22/02/2012

Annonce de l'abandon du projet de centrale chaleur-force (CCF) par le Conseil d'Etat : des explications politiques sont nécessaires !

L'annonce par le Conseil d'Etat le 1er février dernier de sa décision de « renoncer » à la construction d'une centrale chaleur-force (CCF) est véritablement problématique.

Qu'on soit pour ou contre une centrale chaleur-force, il est en effet tout simplement inadmissible de lire que ce serait le Conseil d'Etat qui aurait pris une telle décision : jusqu'à preuve du contraire, SIG est une régie publique d'autonome, avec un Conseil d'administration, des administrateurs, des actionnaires, etc. et cette autonomie doit, à juste titre, lui permettre de mener des projets qui lui permettent de remplir sa ou ses missions, soit ici garantir l'approvisionnement en électricité des habitant-e-s et entreprises de notre canton. Il convient de clarifier les détails de cette annonce et la légalité des décisions prises.

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23/03/2011

Cherpines-Charrotons : déclasser, certainement OUI, déclasser n’importe comment aujourd'hui, certainement NON !

Le Parti socialiste genevois s'apprête lors de son Assemblée générale de ce soir, à donner son mot d'ordre final sur le principe du déclassement du périmètre des Cherpines-Charrotons qui est soumis en votation populaire le 17 mai prochain après l'aboutissement du référendum.

Point de la situation quelques heures avant le vote, en rappelant que le groupe socialiste du Grand conseil avait voté ce déclassement au printemps 2010 (PL10523; rapports sous http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10523A.pdf...) à une très large majorité, notamment en raison du soutien du Grand conseil à une résolution socialiste intitulée "Plaine de l'Aire : priorité aux logements !" (R611, http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/R00611.pdf...) qui visait à améliorer le projet particulièrement médiocre qui avait été élaboré sous le contrôle des services de Mark Muller et surtout des communes concernées.

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11/07/2009

Bonne nouvelle : le hold-up de Vésenaz n’aura pas lieu !

De mes paisibles vacances loin de Genève, je ne peux m’empêcher d’être ravi : le référendum contre le financement cantonal de la traversée de Vésenaz a abouti ! Bravo aux Verts, aux associations environnementales, à la gauche pour cette récolte supplémentaire de signatures menée tambour battant en pleine période de fin d’année scolaire, quand les esprits sont déjà tournés vers la paix des vacances, quand le ras-le-bol menace les militants harassés par les nombreuses récoltes de signatures de ce début d’été ! Bravo !

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23/05/2009

Grand Conseil : de la voiture à la culture (taupe niveau !)

Vendredi 15 mai 2009, débat surréaliste au Grand Conseil genevois.

 

Une fois de plus, une proposition « tout bagnole », la réalisation d’une tranchée couverte à travers le village de Vésenaz, consacre l’union sacrée de la droite, du centre-droit aux extrémistes de l’UDC et du MCG. Applaudissements massifs, congratulations : on a l’impression d’avoir assisté au vote d’un projet exceptionnel, transcendant, pour Genève…

 

... On a les triomphes qu’on mérite…

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08/12/2008

M. Stauffer et le Grand Conseil (en passant par M. Décaillet) : du mensonge à la violence

 

"La tromperie n'entre jamais en conflit avec la raison, car les choses auraient pu se passer effectivement de la façon dont le menteur le prétend. Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le menteur possède le grand avantage de savoir d'avance ce que le public souhaite entendre ou s'attend à entendre. Sa version a été préparée à l'intention du public, en s'attachant tout particulièrement à la crédibilité, tandis que la réalité a cette habitude déconcertante de nous mettre en présence de l'inattendu, auquel nous n'étions pas préparés."

 

 

Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, Agora Pocket, pp.10 et 11

 

Il y a quelques semaines, au lendemain de l'élection de M. Cerruti au Conseil administratif de Vernier, j'avais été violemment pris à parti par M. Décaillet sur son blog… et j'étais assez songeur… Peut-on exprimer des positions différentes sans recevoir en échange des anathèmes catégoriques ? Surtout que cette réaction virulente était liée à ma critique de la complaisance de M. Décaillet envers le Député Stauffer et des "valeurs" qu'il transmet.

 

Cette perplexité m'avait conduit dans une des meilleures librairies de Genève, la Librairie du Boulevard, à la recherche d'un ouvrage susceptible de nourrir mes réflexions…

 

J'y ai trouvé, au hasard, attiré par le titre, ce livre d'Hannah Arendt que j'ai commencé à lire immédiatement après dans le tram… Et j'y ai notamment trouvé cette citation qui me semble extrêmement bien correspondre à la problématique que pose M. Stauffer à notre démocratie et à notre Grand Conseil en particulier.

 

Jeudi soir – ce n'était qu'un début – dans le cadre du débat sur le budget 2009 des SIG, où M. Stauffer assénait avec sa violence coutumière des arguments inexacts, il m'a semblé utile de ressortir ce livre de mon sac… Car nous venions d'être violemment pris à parti pour avoir osé contester l'interprétation du Conducator … Après un déversement rituel de bile haineuse sur les socialistes (c'est sa façon de "prouver" qu'il n'est ni de gauche ni de droite), j'ai eu droit à un "je ne lis pas mes rapports"… Ben voyons !

 

Je me suis donc permis de lire cet extrait d'Hannah Arendt au Grand Conseil jeudi soir car il me semble très proche de ce que nous vivons, tout parti confondu : nous sommes désemparés et nous ne savons pas toujours quoi répondre car les tromperies sont tellement grossières MAIS si bien préparées !

 

En lisant l'édito de M. Etienne ce lundi 8 décembre dans la Tribune de Genève, en ayant appris que M. Décaillet semblait aussi soutenir M. Stauffer après son exclusion vendredi soir au Grand Conseil, je ne peux m'empêcher d'ajouter que les médias, la Tribune de Genève et Léman Bleu en particulier, amplifient l'effet des tromperies en question car elles les relayent avec force, alors qu'elles ne mériteraient que de finir dans les oubliettes du blabla de la République. Sans interview, sans invité spécial.

Je ne peux d'ailleurs pas non plus m'empêcher de penser que l'appât du gain, du tirage, de l'audimat facile sont à la base de cette écoeurante complaisance. Comme sur TF1 : si c'est scandaleux, sanglant, racoleur, c'est l'essentiel. Même si c'est faux.

 

18/10/2008

Constituante, arithmétique radicale et démocratie : on est mal barrés !

(en passant par la complaisance médiatique du moment)

 

 

La Constituante est un processus éminemment sérieux dans lequel je n'ai pas eu le temps de m'investir autant que je l'aurais souhaité. On ne peut pas tout faire. Je me contenterai d'évoquer ci-dessous une des raisons pour lesquelles j'ai des doutes quant au succès de ce processus.

 

 

A la lecture de la publicité radicale de la page 21 de la Tribune de ce vendredi 17 octobre, je ne peux m'empêcher de penser que nous vivons dans une démocratie arithmétiquement mal barrée.

 

 

Ainsi "l'ouverture" serait incarnée par "75 députés au lieu de 100" et signifierait "+ de démocratie" et "- de blabla".

 

 

Je sais que les radicaux genevois traversent une profonde crise de sens et qu'ils ont tendance à se raccrocher à toutes les idées simplistes qui passent tout en essayant de se donner une image jeune et branchée (festive, merci Frédéric; plus écolo, merci Antonio). Ces idées simplistes, véhiculées notamment et avec son brio habituel de chef des vendeurs de supermarché par l'ancien – et sympathique, c'est vrai - député Pierre Kunz, plaisent évidemment à mon cher ami Décaillet (je me demande d'ailleurs s'ils ne partagent pas un amour commun pour Louis Pauwels, sans que je puisse déterminer si cela se limite à la période Figaro Magazine/extrême droite conservatrice ou si cela inclut également la période moins connue des écrits érotiques… mystère !)… Mais franchement, où nous mènent-elles, ces idées ?

 

 

Comment peut-on par exemple aborder un véritable processus démocratique participatif, prospectif, tourné vers l'avenir, en respectant les sensibilités, les minorités, qui existent et qui ont le droit d'exister, en écrivant à l'avance un projet tout ficelé de nouvelle Constitution ? C'est un manque flagrant de respect des autres, de tous les autres, de gauche comme de droite, et cela augure mal de l'avenir.

 

 

Ensuite, ce qui me fait tiquer aujourd'hui, c'est cette équation "moins de députés = + de démocratie et – de blabla"…

 

 

Je n'ai rien contre l'hypothèse d'une baisse du nombre de députés mais franchement, y a-t-il un lien entre le nombre de députés et le taux de démocratie d'une société ? C'est un gag ! Cela signifierait donc que le Conseil National est moins démocratique que le Grand Conseil ? Que l'Assemblée nationale française l'est encore moins ?

 

 

En plus, les radicaux devraient alors aller au bout de leur stupide fantasme arithmétique : si moins de députés, c'est plus de démocratie et moins de blabla, alors 0 députés, la suppression du parlement, du pouvoir législatif, ce serait le nirvana démocratique ? Pour un parti qui revendique à longueur d'année son rôle historique "révolutionnaire", c'est un sacré retournement de situation ! Et avec un seul député, c'est certain que normalement on ne perd pas trop de temps à discuter avec soi-même… Cette démocratie ressemble furieusement à une dictature, non ? Vive l'Empereur Pierre 1er !

 

 

Le silence imposé aux minorités, à celles et ceux qui ne pensent pas assez à droite, est un véritable fond de commerce du Parti radical genevois, il l'a encore prouvé récemment au Grand Conseil en proposant puis en faisant voter des dispositions visant à limiter les droits et les temps de parole de la minorité.

 

 

C'est d'ailleurs assez "drôle" (politesse du désespoir) de voir les partis de droite, Libéraux en tête, qui se revendiquent de et pour la Liberté à toutes les sauces, imposer à longueur d'année des lois liberticides (restriction du droit de manifester, restriction de la liberté d'affichage, interdiction de la mendicité, réduction du temps de parole au Grand Conseil, contrôle politique - dans le sens commissaire politique, Weiss power - des associations, etc.)

 

 

Et une démocratie qui se construit sans écouter ses minorités ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Y a-t-il aujourd'hui des dysfonctionnements majeurs liés à la présence de minorités au Grand Conseil ? J'ai plutôt l'impression que c'est déjà le contraire aujourd'hui : la majorité de Droite du Grand Conseil écrase souvent la minorité, avec arrogance, avec mépris, sans écouter nos remarques, nos propositions, nos arguments… Sans aller jusqu'à imaginer que nous aurions pu avoir raison, il me semblerait pourtant utile dans une démocratie bien comprise de tenir compte des arguments de la minorité, ne serait-ce que pour éviter des référendums, des recours, des pertes de temps, des passages en force qui accentuent les malaises dans notre société. On peut penser à la Loi sur le chômage, refusée une première fois par le peuple et ensuite acceptée au forceps (chantage fédéral) et sans attendre dans une nouvelle mouture qui était loin de clarifier tous les problèmes soulevés lors de la première tentative de révision ou plus récemment aux lois tellement mal foutues sur les Conseils d'administration des régies publiques autonomes refusées en votation populaire (référendums aboutis à quelques dizaines de voix près, je n'ai jamais été aussi heureux qu'après mes 25 voix récoltées seul à Plan-les-Ouates… donc on imagine bien la solution radicale au "problème" : augmenter le nombre de signatures requises).

 

 

Je pense qu'il faut encore une fois rappeler que la Suisse et Genève en particulier vivent une démocratie effectivement lente, mais que cela est dû en grande partie à la complexité des problèmes et problématiques à résoudre sur un territoire restreint et dense ! Nier cette réalité en invoquant des blocages abusifs, c'est nier la démocratie suisse.

 

 

Enfin, la Constituante sera telle qu'elle sortira des urnes, alea jacta est, je n'essaye même pas (c'est bien trop tard) de vous convaincre de la nécessité de voter pour des listes et des personnes qui sont tournées vers l'avenir et des valeurs et pas pour celles qui sont tournées vers le passé et la défense de leurs intérêts personnels privilégiés…. Mais avec les Radicaux d'aujourd'hui et leur vision d'une démocratie toujours plus totalitaire, la nouvelle Constitution risque d'être une soupe à la grimace…

 

 

 

PS1 : rien à voir ou presque, complaisance médiatique saisie au vol: je crois que c'était dans la TdG de jeudi, une brève de Henri Della Casa sur l'excellente initiative des Verts de la ville pour les 200 places piétonnes : il termine son article par le rappel de la position des radicaux sur cet objet. Rien que les Radicaux. Pas l'UDC ou Solidarités, ni les libéraux ou les PDC, ni les Socialistes… seulement la position radicale… Comment pourrions-nous appeler cela, le terme m'échappe…

 

 

PS2 : puisque je suis reparti sur la presse et la TdG , je ne peux pas m'en empêcher : je suis toujours navré quand les comptes-rendus du Grand Conseil sont faits de façon trop "partiale", l'autre jour c'était le PL visant à faire entrer dans le droit genevois la disposition – pourtant optionnelle – visant à imposer seulement le 60% des revenus du capital… rapport de majorité, l'illustre Député Olivier Jornot, rapport de minorité, la moins médiatique Députée socialiste Lydia Schneider Hausser… Le compte-rendu de Marc Bretton dans la TdG relate le débat en citant plusieurs fois Olivier mais évoque seulement Lydia à une occasion. Evidemment - mais là je ne pense pas que Marc y puisse grand' chose, ça doit faire partie de la tradition TdG – la photo qui illustre l'article est celle d'Olivier, qu'on a déjà pourtant vu en grand la veille suite à son annonce de candidature au Conseil d'Etat… Et même si Lydia ou bibi ne se sont pas exprimés avec l'éloquence d'Olivier, même si je n'étais personnellement pas bon, il me semblerait pourtant possible de citer aussi quelques uns de nos arguments, tels que nous les avons formulés, sans les filtrer au préalable (ce qui signifie d'ailleurs en fait que le journaliste estime justement qu'ils ne sont pas bons, mais à mon avis c'est au lecteur de juger pas au journaliste… là, c'est vraiment, vraiment, vive Léman Bleu !)

 

 

19/09/2008

Sur le chemin de l'école, en passant par l'écart-type et les vacances...

Sur le chemin de l'école, on a le temps de penser à ceci ou à cela… J'ai un peu de temps pour vous en faire part…

 

Avec un peu de retard, je lis l'article de la TdG du 22-23 août au sujet de la rentrée scolaire 2008. Puis les articles du 9 septembre concernant d'une part les mauvaises estimations dans l'enseignement spécialisé et d'autre part le mail incendiaire d'André Duval, le président d'ARLE, à certains directeurs d'école fraîchement entrés en fonction.

 

Je dois dire que j'ai une certaine admiration pour le travail de "mon" Conseiller d'Etat Charles Beer car, le moins que l'on puisse dire, est que la gestion politique de l'école genevoise, des classes enfantines à l'Université, n'est pas de la tarte ! Et que les réponses à trouver sont loin d'être évidentes compte tenu des forces contradictoires en action.

 

Ainsi, dans l'article du 22-23 août, Jérôme Faas évoque un "débat scolaire, dont la population s'est emparée depuis quelques années". En réalité, nous avons plutôt assisté à une prise d'otage des problématiques scolaires, par ARLE d'un côté, par le Parti radical de l'autre.

 

Prise d'otage car les propositions avancées sur fond d'électoralisme avéré du côté des radicaux et de frustration mal assumée du côté d'ARLE, ont surtout brillé par leur ineptie.

 

Certes, le "malaise scolaire" peut sembler être une réalité, notamment en raison de la difficulté de partager entre des acteurs aussi différents que les enseignants (des professionnels, avec leur savoirs, leurs compétences…. et leur langage propre, "technocratique") et les parents.

 

Je me souviens encore de cette première séance en tant que parent à l'école du musée d'ethno à Carl-Vogt, il y a 2 ans. Mon fils Yann venait de commencer sa première enfantine. Voilà qu'on annonce aux parents "Nous allons nous présenter !". Bonne idée. La première personne s'annonce : "Bonjour ! Je m'appelle … et je suis GNT… Dans cette école,…". GNT ? GNT ? Aucune explication de l'abréviation. Il m'a fallu près de 2 ans pour retenir le sens de cette abréviation (Généraliste Non Titulaire, un enseignant qui travaille dans plusieurs classes en fonction des besoins) et savoir ce que ça voulait dire…. Sans être prof, sans avoir fréquenté l'enseignement obligatoire genevois, mais en ayant eu des parents enseignants au Cycle à La Chaux-de -Fonds (à l'école secondaire en fait) et en ayant quelques expériences dans l'enseignement de l'informatique aux adultes, j'en suis tout simplement sidéré : la vulgarisation est pourtant indispensable ! Comment peut-on expliquer l'école à des parents, des nouveaux parents, sans être capable de vulgariser ?

 

On peut penser que le rôle des enseignants est d'enseigner un savoir aux enfants et qu'ils n'ont pas eu la possibilité de se former en formation d'adultes… MAIS en ayant écouté cette toute première intervention, j'en suis encore sous le choc : comment peut-on vouloir nouer un contact avec d'autres adultes si la première phrase prononcée est une barrière infranchissable ? Environ 50% des adultes présents sont là pour leur premier enfant et n'ont donc jamais assisté préalablement à ce genre de séance… Et encore seulement le 50% de ces 50% sont francophones… donc la grande majorité des parents ne comprend pas de quoi on parle ! De mon côté, c'est seulement grâce à des rencontres régulières avec une amie, Jennifer, enseignante à l'école primaire que je sais enfin que ce n'est pas "PDC", "MCG", "GPT" ou "DDT"… mais "GNT" ! Et savoir que cela veut dire "Généraliste Non Titulaire".

 

Un certain malaise donc, mais en même temps une association, ARLE, qui prétend résoudre le malaise en question et surtout la principale hantise des parents, l'échec scolaire, d'un coup de baguette magique : une initiative qui demande des notes !

 

A l'époque, j'ai rencontré des parents d'élèves qui m'ont encouragé à signer l'initiative en question car ils étaient fâchés, déçus et inquiets : l'école publique ne répondait pas à leurs attentes, à leurs questionnements… Il fallait que ça change ! En même temps, ils étaient bien incapables de m'expliquer en quoi le fait de mettre des notes à l'école allait répondre à leurs questions et résoudre leurs problèmes de parents d'élèves… Mais ils avaient signé.

 

Aujourd'hui, alors que les notes d'ARLE ont largement été acceptées par le peuple, rien n'a changé d'un coup de baguette magique ! Sans moyens supplémentaires, sans véritables réformes - sans engagement des parents aussi - rien ne changera…

 

Les réformes engagées par Charles Beer, notamment en nommant des directrices et directeurs d'école à l'école primaire vont véritablement dans la bonne direction, mais je me demande malgré tout si, aujourd'hui, elles sont suffisantes : l'institution scolaire, la hiérarchie en réalité, a creusé un profond fossé entre elle et les parents (et sans doute aussi les enseignants) et elle a tendance à persister dans ses travers (je pense encore à un courrier adressé à tous les parents l'année dernière, incompréhensible, pas français même selon ma maman). Et les moyens sont encore certainement insuffisants, ce qui pose une fois de plus la question de la volonté politique du Grand Conseil, où les partis politiques de droite jouent aux pompiers pyromanes, en dénonçant des problèmes - réels ou supposés-  mais en refusant d'accorder des crédits réellement suffisants au Département de l'Instruction Publique... Se pose également la question dans l'autre sens, le pouvoir politique, le Conseil d'Etat, a-t-il déjà pu appréhender la réalité du terrain autrement qu'à travers une hiérarchie, compétente sans doute mais surtout technocratique ? Comme parent-député qui ne siège pas à la commission de l'enseignement, j'ai pour le moment encore un doute.

 

D'ailleurs, l'article de la TdG du 22-23 août contribue à entretenir mes doutes, sans que je puisse savoir s'il s'agit d'une lacune de l'article ou de l'information transmise par le DIP. Il y est indiqué que "la moyenne d'élèves par classe est passée de 18.92 en 1992 à 20.21 aujourd'hui". Une modeste augmentation.

 

Bizarrement, jeudi 28 août, au Grand Conseil, je discute 2 minutes avec un député libéral dont la fille est institutrice à l'école primaire (c'était la maîtresse adorée de mon fils Yann d'ailleurs…). Il me dit "en tout cas, avec 24 élèves, ma fille dit que ce n'est pas évident". Tiens ! Le vendredi 29, en amenant mon fils à l'école, je lui pose la question. Ils sont aussi 24. Bon… la moyenne est à 20.21… réfléchissons… C'est une moyenne sur le canton, donc il peut y avoir des disparités d'un établissement à l'autre. Des disparités manifestement importantes… Donc cette moyenne ne veut à peu près rien dire. Comme toutes les moyennes d'ailleurs. Mon ancien brillant collègue député Jacques François avait d'ailleurs l'habitude de dire : "les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, on est à la température moyenne". En statistiques, il existe pourtant une notion complémentaire, automatiquement calculable avec n'importe quelle moyenne, qui s'appelle "l'écart-type" : c'est la moyenne des écarts à la moyenne… c'est-à-dire qu'on mesure "de combien" on s'éloigne en moyenne de la moyenne.

 

Ainsi, prenons un exemple - fictif - de 2 entreprises qui comptent chacune 2 collaborateurs (j'aurais pu prendre un exemple de moyenne des notes à l'école…) A et B.

 

Dans l'entreprise A, le directeur gagne 9000 et la secrétaire 1000. La moyenne est de 5000.

 

Dans l'entreprise B, le directeur gagne 5000 et la secrétaire 5000. La moyenne est de 5000.

 

Etrange, non ?

 

L'écart-type permet de mesurer comment on s'éloigne en moyenne de la moyenne.

 

Dans l'entreprise A, on s'éloigne de la moyenne de 4000 vers le bas pour la secrétaire et de 4000 vers le haut pour le directeur. La moyenne des écarts à la moyenne est de 4000.

 

Dans l'entreprise B, on s'éloigne de la moyenne de 0 pour la secrétaire et le directeur. La moyenne des écarts à la moyenne est de 0.

 

Un écart-type important par rapport à la valeur de la moyenne indique que la moyenne est obtenue avec des valeurs qui divergent fortement (exemple A), alors qu'un écart-type petit signifie que les valeurs sont toutes proches de la valeur de la moyenne (exemple B). POURQUOI n'est-il pas possible dans une feuille de chou, dans une publication, dans un communiqué de presse, d'indiquer aussi la valeur de l'écart-type !?

 

Ainsi, une moyenne de 20.21, alors que certaines classes (j'en connais au moins 2) comptent 24 élèves, signifie certainement que l'écart-type (les écarts par rapport à cette moyenne) est assez élevé….mais identique ou plus grand qu'en 1990 avec 18.92 élèves par classe ? Y a-t-il plus ou moins de disparités qu'à l'époque ? Sont-elles géographiquement situées dans les mêmes écoles, les mêmes quartiers, les mêmes communes ? Mystère !

 

D'ailleurs, avec ces 2 classes à 24, pour avoir une moyenne proche de 20.21 il faut 3 classes à 18 élèves et une à 19… il faudra que je vérifie…

 

L'école genevoise, plus encore comme parent qui n'a pas suivi son cursus scolaire à Genève, c'est aussi la problématique des horaires… et des vacances. On peut d'ailleurs se réjouir de l'harmonisation prévue dans le cadre d'HarmoS (http://www.cdip.ch/dyn/11737.php), même si elle reste pour moi insuffisante car en matière d'enseignement obligatoire, à l'ère de la précarité professionnelle et de la mobilité effrénée, le fédéralisme n'est plus de mise : il faut un système d'enseignement qui fixe des normes au niveau fédéral. En même temps, les vacances scolaires genevoises sont extrêmement problématiques. Trop longues en été (très difficile pour des parents qui n'ont que 4 ou 5 semaines de vacances par année de "gérer" pratiquement et financièrement 8 semaines de vacances, même avec des grands-parents, même avec des camps de vacances. D'autant plus que la FASe impose des contraintes toujours plus grandes aux maisons de quartier et centres de loisirs, ce qui conduit à un démantèlement progressif d'une partie des activités de centres aérés, p.ex. 6 semaines au lieu de 8, limitation du nombre d'inscriptions liée à la contrainte – financière - de n'engager qu'un seul animateur, tarification progressive liée aux revenus des parents qui ne s'intègre à aucun autre dispositif de calcul des revenus disponibles : effets de seuil garantis !

 

Trop longue en été et en contrepartie trop courte à Pâques et surtout trop courte en automne : les genevois sont ainsi obligés d'aller s'entasser dans les lieux de villégiature traditionnels suisses ou européens…alors qu'ils sont bondés et surtout souvent hors de prix !

 

Je me demande aussi quand cela pourra changer mais compte tenu de la surenchère permanente des groupements tels que ARLE, pas certain qu'un Conseiller d'Etat – aussi brillant soit-il – ait le temps de s'en occuper enfin...

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Victoire écolo-libérale dans les coulisses du Grand Conseil (Roger Chancelier ?)

Comme vous le savez sans doute, les débats des parlements, le Grand Conseil ne faisant pas exception, sont un savant mélange de sérieux et de moins sérieux, notamment parce que pendant que certains députés qui ont – généralement - suivi les travaux de commission défendent avec plus ou moins de brio leur cause, les autres rongent leur frein (c'est fou ce qu'on aime parler en politique, mais c'est une qualité), attendent les votes et les objets qui les concernent plus directement… Patience, patience… Ainsi, les salles attenantes, la buvette, les ordinateurs portables, les journaux permettent de meubler cette attente… Comme les commentaires, les gags (Ha ! Hier, ce Petit Robert mis en légende de mon collègue Gillet pour Léman Bleu !), les réflexions, les débats d'idées, les commentaires foisonnent…

Pendant le brillant (il faut reconnaître ses qualités indéniables, même s'il gagnerait pourtant à être parfois moins auto-caricatural du creux discours néolibéral) Jornot Show de hier soir, un député libéral me disait "ça fait longtemps que je ne me suis pas autant emm… au Grand Conseil"… Et surtout, 2 autres députés, un libéral (qui aurait pu avoir les mêmes intentions capillaires) et un vert (sans doute jaloux), sont venus me poser des questions sur ma nouvelle coupe de cheveux car ils avaient sans doute percé mes intentions les plus profondes : ressembler le plus possible au Chancelier de la République, M. Hensler ! Oh, certes, la tactique était simple : lui ressembler le plus possible, pour, le jour de son départ, le remplacer ni vu ni connu ! Le vélo remplacera la Mercedes, le café bio + Max Havelaar les horribles et polluantes capsules Nespresso… La République aurait enfin pu entrer dans le XXIème siècle autrement que par de pseudo-révolutions technologiques (on évoquait d'ailleurs aussi l'utilité d'introduire le vote électronique dès 4 ans…) !

 

Mais non, c'est trop ! Je n'assume pas cette subite confusion ! Je vais donc de ce pas aller voir ma coiffeuse préférée, Fabienne, chez Hair Project aux Pâquis. Rendez-vous aujourd'hui à 13h30… Et ensuite, on ne va pas couper les cheveux en quatre au Grand Conseil dès 14h30 ! Non mais !

RogerFuturChancelier.jpg

11:16 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chancelier, grand conseil, cheveux, hair project, fabienne, olivier jornot, hensler | |  Facebook