25/08/2015

Suppression du 14ème salaire des cadres supérieurs de la fonction publique genevoise : une juste décision !

La Tribune de Genève révèle en effet ce mardi que la Cour constitutionnelle a rejeté le recours déposé par l'Union des Cadres (UCA) contre le vote, par le Grand Conseil, du PL11328 que j'avais déposé avec d'autres députés socialistes.

Ce projet de loi demandait que les efforts budgétaires ne soient pas toujours et seulement demandés aux salarié-e-s les bien moins lotis de la fonction publique, aux citoyennes et citoyens qui voient le nombre et la qualité des prestations publiques baisser, ou, encore pire et bien plus dramatique, aux bénéficiaires de prestations sociales auxquelles la droite et le Conseil d'Etat de droite, MM. Poggia et Longchamp en tête, s'attaquent sans le moindre état d'âme.

Pour moi, cette décision est profondément juste quant au fond car il est normal que les efforts soient faits par toutes et tous, y compris par celles et ceux qui bénéficient déjà de conditions salariales très correctes au regard de ce que gagne la très grande majorité des habitantes et habitants de ce canton, que ce soit les salarié-e-s dans le secteur privé ou les petits indépendants et les patrons de PME.


Et si l'article relève les propos du représentant des cadres qui déplore la baisse de salaire de 8% que cela représente, j'ai envie de lui répondre, comme socialiste et même si je le comprends, qu'on ne paye pas ses factures, son assurance maladie, son loyer, sa nourriture en pourcentage mais en francs.

8% de combien ? voilà la question !

8% de 150'000 francs, franchement, ce n'est certainement pas agréable de devoir s'en passer.

Mais c'est quand même nettement moins problématique, pour vivre, que d'avoir 90 francs en moins de subside d'assurance maladie quand on ne gagne que 3'000 francs par mois !

Et ces 90 francs ne font "que" 3% du salaire mensuel... Mais quand on a 3'000 francs par mois pour vivre à Genève, 90 francs, cela peut représenter les repas de toute une semaine... en gros, ce qu'on peut dépenser pour un seul repas de midi copieux et arrosé dans un établissement de la Vieille Ville...

Alors, si je suis satisfait de voir que ce projet de loi ait abouti - d'autant plus que ce 14ème salaire avait été accordé par la majorité de droite du Grand Conseil dans des circonstances délirantes, sans aucune réflexion sérieuse, avec même une surenchère électoraliste des Radicaux et Libéraux pour savoir s'il ne fallait pas encore aussi accorder un demi 15ème salaire, avec un Conseil d'Etat inconscient de ce qu'il faisait en ne s'opposant pas à la proposition tombée du ciel - je reste par contre insatisfait de l'autre volet de ma proposition.

Je voulais en effet - et cela figure encore dans le titre de la loi L11328 : "(Suppression du 14e salaire des cadres supérieurs, dans un esprit de partage et de solidarité)" - que l'économie effectuée en supprimant ce bonus permette d'augmenter immédiatement les salaires des Emplois de Solidarité (EdS), qui sont extrêmement bas, parfois inférieurs à 3'000 francs nets par mois pour un emploi à plein temps.

C'est la solidarité dont je rêve aujourd'hui à Genève. Un modeste effort supplémentaire de la part de celles et ceux qui en ont réellement les moyens en faveur de celles et ceux qui rament à la fin de chaque jour, chaque semaine, chaque mois. Dans un canton aussi riche que le nôtre, ce n'est pas trop demander !

Mais le Grand Conseil n'en a pas voulu ainsi, notamment parce que le MCG a suivi son chef félon et son Conseiller d'Etat, reniant ainsi - mais qui s'en étonne ? - les nombreuses déclarations tonitruantes de leur leader gominé avec les dernières élections cantonales pour justement augmenter les rémunérations des EdS.

Je le déplore vivement.

Et je constate que le MCG n'est pas si différent que ça du PLR : il s'intéresse aujourd'hui plus aux cadeaux qu'il peut faire aux riches qu'au sort des classes moyennes et des plus pauvres de nos concitoyens genevois.

Pour conclure, comme Socialiste qui croit plus aux actes qu'aux paroles, et même si je passerai sans doute pour un "méchant" auprès de certains, je dirais que la suppression de ce bonus est entièrement justifiée : on ne peut pas à la fois voter des baisses d'impôts excessives en faveur des plus nantis et ensuite demander seulement des sacrifices aux plus démunis, aux classes moyennes, au reste de la fonction publique pour payer ces cadeaux aux plus riches !

D'ailleurs, je suis sûr que les cadres supérieurs de la fonction publique le comprennent très bien aussi au fond d'eux-mêmes, malgré leur déception actuelle.

11:40 Publié dans Economie, Général, Genève, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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