10/10/2015

Buscogate. Le Conseil d'Etat veut contourner la loi supprimant le 14ème salaire ? Alors qu'il paye !

Soyons clairs. La loi L11328 supprimant le 14ème salaire (sic !), en fait une indemnité de 8.3% accordée à certains cadres supérieurs en classe 27 et plus de la fonction publique ayant été adoptée il y a quelques mois par le Grand Conseil, la Cour constitutionnelle ayant rejeté le recours déposé par certains cadres supérieurs, il est tout simplement inadmissible que le Conseiller d'Etat dal Busco, semble-t-il avec l'aval de ses collègues, contourne l'esprit de cette loi - que j'avais déposée (PL11328) avec le groupe socialiste - pour redonner de la main droite ce qui venait d'être enlevé de la main gauche !


Et cette décision et d'autant plus inadmissible qu'elle survient quelques semaines après la présentation d'un projet de budget 2016 qui, tout en épargnant évidemment les nantis, prône l'austérité comme seul projet de société pour tous les autres : il vous faudra é-c-o-n-o-m-i-s-e-r !

Les Genevoises et les Genevois devront ainsi se serrer la ceinture, les fonctionnaires devront travailler plus pour gagner moins, les associations subventionnées, sociales, culturelles, éducatives, qui se battent à longueur d'années pour pallier aux carences de l'Etat et offrir quelques bouffées d'oxygène et d'espoir aux trop nombreuses personnes qui connaissent des difficultés, verront leurs subventions baisser alors que la population augmente.

Mais dans le même temps, quand le Grand Conseil adopte la loi L11328 qui supprime l'indécent 14ème salaire accordé, du jour au lendemain, à certains hauts cadres de la fonction publique et donc économiser plusieurs millions de francs par an à l'Etat, ce Conseil d'Etat fait de l'obstruction.

Il accepte que les HUG, soumis à la même loi, n'applique pas la loi quand elle a été votée alors que les économies à l'hôpital s'élèvent potentiellement à plusieurs millions de francs par an.

Et maintenant, on apprend que le Conseiller d'Etat dal Busco, en charge des finances (sic !), qui vient de présenter ce budget d'austérité 2016 (re-sic !), a validé la mise en place d'un système de rémunération de certains hauts cadres de l'administration fiscale qui contourne la suppression du 14ème salaire !

Ce n'est pas acceptable.

Ce Conseil d'Etat ne peut pas demander l'austérité à l'ensemble des Genevoises et Genevois et dans le même temps accorder des privilèges financiers en contournant la loi votée par notre Grand Conseil.

En tant que politicien, je suis même particulièrement excédé par cette façon de faire car elle contribue à décrédibiliser encore plus les politiciens : tous magouilleurs, qui ne respectent pas les lois, qui s'arrangent parmi, qui donnent des avantages à certains au détriment de tous les autres… L'image renvoyée par M. dal Busco et le Conseil d'Etat, s'il a réellement accepté cette pratique, est tout simplement lamentable.

Et je n'ai donc pas l'intention d'être associé à ce Buscogate et ces pratiques, certes légales semble-t-il, mais fondamentalement contraires à l'esprit de la loi L11328 qui vient d'être votée.

Je pense donc qu'il est nécessaire de sanctionner ce Conseil d'Etat capable de telles pratiques et de l'inciter sérieusement à revenir en arrière dans les meilleurs délais.

Comme j'ai l'impression qu'il ne comprend pas grand-chose, je pense que le meilleur moyen de le faire revenir en arrière est de lui infliger aussi une cure d'austérité : tant qu'il ne respectera pas l'esprit de la loi L11328 et qu'il ne mettra pas un terme à ces pratiques indignes de notre système démocratique, je suggère de baisser le salaire des Conseillers d'Etat.

Et je viens donc, par souci pédagogique et par souci de crédibilité, de déposer un projet de loi qui ramène, tant que de telles pratiques perdurent, le salaire des Conseillers d'Etat de plus de 250'000 francs par an à un montant tout à fait suffisant pour vivre, bien au-dessus d'ailleurs du salaire médian genevois, celui de la classe 22, annuité maximale, soit un peu plus de 150'000 francs par an. Mais bien entendu que le Grand Conseil, lorsque le moment de la colère sera passé, pourra amender mon projet de loi et sanctionner de façon moins sévère, au moins dans un premier temps, ce Conseil d'Etat qui finit par n'avoir plus la moindre crédibilité.

Le Conseil d'Etat devra ainsi choisir : soit il fait respecter l'esprit des lois votées et qui permettent des économies, soit il devra payer le prix des cadeaux consentis à quelques privilégiés et montrer qu'il met aussi en pratique l'austérité qu'il prône pour tous les autres... en payant ces cadeaux... A bon entendeur... 

Voici donc le projet de loi que je viens de déposer.

PL_RémunérationAppropriéeDesConseillersdEtat.pdf

10:31 Publié dans économie, Général, Genève, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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