07/03/2012

Nestlé : le Grand Conseil genevois va-t-il condamner les atteintes aux droits des travailleurs et à la liberté syndicale, la « Nespression » ?

Nestlé réalise un bénéfice annuel de l'ordre de 10 milliards de francs. Mais au prix de graves atteintes à la liberté syndicale et aux droits des travailleurs. Cette situation n'est définitivement pas admissible et il convient de rompre le silence qui entoure ses pratiques indignes de la Suisse, surtout à Genève, cité des droits de l'Homme par excellence ! Pour ce faire, les Députés socialistes au Grand Conseil genevois ont déposé une résolution « Stop à la Nespression ! » (http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/R00686.pdf) qui sera débattue - et peut-être acceptée ? - la semaine prochaine, certainement jeudi 15 mars, au Grand Conseil.


En plein festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH ; http://www.fifdh.org/) et alors que le quotidien Le Courrier relate encore dans son édition de ce mercredi 7 mars ce qui est arrivé il y a quelques années à un collaborateur syndicaliste d'une usine Nestlé de Colombie (http://www.lecourrier.ch/nestle_poursuivi_dans_le_cadre_d...) et qu'on y lit notamment que « Luciano a été licencié abusivement en raison de ses activités syndicales » et que « le syndicat [Sinaltrainal] rappelle que cet assassinat s'inscrit dans une longue série de treize meurtres de travailleurs et de syndicalistes de Nestlé en Colombie depuis 1986 », une campagne de l'Union Internationale des Travailleurs de l'Alimentation, UITA, vient nous rappeler que les pratiques de Nestlé sont encore aujourd'hui très discutables et ne sont manifestement pas si exceptionnelles.

Sur le site http://www.iuf.org/nespressure/fr/, on peut lire en particulier que des travailleuses et travailleurs d'usines situées à Panjang en Indonésie et à Kabirwala au Pakistan sont victimes de pratiques contraires au libre exercice des activités syndicales garanties par la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de 1948 (http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C087).

La convention en question rappelle notamment à son article 3 que «Les organisations de travailleurs et d'employeurs ont le droit d'élaborer leurs statuts et règlements administratifs, d'élire librement leurs représentants, d'organiser leur gestion et leur activité, et de formuler leur programme d'action.»

Il s'avère pourtant qu'au Pakistan, la direction de Nestlé a par exemple suspendu un président syndical, M. Mohammad Hussein Bhatti, intimidé et licencié les membres et les dirigeants syndicaux alors que le syndicat avait simplement fait son travail en aidant des centaines de travailleuses et travailleurs précaires, avec de faibles salaires et peu d'avantages sociaux, à obtenir des emplois permanents.

En Indonésie, idem ! Depuis plus de 5 ans, le syndicat SBNIP des travailleuses et travailleurs de l'usine Nescafé de Panjang lutte pour le droit de négocier les conditions d'emploi à l'usine. Or les membres du syndicat ont été harcelés, transférés et soumis à une surveillance par caméras pour avoir cherché à faire valoir leurs droits. Le 21 septembre 2011, le SBNIP a entrepris une grève - en toute légalité - pour appuyer ses revendications et occupé pacifiquement l'usine pour s'assurer qu'aucun produit ne quitte les lieux. En réponse, la direction a congédié 53 membres du syndicat les 5 et 6 octobre 2011, alors même que le conflit était résolu et la grève terminée.

Si la plupart d'entre nous est capable de mesurer les dramatiques conséquences d'une perte d'emploi dans nos sociétés pourtant (relativement ; l'exclusion économique y étant particulièrement dure) « privilégiées », que penser des conséquences de pareilles décisions dans des pays caractérisés par des niveaux de vie très modestes et une précarité généralisée ?

Revendiquer le droit à un travail stable, un salaire décent, est-ce véritablement trop demander, en particulier quand l'entreprise n'a manifestement pas de problèmes économiques et rémunère ses dirigeants plus que confortablement ?

Les Socialistes genevois pensent que non !

En acceptant la résolution R686, le Grand Conseil permettrait à Genève d'exprimer sa solidarité - et même si cela reste bien symbolique au regard des conséquences dramatiques des décisions de Nestlé pour les employé-e-s syndicalistes concernés - avec les légitimes revendications des travailleuses et travailleurs des usines de Nestlé à Panjang en Indonésie et à Kabirwala au Pakistan, en particulier en intervenant auprès de la direction générale de la multinationale Nestlé pour faire cesser ces pratiques d'un autre âge.

R00686.pdf

 

Commentaires

Née dans la corbeille des tous premiers biscuits de chez Kambly,entre les petits pois de chez Walliselen Hero pour ceux l'ignorant ,les chocolats de chez Nestlé Peter Cailler et bien d'autres,s'en prendre à Nestlé revient à se mettre un pénalty.Les multinationales ont mis un frein à leur aide frustrant ainsi de nombreuses Vrais Ong ou églises Evangéliques mais les officielles et non celles aux loups ornés de dents blanches mettant au pilori les fumeurs .Alors tirer à boulet rouge sur ceux qui en plus offrent du travail ,perso j'y trouve temps perdu et carrément non productif de la part de ceux qui sont sensés donner l'exemple c'est à dire ,les Politiciens

Écrit par : lovsmeralda | 08/03/2012

Les commentaires sont fermés.