écrit précédemment, dans tous les cas, c'est le résident travailliste genevois qui paie les pots cassés pour des querelles politico-idéalistes.

Écrit par : Yann Bartolini | 30/03/2011

En tant que professionnel de l’immobilier, et aussi en tant que dirigeant d’une entreprise (la Société Privée de Gérance) que vous citez à deux reprises, quelques précisions s’imposent :

Commençons par le plus simple, ce sur quoi nous sommes d’accord : 3'000 logements sur 58 hectares (Les Cherpines), c’est effectivement un gaspillage foncier absurde et regrettable. J’ajouterai que ce potentiel de 3'000 logements, c’est bien moins que le potentiel auquel on a renoncé (lisez : qu’on a gaspillé) aux Communaux d’Ambilly, puisqu’au début des études sur l’urbanisation de ce secteur, on mentionnait un potentiel de l’ordre de 10'000 logements et qu’aujourd’hui on est tombé à environ 4'000.

Parlons ensuite du «loyer de rêve » que vous mentionnez (un appartement de 6 pièces dans un immeuble neuf Minergie à CHF 2'533.- avec subvention, ou CHF 1'633.- après subvention) : vous insistez sur le fait que le bailleur est une coopérative parce que, à l’évidence, votre biais idéologique vous amène à considérer que seul un bailleur de type coopératif peut offrir des loyers favorables. C’est induire vos lecteurs en erreur : avec les mêmes subventions, je suis en mesure d’offrir des loyers similaires ! Pour preuve : j’offre personnellement des appartements de 6 pièces de 122 m2 neufs Minergie à CHF 1'850.- à Chêne Bourg. Je loue également des 4 pièces HLM de 88 m2 à la rue de Coutance (dans un immeuble entièrement rénové) à quelque CHF 1'000.- par mois.

Vous reproduisez ensuite une newsletter éditée par notre société, en parlant «d’une vision assez particulière de l’écoquartier ». On comprend que ce n’est pas un compliment, mais impossible de savoir pourquoi. Pourriez-vous s’il vous plaît nous expliquer en quoi notre vision de l’écoquartier est si «particulière », et donc si critiquable ? Faudrait-il être «de gauche» pour avoir le droit de s’intéresser aux écoquartiers, et s’exprimer sur le sujet ?

Enfin, vous affirmez que «les promoteurs immobiliers genevois dont SPG, ont déjà depuis longtemps monté des projets immobiliers sous forme de coopératives…mais que dans ces coopératives, les loyers ne sont plus les mêmes ». Là également, il serait correct que vous fournissiez certains faits (mais vous n’en avez pas) à l’appui de votre affirmation. Nous conseillons effectivement certaines coopératives d’habitations, lesquelles, pour la plupart, pratiquent des loyers qui correspondent aux normes HLM, et nous pouvons le démontrer. En conclusion, étayez vos affirmations ou ayez l’honnêteté de les retirer.

Thierry Barbier-Mueller

Écrit par : Thierry Barbier-Mueller | 03/05/2011

En tant que professionnel de l’immobilier, et aussi en tant que dirigeant d’une entreprise (la Société Privée de Gérance) que vous citez à deux reprises, quelques précisions s’imposent :

Commençons par le plus simple, ce sur quoi nous sommes d’accord : 3'000 logements sur 58 hectares (Les Cherpines), c’est effectivement un gaspillage foncier absurde et regrettable. J’ajouterai que ce potentiel de 3'000 logements, c’est bien moins que le potentiel auquel on a renoncé (lisez : qu’on a gaspillé) aux Communaux d’Ambilly, puisqu’au début des études sur l’urbanisation de ce secteur, on mentionnait un potentiel de l’ordre de 10'000 logements et qu’aujourd’hui on est tombé à environ 4'000.

Parlons ensuite du «loyer de rêve » que vous mentionnez (un appartement de 6 pièces dans un immeuble neuf Minergie à CHF 2'533.- avec subvention, ou CHF 1'633.- après subvention) : vous insistez sur le fait que le bailleur est une coopérative parce que, à l’évidence, votre biais idéologique vous amène à considérer que seul un bailleur de type coopératif peut offrir des loyers favorables. C’est induire vos lecteurs en erreur : avec les mêmes subventions, je suis en mesure d’offrir des loyers similaires ! Pour preuve : j’offre personnellement des appartements de 6 pièces de 122 m2 neufs Minergie à CHF 1'850.- à Chêne Bourg. Je loue également des 4 pièces HLM de 88 m2 à la rue de Coutance (dans un immeuble entièrement rénové) à quelque CHF 1'000.- par mois.

Vous reproduisez ensuite une newsletter éditée par notre société, en parlant «d’une vision assez particulière de l’écoquartier ». On comprend que ce n’est pas un compliment, mais impossible de savoir pourquoi. Pourriez-vous s’il vous plaît nous expliquer en quoi notre vision de l’écoquartier est si «particulière », et donc si critiquable ? Faudrait-il être «de gauche» pour avoir le droit de s’intéresser aux écoquartiers, et s’exprimer sur le sujet ?

Enfin, vous affirmez que «les promoteurs immobiliers genevois dont SPG, ont déjà depuis longtemps monté des projets immobiliers sous forme de coopératives…mais que dans ces coopératives, les loyers ne sont plus les mêmes ». Là également, il serait correct que vous fournissiez certains faits (mais vous n’en avez pas) à l’appui de votre affirmation. Nous conseillons effectivement certaines coopératives d’habitations, lesquelles, pour la plupart, pratiquent des loyers qui correspondent aux normes HLM, et nous pouvons le démontrer. En conclusion, étayez vos affirmations ou ayez l’honnêteté de les retirer.

Thierry Barbier-Mueller

Écrit par : Thierry Barbier-Mueller | 03/05/2011

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