17/01/2018

Assises européennes de la transition énergétique à Genève: les jeunes, nouveaux esclaves modernes et officiels du Canton de Genève et des collectivités publiques européennes ?

Du 30 janvier au 1er février 2018, Genève accueillera - certainement en grande pompe, année électorale oblige - à Palexpo la 19ème édition des "Assises européennes de la transition énergétique". Cet événement tout à fait intéressant est coorganisé par le Canton de Genève, ce dont nous devrions certainement nous féliciter.

Malheureusement – et une fois de plus ai-je envie de dire – il semble que les conditions financières de réalisation de cet événement soient plus que discutables : alors que les collectivités publiques organisent cet événement en collaboration avec des partenaires privés, dont je doute que le moindre d'entre eux renonce à se faire payer, j'ai reçu hier mardi 16 janvier copie d'un message (en anglais) de l'organisateur Symporg SA qui cherche des… bénévoles (volunteers en anglais) pour l'organisation de cet événement… des "bénévoles", donc non payés, qui, généreusement se verront "of course" offrir l'entrée et les repas… ben voyons !

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Qui peut donc m'expliquer pour quelles raisons, alors que les organisateurs sont tous rémunérés ou salariés, certains d'entre eux sans doute assez grassement, que nombre de participants seront payés, y compris avec des deniers publics pour participer à ces assises, pourquoi des bénévoles devraient être recrutés pour s'occuper de "logistics, animation, communication etc." et ne devraient pas aussi être des emplois payés ?

Aujourd'hui, un nombre considérable de jeunes ne trouvent pas de travail, même plus de petits jobs, sont dépendants de leurs parents – quand ceux-ci en ont les moyens - durant de très longues années ou sont même à l'aide sociale avant d'avoir pu commencer à travailler et il est pour moi véritablement indécent que l'Etat fonctionne sur ce même schéma indigne d'exploitation gratuite des jeunes au prétexte qu'il s'agirait d'une "opportunity to meet people from many public administration bounded to Greater Geneva but also to enjoy some of the plenaries and workshops".

Ou alors il faut que tous les organisateurs, collectivités publiques, entreprises privées, participants, etc. montrent eux l'exemple et reversent leurs rémunérations et leurs salaires correspondant à l'organisation et/ou la participation à ces Assises. Et que ces montants soient reversés aux jeunes qui viendront travailler pour la tenue de ces Assises.

La liste des "partenaires financiers" de cet événement est d'ailleurs impressionnante et constituée d'entités publiques ou privées plus que respectables et d'envergure certaine - leurs chiffres d'affaires annuels cumulés devant dépasser les 50 milliards de francs - parmi lesquelles nous retrouvons par exemple ABB (15 millions de subventions cantonales votées par le Grand Conseil pour le projet TOSA, un patron qui gagne plusieurs millions de francs par an, des licenciements ici à Genève annoncés depuis le vote du Grand Conseil), SIG (1 milliard de chiffres d'affaires, un président du conseil d'administration rémunéré plus de 100'000 francs par an pour un taux d'activité de 65% - cf. réponse du Conseil d'Etat à ma question urgente écrite QUE-275A, http://ge.ch/grandconseil/data/texte/QUE00275A.pdf - et un directeur général dont le salaire dépasse les 200'000 francs par an), les cantons de Vaud et Genève (où les Conseillers d'Etat gagnent plus de 200'000 francs par an), Engie (où les rémunérations annoncées de ses dirigeants sont supérieurs au million d'euros en 2015, cf. https://www.engie.com/journalistes/communiques-de-presse/...). On peut donc s'étonner que les éventuelles "économies" que les organisateurs de cet événement cherchent à faire soient, au final, le seul fait de l'absence de salaire versé aux jeunes qui viendraient travailler pour la tenue de cet événement.

Le Canton ne doit pas accepter cette situation qui consacre le principe de l'utilisation des jeunes comme esclaves modernes, corvéables à merci, non rémunérés pour leur travail et doit cesser les pratiques qui, de facto, encouragent cette esclavagisme. Les jeunes (et moins jeunes) qui travailleront pour la logistique, l'animation ou la communication durant ces Assises, dont le fil rouge annoncé est «coopérer pour réussir» (sic!), ne doivent pas être des bénévoles mais être aussi payés pour leur travail !

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