29/08/2013

Soutenons la grève courageuse des «employés de solidarité» de Partage!

Mardi dernier, 27 août, j’ai rencontré les grévistes de Partage. Pour les écouter. Pour mieux comprendre. Après cette rencontre, je souhaite ici exprimer mon soutien total aux grévistes de Partage et à leurs légitimes revendications.

Comme la presse l’a relaté, ces grévistes travaillent chez Partage, essentiellement dans "l'entreprise" Cyclotri, avec des contrats de travail d’EdS, les « Emplois de Solidarité » créés, essentiellement par la volonté du PLR, du PDC et des Verts, pour les chômeurs de longue durée exclus des dispositifs fédéraux de l’assurance chômage.

Le moins que l’on puisse dire – et la gauche comme une partie des Socialistes, dont je faisais partie, l’avaient déjà dénoncé – ces « emplois de solidarité » posent de véritables problèmes qui, grâce à la grève très courageuse des employés de Partage, sont remis en lumière. J’en évoque rapidement deux.


Le premier problème concerne la rémunération des employés de solidarités.

Les Emplois de Solidarité « offrent » des salaires nets compris entre environ 2’850 francs et 3'400 francs par mois. Sans heures supplémentaires. Sans 13ème salaire.

Qui peut réellement imaginer que sans le revenu d’une conjointe ou d’un conjoint mieux rémunérés, une personne peut vivre décemment à Genève avec un revenu mensuel de 2'850 francs nets ?

Loyers exorbitants, assurance maladie, assurances, frais médicaux, frais dentaires… Si quelques « veinards » (par rapport aux autres) peuvent sans doute s’en sortir tant bien que mal, les personnes qui gagnent si peu sont en réalité soumises à un stress permanent lié à la peur de ne pas pouvoir finir le mois et aux réelles difficultés survenant en cas de dépenses imprévues : poursuites, risques d’évacuation du logement, etc.

Et je vous laisse imaginer la situation quand ces personnes doivent en plus faire face à des charges de famille, aux dépenses pour leurs enfants ou parfois pour leurs parents.

Les grévistes de Partage m’ont rappelé avec courage et dignité la dramatique réalité quotidienne qu’ils connaissent.

A titre d’exemple, augmenter de 500 francs par mois toutes les rémunérations des quelques 1000 employés de solidarité coûterait 6 millions de francs de plus par année au Canton.

Je pense que Genève en a définitivement les moyens. Surtout quand le PLR, le PDC, l'UDC et le MCG défendent dans le même temps le "bouclier fiscal", ce privilège qui fait économiser parfois 180'000 francs par année à de très grandes fortunes et qui coûte 40 millions de francs par an à notre Canton.

 

L’autre problème, particulièrement criant dans le cas de Partage et de Cyclotri est la substitution rampante d’emplois salariés selon les barèmes usuels des collectivités publiques par des emplois de solidarité payés au rabais.

Pour quelles raisons des collectivités publiques acceptent-elles, via le paravent d’associations plus ou moins crédibles et qui rémunèrent parfois fort bien leurs dirigeants (plus de 120'000 francs annuels), d’employer des personnes qui sont sous-rémunérées pour effectuer des tâches d’utilité publique évidente, comme le ramassage des déchets ?

Pourquoi ces mêmes collectivités publiques – je pense au canton, en particulier au DIP, qui a donné un très mauvais signal en la matière en créant les postes d’assistant-e à l’intégration scolaire via des emplois de solidarité gérés par Pro Juventute et aux communes dont les finances sont souvent florissantes - ne se posent pas la question de faire effectuer ces mêmes tâches par des personnes salariées décemment en les engageant au sein de leur administration ? Entretenir la misère d’un millier de salariés à Genève est-il réellement un bon calcul de la part des administrations publiques ? Je ne le pense pas.

Je suis convaincu que les collectivités publiques, en particulier leurs exécutifs, doivent prendre conscience des dérives qu’ils alimentent et se battre pour offrir de vrais postes de travail quand il s’agit de répondre à des tâches d’utilité publique.

Lors de ma rencontre avec les grévistes de Partage, un autre volet du problème, plus émotionnel mais non moins réel, a été évoqué : les problèmes de gouvernance de l'« entreprise » Cyclotri. J’espère que toute la lumière sera faite sur les allégations des grévistes et que, si elles s’avèrent exactes, le ménage complet, sans complaisance, sera fait au sein de cette structure. Et il s’agira aussi dans ce cas de vérifier les responsabilités au sein de l’Office Cantonal de l’Emploi et même du Conseil d’Etat quant aux lacunes exercées dans la surveillance de telles structures.

Je tiens aussi à rappeler que les grévistes de Partage font preuve d’un courage remarquable en osant affirmer publiquement leur mécontentement car, sans emploi depuis longtemps, le risque de se retrouver dans des situations encore plus dramatiques est réel s’ils perdent encore cette corde autour du cou qui leur sert de maigre bouée de sauvetage.

Bravo et honneur à eux !

http://www.sit-syndicat.ch/spip/IMG/pdf/COMMUNIQUE_DE_PRESSE.pdf

http://www.sit-syndicat.ch/spip/IMG/pdf/Communique_de_presse_EdS_Partage_23-8-13.pdf

Les commentaires sont fermés.