16/03/2015

Ecole genevoise : de l'informatique plutôt que le cantique suisse !

École : il y a quelques semaines, je me suis gaussé des députés PLR genevois, soi-disant proches des entreprises et de la réalité économique suisse, qui ont été capables de voter avec les rétrogrades de l'UDC pour l'apprentissage obligatoire du cantique suisse à l'école primaire.

Et j'avais relevé que si l'on s'inquiétait de l'avenir professionnel des jeunes, on ferait mieux de renforcer d'autres savoirs et d'autres apprentissages car je doute que la maîtrise du cantique suisse soit un atout professionnel dans un marché de l'emploi ouvert à la concurrence et aux compétences venues d'ailleurs.

J'avais aussi évoqué la question de la maîtrise des outils informatiques. Certains m'avaient alors reproché d'être potentiellement un horrible suppôt du patronat et de l'école productiviste...


Hier, dimanche, en accompagnant mon fils, âgé de 13 ans, dans un devoir de... latin, je lui ai suggéré, pour changer, d'écrire son texte (en français) avec l'ordinateur et le traitement de texte plutôt qu'à la main. Il était ravi de la proposition.

De mon côté, après avoir dirigé pendant une vingtaine d'années une petite entreprise informatique qui dispensait justement des cours de bureautique et avoir obtenu à ce titre un diplôme FSEA de formateur d'adultes, je trouvais l'exercice intéressant parce que d'une part (presque tous) les jeunes sont (presque) toujours sur des écrans pour (presque toujours) jouer et qu'il serait bon de voir aussi l'informatique comme un outil de travail et, d'autre part, je pense que le traitement de texte et l'informatique en général peuvent aussi être des outils pour "apprendre autrement", par exemple le français, la grammaire et l'orthographe. Il semble d'ailleurs que la Finlande soit pionnière en la matière et j'attends avec intérêt de connaître les résultats d'une telle évolution (car en matière d'enseignement, il faut aussi se méfier des positions trop dogmatiques : on peut penser qu'une réforme est intéressante, utile pédagogiquement, valorisante, etc. et constater, à l'usage, qu'elle a beaucoup de défauts).

Même si je m'y attendais, j'étais assez déçu de voir que malgré son heure d'informatique hebdomadaire, mon fiston ne maîtrisait pas encore bien toutes les bases du traitement de texte et que dans son heure d'informatique, maintenant, il "faisait des calculs".

Honnêtement, aujourd'hui, maîtriser correctement le traitement de texte, ce n'est vraiment pas sorcier et je ne comprends donc pas que cela soit laissé en dehors du champ scolaire pour être ramené - peut-être - dans le champ privé où les inégalités sont criantes, entre les familles hyper-branchées et les autres et surtout entre celles où l'informatique est déjà justement un outil maîtrisé et les autres.

D'ailleurs la généralisation de l'informatique s'est plutôt faite au détriment de la bonne maîtrise professionnelle des outils... après avoir enseigné moi-même durant plus de 20 ans la bureautique à des adultes, je le vois assez régulièrement dans les documents reçus en pièces jointes dans les emails...

Alors, oui, l'informatique devrait être bien plus présente à l'école pour rédiger des travaux et simplement faire en sorte que les jeunes ne soient pas largués pour un truc aussi stupide en arrivant au post-obligatoire ou sur le marché de l'emploi.

Il serait bien plus nécessaire de généraliser l'informatique comme un apprentissage ludique et surtout utile pour les autres disciplines enseignées, plutôt que d'en rester au ringard cantique suisse ou... au latin pour tous en première année du cycle d'orientation (pour un coût avoisinant d'ailleurs le million de francs par an...).

Et le PLR genevois, plutôt que de sombrer dans la surenchère populiste et le mythe du passé, devrait se réveiller et revenir dans la réalité économique et professionnelle du monde d'aujourd'hui car l'avenir de nos enfants, de la jeunesse et même de la Suisse en dépend !

11:09 Publié dans économie, Formation, Général, Genève, Politique, Science, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Je ne vois pas pourquoi l'un n'irait pas sans l'autre ?! D'ailleurs, l'enseignement de la musique et du chant est obligatoire au primaire avec des périodes qui sont prévues dans la grille horaire officielle. Dès lors, il n'y a aucune raison pour que l'hymne national n'y figure pas parmi d'autres chants. A moins que, bien sûr, vous n'adhériez pas aux propos de cette journaliste française que vous reconnaîtrez aisément:
"De l'enseignement de notre histoire et de nos "mythes"
Se souvenir,parce qu’un pays qui n’a pas de passé construit difficilement son avenir, et que les mythes sont ce qui nous rassemble et nous habite, voilà qui est louable. Mais le serait encore plus la décision de réinvestir ces mythes, à l’école comme dans l’ensemble de l’espace public, plutôt que de les abandonner et de s’étonner ensuite que d’autres s’en saisissent.
Il serait appréciable que la redéfinition d’un roman national qui ne soit pas, certes, le récit simpliste d’autrefois, mais qui nous nourrisse à nouveau de nos épopées communes, soit une des missions d’une institution scolaire qui arrêterait de se gargariser de mots grandiloquents et s’attèlerait à structurer l’esprit des enfants pour préparer leur émancipation future. Les réformes de structure qui transforment depuis plusieurs années l’école républicaine, et que le consensus des penseurs de l’éducation, chantres des compétences et de l’employabilité, rendent inéluctables, semblent furieusement l’ignorer. La constitution d’une communauté nationale apaisée et sûre d’elle -même est le cadet de leurs soucis.
...L'horizon de la vie de ces jeunes gens, c'est leur nombril. Sa raison d'être, c'est la satisfaction de leurs envies les plus dérisoires, nouveau portable ou shopping entre filles.
...la curiosité d'esprit qui pousse à s'intéresser à ce que firent les êtres humains qui nous ont précédés ne les effleure pas. Rien d'étonnant quand on leur donne pour modèle Kate Moss ou Beyoncé.
Toute notre société aboutit donc à ce que nous produisions une jeunesse hors sol - comme on produit des tomates - sans le moindre lien avec la civilisation qui l'a précédée".

Écrit par : Duval | 16/03/2015

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