07/03/2016

Plage des Eaux-Vives : prévoyons déjà d'améliorer le projet!

A l'occasion de la présentation du nouveau projet de Plage des Eaux-Vives, avec une "lagune" conforme aux souhaits du WWF, l'Etat et les médias ont évoqué le fait que les dissensions entre les partisans et les opposants à la Plage des Eaux-Vives étaient "aplanies". Il n'en n'est rien.

En tant qu'ancien membre du comité de l'Association des Amis de la Plage et de partisan de longue date du développement des espaces publics permettant l'accès – gratuit et convivial – au lac, en particulier à proximité du centre de Genève, je pense que le nouveau projet souffre de défauts avérés et qu'aucun consensus n'existe réellement.

Mais les dissensions auront l'occasion de pourrir dans la vase de la lagune… car le projet actuel, même mauvais, est préférable au fait de perdre encore 10 ans en procédures entre le WWF et l'Etat.

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Le besoin est en effet aujourd'hui vital : la population résidente genevoise a augmenté de 100'000 habitants en une vingtaine d'années alors que les accès publics à l'eau – piscines, lac, Rhône, etc. – n'ont, à l'exception de la pointe de la Jonction, pour ainsi dire pas augmenté !

Rappelons que le projet initial, voté à l'unanimité par le Grand Conseil, prévoyait une plage d'un seul tenant, d'une surface bien supérieure à celle du projet actuel et était donc bien plus apte à accueillir les activités et les loisirs des nombreux habitantes et habitants de Genève en mal d'espaces de détente et d'accès au lac.

Malheureusement, peut-être parce que le dépôt du projet initial a été bâclé, peut-être aussi par excès d'optimisme après un tel vote unanime –une rareté ! - du Grand Conseil, et parce que le WWF a ensuite défendu obsessionnellement l'idée - absurde à un tel endroit - de préserver un biotope naturel, une "lagune", réduisant d'autant la surface de la plage, un recours a été gagné par le WWF et a conduit l'Etat à présenter aujourd'hui un nouveau projet de "compromis".

Même si je ne suis pas un biologiste diplômé, cela fait plus de 35 ans que je suis membre de l'association ornithologique romande Nos Oiseaux et que je fais de l'observation de la faune et de la flore, surtout en Suisse et en particulier dans des lieux comme les zones humides, marais, marécages, roselières. Je vois aussi l'interaction de l'Homme avec ces milieux, notamment aussi en lien avec l'accroissement de la population et de la pression humaine à la recherche – légitime - de lieux "d'évasion" dans la nature.

Le résultat est sans appel : ces milieux naturels sont très fragiles et doivent bénéficier de mesures de protection importantes pour conserver une certaine utilité biologique. Déjà difficiles à mettre en œuvre dans des milieux plus éloignés des centres urbains, je suis convaincu que ce sera impossible aux Eaux-Vives, un endroit si proche du centre-ville, avec toute la pression, constante, massive, des activités de nos concitoyens. Fêtes, jeux, déchets, chiens, etc. vont soit demander des moyens excessifs pour être régulés, soit "tuer" le biotope à très court terme.

Et c'est d'autant plus dommage que le projet initial proposait, lui, une véritable compensation écologique dans une vraie réserve au bord du Léman

Quoi qu'il en soit, compte tenu des retards supplémentaires que de nouvelles oppositions – mais je ne me fais pas d'illusion : à Genève, malheureusement, elles existeront – pourraient générer, il me semble, malgré les défauts intrinsèques du projet aujourd'hui présenté, qu'il faut le soutenir, pour répondre le plus rapidement possible aux besoins légitimes de la population en termes d'accès – gratuit – au lac, en particulier dans l'espace urbain.

Mais si le WWF pouvait adopter une attitude plus constructive, il serait aussi judicieux de prévoir, dès aujourd'hui, une évaluation scientifique annuelle de la qualité biologique du biotope de la désormais célèbre future lagune des Eaux-Vives.

Car si la qualité de ce biotope se révèle insuffisante comme je le crains et que les coûts d'éventuelles mesures correctrices sont excessifs, l'Etat et le WWF devraient s'entendre sur le principe d'un comblement éventuel de la lagune pour rendre – enfin ! - à la plage sa forme et sa capacité d'accueil initiales et envisager des compensations bien plus utiles dans des lieux plus éloignés du centre-ville.

Les Genevoises et les Genevois auraient tout à y gagner. Et si, miraculeusement, si je me trompais, je ne pourrais que m'en réjouir… sans même faire un tour en gondole sur la lagune !

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