07/02/2013

Fusion des Caisses de pension publiques : Non Monsieur ! Il n’y a pas de plan B !

Les "propositions" de M. Cyril Aellen sur son blog de la Tribune de Genève ne représentent en aucun cas un "plan B" qui permettrait "d’économiser aisément quelques milliards" comme il le prétend sans en faire la moindre démonstration chiffrée. Il est donc primordial de voter OUI à la fusion des caisses de pension publiques le 3 mars prochain pour éviter une catastrophe sociale et financière bien plus coûteuse au final pour Genève !


Les 2 modifications qu'il propose, la suppression de la notion de pénibilité et le passage à une répartition 50-50 des cotisations, n'ont qu'un impact marginal sur le coût total pour la collectivité publique du refinancement imposé par la MODIFICATION DE LA LEGISLATION FEDERALE, VOTEE A L’ENVERS DU BONS SENS EN 2010 PAR LE PLR, LE PDC ET L'UDC (voir aussi ma précédente contribution http://rogerdeneys.blog.tdg.ch/archive/2013/02/05/pour-ge...).

Premièrement la remise en cause des questions de pénibilité au travail et de la retraite anticipée qu'elle permet s'apparente véritablement à une vision digne des meilleures caricatures des milieux très aisés de Genève ou d'ailleurs, sirotant un petit mojito au bord de leur piscine après une épuisante journée au golf en agrémentant la conversation de considérations sur ces fainéants de fonctionnaires qui auraient un travail pénible alors qu'ils ne connaissent pas la vie... M. Aellen et ses amis oublient-ils que certaines personnes ont commencé à travailler à 18 ans, parfois avant, avec des charges lourdes ou des personnes à transporter (des personnes âgées dans les EMS, des malades à l'hôpital par exemple), des horaires extrêmement irréguliers (on peut aussi penser aux professions de la santé) ou des contraintes d'environnements bruyants et stressants qui USENT ces personnes ?

Ne pas leur permettre de prendre des retraites anticipées s'apparente pour moi à une forme d'esclavagisme cynique et cela me fait honte pour Genève.

De plus, ces personnes ont souvent, justement en raison de la pénibilité excessive de leur travail, des soucis de santé : est-ce que quand ces personnes prennent de l'âge et que les soucis de santé s'accentuent, il n'est pas raisonnable de leur accorder une retraite bien méritée plutôt que de devoir payer des congés-maladie et des remplaçants ? En plus la pénibilité concerne essentiellement des personnes qui exercent des tâches déconsidérées et souvent peu rémunérées, ce n'est pas les cadres, les cols blancs de la Rue de l'Hôtel-de-Ville qui gagnent plus de 150'000 francs par an qui en bénéficient, mais bien les aides-soignantes, les infirmières, etc. ! Prétendre faire des "économies" sur ces personnes est indécent, encore plus quand le PLR ne veut même pas renoncer provisoirement à "son" bouclier fiscal qui protège les fortunes de plus de 5 millions de francs et qui coûte à l'Etat plus de 40 millions de francs de recettes fiscales par an.

Quant à la question de la répartition 50-50 plutôt que 2/3-1/3 des cotisations entre l'employeur et l'employé, il s'agit d'une question ouverte mais qui ne change fondamentalement rien au problème et certainement pas "une économie correspondant à 4,5 % de la masse salariale globale de l’Etat". La raison en est que si à court terme, l'effet serait bien de -16.67% (de 66.67% à 50%) sur les cotisations de l'Etat-patron, la remise en cause d'un système défini en concertation par les partenaires sociaux, l'Etat-patron d'un côté, les associations représentatives du personnel de l'autre aura surtout pour effet d'accentuer la pression à la hausse sur les salaires car c'est bien L'ENSEMBLE des prestations offertes par un employeur qui le rend attractif ou non : vous payerez moins de part patronale sur le 2ème pilier ? Je devrai travailler un an de plus ? Alors je veux gagner plus... Certains, moins captifs que qu'autres, iront voir ailleurs, dans les communes, dans d'autres cantons suisses... ou même dans le secteur privé (on rappellera au passage que Migros, qui était d'ailleurs l'employeur de l'autre pourfendeur quasi officiel de ce projet de loi, Pierre Kunz, a aussi un système de cotisation LPP 2/3 employeur - 1/3 employé)... Les fonctionnaires compétents et motivés seront les premiers à vouloir partir car ils chercheront des conditions de travail meilleures, les autres resteront peut-être... Et après M. Aellen pleurnichera avec d'autres quand l'Etat dysfonctionnera ou quand des travailleurs de pays voisins, soumis depuis longtemps à la forte dégradation de leurs conditions de travail et de leurs niveaux de vie,  viendront prendre ces jobs abandonnés par les Genevois...

Les "économies" du plan B de M. Aellen n'en sont pas à l'horizon - absurde mais imposé par la réforme du droit fédéral en 2010 - de ce projet de loi qui est 2052, il s'agit de mesurettes électoralistes et de provocations à l'encontre de la fonction publique qui viennent s'ajouter à ses commentaires tout aussi peu sérieux tenus sur Facebook et selon lesquels ne pas voter ce projet de loi permettrait de financer plusieurs milliers de places de crèche...

Il est fondamental de voter OUI à ce projet de loi 10847 le 3 mars prochain malgré ses imperfections réelles ou idéologiques, sauf à vouloir torpiller encore davantage le canton de Genève (incapable de prendre en charge ses caisses de pension publiques, contrairement aux autres cantons) et à pénaliser bien plus lourdement les finances publiques cantonales !

14:07 Publié dans Economie, Genève, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cia, ceh, cpeg, caisses de pension, genève, 10847 | |  Facebook

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