06/10/2015

Secteur de l'hôtellerie-restauration : réintroduisons une clause du besoin !

Les syndicats viennent encore de le rappeler la semaine passée dans les médias : le secteur de l'hôtellerie-restauration fonctionne toujours aussi mal, les exploitants sont trop nombreux, ne peuvent pas tous "tourner" correctement et les abus, salaires impayés, sous-enchère salariale, faillites frauduleuses, fournisseurs et employés grugés, deuxièmes piliers vidés pour rien d'autre que les poches des promoteurs immobiliers et des vendeurs de rêve, se multiplient.

Et quand on se promène à Genève, il y a de quoi être étonné par la multiplication des arcades vouées à des occupations de "restauration" qui, pour ainsi dire, apparaissent le lundi et disparaissent le vendredi, privant les vrais professionnels de clients, de revenus, de perspectives.
Et ça ne peut plus durer. C'est pour cela qu'il faut réintroduire une nouvelle clause du besoin au niveau national dans le secteur de l'hôtellerie-restauration.


J'ai dirigé une petite entreprise informatique durant près de 20 ans et je sais ce que veut dire un secteur économique touché par une guerre des prix sans merci : c'est des emplois en moins, du travail de moins bonne qualité, des clients qui finissent par penser qu'ils sont des imbéciles s'ils ne cèdent pas aux sirènes du moins cher, c'est des apprentis qui ne trouvent pas de places de travail à la sortie de leur apprentissage, c'est des patrons qui n'engagent plus d'apprentis car la formation prend trop de temps, c'est, au final, aussi des délocalisations et, à l'inverse, aussi des informaticiens roumains payés 800 euros par mois dans une multinationale genevoise, tandis que des informaticiens locaux sont au chômage !

Et la réponse donnée par le Conseil d'Etat genevois en mars 2015 à ma Question Urgente Écrite QUE305 relative à cet objet n'a pas fini de m'inquiéter.

Je suis en l'occurrence convaincu qu'il faut lutter contre les abus des secteurs économiques qui dysfonctionnent en suscitant de tels maux : le marché DOIT être régulé et nettoyé quand il créé de la misère et de la précarité.

Parmi mes priorités, je compte ainsi m'engager au Conseil national en faveur du rétablissement d'une clause du besoin modernisée dans le secteur de l'hôtellerie-restauration.

Car il faut défendre plus sérieusement les vrais professionnels, la qualité et l'usage des produits locaux, même et surtout si cela coûte un peu plus cher que le toujours moins cher.

AU Grand Conseil genevois, j'avais d'ailleurs déposé en 2013 la motion M2154, non traitée à ce jour, qui allait dans ce sens, après en avoir parlé avec des professionnels et les syndicats, Unia Genève en particulier, qui s'inquiétaient déjà des dérives du système actuel.

Une nouvelle clause du besoin, évitant aussi les écueils du système précédemment en place qui favorisait les "pas-de-porte", souvent au noir, permettra non seulement de protéger les vrais professionnels mais aussi de mieux protéger les salarié-e-s du secteur et donc de mieux répondre aux besoins des consommateurs !

Nous avons toutes et tous tout à y gagner !

15:05 Publié dans Commerce, Economie, Général, Genève, miam, miam, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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