07/08/2015

Commémoration des 70 ans du bombardement d'Hiroshima. 6 août 1945-6 août 2015.

Plus jamais ça !

Chères amies, Chers amis,

Au nom du parti socialiste genevois et du parti socialiste suisse, j'aimerais tout d'abord exprimer notre plus profonde amitié et solidarité aux victimes et familles des victimes du bombardement sur Hiroshima le 6 août 1945. Et aussi aux victimes du bombardement sur Nagasaki, le 9 août 1945. Nous sommes de tout cœur avec les Japonaises et Japonais victimes de ces actes barbares.

Les chiffres ont été évoqués, avec toutes les imprécisions que peut comporter un décompte aussi macabre. Ville rasée, 75'000 morts immédiats, 250'000 personnes tuées au total, des civils, des familles, des enfants, des personnes âgées. Pas d'abord des militaires. Pas des dirigeants, politiques ou militaires, responsables de la guerre, mais d'abord des civils.

Hiroshima, bombardement, commémoration, 6 août 1945, Place des Nations, nucléaire, paix, guerre, Suisse, armée, neutralité, Contratom, GSSA


Comme on peut le lire sur l'article de wikipédia relatif à cet acte abominable, "des personnes comme la philosophe Hannah Arendt ou le procureur lors des procès de Nuremberg, Telford Taylor, considèrent ces bombardements comme des crimes de guerre selon les termes de l'article 6b des statuts du Tribunal militaire international, adoptés par les Alliés eux-mêmes lors des accords de Londres du 8 août 1945, le surlendemain de l'explosion de Hiroshima et la veille de celle de Nagasaki."

Oui, à raison, considérés comme des crimes de guerre.

Parce que si la guerre est abominable, c'est bien d'abord parce qu'elle tue des personnes qui ne sont pas parties prenantes au conflit.

Et d'Hiroshima et Nagasaki, qui sont l'incarnation la plus sordide de la folie humaine, on ne doit rien oublier.

Plus jamais ça.

Plus jamais le recours à des bombes atomiques pour bombarder des civils, des villes, des campagnes, des militaires. Notre planète.

Plus jamais le nucléaire, militaire mais aussi civil, dont nous ne maîtrisons pas les effets destructeurs et les dangers à des échelles de temps inconcevables pour nous. Et Fukushima est aussi là pour nous le rappeler.

Plus jamais la guerre, toute aussi folle, destructrice et profondément abjecte quand elle ne se concrétise pas par le recours à des armes nucléaires.

Et c'est là que, 70 ans plus tard, la triste réalité de notre monde contemporain doit nous rappeler que "Plus jamais ça", ce n'est pas qu'un vœu pieux, qui plus est démenti par l'Histoire de ces 70 dernières années.

C'est une nécessité pour l'Humanité, une nécessité que nous devons plus que jamais concrétiser.

A ce propos, la Suisse doit aujourd'hui justement montrer davantage l'exemple.

Bien plus. Bien mieux. Parce que nous sommes un pays "riche", un pays de nantis qui se prétend "neutre". Et que ce n'est pas avec une armée qui coûte 5 milliards de francs par an (sic !) que nous montrons l'exemple de la neutralité active, du modèle que nous pourrions incarner en renonçant définitivement à une sécurité basée sur une armée nationale telle qu'on les concevait du temps de la 2ème guerre mondiale ou de la guerre froide.

Il y a près de 30 ans, déjà convaincu par la nécessité de cesser ce délire militariste, j'avais décidé de ne pas y participer et j'avais objecté. A l'époque, en Suisse, j'avais fait 3 mois en prison pour cette raison; d'autres en ont fait bien plus.

Aujourd'hui, l'acte d'objecter, toujours aussi fondamentalement nécessaire, est devenu bien plus "facile" ici en Suisse. Mais, ailleurs sur cette terre, ce geste courageux et juste n'a rien perdu de ses dangers. Qu'on pense aux réfugiés et requérants érythréens, stigmatisés par la droite conservatrice en Suisse, que nous devons soutenir, en les accueillant ici en Suisse et les félicitant même pour leur geste; qu'on pense aussi à toutes les personnes contraintes, sur notre planète, de s'enrôler, de force, dans ce délire militariste.

C'est d'ailleurs ce constat de folie et de destruction de l'Humanité, des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées, lors d'un voyage au Rwanda en 1993, avant les massacres, dans un camp de déplacés à proximité de la ligne de front séparant les rebelles et l'armée gouvernementale, qui m'avait convaincu ensuite de m'engager aussi en politique.

Pour que cela change.

Pour que le "plus jamais ça" devienne une réalité pour l'ensemble de nos semblables vivants sur cette planète.

Hiroshima est notre mémoire. Nous ne devons jamais l'oublier.

Comme nous ne devons jamais oublier que même si nous ne sommes pas si nombreux, ici, à la Place des Nations, en réalité la très grande majorité de l'Humanité souffre des armées et du nucléaire.

C'est aussi pour cela qu'il est important de faire changer davantage la Suisse, aussi en allant voter cet automne pour des partis et des personnes qui s'opposent aux délires militaires et nucléaires.

Avant de conclure, je tiens encore à remercier chaleureusement Contratom, le GSSA et le Bureau International de la Paix (IPB) pour l'organisation de cette manifestation de commémoration. Ces trois organisations sont indispensables car elles contribuent, avec des moyens qui sont sans commune mesure avec ceux des lobbies militaires et nucléaires, au futur de l'Humanité. A Genève, en Suisse, mais aussi partout ailleurs sur notre planète malmenée.

Bravo et merci à elles ! Bravo et merci à vous !

Plus jamais ça !

Roger Deneys, Genève, Place des Nations, le 6 août 2015

 

Hiroshima, bombardement, commémoration, 6 août 1945, Place des Nations, nucléaire, paix, guerre, Suisse, armée, neutralité, Contratom, GSSA

Hiroshima, bombardement, commémoration, 6 août 1945, Place des Nations, nucléaire, paix, guerre, Suisse, armée, neutralité, Contratom, GSSA

Hiroshima, bombardement, commémoration, 6 août 1945, Place des Nations, nucléaire, paix, guerre, Suisse, armée, neutralité, Contratom, GSSA

Les commentaires sont fermés.