25/07/2013

Abandon de la Plage des Eaux-Vives : l’ultime naufrage du Conseil d’Etat

L’annonce du Conseil d’Etat de ne pas faire recours contre la décision du tribunal – genevois - administratif de première instance empêchant la réalisation de la Plage des Eaux-Vives n’est pas une véritable surprise pour celles et ceux qui ont suivi avec attention les aléas de la politique cantonale genevoise ces 4 dernières années.

Cet abandon, affligeant, illustre même particulièrement bien l’absence de vision politique à long terme du Conseil d’Etat durant cette législature.


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Venant après l’abandon en rase campagne et sans fondement – car tout permettait à des Conseillers d’Etat dotés de courage politique d’aller rapidement de l’avant - de la centrale chaleur force (CCF ; qui produisait localement 10% de la consommation d’électricité du canton de Genève tout en permettant de remplacer de nombreuses chaudières à mazout par un système de chauffage à distance), un autre projet d’envergure et d’avenir élaboré lors de la précédente législature, le pitoyable renoncement à la Plage des Eaux-Vives après le vote historique – dans son ampleur et son unanimité - du Grand Conseil le 4 décembre 2009 par 76 oui et 2 abstentions, illustre à quel point ce Conseil d’Etat aura manquer d’ambition pour Genève et surtout à quel point l’absence cruelle d’un Conseiller d’Etat de la trempe de Robert Cramer, porteur à l’époque du projet de centrale chaleur force et de celui de la plage des Eaux-Vives, est dommageable pour notre avenir commun.

Mais les prémisses de cette décision étaient connues.

Le Conseil d’Etat n’avait-il pas déjà, en 2011, sabré les 15 millions de francs d’investissements prévus pour la réalisation de la plage dans le cadre du projet de budget 2012, au prétexte du recours du WWF ?

Le Conseil d’Etat n’a-t-il pas encore récemment, dans sa présentation des comptes 2012, réaffirmé avec toute la mauvaise foi qui le caractérise, que l’impact de la baisse d’impôts de 2009 (400 millions de francs de recettes en moins par année pour le canton) avait été digéré, tout en comblant le retard en matière de grands investissements ?

Le Conseil d’Etat, dans la foulée de cette présentation des comptes 2012, n’avait-il pas aussi réaffirmé qu’il allait cependant falloir dorénavant « faire des choix » en matière d’investissements… tout en proposant de construire des prisons pour plusieurs millions de francs ?

Le Conseil d’Etat n’avait-il pas, en douce, réintroduit dans le projet de budget 2013 la seule ligne destinée à financer les aménagements de la Nautique, annonçant par avance le choix d’aujourd’hui ?

Ce même Conseil d’Etat n’a-t-il pas encore infléchi sa politique en faveur des investisseurs privés dans le secteur de la construction ?

Pour ce Conseil d’Etat, l’intérêt privé à court terme aura définitivement toujours primé sur l’intérêt collectif à long terme.

Et renoncer à une polémique avec le WWF à quelques mois des élections, quelle belle façon aussi de verdir rapidement et à un bon marché un bilan écologique nullissime.

Pour ce Conseil d’Etat, mettre de l’énergie et des moyens pour réaliser un investissement destiné à toute la population genevoise, qui ne sera pas payant, qui ne rapportera rien à un investisseur privé, ne pouvait que finir dans les poubelles de son Histoire.

Je le déplore vivement.

Pour moi, le projet de Plage publique des Eaux-Vives, porté par le Conseiller d’Etat Robert Cramer à l'époque, plébiscité par le Grand Conseil, incarnait la volonté politique de façonner l’image – au propre et au figuré - de la Genève du XXIème siècle, ouverte sur le lac, ouverte à sa population même lorsqu’elle n’est pas nantie, valorisant la proximité, valorisant enfin ses atouts naturels pour toutes et tous. Pour notre avenir.

On ne peut aujourd’hui savoir si je serai Conseiller d’Etat l’automne prochain.

Mais il est très clair pour moi que la pitoyable décision prise hier par le Conseil d’Etat constitue une motivation supplémentaire de vouloir y siéger car je ne supporte pas cette façon de faire de la politique, en ne prenant aucun risque, en ne pensant qu’au court terme et aux intérêts privés. En n’ayant aucune vision d’avenir et aucun courage politique.

D’ici la date ultime de dépôt d’un recours contre la décision du tribunal, je propose d’abord de lancer immédiatement une pétition pour que le Conseil d’Etat revienne sur sa décision et fasse finalement recours. Il n’est pas définitivement trop tard. Et je vous invite, comme moi, à ne jamais renoncer.

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12:21 Publié dans Général, Genève, Nature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plage des eaux-vives, conseil d'etat | |  Facebook

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