02/10/2008

Décaillet ou la baudruche de la liberté autoproclamée qui se dégonfle

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

En arrivant en commission ce mercredi midi, j'apprends par un Député populiste ravi et gonflé à bloc, que l'invité de M. Décaillet ce matin sur Radio-Cité était Maître Bonnant, venu conforter la thèse du maître de céans, à savoir que le MCG n'était pas populiste. Quelques échos de-ci, de-là m'apprennent également que M. Décaillet s'est fendu d'une réponse sur son blog à mon précédent billet…

Voyons, voyons… M. Décaillet se la joue traditionaliste, il commence par une petite attaque personnelle gratuite " Député au Grand Conseil, élu pour s’occuper du bien commun, le socialiste Roger Deneys passe le plus clair de son temps à expectorer, dans un style où l’approximatif le dispute au nauséabond, le plus noir de son fiel contre tout journaliste de ce pays donnant la parole à d’autres voix que celles de son seul camp. C’est son occupation principale. Son moteur.".

Comme je n'ai jamais rencontré ce monsieur et que je ne pense pas qu'il se soit intéressé auparavant à mes modestes, très modestes, horriblement modestes faits et gestes de fourmi, je me demande évidemment sur quoi il se fonde concrètement pour tenir de tels propos, peut-être a-t-il pu consulter ma fiche à la P 26, au Vatican ou à Ecône ?

Mais impossible de le savoir. Pourtant, et je n'oserais évidemment pas donner de leçon de journalisme à M. Décaillet, il me semblait que les preuves, la précision, le récit des faits, des sources d'information identifiées étaient à la base du journalisme digne de ce nom… Mais ici, rien, il ne justifie même pas le contenu de son blog par un lien sur mon article ! 

Bon, je n'ai peut-être pas les qualités requises pour être considéré comme un expert en matière de journalisme, mais j'ai la chance d'avoir pu nourrir mes réflexions sur le sujet tant par une lecture attentive - et critique - du Canard Enchaîné depuis de très nombreuses années (c'est un modèle en la matière, d'autant plus qu'il n'a pas de publicité et ne dépend donc pas d'intérêts financiers occultes) et d'avoir plusieurs amis journalistes… dont le parrain et la marraine de mon fils : eux, dans leur travail, me semblent savoir faire preuve d'écoute et de respect, sans pour autant renoncer à leurs convictions.

Je suis "nauséabond" mais nous empruntons notre vocabulaire au même marécage, je le qualifie certes de crapaud mais son billet traite de grenouilles celles et ceux qui ne pensent pas comme lui…

Mon "occupation principale" est "d'expectorer mon fiel contre tout journaliste", "toute haine de l’autre joyeusement crachée" mais il ne connaît pas mon emploi du temps, ni mon travail ni mes autres activités. Je blogue de 7 en 14 alors que lui écrit ou paraît quotidiennement dans les médias genevois et que je lis régulièrement des papiers dans lesquels lui dénigre gratuitement le  monde politique genevois qui ne pense pas comme lui.

Il trouve mon style "approximatif" mais dans mon billet je cite précisément ses écrits alors que lui ne le fait pas (et il ne met même pas de lien sur mon billet, ce qui permettrait à tout un chacun de juger de nos styles et emportements respectifs).

Et je n'ai pas à ce jour eu connaissance des qualifications de M. Décaillet en matière de jugement de styles, la fréquentation mondaine des artistes ou autres "élites" ne me semblant pas de nature à faire de qui que ce soit un artiste, même si c'est une prétention courante chez les personnes qui se pensent cultivées. Mais en réalité, il n'y a pas d'art sans risque.

Mais c'est vrai qu'il a sans doute été désarçonné car il ne doit pas souvent lire ou entendre des critiques : tout le monde, des artistes aux politiques, sait bien que pour bénéficier de la puissance médiatique, il faut de préférence servir la soupe (pour parler poliment) de ces fantastiques, brillants, uniques journalistes et animateurs ! La complaisance est la norme. La vérité l'exception. D'ailleurs, la fourmi Deneys ne perd rien pour attendre, à un an des élections cantonales, elle va se faire broyer par le Décaillet déchaîné… Pauvre de moi ! J'en tremble déjà…

Le pire dans le papier de M. Décaillet, est qu'il ne sait même pas lire. Il interprète, suivi par quelques zélateurs obtus (on quitte le monde des batraciens pour entrer dans celui des ovins). La vue peut-être brouillée par la contradiction, comme un petit garçon boudeur, il me fait penser à mon fils de 6 ans et demi.

Mon papier revenait sur sa négation du qualificatif "populisme" au sujet du MCG. Dans ce papier, je n'ai pas du tout cherché d'explications aux résultats de dimanche dernier à Vernier. Et il ne sait même pas ce que j'en pense, il ne m'a pas appelé, ni interviewé, ni sur les résultats de dimanche, ni sur la candidature socialiste. Il n'a pas non plus pu le lire ici ou là car je ne me suis pas exprimé publiquement sur le sujet (ça viendra peut-être mais, vous savez, en politique comme ailleurs, on aime d'abord laver son linge sale en famille). Mais il sait : "Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est la confirmation, chez certains socialistes genevois (Dieu merci, pas majoritaires) de l’incapacité à perdre une élection sans immédiatement en rendre responsable la presse".

Je suis membre d'un parti politique, donc effectivement "partisan" et libre de l'être (parce que pour M. Décaillet, un socialiste devrait être conservateur, intégriste même, démagogique, favorable aux baisses d'impôts en faveur des plus riches, favorable à de grands projets qui bétonnent le territoire, etc., etc. … bref, tout sauf socialiste !) lui est journaliste, sensé respecter des principes d'indépendance et d'objectivité énoncés à la fois dans la "Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste" et la "Loi fédérale sur la radio et la télévision", mais il mélange allégrement les genres, quand ça l'arrange, comme ça l'arrange, passant d'une casquette d'éditorialiste dans la Tribune de Genève à celle de journaliste sur Léman Bleu ou Radio-Cité… C'est trop facile et c'est à mon avis un des principaux reproches qu'on peut faire à Léman Bleu, qui n'est pas TV Vatican ou TV Ecône : avec M. Décaillet et ses nombreuses casquettes interchangeables, les limites de l'article 4 de la Loi fédérale sur la radio et la télévision, Exigences minimales quant au contenu des programmes" sont atteintes, voire dépassées. Et il n'y a plus aucune vraie liberté, seulement la pensée unique, pour ne pas dire l'unique pensée.

Comme je n'étais jamais allé sur son blog, je vois que M. Décaillet l'a, en toute modestie, intitulé "Liberté".

 

Ben, voyons ! La démonstration est ici faite ! Liberté d'asséner des jugements à 2 balles sur tout un chacun, mais interdiction d'oser contredire le grand homme !

Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste http://www.presserat.ch/21730.htm  

Déclaration des devoirs

Le/la journaliste qui récolte, choisit, rédige, interprète et commente les informations respecte les principes généraux de l'équité exprimés par une attitude loyale envers ses sources, les personnes dont il/elle parle et le public ; il/elle tient pour ses devoirs essentiels de: 1.      Rechercher la vérité, en raison du droit qu'a le public de la connaître et quelles qu'en puissent être les conséquences pour lui-même. 2.      Défendre la liberté d'information et les droits qu'elle implique, la liberté du commentaire et de la critique, l'indépendance et la dignité de la profession. 3.      Ne publier que les informations, les documents, les images et les sons dont l'origine est connue de lui/d'elle; ne pas supprimer des informations ou des éléments d'information essentiels; ne dénaturer aucun texte, document, image et son, ni l'opinion d'autrui ; donner très précisément comme telles les nouvelles non confirmées; signaler les montages photographiques et sonores.

RS 784.40 Loi fédérale sur la radio et la télévision http://www.admin.ch/ch/f/rs/784_40/a4.html

Art. 4 Exigences minimales quant au contenu des programmes

1 Toute émission doit respecter les droits fondamentaux. Elle doit en particulier respecter la dignité humaine, ne pas être discriminatoire, ne pas contribuer à la haine raciale, ne pas porter atteinte à la moralité publique et ne pas faire l’apologie de la violence ni la banaliser. 2 Les émissions rédactionnelles ayant un contenu informatif doivent présenter les événements de manière fidèle et permettre au public de se faire sa propre opinion. Les vues personnelles et les commentaires doivent être identifiables comme tels. 3 Les émissions ne doivent pas nuire à la sûreté intérieure ou extérieure de la Confédération ou des cantons ni à leur ordre constitutionnel, ni violer les obligations contractées par la Suisse en vertu du droit international. 4 Les programmes des concessionnaires doivent refléter équitablement, dans l’en-semble de leurs émissions rédactionnelles, la diversité des événements et des opinions. Si une zone de desserte est couverte par un nombre suffisant de diffuseurs, l’autorité concédante peut exempter un ou plusieurs concessionnaires de l’obligation de diversité.

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2008/09/30/roger-deneys-l-impasse-du-destin.html#comments

Roger Deneys, l'impasse du destin

Sur le vif – Mardi 30.09.08 – 09.25h

Député au Grand Conseil, élu pour s’occuper du bien commun, le socialiste Roger Deneys passe le plus clair de son temps à expectorer, dans un style où l’approximatif le dispute au nauséabond, le plus noir de son fiel contre tout journaliste de ce pays donnant la parole à d’autres voix que celles de son seul camp. C’est son occupation principale. Son moteur. Cet élu, dont on attend vainement, au passage, l’amorce d’une idée pour faire avancer la vie de la Cité , s’en va vitupérant, toutes stridences sifflées, toute haine de l’autre joyeusement crachée, sur les chemins d’impasse de son destin. C’est son droit. Chacun occupe son existence comme il peut. Mais Roger Deneys, au fond, existe-t-il ? Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est la confirmation, chez certains socialistes genevois (Dieu merci, pas majoritaires) de l’incapacité à perdre une élection sans immédiatement en rendre responsable la presse, comme on tue le messager de la mauvaise nouvelle. Oui, il y a, dans ce parti cantonal, une petite clique de censeurs, détestant au fond la presse, la libre circulation des idées, rugissant dès qu’on donne la parole à leurs adversaires, ou qu’on exprime un point de vue contrariant leur dogme. Juste une clique, mais qui fait du bruit : naguère un conseiller national, aujourd’hui une magistrate de la Ville , ainsi qu’un maire, lorsqu’on omet de faire la révérence devant la Lumière de sa Préciosité. Autant dire, pas grand monde. (…) Pascal Décaillet, alias "Liberté"

30/09/2008

MCG : Décaillet fait semblant de ne pas voir l'arbre qui cache la forêt

A la lecture de la chronique de M. Décaillet de ce lundi 29 septembre 2008, je ne peux m'empêcher d'être atterré devant tant de mauvaise foi.

Ainsi, ce serait de "mauvais perdants (qui) tentaient d'expliquer leur échec par le "populisme" du MCG", des "donneurs de leçons" qui ne verraient pas que "le meilleur allié du MCG, c'est sans doute, par exemple, l'arrogant silence du ministre de tutelle des SIG chaque fois qu'on le sollicite sur le sujet".

Et M. Décaillet , en sombre crapaud prophétique qui se proclame "ni MCG ni partisan du populisme", d'évoquer le chœur des batraciens coassant "populisme" pendant que le MCG, "lentement mais sûrement, continuera de marquer des points"

Que M. Décaillet ne soit pas populiste, je dois dire que j'ai des doutes. Au-delà de son vernis de culture qui éblouit même parfois les innocentes petites reinettes, il avait, presque au hasard, parmi ses invités favoris au moins du temps de Forum (mais je ne pense pas que cela ait changé depuis) Uli Windisch, un sociologue de l'Université de Genève qui tient des théories discutables, et même parfois proches des théories simplistes de l'UDC.

D'autre part, et c'est là que je pense que M. Décaillet bave un peu vite sur les gentilles grenouilles, il feint d'oublier qu'il contribue presque à plein temps au succès du MCG et de ses sbires les plus en vue en les invitant régulièrement sur son plateau de télévision, en en parlant dans sa chronique dans la Tribune, quand ce n'est pas encore en plus sur son blog qui est repris en dernière page de la Tribune… Ben voyons ! Pas de raison de s'arrêter : c'est bon pour l'audimat et le tirage ! Et ce qui est bon pour l'audimat et le tirage est bon pour les affaires… et sans doute aussi celles de M. Décaillet (plus de lecteurs, plus de téléspectateurs, plus d'auditeurs maintenant que Radio Cité s'y met aussi, augmentent la valeur marchande de M. Décaillet ).

Et jusqu'à ce jour, tant la Tribune de Genève que Léman Bleu, où sévit M. Décaillet , accordent une couverture médiatique totalement disproportionnée aux individus en question, alors même que la plupart de leurs affirmations (du genre de celles qu'on peut entendre au sujet du voyage du Grand Conseil qui serait payé par les contribuables ou d'un prétendu "vol de 100 millions aux genevois" par les SIG) sont d'une part fausses, mais surtout formulées en des termes qui ne laissent pas de place aux explications sérieuses. L'énormité des affirmations, le dénigrement sous-jacent et permanent des institutions et des personnes qui en seraient les auteurs, rendent le débat normal et sain sur le fonctionnement de nos institutions, totalement impossible !

En effet, les personnes sérieuses sont totalement incapables de répondre à ces affirmations que vous propagez avec délectation car, justement, des personnes sérieuses n'utilisent pas la même rhétorique… Et cela ne vous intéresse guère, M. Décaillet , ça ne fait pas vendre !

Si on prend la question des "100 millions volés aux genevois par SIG", comment est-il possible dans notre République, d'imaginer que cela puisse correspondre à la réalité ? La formulation est évidemment plus alléchante pour vendre le sujet mais c'est tellement faux qu'on ne devrait simplement pas avoir le droit de l'utiliser, sauf à vouloir jouer au pompier pyromane. En réalité, la question qui se pose est celle du prix de l'énergie payée par les genevois-e-s au regard des enjeux stratégiques de l'entreprise (qui est quand même revenue de loin et qui a encore pas mal de chemin à parcourir), de sa politique énergétique (verte, etc.), de l'appétit des actionnaires publics (et qui va d'ailleurs en s'accentuant, compte tenu de la politique de Droite qui consiste à baisser les impôts avant de rembourser les dettes et de payer les prestations nécessaires) et aussi de la nécessité sociétale de baisser des prix de biens précieux alors que le gaspillage est énorme ! Alors, quand on lit "100 millions volés", on est déjà mal barrés pour causer sérieusement ! Reformuler, recadrer, ne pas se laisser emporter dans une dérive professionnelle au relent commercial… C'est ce que j'attendrais de journalistes sérieux.

C'est d'ailleurs parce que M. Décaillet met le mot populisme entre guillemets quand il parle du MCG que je tique… Le MCG ne serait-il donc pas "populiste" comme le coassent les batraciens ? J'ai un doute… Alors, pour être plus au clair, je fais quand même quelques rapides recherches sur Internet. Il y a, parmi bien d'autres contributions, la définition de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique)

et une chronique du Nouvel Obs http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p19940602/articles/a34851-populisme_nationalisme_fascisme.html

dans laquelle je lis notamment ceci "A l'époque moderne, la télévision est l'instrument par excellence du populisme, d'où son utilisation par des démagogues de toutes origines et de toutes orientations comme Le Pen, Tapie, Berlusconi ou Jirinovski. Les démagogues partagent avec les narodniks le mépris des corps intermédiaires et des institutions représentatives. Toutefois, les premiers font appel à l'âme du peuple; les seconds, à son corps, et même à son ventre."

Cela ne vous rappelle personne ?

En plus, M. Décaillet se profile sur le même terrain lorsqu'il dénigre les citoyens responsables qui n'ont pas accepté le résultat d'une élection pour laquelle des doutes sérieux quant à la transparence du scrutin subsistaient… et que le Tribunal Fédéral, plus haute instance juridique du pays, a cru bon de confirmer la décision d'invalidation ? Truquer une élection ne serait donc pour M. Décaillet pas un "cas extrême" ? J'en suis soufflé ! Et quant aux résultats de hier, certes, j'en prends acte. Mais je n'oublie pas non plus que le sort juridique du candidat policier finalement élu a été scellé par un Procureur général qui était candidat à sa propre réélection.

Ce qui est par contre sûr, mais M. Décaillet veut l'ignorer, il n'aime pas les petites grenouilles roses et rouges, c'est que contrairement à ce qu'il prétend, la gauche et les socialistes se préoccupent toujours autant de la forêt cachée par quelques gros arbres qu'il feint de ne pas voir : les personnes défavorisées, la vie dans les quartiers "difficiles", les problèmes liés à l'intégration, aux migrations faites dans la douleur et dans la précipitation. L'insécurité et les incivilités aussi. Les personnes âgées, les enfants. Mais pour nous, les réponses ne sont pas possibles en niant la réalité des problèmes, donc elles sont complexes car la réalité EST complexe. Et difficilement intéressantes quand on cherche de l'Audimat entre un match de foot, un feuilleton "décomplexé", un jeu pour lobotomisés et une émission de téléréalité…

Alors, si cette forêt d'électeurs et électrices qui votent actuellement MCG ne sont pas tous populistes et qu'ils vivent dans des conditions pas faciles sans que les pouvoirs publics ne leur donnent de réponses satisfaisantes à leurs yeux, ils n'en sont pas moins effectivement menés par de vrais populistes dont M. Décaillet fait le lit au quotidien, même s'il feint de ne pas le voir.

03:41 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : décaillet, mcg, tribune de genève, léman bleu, sig, populisme | |  Facebook

19/09/2008

Sur le chemin de l'école, en passant par l'écart-type et les vacances...

Sur le chemin de l'école, on a le temps de penser à ceci ou à cela… J'ai un peu de temps pour vous en faire part…

 

Avec un peu de retard, je lis l'article de la TdG du 22-23 août au sujet de la rentrée scolaire 2008. Puis les articles du 9 septembre concernant d'une part les mauvaises estimations dans l'enseignement spécialisé et d'autre part le mail incendiaire d'André Duval, le président d'ARLE, à certains directeurs d'école fraîchement entrés en fonction.

 

Je dois dire que j'ai une certaine admiration pour le travail de "mon" Conseiller d'Etat Charles Beer car, le moins que l'on puisse dire, est que la gestion politique de l'école genevoise, des classes enfantines à l'Université, n'est pas de la tarte ! Et que les réponses à trouver sont loin d'être évidentes compte tenu des forces contradictoires en action.

 

Ainsi, dans l'article du 22-23 août, Jérôme Faas évoque un "débat scolaire, dont la population s'est emparée depuis quelques années". En réalité, nous avons plutôt assisté à une prise d'otage des problématiques scolaires, par ARLE d'un côté, par le Parti radical de l'autre.

 

Prise d'otage car les propositions avancées sur fond d'électoralisme avéré du côté des radicaux et de frustration mal assumée du côté d'ARLE, ont surtout brillé par leur ineptie.

 

Certes, le "malaise scolaire" peut sembler être une réalité, notamment en raison de la difficulté de partager entre des acteurs aussi différents que les enseignants (des professionnels, avec leur savoirs, leurs compétences…. et leur langage propre, "technocratique") et les parents.

 

Je me souviens encore de cette première séance en tant que parent à l'école du musée d'ethno à Carl-Vogt, il y a 2 ans. Mon fils Yann venait de commencer sa première enfantine. Voilà qu'on annonce aux parents "Nous allons nous présenter !". Bonne idée. La première personne s'annonce : "Bonjour ! Je m'appelle … et je suis GNT… Dans cette école,…". GNT ? GNT ? Aucune explication de l'abréviation. Il m'a fallu près de 2 ans pour retenir le sens de cette abréviation (Généraliste Non Titulaire, un enseignant qui travaille dans plusieurs classes en fonction des besoins) et savoir ce que ça voulait dire…. Sans être prof, sans avoir fréquenté l'enseignement obligatoire genevois, mais en ayant eu des parents enseignants au Cycle à La Chaux-de -Fonds (à l'école secondaire en fait) et en ayant quelques expériences dans l'enseignement de l'informatique aux adultes, j'en suis tout simplement sidéré : la vulgarisation est pourtant indispensable ! Comment peut-on expliquer l'école à des parents, des nouveaux parents, sans être capable de vulgariser ?

 

On peut penser que le rôle des enseignants est d'enseigner un savoir aux enfants et qu'ils n'ont pas eu la possibilité de se former en formation d'adultes… MAIS en ayant écouté cette toute première intervention, j'en suis encore sous le choc : comment peut-on vouloir nouer un contact avec d'autres adultes si la première phrase prononcée est une barrière infranchissable ? Environ 50% des adultes présents sont là pour leur premier enfant et n'ont donc jamais assisté préalablement à ce genre de séance… Et encore seulement le 50% de ces 50% sont francophones… donc la grande majorité des parents ne comprend pas de quoi on parle ! De mon côté, c'est seulement grâce à des rencontres régulières avec une amie, Jennifer, enseignante à l'école primaire que je sais enfin que ce n'est pas "PDC", "MCG", "GPT" ou "DDT"… mais "GNT" ! Et savoir que cela veut dire "Généraliste Non Titulaire".

 

Un certain malaise donc, mais en même temps une association, ARLE, qui prétend résoudre le malaise en question et surtout la principale hantise des parents, l'échec scolaire, d'un coup de baguette magique : une initiative qui demande des notes !

 

A l'époque, j'ai rencontré des parents d'élèves qui m'ont encouragé à signer l'initiative en question car ils étaient fâchés, déçus et inquiets : l'école publique ne répondait pas à leurs attentes, à leurs questionnements… Il fallait que ça change ! En même temps, ils étaient bien incapables de m'expliquer en quoi le fait de mettre des notes à l'école allait répondre à leurs questions et résoudre leurs problèmes de parents d'élèves… Mais ils avaient signé.

 

Aujourd'hui, alors que les notes d'ARLE ont largement été acceptées par le peuple, rien n'a changé d'un coup de baguette magique ! Sans moyens supplémentaires, sans véritables réformes - sans engagement des parents aussi - rien ne changera…

 

Les réformes engagées par Charles Beer, notamment en nommant des directrices et directeurs d'école à l'école primaire vont véritablement dans la bonne direction, mais je me demande malgré tout si, aujourd'hui, elles sont suffisantes : l'institution scolaire, la hiérarchie en réalité, a creusé un profond fossé entre elle et les parents (et sans doute aussi les enseignants) et elle a tendance à persister dans ses travers (je pense encore à un courrier adressé à tous les parents l'année dernière, incompréhensible, pas français même selon ma maman). Et les moyens sont encore certainement insuffisants, ce qui pose une fois de plus la question de la volonté politique du Grand Conseil, où les partis politiques de droite jouent aux pompiers pyromanes, en dénonçant des problèmes - réels ou supposés-  mais en refusant d'accorder des crédits réellement suffisants au Département de l'Instruction Publique... Se pose également la question dans l'autre sens, le pouvoir politique, le Conseil d'Etat, a-t-il déjà pu appréhender la réalité du terrain autrement qu'à travers une hiérarchie, compétente sans doute mais surtout technocratique ? Comme parent-député qui ne siège pas à la commission de l'enseignement, j'ai pour le moment encore un doute.

 

D'ailleurs, l'article de la TdG du 22-23 août contribue à entretenir mes doutes, sans que je puisse savoir s'il s'agit d'une lacune de l'article ou de l'information transmise par le DIP. Il y est indiqué que "la moyenne d'élèves par classe est passée de 18.92 en 1992 à 20.21 aujourd'hui". Une modeste augmentation.

 

Bizarrement, jeudi 28 août, au Grand Conseil, je discute 2 minutes avec un député libéral dont la fille est institutrice à l'école primaire (c'était la maîtresse adorée de mon fils Yann d'ailleurs…). Il me dit "en tout cas, avec 24 élèves, ma fille dit que ce n'est pas évident". Tiens ! Le vendredi 29, en amenant mon fils à l'école, je lui pose la question. Ils sont aussi 24. Bon… la moyenne est à 20.21… réfléchissons… C'est une moyenne sur le canton, donc il peut y avoir des disparités d'un établissement à l'autre. Des disparités manifestement importantes… Donc cette moyenne ne veut à peu près rien dire. Comme toutes les moyennes d'ailleurs. Mon ancien brillant collègue député Jacques François avait d'ailleurs l'habitude de dire : "les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, on est à la température moyenne". En statistiques, il existe pourtant une notion complémentaire, automatiquement calculable avec n'importe quelle moyenne, qui s'appelle "l'écart-type" : c'est la moyenne des écarts à la moyenne… c'est-à-dire qu'on mesure "de combien" on s'éloigne en moyenne de la moyenne.

 

Ainsi, prenons un exemple - fictif - de 2 entreprises qui comptent chacune 2 collaborateurs (j'aurais pu prendre un exemple de moyenne des notes à l'école…) A et B.

 

Dans l'entreprise A, le directeur gagne 9000 et la secrétaire 1000. La moyenne est de 5000.

 

Dans l'entreprise B, le directeur gagne 5000 et la secrétaire 5000. La moyenne est de 5000.

 

Etrange, non ?

 

L'écart-type permet de mesurer comment on s'éloigne en moyenne de la moyenne.

 

Dans l'entreprise A, on s'éloigne de la moyenne de 4000 vers le bas pour la secrétaire et de 4000 vers le haut pour le directeur. La moyenne des écarts à la moyenne est de 4000.

 

Dans l'entreprise B, on s'éloigne de la moyenne de 0 pour la secrétaire et le directeur. La moyenne des écarts à la moyenne est de 0.

 

Un écart-type important par rapport à la valeur de la moyenne indique que la moyenne est obtenue avec des valeurs qui divergent fortement (exemple A), alors qu'un écart-type petit signifie que les valeurs sont toutes proches de la valeur de la moyenne (exemple B). POURQUOI n'est-il pas possible dans une feuille de chou, dans une publication, dans un communiqué de presse, d'indiquer aussi la valeur de l'écart-type !?

 

Ainsi, une moyenne de 20.21, alors que certaines classes (j'en connais au moins 2) comptent 24 élèves, signifie certainement que l'écart-type (les écarts par rapport à cette moyenne) est assez élevé….mais identique ou plus grand qu'en 1990 avec 18.92 élèves par classe ? Y a-t-il plus ou moins de disparités qu'à l'époque ? Sont-elles géographiquement situées dans les mêmes écoles, les mêmes quartiers, les mêmes communes ? Mystère !

 

D'ailleurs, avec ces 2 classes à 24, pour avoir une moyenne proche de 20.21 il faut 3 classes à 18 élèves et une à 19… il faudra que je vérifie…

 

L'école genevoise, plus encore comme parent qui n'a pas suivi son cursus scolaire à Genève, c'est aussi la problématique des horaires… et des vacances. On peut d'ailleurs se réjouir de l'harmonisation prévue dans le cadre d'HarmoS (http://www.cdip.ch/dyn/11737.php), même si elle reste pour moi insuffisante car en matière d'enseignement obligatoire, à l'ère de la précarité professionnelle et de la mobilité effrénée, le fédéralisme n'est plus de mise : il faut un système d'enseignement qui fixe des normes au niveau fédéral. En même temps, les vacances scolaires genevoises sont extrêmement problématiques. Trop longues en été (très difficile pour des parents qui n'ont que 4 ou 5 semaines de vacances par année de "gérer" pratiquement et financièrement 8 semaines de vacances, même avec des grands-parents, même avec des camps de vacances. D'autant plus que la FASe impose des contraintes toujours plus grandes aux maisons de quartier et centres de loisirs, ce qui conduit à un démantèlement progressif d'une partie des activités de centres aérés, p.ex. 6 semaines au lieu de 8, limitation du nombre d'inscriptions liée à la contrainte – financière - de n'engager qu'un seul animateur, tarification progressive liée aux revenus des parents qui ne s'intègre à aucun autre dispositif de calcul des revenus disponibles : effets de seuil garantis !

 

Trop longue en été et en contrepartie trop courte à Pâques et surtout trop courte en automne : les genevois sont ainsi obligés d'aller s'entasser dans les lieux de villégiature traditionnels suisses ou européens…alors qu'ils sont bondés et surtout souvent hors de prix !

 

Je me demande aussi quand cela pourra changer mais compte tenu de la surenchère permanente des groupements tels que ARLE, pas certain qu'un Conseiller d'Etat – aussi brillant soit-il – ait le temps de s'en occuper enfin...

22:40 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : école, grand conseil, vacances, harmos | |  Facebook

Victoire écolo-libérale dans les coulisses du Grand Conseil (Roger Chancelier ?)

Comme vous le savez sans doute, les débats des parlements, le Grand Conseil ne faisant pas exception, sont un savant mélange de sérieux et de moins sérieux, notamment parce que pendant que certains députés qui ont – généralement - suivi les travaux de commission défendent avec plus ou moins de brio leur cause, les autres rongent leur frein (c'est fou ce qu'on aime parler en politique, mais c'est une qualité), attendent les votes et les objets qui les concernent plus directement… Patience, patience… Ainsi, les salles attenantes, la buvette, les ordinateurs portables, les journaux permettent de meubler cette attente… Comme les commentaires, les gags (Ha ! Hier, ce Petit Robert mis en légende de mon collègue Gillet pour Léman Bleu !), les réflexions, les débats d'idées, les commentaires foisonnent…

Pendant le brillant (il faut reconnaître ses qualités indéniables, même s'il gagnerait pourtant à être parfois moins auto-caricatural du creux discours néolibéral) Jornot Show de hier soir, un député libéral me disait "ça fait longtemps que je ne me suis pas autant emm… au Grand Conseil"… Et surtout, 2 autres députés, un libéral (qui aurait pu avoir les mêmes intentions capillaires) et un vert (sans doute jaloux), sont venus me poser des questions sur ma nouvelle coupe de cheveux car ils avaient sans doute percé mes intentions les plus profondes : ressembler le plus possible au Chancelier de la République, M. Hensler ! Oh, certes, la tactique était simple : lui ressembler le plus possible, pour, le jour de son départ, le remplacer ni vu ni connu ! Le vélo remplacera la Mercedes, le café bio + Max Havelaar les horribles et polluantes capsules Nespresso… La République aurait enfin pu entrer dans le XXIème siècle autrement que par de pseudo-révolutions technologiques (on évoquait d'ailleurs aussi l'utilité d'introduire le vote électronique dès 4 ans…) !

 

Mais non, c'est trop ! Je n'assume pas cette subite confusion ! Je vais donc de ce pas aller voir ma coiffeuse préférée, Fabienne, chez Hair Project aux Pâquis. Rendez-vous aujourd'hui à 13h30… Et ensuite, on ne va pas couper les cheveux en quatre au Grand Conseil dès 14h30 ! Non mais !

RogerFuturChancelier.jpg

11:16 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chancelier, grand conseil, cheveux, hair project, fabienne, olivier jornot, hensler | |  Facebook

03/09/2008

Gros con !

Dimanche 24 août, dernier jour avant la rentrée. Avec mes voisins de Mill'o, nous partons en "course d'école" voir le spectacle d'homme-canon (Bart en l'air) du vaillant Capitaine Bartolo (www.bartolo.ch). Des adultes, des enfants, le temps est radieux, la journée s'annonce merveilleuse… Au départ, nous nous entassons dans quelques voitures, ma fille Anja, 3ans le 3 août dernier, vient avec moi dans le bus de mes voisins.

 

En entrant, il me semble entendre la plus jeune fille de ces derniers murmurer "Gros con !". Son papa lui demande tout de suite "Pardon !? Qu'est-ce que tu as dit ?". Elle ne répond pas… L'incident semble clos. Et nous partons de Plan-les-Ouates…

Nous regardons le paysage, les voitures sur l'autoroute, les avions… Petit passage par Gland pour embarquer Christine notre voisine et on "monte" chez le Capitaine.

 

En arrivant à Burtigny, je détache ma fille de son siège, elle sort du bus et en me regardant me dit "Gros con !". Et elle rigole !

Là, je suis très très songeur ! Mon fiston Yann, qui a 6 ans et demi, n'a jamais dit des gros mots comme ça, en tout cas pas ceux-là, mais il n'était pas dans un environnement aussi "stimulant" que celui de notre immeuble avec des enfants d'âges aussi variés. A la crèche, les enfants sont dans des groupes d'âge assez proche, donc les expressions, les gros mots, les provocations se ressemblent et restent – souvent - confinés à un vocabulaire de leur âge, pas à celui des plus grands… Donc celles et ceux qui n'ont pas de grands frères ou de grandes sœurs restent plus longtemps "civilisés" ! Mais là ! C'est l'incroyable capacité des enfants à "pomper" tout ce qui passe à portée, surtout si les adultes ont l'air de répondre, de réagir…

 

En général, je me méfie assez de la première réaction qui consisterait à sévir tout de suite car je veux être sûr qu'en ne réagissant pas trop, on ne va pas encourager le comportement… J'attends… Mais, manque de chance, tester sur moi, c'est une chose, tester sur les autres en est une autre : ce n'est pas possible de laisser cette – adorable - petite peste balancer à tout être humain qu'elle n'a pas envie de voir à un moment donné, des visiteurs, des invités : "Gros con !". Donc nous réagissons, la menaçons de sanctions, la punissons et elle rigole !

 

J'ai l'impression qu'il va falloir trouver un truc ou que cela va passer… à une autre expression… Est-ce que je pourrais dévier les injures vers celles utilisées par le capitaine Haddock ? Au moins ça forme le vocabulaire… Mystère !

 

Ha oui, et ma fille le dit aussi au féminin… Elle fixe férocement du regard une petite fille ou une adulte et lui dit "Grosse corne !"

 

Avec le r !

18:08 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : vocabulaire, éducation, limites, bartolo, haddock, injures, yann | |  Facebook

27/08/2008

RSR La Première, Forum du 26 août 2008 : une caricature ou une réalité quotidienne ?

Une fois n'est pas coutume, j'écoute Forum ce soir au boulot, 18h-19h, pendant que je trime sur de la paperasse… ça faisait longtemps… Plus Décaillet, c'est toujours ça mais c'est l'occasion de tester mon "ouverture"… Donc je fais la liste des invités de Forum, c'est l'occasion :

 

Robert Cramer : Conseil d'Etat, Verts

 

Isabelle Chassot : Conseil d'Etat, PDC

 

Ueli Leueneberger : Conseil National, Verts

Charles Poncet : Rien, Libéral (mais qui provoque sans doute quelques émois du côté des rombières de Champel et Cologny… la RSR doit penser que le taux d'écoute va exploser !)

 

Olivier Jornot : Député, Libéral (Et qui s'y connaît en transports comme moi en golf… les émois restent en rade…)

Emilie Flamand : Députée, Verts

 

Anne Seydoux : Conseil des Etats, PDC

 

Et voilà ! La bonne recette du Forum du jour, une "gauche" centriste (Il n'y a que Poncet pour dire le contraire mais il est tellement caricatural qu'à part à Champel et à Cologny, il fait pleurer tout le monde !) incarnée par de dociles verts, certes écolos mais surtout souvent ouverts à toute sorte de démantèlements sociaux, économiques (le principe du pollueur-payeur en est l'incarnation) et fiscaux (cadeaux aux riches par des exonérations diverses), une droite incarnée par des Libéraux, mais qui représentent en réalité une fraction très marginale de l'électorat de droite en Suisse et LE "centre" incarné par des PDC… Bonjour la diversité ! Bon, une fois n'est pas coutume (Freysinger est à l'Hôpital et Perrin doit être en vacances), pas d'UDC…

 

Evidemment que concernant des problématiques d'ordre décisionnel, c'est normal que les Conseillers d'Etat en charge des dossiers s'y collent… Mais il me semble qu'il serait alors de bon ton d'ouvrir la représentation des partis lors des débats… Je crois qu'il va falloir poursuivre l'enquête pour vérifier si ce Forum n'est qu'une caricature ou une réalité presque quotidienne…Tenez-moi au courant !

 

PS : Vous avez lu la Tribune de ce mercredi ? Grosse rigolade (merci MM. Bernet et Haeberli !) à la lecture de l'article de la page 21, "Des députés rêvent d'un campus à La Praille" et qui tartine sur les "propositions" (par expérience, j'ai toujours certains doutes quant à la provenance exacte des "idées" des acratopèges PDC) de Mettan et Barrazzone : à la fin de l'article à la gloire de ces 2 brillants députés visionnaires, voilà la conclusion de Mettan (en pleine forme manifestement) : "Ce projet doit être collectif, sinon il n'a aucune chance d'aboutir". Vu l'article et la méthode, c'est comme si c'était fait… je suis sûr que ses "amis" radicaux et libéraux sont – une fois de plus – ravis… La rentrée au Grand Conseil demain s'annonce bien ! Super !

 

10:46 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : rsr, la première, forum, pdc, verts, libéral | |  Facebook

20/08/2008

Radio romande La Première : c'est toujours pire, avec Jacques-Simon Eggly c'est trop ! Bientôt j'arrête !

On sait que la Radio romande La Première est très fière de son taux d'écoute en hausse depuis quelques années (avec un tassement me semble-t-il lors du dernier sondage publié mais j'ai un doute)… Même si c'est en recourant aux méthodes les plus discutables de la profession journalistique : racolage populiste notamment en direction de l'électorat xénophobe et proche de l'UDC, absence d'esprit critique à l'égard des dominants politiques ou économiques, pensée unique notamment lors des émissions "d'information" du matin et du soir… Bref, on y retrouve toujours les mêmes invités, toujours les mêmes UDC et libéraux… C'est vraiment pénible ! Ce mercredi matin, c'est la totale ! La radio tourne vers 7h30, qui est-ce que j'entends ? Jacques-Simon Eggly ! Après le vieux grigou radical neuchâtelois Claude Frey qui doit dormir dans le studio à l'année, voilà qu'on nous ressort Jaques-Simon pour donner une "leçon de choses" à l'OTAN, à l'Europe et à la Russie ! Ben voyons ! C'est un expert ! Au-delà des élogieuses oraisons lors de son départ du Conseil national, je crois qu'il faut surtout se souvenir que Jaques-Simon a surtout connu une brillante carrière comme anticommuniste assez primaire et comme fidèle soutien du régime de l'Appartheid en Afrique du Sud avec lequel les banques suisses commerçaient sans trop de scrupules… Sans compter – en bon libéral soi-disant défenseur des libertés individuelles – sa brillante présence chez les "ficheurs" nationaux, au sein de la structure clandestine P26 !

 

C'est donc ce brillant expert du siècle passé qui vient expliquer aux auditeurs romands le pourquoi du comment des relations internationales actuelles entre la Georgie, la Russie et l'OTAN ? Je rêve ! Cauchemarde plutôt !

 

Et comme maintenant les invités, on se les farcit presque une heure durant, avec "l'invité sélectionné" (un copinage de plus…je me demande comment ça marche ce truc) en prime, je n'en peux plus ! Et je ne sais pas quoi faire : il faut que je change de radio, mais j'ai l'impression qu'il n'y a rien, plus rien : je ne veux pas de pubs, je veux des nouvelles locales, romandes, suisses et internationales, je ne veux pas des blablas idiots ni intellectuels, je veux des faits ! Et de l'ouverture ! C'est trop terrible la rentrée !

09:32 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : la première, rsr, libéral, eggly, p26 | |  Facebook

06/05/2008

Méchante Coop et gentil papa…

Lundi 5 mai. Pause de midi. Une petite salade s’impose ! Vite à la Coop ! Celle de la Jonction, « comme d’habitude ». Tiens ! Une nouvelle sorte de salade bio, mélangée… J’hésite… Etiquette rouge rabais spécial 25%... j’hésite encore plus… Sinon, c’est l’affreuse salade bio… Ou les « jeunes pousses » ou autre « mélange rouge » qui ne sont pas bios… choix « cornélien » (à l’échelle de l’événement…) entre le goût et la conviction que c’est indispensable de produire selon des méthodes bio, respectueuses de l’environnement et de la biodiversité (et en fait il faut bien entendu intégrer aussi le paramètre proximité de production)… Bon, c’est une nouvelle sorte, allons-y ! J’en profite pour acheter ce qui manque à la maison… Un litre de lait pour Yann, du pain… et un concombre bio, ça faisait longtemps et Yann et Anja aiment bien ! Il me semble que j’oublie encore quelque chose… Mais quoi ? Non, je ne vois pas… Tant pis…

Retour au bureau. J’ouvre le sachet de salade bio : quelle horreur ! ça pue un max ! On dirait de la salade pourrie pour parler comme ma fille ! Je n’y crois pas ! Comment est-ce possible de vendre un truc pareil ? Immangeable ! Bon… est-ce que je retourne à la Coop ? En plus je n’ai pas pris le ticket… Tant pis ! Salade au compost ! Direct ! Halala !

Vers 17h, je vais chercher ma fille Anja à la crèche. Sur le boulevard Carl-Vogt, du haut de ses 2 ans et 9 mois, elle me pose LA question : « Papa, t’as acheté des bananes ? ». Aïe ! Non ! J’ai oublié les bananes ! « Non, j’ai oublié ! Mais qu’il est bête ce papa ! On peut s’arrêter à la Coop des Palettes pour en acheter si tu veux… ».

Coop des Palettes, 17h45. « Alors on y va mais c’est seulement pour les bananes, pas de chocolat et pas de biscuit, d’accord ? ». Direction les bananes. « Non Anja, celles-là elles sont meilleures, c’est les bios, regarde il y a un bourgeon ! Non, pas ce paquet, il y en a trop… Oui, celui-là, il y en a 4, c’est bien ». Les caisses sont toutes avec une bonne petite file d’attente… Tout ça pour 4 bananes… Et ma fille qui n’a plus de lange… Espérons que tout se passe bien…

On est à la caisse. Devant moi un petit gars, dizaine d’année. Il achète 2 choses. Il y a des bonbons. « Je ne sais pas si j’ai assez d’argent ». « Ha mais, tu dois savoir avant de venir !... Tu veux des bons ? Non, ce n’est pas possible ! Non, même pas un ! ».

C’est mon tour. Je paye les bananes. Je prends mon sac et je les mets dedans. « Ha monsieur ! Vous avez fait d’autres achats ? », « Non madame ! J’ai seulement acheté des bananes ». « Je peux voir votre sac ? » « Oui, bien entendu… Oui, il y a des produits qui viennent de la Coop de la Jonction », « Comment ? Mais vous avez le ticket ? » « Non madame, je n’ai pas le ticket, je suis venu acheter seulement des bananes ». « Mais ça ne va Monsieur, vous n’avez pas de preuve d’achat… » « Ecoutez Madame, je vais à la Coop tous les jours, je suis connu dans la République, si vous croyez que je vais voler des trucs comme ça, ce n’est pas sérieux… Et si vous voulez appeler la police, allez-y ! ». « Mais Monsieur, ça ne va pas, il vous faut garder votre ticket, comment pouvez-vous prouver vos achats ». « Je vous dis que j’ai fait mes courses à midi à la Jonction ! ». « Et il vous faut laisser votre sac à l’entrée ». « Mais non, je ne peux pas faire ça, je n’ai pas que mes courses, j’ai des affaires professionnelles aussi, je ne peux pas les laisser ». « Mais oui, laissez votre sac à l’entrée ! ». Je n’insiste plus. Je n’en peux plus ! Pourquoi suis-je tombé sur des Coop qui m’empoisonnent au propre et au figuré ce lundi ? Sur un produit avarié et sur une vendeuse qui doit postuler pour le titre de miss dragon des Palettes !? Non seulement je me fais arnaquer et en plus voilà qu’on me soupçonne d’être un voleur ! Tout ça parce que j’ai oublié ces bananes ! Sinon, évidemment que je les aurais acheté tout de suite ou que j’aurais gardé mon ticket, au moins pour me faire rembourser !

Et il est presque 18h30 quand j’arrive enfin à la maison… le timing de la soirée est évidemment dans les choux, le repas en retard, le dodo aussi… Pauvre papa du lundi…

17:00 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (61) | Tags : coop, bio, banane, jonction, palettes, ticket de caisse, voleur | |  Facebook

26/03/2008

Verbier : toute la vérité !

Ah quel bonheur que de lire tous ces commentaires suite à mon petit séjour valaisan ! Je crois au moins avoir eu l'occasion d'ajouter un jour de rigolade à mes petites vacances ! Merci !

Bon, pour celles et ceux qui veulent régler des comptes (heureusement d'ailleurs que nous ne sommes plus au XVIIIème siècle, j'aurais fini sur le bûcher avec ces nouveaux inquisiteurs...) :

OUI, je suis allé à Verbier à pied jusqu'aux Palettes, en tram 15 jusqu'à Cornavin, en train jusqu'au Châble et en car postal ! Idem pour le retour, avec variante bus D et ses sardines (remarquez, c'était presque moins pire que le bus à touristes skieurs excités lundi à Verbier... tout est relatif...) ! Donc, c'est totalement inutile d'avoir un 4x4 pour y aller, je vous le confirme !

NON, je ne suis pas monté à vélo... Vous voulez ma mort ? D'abord j'avais même pris mes skis et ensuite avec les 15 kilos de trop que je me trimballe, ça aurait été mortel, surtout que je monte sans seringue (la montée à vélo à Champel ou à Saint-Jean, ça me convient mieux, la Treille c'est pas mal car assez court.... Mais Verbier, non vraiment, soyez gentils !)

POURQUOI y suis-je allé ? Et de quel droit en fait ? Pourquoi autorisons-nous les socialistes suisses à oser se ballader à travers leur pays ? Remarquez, avec Blocher et conssorts, le passeport intérieur n'était pas si loin que ça... Mais pendant que nous sommes encore libres, voilà la réponse : j'y suis allé parce que j'avais gagné un concours organisé par un fournisseur informatique, 2 jours pour 2 personnes en demi-pension, dans un hôtel situé au dessus d'une boîte de nuit qui empoisonne ses clients (le Gogos Club ou qqch du genre), abonnement de ski inclus ! C'est sympa quand même, non ? Merci à mon fournisseur préféré ! Environ 420.- la nuit, c'était une suite. A mon avis, c'est trop cher mais si des clients sont prêts à payer ce prix, pourquoi pas en fait...

POURQUOI n'ai-je pas renoncé ? ça aussi, c'est un vilain défaut : même quand je n'aime pas trop l'idée, je suis curieux : j'aime CONNAITRE ! (Il y a 2 ans, par curiosité j'ai même embarqué mon fils Yann au Salon de l'Auto... Bon, c'était tellement ennuyeux... Il ne méritait pas ça !) Donc, plutôt que d'être ronchon, de grogner après une lecture brouillée par la rage, essayez de réfléchir, de trouver un autre point de vue, de comprendre le sens des valeurs différentes : je critique Verbier, ses bagnoles qui puent, ses beaufs qui se garent sur tous les trottoirs, incapables de marcher 3m pour faire quoi que ce soit, j'y rencontre un Libéral genevois pro-bagnoles, ben voilà, c'est la vie... ça arrive... Mais est-ce pour autant un système de valeurs à encourager ? Pourquoi ne pourrait-on pas trouver une station friquée où on y vient en train, où ça ne pue pas le gaz d'échappement ? Où les piétons sont respectés ? Où le développement économique est plus DURABLE ? On y croiserait même des libéraux pro-bagnoles, si, si, ils survivraient ! D'ailleurs... il me semble.... est-ce que par hasard de telles stations n'existent pas déjà en Suisse ? Qui ne sont ni moins ni plus chères que Verbier ? Oui, vous savez... une station avec une montagne très connue pas très loin... ça commence par Z je crois... et il y en a aussi une autre, où il n'y avait déjà pas de bagnoles il y a sûrement 30 ans quand j'y suis allé une fois en vacances de neige (merci maman !), juste à côté, Saas, Saas qqch....

L'AVANTAGE de ces contributions Verbier, c'est que les habituels ronchons réacs blogueurs genevois auront pu retrouver des nouveaux amis valaisans ! On dit merci qui ?

LE REGRET, en passant, c'est justement un des habituels ronchons qui défoule son mal-être dans des commentaires ennuyeux et courroucés : quand on connaît une autre réalité, un autre monde, c'est bien plus utile de la faire connaître aux autres, avec un esprit vif, critique et positif que de ronchonner sur un passé qui ne reviendra pas... Prenons par exemple le cas de la Roumanie, j'y pense car j'ai croisé un pianiste d'hôtel qui venait de là à Engelberg, il avait fui le pays avant la chute de Ceaucescu... et se plaignait de moins bien gagner sa vie en Suisse qu'en Allemagne. Donc la Roumanie, ce qui est intéressant, c'est de comprendre pourquoi et comment la dictature a pris fin, et surtout de savoir comment on y vit aujourd'hui ? Quel avenir donnons-nous à sa jeunesse ? Avec quelles perspectives ? Le reste, c'est seulement bon à alimenter des sites extrêmistes, qu'ils soient d'ailleurs tout à gauche ou tout à droite...

 

 

 

 

 

 

22:26 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : verbier, valais, beaufs, bagnole, voiture, ski, montagne | |  Facebook

25/03/2008

Verbier: mais relativisons un peu...
Bon

, ça pue le gaz d'échappement comme au Rond-Point de la Jonction, on a l'impression permanente d'être au paradis des crétins automobiles (les nouveaux crétins des alpes, quoi !) mais tout n'est pas à jeter : la montagne reste magnifique, les valaisans sympathiques, le service étonnament gentil, La Chaumière un must incontournable pour les gourmands, les vins valaisans exceptionnels (ah, ce Païen qu'on vient de terminer dans le train avec un peu de viande séchée, de la vieille tomme, un reste d'époisse et des oignons au vinaigre, tout en contemplant le Léman magnifique du côté de Chillon ! Quel bonheur !)

18:08 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

24/03/2008

Verbier, c'est toujours aussi abominable

!
Toujours autant de bagnoles, 5 minutes que j'y suis et je vois la première bagnole à plaque genevoise garée n'importe où sur un trottoir, 10 minutes pour croiser un libéral genevois pro-bagnoles... Remarquez, ici il est bien plus chez lui que moi...

09:07 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

22/03/2008

Stationnement deux-roues : la solution v

ient de Bâle!
Que ce soit pour les motos, les scooters ou les vélos, Genève manque cruellement de places de stationnement deux-roues. Et Provelo n'a encore jamais pu obtenir la réalisation de places de stationnement comme ici sur la photo faite à Bâle dans le quartier de St-Alban, à deux pas du Kunstmuseum : les places vélos sont logiquement séparées des places motos-scooters et elles disposent d'épingles serrées pour ne pas gaspiller l'espace et empêcher l'occupation de l'espace par les deux-roues motorisés... Le plus bel exemple des ratages genevois se trouve presque sous les fenêtres du Conseil d'Etat, en haut de la Treille... Pratique pour les scooters, mais c'est une mauvaise farce pour les cyclistes genevois!

23:42 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

14/03/2008

Stauffer et la gauche caviar (1)
Lors du

Grand Conseil de fin février, Stauffer, autoproclamé défenseur des plus faibles, a invectivé les Député-e-s socialistes qui n'étaient une fois de plus pas d'accord avec ses propositions simplistes et démagos, nous traitant de gauche caviar... Ce qui reste à prouver... Mais ce qui est sûr, c'est que l'ancien député-chômeur Stauffer est depuis peu directeur dans une régie et roule dans une Mercedes de frimeur... Qu'il gare à l'occasion illégalement devant le Grand-Conseil avec une carte Député sur le pare-brise... Alors qu'il bénéficie d'un abonnement annuel au Parking Saint-Antoine payé par la République...

15:46 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Facebook

11/03/2008

Bus D : toujours autant de sardines, toujours autant de retard...

C'est n'importe quoi ! Et le Conseil d'Etat en porte la responsabilité par son inaction. Mardi 11 mars. Le bus de 8h26 arrive à 8h44 à PLO. Ce n'est pas un bus articulé. Ils n'ont sans doute jamais entendu parler d'heures de pointe. Et pas de site propre sur la Route de Saint-Julien, nous sommes pris dans le bouchon des égoïstes seuls dans leur bagnole Aujourd'hui, les transports collectifs représentent seulement 1% des déplacements sur l'axe de Saint-Julien, le pire taux du canton. Et avec ce je m'enfoutisme, ça ne risque pas de s'améliorer! D'ailleurs certains passagers excédés parlent de reprendre leur bagnole !

Le Conseil d'Etat porte une part importante de responsabilité, d'une part parce que certaines améliorations pourtant annoncées dans la réponse à mon Interpellation Urgente Ecrite (IUE) de mars 2007 ne sont toujours pas réalisées (sites propres et prolongation de la ligne 23 notamment) et d'autre part parce qu'aucun effort n'a été fait pour communiquer les délais des autres améliorations annoncées. En plus les horaires du bus D, indépendamment des retards, ne sont pas conformes aux indicateurs contenus dans le contrat de prestation Unireso car il n'y a tout simplement AUCUNE coordination avec les heures d'arrivée des principales correspondances CFF. On lira d'ailleurs avec intérêt l'interview publié dans la Tribune de hier lundi 10 mars au sujet du péage urbain.

Texte de mon interpellation et réponse du Conseil d'Etat à l'adresse :
http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IUE00405A.pdf

10:11 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

AG PROVELO GENEVE

Des cyclistes militants qui agissent bénévolement pour améliorer les conditions de déplacements des cyclistes à Genève. La voiture n'est pas une fatalité! Réveillez-vous!

00:32 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook

09/03/2008

Engelberg:pas vu d'ange mais c'est assez

paradisiaque d'être dans un yeti-park avec les enfants qui font de la luge et du bob...

13:10 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

06/03/2008

Salon de l'auto (1) : la connerie et le mensonge automobiles sont partout

Comme si la voiture signifiait liberté! Comme si un leasing n'était pas un racket dont on est prisonnier !

10:30 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

20/02/2008

La Cenerentola (et le Procureur)

Mardi soir 19 février au Grand-Théâtre, La Cenerentola de Rossini. Un opéra tellement sublime, tellement pétillant qu'on en salive avec appréhension à l'avance : on attend le génie ou au moins le service rendu humblement au Maître, mais on craint tellement le massacre… Car chaque aria et chaque scène suscitent des attentes énormes, on veut vibrer ! La musique, les arias, les duos, le quatuor et le sextuor sont des moments tellement prenants, tellement jubilatoires que c'est une fête avec champagne à tous les étages ! Et même si j'adore aussi Mozart, Verdi, Wagner ou Richard Strauss, cet opéra de Rossini reste pour moi une sorte de quintessence ambrosiaque de l'art lyrique. Il y a ce jeu avec les voix, le côté farce qui n'en est d'ailleurs pas une, l'ironie, les quiproquos… On peut penser que Rossini cède parfois à la facilité musicale, que le livret n'est pas assez serré, lourd même de temps à autre (avez-vous vraiment bien compris que le prince s'est déguisé en valet ? et que le valet joue le rôle du prince ? oui ? vous êtes sûr ?), mais il se dégage de cet opéra une jubilation céleste dont je respire chaque seconde pour l'éternité ! Après, plus rien n'a d'importance.

 

 

Et en fait la représentation de ce mardi soir est vraiment bonne, on peut atteindre le ciel rossinien ! Peut-être pas parfaite à mon goût d'amateur (Il faut donc prendre ces commentaires pour ceux d'un amateur de longue date, mais non musicien, je peux donc me tromper, soyez clément et n'hésitez pas à me faire part de votre avis : Don Ramiro, le prince, chante juste mais s'entend parfois à peine et manque cruellement de charisme pour ce rôle; Cenerentola – mais bon, je suis un accro de la voix de Teresa Berganza donc je manque d'objectivité – démarre un peu lentement et avec une voix un peu trop grave à mon goût… la fin est parfaite), mais les décors et la mise en scène sont excellentes et les voix également, mention spéciale à Don Magnifico et Dandini. Donc, une fois de plus, merci au Grand Théâtre, pour cette excellente soirée qui aurait méritée d'être prolongée par un repas rossinien, musical, démesuré, universel… mais un mardi soir d'une semaine de Grand Conseil, ce n'est malheureusement pas raisonnable… Je garde donc les bulles de musique qui pétillent dans ma tête, c'est aussi bon d'ailleurs ! Vive Monsieur Rossini !

 

 

Le hasard d'une réplique du début, quand Alidoro le tuteur du Prince se rend chez Don Magnifico déguisé en mendiant, m'a cependant titillé l'esprit toute la soirée : les deux filles de Don Magnifico le voient et s'exclament "Des mendiants ! Hors d'ici !". Ensuite, Cenerentola se cachant de ses sœurs lui sert un café et lui donne un morceau de pain.

 

 

Or, ce mardi matin à la radio romande, nous avions droit à la première mesure électoraliste du candidat Procureur Général Zappelli : les policiers auront le droit de confisquer l'argent des mendiants.

 

 

Je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à cette campagne virulente de l'automne dernier avant les élections fédérales, attisée – hélas avec succès ! - par l'UDC et son grand complice libéral Christian Lüscher pour bouter hors de Genève les mendiants roumains qui avaient l'outrecuidance de venir quémander les miettes de notre société de surconsommation. Et je me souviens que Daniel Zappelli avait déjà crû opportun de sortir de son devoir de réserve de premier magistrat du canton et avait appuyé ces mesures, ce qui était assez étonnant.

 

 

Mais c'est la réaction des 2 sœurs, "un rare mélange d'arrogance et de vanité" selon Dandini, le valet déguisé en prince qui me fait penser à la mesure de Zappelli : s'attaquer aux plus faibles, sans moyens de défense, c'est facile. Et aussi faire des courbettes à ceux qu'on prend pour des princes…

 

 

Nous aurons certainement l'occasion d'en reparler, mais un Procureur Général qui est dur avec les faibles et faible avec les durs, gros trafiquants, financiers véreux, avocats affairistes, c'est extrêmement malsain pour notre société. Nous avons besoin de rigueur et d'actions concrètes proportionnelles à la gravité des délits commis, peu importe qui en est l'auteur.

 

 

Et d'ailleurs, l'Histoire retient le nom de La Cenerentola et pas celui de ses sœurs...

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cenerentola

 

 

http://www.geneveopera.ch/index.php?id=3&prod=204&saison=07-08

 

 

02:27 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

17/02/2008

Les Entrepreneurs Progressistes vous conseillent : Pour aider les PME, votez NON aux cadeaux fiscaux aux gros actionnaires !

Patron d'une petite PME, ImagineR Software, depuis bientôt 14 ans, ancien membre du Conseil de Fondation de la Fondetec qui accorde des soutiens financiers à des projets économiques en Ville de Genève, je suis particulièrement choqué par les propositions contenues dans la loi sur l'imposition des entreprises qui est soumise au peuple dimanche prochain 24 février : elles sont très marginalement et à court terme en "faveur" des vraies PME et constituent par contre des privilèges scandaleux pour les gros actionnaires et les investisseurs en général déjà fort bien lotis en Suisse.
Nous en avons parlé à plusieurs reprises au sein du comité des Entrepreneurs Progressistes, petite association patronale essentiellement genevoise, et nous sommes unanimes à vous recommander de voter NON à cette loi qui s'apparente à une véritable escroquerie pour les petites entreprises.
Pour en savoir plus, je vous invite à lire ci-dessous la prise mon article qui a été publié dans Le Courrier il y a une dizaine de jours :
Loi sur l'imposition des entreprises : une véritable escroquerie pour les vraies PME, les petits patrons et les indépendants !
A la lecture de la Loi soumise en votation populaire le 24 février prochain, il est bien difficile d'imaginer ce qui améliorera réellement la vie des petites entreprises et des indépendants, qui constituent pourtant la base de l'économie de proximité, en offrant des centaines de milliers d'emplois à travers la Suisse.
Pourtant les slogans sont alléchants, "pour les PME", la campagne du OUI massive et omniprésente et comme il est bien difficile d'imaginer qu'on votera "contre les PME", force est de penser que ce matraquage mensonger portera certainement ses fruits et que la Loi en question sera adoptée. Même si le volet transmission d'entreprise est positif, les véritables petits patrons, les artisans, les actionnaires de petites entreprises de type familial, appâtés par ces slogans rassurants risquent alors de déchanter très vite.
Des propositions qui favorisent encore plus les investisseurs et les banques au détriment de ceux qui travaillent.
Parmi les mesures phares sensées améliorer les conditions économiques des entreprises (dans la Loi on ne parle d'ailleurs jamais des PME, c'est un effet publicitaire qui vise à donner une portée générale à des mesures qui ne seront en fait réellement bénéfiques qu'à quelques privilégiés déjà fortunés; on parle de 8'400 contribuables possédant plus de 10% des actions d'une SA dégageant un bénéfice respectable), figure la disposition visant à taxer seulement le 60% des dividendes perçus, au prétexte que les actionnaires/patrons sont taxés à la fois sur le bénéfice de leur entreprise mais aussi sur les dividendes versés. Le problème est que cette mesure ne touche pas l'ensemble des PME et qu'elle est adoptée sans aucune limitation.
Les indépendants ne sont pas concernés par ces propositions.
Pour bénéficier de la mesure, il faut en effet être en raison sociale de type SA, société anonyme, alors que de très nombreuses PME sont en raison individuelle : artisans, garagistes, petits commerçants, etc. La constitution d'une SA demande souvent des fonds propres difficiles à réunir pour des personnes qui créent leur propre entreprise et qui n'ont pas un réseau de proches disposant des fonds en question. Pour les indépendants, en raison individuelle, outre l'inégalité flagrante de traitement qu'ils subiront par rapport à leurs concurrents capitalisés, seuls les effets négatifs qui risquent d'être extrêmement violents d'ici quelques années seront au rendez-vous.
Les petites PME en société anonyme n'auront en réalité pas de meilleures conditions-cadre
Les petites entreprises qui ne sont pas en raison individuelle ont souvent un capital-actions de cent ou deux cent mille francs, proche du minimum, réparti entre quelques personnes, des associés, des partenaires familiaux. Pour ces entreprises, la question du taux d'imposition des dividendes est essentiellement hypothétique : d'une part, il importe d'abord de garantir la survie de l'entreprise, sans même parler de bénéfices, et de rémunérer les actionnaires-salariés suffisamment pour qu'ils puissent subsister au quotidien; d'autre part, les entreprises ont toujours un objectif global d'optimisation fiscale, qui les incitent par exemple à investir plutôt qu'à réaliser des bénéfices : il est extrêmement dangereux de favoriser les bénéfices et les dividendes au détriment des investissements car la conjoncture est tendue, les marchés volatiles et il n'est jamais certain de bénéficier de résultats favorables plusieurs années de suite.
De plus, pour des actionnaires de quelques dizaines de milliers de francs, les montants des dividendes sont modestes, voire dérisoires au regard des montants des salaires qu'il convient de toucher pour vivre de façon décente. Pour un capital de 100'000 francs, un dividende de 10% (déjà fort peu probable et très généreux pour des petites PME) représente 10'000.- : ce dividende serait taxé à 60%, soit sur 6'000.- : l'économie fiscale doit certainement représenter quelques centaines de francs, voire un millier… Mais va-t-on "sauver" les petites entreprises avec une mesure aussi ridicule ? Certainement pas ! Les actionnaires de petites PME doivent surtout éviter de tomber dans le piège : l'appât d'une économie fiscale à court terme ne doit pas leur faire ignorer les dangers à moyen et long terme de l'initiative.
Les grosses entreprises et les gros actionnaires profitent prioritairement de ces mesures
A l'inverse, les actionnaires (particuliers ou entreprises) qui ne sont pas patrons ou actifs dans l'entreprise mais qui possèdent plus de 10% du capital, bénéficient pleinement de la réduction de l'imposition des dividendes ! Si l'objectif avait été d'aider réellement les patrons-actionnaires, il aurait fallu introduire des mesures limitant à ceux-ci la portée de la mesure. Il aurait également fallu mettre une limite supérieure de capitalisation pour ne toucher que les petites entreprises. Le coût global en aurait été fortement diminué et l'efficacité économique nettement améliorée !
Le but réel de cette Loi vise en fait à accorder encore davantage de privilèges fiscaux aux investisseurs, aux milieux bancaires déjà particulièrement gâtés par rapport au reste de l'économie suisse : aujourd'hui les banques sont particulièrement frileuses dans l'octroi de soutien aux petites entreprises et aux indépendants, et les rendements de ces investissements sont souvent considérés comme inintéressants compte tenu des risques et de l'existence d'instruments financiers plus spéculatifs et potentiellement plus rentables. Avec cette Loi, les investissements dans les PME deviennent plus rentables à court terme car elle incite les gros actionnaires à demander des versements plus importants de dividendes, et plus spéculatifs car le versement de dividendes, au lieu de constituer des réserves ou de procéder à des investissements, rend l'avenir économique des entreprises plus incertain.
Les baisses d'impôt modestes pour les petites entreprises seront compensées par des hausses importantes de taxes et de nouvelles contraintes administratives.
La baisse importante des recettes fiscales qui résulterait de l'adoption de cette Loi, tant au niveau fédéral (on parle de 150 millions de moins pour l'AVS, de 90 millions de moins pour la Confédération) que cantonal (près de 2 milliards de moins pour l'ensemble des cantons suisses) va encore accentuer la pression financière indirecte sur les petites entreprises. Il est pour ainsi dire impossible aujourd'hui, compte tenu du dogmatisme fiscal dominant, d'envisager compenser ces pertes fiscales par d'autres impôts plus équitables : ce sera encore de nouvelles taxes, des certifications payantes (ISO, etc.), des mises au concours harassantes et non rémunérées, une pression plus grande sur les prix, etc., exercée par des collectivités publiques appauvries.
Les citoyennes et citoyens devront aussi subir indirectement les coûts de ces cadeaux mal ciblés. Pour compenser les baisses de recettes fiscales, les collectivités publiques devront baisser leurs prestations, généralement en visant les secteurs les plus "coûteux" (santé, école, etc.) et augmenter la pression financière indirecte sous forme de taxes totalement inéquitables puisqu'elles ne tiennent pas compte des revenus et des charges des uns et des autres. Le principe est le même que pour les baisses d'impôt linéaires, type "-12%" : chacun a une baisse, mais de quelques francs pour certains… et de quelques millions pour d'autres. Le problème est que quand ces recettes en moins sont compensées par des taxes (qui offrent souvent l'avantage pour les Exécutifs de ne pas nécessiter de mesures législatives trop contraignantes et qui ne sont pas automatiquement soumises en votation populaire), tous les acteurs économiques, riches ou pauvres, sont soumis aux mêmes montants !
Encore plus de désavantages pour les petites entreprises des cantons urbains
Une mesure particulièrement délirante d'un point de vue économique rationnel consiste à encourager la concurrence fiscale entre les cantons, alors que les niveaux des prix et des revenus en Suisse sont assez proches mais que les conditions-cadre ne sont pas les mêmes pour tous (p.ex. conventions collective différentes, temps de travail différents, concurrence frontalière plus ou moins forte, loyers très variables, etc.). Avec cette possibilité, on encourage les cantons dénués d'infrastructures publiques importantes (Hôpitaux universitaires, Universités, etc.) car ils ont évidemment de plus grandes possibilités de diminuer leurs impôts en raison de dépenses publiques moins importantes : les entreprises qui sont déjà situées dans de petits paradis fiscaux seront encore plus favorisées par rapport aux entreprises des cantons urbains comme Genève. Pour donner des chances égales à tous, il est important de ne pas accepter le principe du parasitisme fiscal.
Les véritables problèmes urgents des petites entreprises ne sont pas réglés par cette Loi.
Cette loi est totalement à côté de la plaque pour aider réellement les PME. Petits commerçants, indépendants, agriculteurs, etc. auront à subir une législation qui favorise encore plus les grosses structures, disposant déjà de moyens financiers importants, ce qui accroîtra certainement encore le rythme de disparition des petits. Toutes celles et tous ceux qui se battent depuis des années, par amour du métier, par tradition, par passion souvent, pour faire survivre leur petite entreprise le savent bien : les problèmes sont ailleurs !
Une véritable législation en faveur des PME devrait ainsi s'articuler autour de trois problématiques : offrir des locaux commerciaux à des prix décents, garantir l'accès à des capitaux d'investissements non spéculatifs et améliorer le filet social des petits patrons.
Mais en acceptant cette loi, les moyens manqueront encore davantage pour s'attaquer aux vrais problèmes. Il faut donc la refuser sans hésiter !
Roger Deneys
Patron d'ImagineR Software, PME informatique, depuis 1994
Président du GEIP, Groupement des Entrepreneurs et Indépendants Progressistes

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14/02/2008

Loi sur l'imposition des entreprises : une véritable escroquerie pour les PME !

Le 24 février prochain, nous voterons la réforme sur l'imposition des entreprises. Les slogans sentent bon l'avenir radieux, les jours meilleurs : "Oui pour les PME", "Pour l'emploi et les apprentis", etc. La campagne des partisans vise à vous faire croire que toutes et tous allons bénéficier des "avantages" de cette réforme. Dans un édito récent, Pierre Ruetschi, qui n'a sans doute jamais été patron et qui manifestement n'a pas bien compris les mécanismes les plus élémentaires des mathématiques et de l'économie réelle, non spéculative, croit bon de soutenir la réforme alors qu'en fait cette loi est extrêmement dangereuse pour les vraies PME et les indépendants. Et qu'elle n'aura aucun effet positif sur l'emploi. Le mensonge est de règle dans la campagne des partisans du Oui.
Il est d'ailleurs facile de comprendre pourquoi : la taxation sur le 60% des dividendes versés aux actionnaires possédant plus de 10% des actions va avoir des effets très, très marginaux sur les petites entreprises, de l'ordre de quelques centaines, voire mille à deux mille francs d'économie fiscale (en fait les fiduciaires proposeront aux patrons-actionnaires de PME un nouveau modèle d'optimisation fiscale qui transvasera une partie des revenus sous forme de salaire en dividendes) MAIS elle sera tout bénéfice pour les actionnaires non patron et atteindra des montants de l'ordre de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de francs, pour les investisseurs des très grosses entreprises.
Si la loi avait voulu améliorer réellement le sort des PME, il aurait fallu y mettre au moins 2 limites :
1)       Il aurait fallu fixer un capital-actions maximum, de l'ordre de 200'000.- à 500'000.-, au-delà duquel la loi n'agissait plus;
2)       Il aurait fallu limiter la loi aux seuls actionnaires qui travaillent dans l'entreprise, à l'exclusion des autres actionnaires-investisseurs;
Et pour que la loi agisse favorablement sur l'emploi, il aurait fallu lier les exonérations à l'embauche de nouveaux collaborateurs.
D'ailleurs – on pourrait presque en sourire si ce n'était pas une fois de plus une "réforme" (une arnaque est plus correct) au détriment des plus petits – vous devriez vous poser une question : QUI paye la campagne des partisans du Oui ? Si la réforme visait à soutenir uniquement les vraies PME, des petites entreprises, parfois en SA ou en SàRL, souvent en raison individuelle, est-ce que nous aurions une campagne aussi massive ? Certainement pas ! Les PME n'ont pas les moyens de se payer des campagnes pareilles (et d'ailleurs si la réforme avait visé uniquement les vraies PME, le Parti Socialiste n'aurait pas lancé de référendum) ! Et toutes ces annonces dans les quotidiens avec les "têtes bien-pensantes" de la Droite suisse, avocats-affairistes, agriculteurs-rentiers, fonctionnaires patronaux, retraités politiques… Je n'en vois pas beaucoup qui sont de vrais patrons ou qui l'ont été ! Alors ? Qui paye ? Nous n'aurons certainement jamais de réponse précise, la loi du fric est la loi du silence… Mais nous pouvons le deviner : les banques, les milieux bancaires, les milieux d'affaires car c'est une réforme qui bénéficient en réalité aux investisseurs ! Et c'est les seuls qui ont les moyens de payer des campagnes aussi massives et avec une propagande aussi clairement malhonnête.
Concernant la réforme elle-même, il est vrai que la taxation du 60% des dividendes versés plutôt que le 100% générera une baisse de charge fiscale pour tous les actionnaires de plus de 10%, et donc aussi les petits patrons de PME qui sont en SA. Mais cette économie sera largement compensée par des hausses ou la création de nouvelles taxes, la pression supplémentaire sur les prix (appels d'offres, exigence de certifications payantes, etc.) : il faudra bien compenser l'importante baisse de recettes fiscales que cette mauvaise loi génère !
Votez NON à cette loi qui fait de fausses promesses aux PME et de vrais cadeaux aux banquiers et aux investisseurs !

 

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