24/09/2014

Finances cantonales genevoises et traversée de la rade : soyons pour une fois sérieux !

En 2009, un an après la crise des subprime, alors que la dette cantonale genevoise dépassait déjà 10.7 milliards de francs, une majorité PLR-PDC-UDC-MCG et Verts du Grand Conseil votait les yeux fermés, à quelques mois des élections cantonales, une baisse d’impôts dont l’impact était déjà évalué à près de 400 millions de francs par an en moins pour le canton et 100 millions de francs par an en moins pour les communes genevoises.

Résultat des courses : de 10.5 milliards en 2010, la dette cantonale genevoise atteint près de 13 milliards de francs fin 2013 !


Pourtant, malgré cette réalité catastrophique et contraire aux discours optimistes de 2009, la folie budgétaire d'une grande partie de la droite genevoise n’a pas cessé : d’un côté elle souhaite baisser massivement l’imposition des entreprises au taux unique de 13%, coûtant encore 500 millions de francs par an au canton, de l’autre, elle souhaite construire en urgence une traversée de la rade qui coûte plus d’un milliard de francs alors que son utilité en matière de mobilité est quasi nulle selon tous les experts sérieux.

Face à cette folie dépensière, face à cette irresponsabilité financière, même si elle est ensuite cautionnée en votation populaire, faut-il ensuite s’étonner que Genève n’apparaisse pas comme un canton sérieux aux yeux de la Confédération ?

Genève peut bien pleurnicher quand les mécanismes de la RPT ne lui sont pas aussi favorables qu’elle l’espérait. Mais quand notre Canton est capable, avec un tel endettement et de tels besoins avérés en matière d’investissements (gare souterraine, école, hôpital, CEVA, réseau de trams, etc.) de vouloir baisser encore ses impôts tout en gaspillant l’argent public dans des projets pharaoniques et inutiles, il donne une bien piètre image de son sens des responsabilités.

Aujourd’hui, Genève doit s’attaquer, y compris en envisageant des hausses d'impôts, au financement de ses investissements indispensables et au remboursement de sa dette, pas acheter à crédit des joujoux d’enfants gâtés en faisant payer la facture aux générations futures.

Soyons sérieux : le "tout, tout de suite !" est infantile. Une fois la dette maîtrisée et les investissements nécessaires financés, il sera toujours temps de baisser les impôts ou de s'offrir des gadgets inutiles.

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