19/03/2013

Budget 2013 : les douteuses leçons de démocratie du PLR

Ivan Slatkine et Renaud Gautier font feu de tout bois afin de tenter de justifier leur décision irraisonnée de proposer 2% de coupes linéaires sur le budget 2013 amenant à des coupes de 100 millions de francs sur l’éducation, la santé, la sécurité, des thèmes prioritaires pour les Genevois-es. Les arguments peinent à convaincre, c’est le moins que l’on puisse dire, reprenons-les.


Premièrement, Renaud Gautier nous apprend que l’ère des compromis est terminée et que celle des rapports de force a commencé. Bien sûr, rien n’est de leur faute. Pourtant, n’est-ce pas le PLR qui a rejeté la discussion en septembre 2012, en refusant l’entrée en matière sur le budget 2013 ? N’est-ce pas le même PLR qui est capable de jeter par la fenêtre 100 heures de discussion à la commission des finances pour un amendement de dernière minute ? N’est-ce pas le PLR qui opère des revirements successifs, jouant des rapports de force, ajoutant l’incertitude à l’irresponsabilité ?

Deuxièmement, les deux députés PLR s’emportent contre le soi-disant coup de force du PS qui a demandé l’urgence sur la suspension du bouclier fiscal. Pourtant, rien ne liait directement le vote sur la suspension du bouclier fiscal et le budget, et encore moins le vote sur la mise à l’agenda de la question et le budget. Le sujet doit pouvoir être débattu démocratiquement, puis accepté ou refusé démocratiquement. S’il est accepté, la question sera portée devant les Genevois-es qui se prononceront démocratiquement sur la question. Les députés PLR semble être convaincus du mal fondé de la suspension du bouclier fiscal. Qu’ils en apportent les arguments devant le Grand Conseil. Qu’ils convainquent leurs nouveaux amis de l’UDC et du MCG que ce n’est pas une solution. Et si le PLR était convaincu du rejet de la proposition par les électrices et électeurs genevois, pourquoi refusent-ils alors de leur soumettre la proposition ? Le seul coup de sang, le seul coup de force est celui du PLR et de ses alliés de l’UDC et du MCG qui n’hésitent pas à mettre en péril 480 postes d’enseignant-e-s pour la rentrée 2013.

Finalement, nous invitons le PLR à revenir à de meilleurs sentiments. La suspension du 3ème débat leur octroie une porte de sortie. Le vote sur la suspension du bouclier fiscal aura lieu jeudi prochain : s’il est refusé, la raison de la fureur du PLR (même si c’est la mise à l’agenda de la question et non l’objet lui-même qui est en cause) se sera évanouie ; s’il est accepté, les Genevois-es auront le dernier mot.

Rien de catastrophique au final, juste la démocratie.

Romain de Sainte Marie, président du PS Genevois
Roger Deneys, chef du groupe PS au Grand conseil

13:15 Publié dans Général, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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