13/06/2012

Economie genevoise : le PLR vote 590'000 francs de taxes supplémentaires pour les cafetiers-restaurateurs !

Lors du vote du Budget cantonal 2012, le Conseil d'Etat avait proposé d'augmenter le montant des taxes payées par les cafetiers-restaurateurs pour générer 590'000 francs de recettes supplémentaires... Les PLR ont soutenu et voté l'augmentation des taxes. Les Socialistes l'ont refusée.

Campagne électorale oblige, le PLR et la droite genevoise dans son ensemble rivalisent d'imagination pour stigmatiser la soi-disant inconscience de la gauche et des socialistes genevois en particulier en matière de politique économique.

Du docile député libéral des milieux bancaires privés Edouard Cuendet au député radical directeur de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Genève, Jacques Jeannerat, les anathèmes fleurissent : les Socialistes seraient des adversaires de la santé économique de notre canton, des fossoyeurs d'entreprises, des tueurs d'emplois, etc.

Tintin aux pays des Soviets est manifestement toujours la lecture de chevet des députés du PLR... Et, c'est bien connu, les socialistes genevois font fuir les entreprises multinationales car ils sont cannibales...

Pourtant, dans les faits, en matière économique les fourmis Socialistes sont bien plus responsables et conscientes des enjeux réels que les cigales genevoises du PLR ou du Conseil d'Etat.


Sur un budget cantonal annuel de l'ordre de 8 milliards de francs, cette proposition de recettes supplémentaires estimées à 590'000 francs au détriment d'un secteur économique particulièrement fragile et globalement problématique en raison de sa rentabilité très relative, celui de la restauration, était tout simplement scandaleuse.

Pourtant, sans hésiter, les députés PLR ont voté l'augmentation de ces taxes, alors même que ma collègue Anne Emery-Torracinta et moi-même, bien seuls en l'occurrence en Commission des finances, avions alerté nos collègues quant au caractère absurde et même économiquement dangereux de cette proposition.

Nous avons même déposé un amendement visant à supprimer cette augmentation de taxes, tant en Commission des Finances qu'en séance plénière du Grand Conseil lors du vote du budget : le PLR s'y est opposé et a accepté l'augmentation des taxes pour les cafetiers-restaurateurs !

Ainsi, alors que le PLR refusait quelques minutes plus tard de reporter l'entrée en vigueur du bouclier fiscal en faveur des grandes fortunes, ce qui privait l'Etat de 50 millions de recettes supplémentaires et que le PLR pleurnichait toujours pour atteindre un déficit maximum - mais totalement arbitraire - de 350 millions de francs, on a bien vu où le PLR mettait ses priorités économiques : taxer davantage les petits commerçants cafetiers-restaurateurs, patrons de bistrot pour épargner les rentiers fortunés, les multimilliardaires dont certains économiseront 2 millions de francs d'impôt grâce à cette mesure insensée, d'autant plus que l'endettement genevois s'élève à près de 11 milliards de francs et donc les seuls intérêts représentent près de 300 millions de francs par an !

Et tant le député radical directeur de la Chambre de commerce et d'industrie que le député libéral servile représentant des banquiers privés ont refusé de renoncer à l'augmentation de ces taxes perçues auprès des cafetiers-restaurateurs, comme le confirme le vote nominal relatif à cet objet, cf. http://www.ge.ch/grandconseil/data/courriers/AN-Budget201...

Les Socialistes, eux, se préoccupent de l'économie réelle et sont tout simplement convaincus que le chant des sirènes multinationales nous attire dans une mauvaise direction : les entreprises qui viennent parce qu'elles bénéficient d'avantages fiscaux sont aussi celles qui partent dès qu'apparaît une moindre tempête conjoncturelle... Elles n'ont pas d'attaches réelles, elles fonctionnent avec cynisme, jouant les collectivités publiques, les Etats, les cantons, les uns contres les autres et ne constituent donc pas un socle sérieux sur lequel construire une politique économique durable. Il est donc absurde de les attirer par des avantages, fiscaux ou autres, qui ne sont que relatifs par rapport à ce que d'autres collectivités publiques offrent - ou non - ailleurs aujourd'hui.

Pour les Socialistes, les acteurs de l'économie réelle - PME, indépendants, grandes entreprises genevoises historiques - méritent, eux, notre soutien et il convient donc de ne pas péjorer leurs conditions-cadre en leur faisant subir des taxes supplémentaires au détour d'un budget cantonal déficitaire et en épargnant qui plus est des privilégiés détenteurs de grandes fortunes. Contrairement au PLR genevois.

C'est d'ailleurs pour cela que, au-delà des blablas électoralistes des milieux économico-PLR, il convient de placer au Conseil d'Etat une personnalité sérieuse et compétente, qui a une approche politique pragmatique, cohérente et durable de l'économie genevoise : ma collègue de la Commission des Finances, Anne Emery-Torracinta, a toutes ces qualités. Loin des blablas, loin des incohérences qui tuent les petites entreprises genevoises. Dans les actes.

 

Budget 2012, 3e débat, L03, amendement rejeté (- 590 000 F - Etablissements publics)

Vote nominal des députés pour refuser l'augmentation des taxes perçues auprès des cafetiers-restaurateurs :
http://www.ge.ch/grandconseil/data/courriers/AN-Budget201...

Rapport sur les travaux de la Commission des finances sur le projet de budget 2012, page 200 : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10866A-1.pdf

 

Communiqué du Conseil d'Etat du 18 avril 2012, page 5

http://www.ge.ch/conseil_etat/2009-2013/ppresse/doc/commu...

Adaptation des émoluments dans le secteur de la restauration, du débit de boissons et de l'hébergement

Le Conseil d'Etat a modifié le règlement d'exécution de la loi sur la restauration, le débit de boissons et l'hébergement (RRDBH). Les modifications adoptées visent à adapter les montants des émoluments et taxes à percevoir par l'Etat conformément au budget 2012 adopté par le Grand Conseil, qui prévoit notamment une augmentation des recettes issues de la restauration, du débit de boissons et de l'hébergement.

Ainsi, les émoluments de l'article 56 RRDBH ont été augmentés de 19,5%, sauf l'émolument le plus élevé, le certificat de cafetier, qui n'a été adapté que de 10,4%. Quant aux taxes prévues à l'article 57 RRDBH, elles ont été modulées en fonction de chaque catégorie d'établissement public et de leur poids économique respectif, de manière à ne pas alourdir de façon disproportionnée les charges des établissements.

Les recettes supplémentaires entraînées par ces modifications sont estimées à quelque 510'000 francs dans le budget 2012. Les adaptations entreront en vigueur le 24 avril prochain, date de leur publication dans la Feuille d'avis officielle.

 

http://journal.tdg.ch/geneve/actu/multinationales-font-bl...

http://www.plr-ge.ch/2012/05/23/multinationales-et-si-la-...

 

Commentaires

Merci Mr Doneys, Nous vivons une époque formidable. Je propose au PLR et leurs amis de ponctionner les étudiants à l université, de les soumettre à un impôt en fonction de leur résultats. Plus les notes sont bonnes moins t es taxé, si elles sont très bonnes pas d impôt. Pas mal non ? Comme dans la vrai vie ! Plus tu gagnes moins tu payes !
Si non je pensais au retraité......

Belle journée à vous

Olivier Fioux

Écrit par : Fioux | 23/06/2012

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