22/02/2012

Annonce de l'abandon du projet de centrale chaleur-force (CCF) par le Conseil d'Etat : des explications politiques sont nécessaires !

L'annonce par le Conseil d'Etat le 1er février dernier de sa décision de « renoncer » à la construction d'une centrale chaleur-force (CCF) est véritablement problématique.

Qu'on soit pour ou contre une centrale chaleur-force, il est en effet tout simplement inadmissible de lire que ce serait le Conseil d'Etat qui aurait pris une telle décision : jusqu'à preuve du contraire, SIG est une régie publique d'autonome, avec un Conseil d'administration, des administrateurs, des actionnaires, etc. et cette autonomie doit, à juste titre, lui permettre de mener des projets qui lui permettent de remplir sa ou ses missions, soit ici garantir l'approvisionnement en électricité des habitant-e-s et entreprises de notre canton. Il convient de clarifier les détails de cette annonce et la légalité des décisions prises.

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30/09/2008

MCG : Décaillet fait semblant de ne pas voir l'arbre qui cache la forêt

A la lecture de la chronique de M. Décaillet de ce lundi 29 septembre 2008, je ne peux m'empêcher d'être atterré devant tant de mauvaise foi.

Ainsi, ce serait de "mauvais perdants (qui) tentaient d'expliquer leur échec par le "populisme" du MCG", des "donneurs de leçons" qui ne verraient pas que "le meilleur allié du MCG, c'est sans doute, par exemple, l'arrogant silence du ministre de tutelle des SIG chaque fois qu'on le sollicite sur le sujet".

Et M. Décaillet , en sombre crapaud prophétique qui se proclame "ni MCG ni partisan du populisme", d'évoquer le chœur des batraciens coassant "populisme" pendant que le MCG, "lentement mais sûrement, continuera de marquer des points"

Que M. Décaillet ne soit pas populiste, je dois dire que j'ai des doutes. Au-delà de son vernis de culture qui éblouit même parfois les innocentes petites reinettes, il avait, presque au hasard, parmi ses invités favoris au moins du temps de Forum (mais je ne pense pas que cela ait changé depuis) Uli Windisch, un sociologue de l'Université de Genève qui tient des théories discutables, et même parfois proches des théories simplistes de l'UDC.

D'autre part, et c'est là que je pense que M. Décaillet bave un peu vite sur les gentilles grenouilles, il feint d'oublier qu'il contribue presque à plein temps au succès du MCG et de ses sbires les plus en vue en les invitant régulièrement sur son plateau de télévision, en en parlant dans sa chronique dans la Tribune, quand ce n'est pas encore en plus sur son blog qui est repris en dernière page de la Tribune… Ben voyons ! Pas de raison de s'arrêter : c'est bon pour l'audimat et le tirage ! Et ce qui est bon pour l'audimat et le tirage est bon pour les affaires… et sans doute aussi celles de M. Décaillet (plus de lecteurs, plus de téléspectateurs, plus d'auditeurs maintenant que Radio Cité s'y met aussi, augmentent la valeur marchande de M. Décaillet ).

Et jusqu'à ce jour, tant la Tribune de Genève que Léman Bleu, où sévit M. Décaillet , accordent une couverture médiatique totalement disproportionnée aux individus en question, alors même que la plupart de leurs affirmations (du genre de celles qu'on peut entendre au sujet du voyage du Grand Conseil qui serait payé par les contribuables ou d'un prétendu "vol de 100 millions aux genevois" par les SIG) sont d'une part fausses, mais surtout formulées en des termes qui ne laissent pas de place aux explications sérieuses. L'énormité des affirmations, le dénigrement sous-jacent et permanent des institutions et des personnes qui en seraient les auteurs, rendent le débat normal et sain sur le fonctionnement de nos institutions, totalement impossible !

En effet, les personnes sérieuses sont totalement incapables de répondre à ces affirmations que vous propagez avec délectation car, justement, des personnes sérieuses n'utilisent pas la même rhétorique… Et cela ne vous intéresse guère, M. Décaillet , ça ne fait pas vendre !

Si on prend la question des "100 millions volés aux genevois par SIG", comment est-il possible dans notre République, d'imaginer que cela puisse correspondre à la réalité ? La formulation est évidemment plus alléchante pour vendre le sujet mais c'est tellement faux qu'on ne devrait simplement pas avoir le droit de l'utiliser, sauf à vouloir jouer au pompier pyromane. En réalité, la question qui se pose est celle du prix de l'énergie payée par les genevois-e-s au regard des enjeux stratégiques de l'entreprise (qui est quand même revenue de loin et qui a encore pas mal de chemin à parcourir), de sa politique énergétique (verte, etc.), de l'appétit des actionnaires publics (et qui va d'ailleurs en s'accentuant, compte tenu de la politique de Droite qui consiste à baisser les impôts avant de rembourser les dettes et de payer les prestations nécessaires) et aussi de la nécessité sociétale de baisser des prix de biens précieux alors que le gaspillage est énorme ! Alors, quand on lit "100 millions volés", on est déjà mal barrés pour causer sérieusement ! Reformuler, recadrer, ne pas se laisser emporter dans une dérive professionnelle au relent commercial… C'est ce que j'attendrais de journalistes sérieux.

C'est d'ailleurs parce que M. Décaillet met le mot populisme entre guillemets quand il parle du MCG que je tique… Le MCG ne serait-il donc pas "populiste" comme le coassent les batraciens ? J'ai un doute… Alors, pour être plus au clair, je fais quand même quelques rapides recherches sur Internet. Il y a, parmi bien d'autres contributions, la définition de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique)

et une chronique du Nouvel Obs http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p19940602/articles/a34851-populisme_nationalisme_fascisme.html

dans laquelle je lis notamment ceci "A l'époque moderne, la télévision est l'instrument par excellence du populisme, d'où son utilisation par des démagogues de toutes origines et de toutes orientations comme Le Pen, Tapie, Berlusconi ou Jirinovski. Les démagogues partagent avec les narodniks le mépris des corps intermédiaires et des institutions représentatives. Toutefois, les premiers font appel à l'âme du peuple; les seconds, à son corps, et même à son ventre."

Cela ne vous rappelle personne ?

En plus, M. Décaillet se profile sur le même terrain lorsqu'il dénigre les citoyens responsables qui n'ont pas accepté le résultat d'une élection pour laquelle des doutes sérieux quant à la transparence du scrutin subsistaient… et que le Tribunal Fédéral, plus haute instance juridique du pays, a cru bon de confirmer la décision d'invalidation ? Truquer une élection ne serait donc pour M. Décaillet pas un "cas extrême" ? J'en suis soufflé ! Et quant aux résultats de hier, certes, j'en prends acte. Mais je n'oublie pas non plus que le sort juridique du candidat policier finalement élu a été scellé par un Procureur général qui était candidat à sa propre réélection.

Ce qui est par contre sûr, mais M. Décaillet veut l'ignorer, il n'aime pas les petites grenouilles roses et rouges, c'est que contrairement à ce qu'il prétend, la gauche et les socialistes se préoccupent toujours autant de la forêt cachée par quelques gros arbres qu'il feint de ne pas voir : les personnes défavorisées, la vie dans les quartiers "difficiles", les problèmes liés à l'intégration, aux migrations faites dans la douleur et dans la précipitation. L'insécurité et les incivilités aussi. Les personnes âgées, les enfants. Mais pour nous, les réponses ne sont pas possibles en niant la réalité des problèmes, donc elles sont complexes car la réalité EST complexe. Et difficilement intéressantes quand on cherche de l'Audimat entre un match de foot, un feuilleton "décomplexé", un jeu pour lobotomisés et une émission de téléréalité…

Alors, si cette forêt d'électeurs et électrices qui votent actuellement MCG ne sont pas tous populistes et qu'ils vivent dans des conditions pas faciles sans que les pouvoirs publics ne leur donnent de réponses satisfaisantes à leurs yeux, ils n'en sont pas moins effectivement menés par de vrais populistes dont M. Décaillet fait le lit au quotidien, même s'il feint de ne pas le voir.

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22/05/2008

Des régies publiques mieux dirigées : Arthur Grosjean est-il incompétent ou malhonnête ?

Vendredi 16 mai, j'ai lu avec effroi l'édito d'Arthur Grosjean sur les Conseils d'administration des Régies publiques. Evidemment, M. Grosjean et la Tribune de Genève ont le droit d'être en faveur de ces projets de loi, c'est le cas depuis l'automne dernier et les débats épiques que nous avons eus ici au Grand Conseil, mais cet édito dépasse les bornes ! Comment M. Grosjean peut-il faire un résumé d'aussi mauvaise foi, en résumant l'enjeu à des victimes qui n'en sont d'ailleurs pas : les députés ?

 

 

Je cite : "Si l'affaire ne passe pas comme une lettre à la poste, c'est que l'amaigrissement des organes dirigeants fait des victimes : les députés. Ceux-ci avaient droit à un siège par parti."

 

 

Ces affirmations sont totalement mensongères ! Les partis politiques qui se sont opposés à ces projets de lois, les Socialistes et les Verts, ne l'ont jamais fait pour ces raisons ! L'incompatibilité du statut de Député avec celui d'administrateur d'une régie publique n'a jamais été considéré comme un argument déterminant pour accepter ou refuser ces propositions ! Le mémorial du Grand Conseil en est témoin. Et les rapports de minorité également. La mesure n'est peut-être – je dis bien : peut-être – pas dénuée de sens, mais à l'inverse, elle a tout de la mesure anti-moustachu !

 

 

M. Grosjean utilise cette artifice qui caricature facilement les opposants (on entend jusqu'ici l'électorat populiste : "Comment ? Ces privilégiés, ces magouilleurs de politiciens, tous pourris, voilà qu'ils veulent en plus se garder des sièges dans les Conseils d'administration ! C'est scandaleux !") car il résume le combat contre ces projets de loi au maintien de privilèges en faveur des députés !

 

 

Mais vraiment, je le répète et j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire car c'est l'argument de base du député libéral Gauthier pour défendre les projets de loi : on se moque complètement de l'incompatibilité éventuelle du statut de député !

 

 

Les représentants des Socialistes et des Verts ont refusé ces projets de loi pour UNE RAISON PRINCIPALE : la suppression de la représentation démocratique des propriétaires publics ! Contrairement à ce qu'écrit avec une mauvaise foi évidente (ou alors par incompétence, il n'aurait alors lu ni les lois ni les débats du Grand Conseil… ce qui m'étonne tout de même beaucoup) M. Grosjean, c'est totalement inexact de dire " Ceux-ci (les députés) avaient droit à un siège par parti.". Ce n'est pas les députés qui "avaient droit à un siège par parti", c'est les partis politiques ! C'est un représentant par parti du Grand Conseil ! Aucune obligation, aucune interdiction non plus, pour les députés, mais UN REPRESENTANT PAR PARTI !

 

D'ailleurs, et cela ne fait qu'empirer la médiocrité de ces lois, c'est que non seulement elles suppriment cette représentation des partis, donc des propriétaires et de la transparence qui va avec, mais elles ne s'attaquent surtout pas au vrai problème des Conseils d'administration : la compétence  des administrateurs ! J'en veux pour preuve – et une fois de plus contrairement à ce qu'écrit Arthur Grosjean "Moins de politique, plus d'efficacité", les articles des lois soumises en votation parlent de compétences de façon aussi peu précise que dans la Loi actuellement en vigueur ! Et tous les amendements soutenus et votés par les Socialistes et les Verts en plénière, qui visaient à préciser ce que veut dire "compétence" ont été refusés par la Droite ! M. Grosjean devrait le savoir !

 

A titre d'exemple, deux amendements refusés par la Droit (lisez la loi pour comparer !) et qui ne font donc pas partie des lois qui vous sont soumises :

 

PL 9628, Art. 7, chiffre 2 (nouveau) : qualification

 

En collaboration avec le Conseil d'administration en exercice, la Direction élabore annuellement le profil minimal de compétences auquel de nouveaux administrateurs doivent répondre pour pouvoir être désignés au sein du Conseil d'administration.

 

PL 9628, Art. 40, (nouveau) : mesure des performances du Conseil d'Administration

1 En collaboration avec le Conseil d'administration en exercice et la Direction de SIG, le Conseil d'Etat édicte tous les 4 ans un règlement comprenant la liste des indicateurs visant à mesurer annuellement la performance du Conseil d'administration et à définir les critères d'insuffisance de résultat.

 

2 Le règlement des indicateurs de performances est publié annuellement dans la FAO

 

3 Les résultats annuels de performance du conseil d'administration sont intégralement publiés dans les comptes de SIG

 

4 Lorsque la performance du Conseil d'administration se révèle insuffisante 3 années de suite, le Conseil d'administration est dissout et les membres ayant siégé durant cette période ne peuvent le faire à nouveau, à l'exception du Conseiller d'Etat en exercice.

 

Refusé ! refusé, toujours refusé ! Dans ces lois, il n'y a rien qui améliore les compétences des administrateurs ! D'ailleurs c'est assez farce ! M. Grosjean écrit "Les conseils d'administration sont pléthoriques et les députés qui y siègent ne maîtrisent pas à fond leur domaine". En réalité, le problème est général, pas lié aux quelques députés qui y siègent (de mémoire : Eric Stauffer aux HUG et SIG, Alberto Velasco à SIG, Michel Ducret aux TPG, Claude Marcet à SIG). Ben voyons ! Tant qu'on est député, on "ne maîtrise pas à fond le domaine" ! Le jour où on cesse de l'être, on le deviendrait ? Le vrai problème est que les partis ne nomment pas des représentants qui sont nécessairement compétents ! Des nominations pour services rendus, pour compensation de déception électorale ne devraient pas exister ! Or, rien ne l'empêchera dans les nouvelles lois ! Il n'y aucune exigence supplémentaire concernant les compétences des administrateurs !

 

 

En plus, M. Grosjean raconte une fois de plus des salades en prétendant que "le contrôle des députés" ne va pas disparaître. D'abord, ce n'est pas le contrôle des député-e-s qui pose fondamentalement problème, c'est celui des citoyens. Ensuite, le contrôle des Députés relève parfois de la farce (ou presque) : je siège depuis des années à la Commission de l'Energie et des SIG, qui étudie justement le budget de SIG… Nous devons accepter ou refuser (amendements impossibles !) ce budget approchant le milliard (oui ! le milliard !) de francs chaque année avant le 1er décembre… Mais évidemment le budget d'une entreprise de cette taille ne se fait pas en quelques heures au coin d'une table… donc nous l'obtenons fin octobre-début novembre pour l'étudier et le voter impérativement avant le premier décembre ! Vous pensez que c'est un contrôle, ça ? Je rigole !

 

 

Pour que les régies publiques soient mieux dirigées, il faut effectivement réformer les Conseils d'administration, ce que les Socialistes étaient prêts à faire lors des travaux en Commission, mais le résultat est ici catastrophique ! Il n'y a rien ! Alors que nous demandons plus de transparence, plus de compétence et plus de performance, la majorité de droite du Grand Conseil et M. Grosjean nous répond "pas de députés". N'importe quoi !

 

 

On peut pour de vraies bonnes raisons souhaiter que les Députés ne siègent pas dans les Conseils d'administration, notamment parce qu'ils votent des lois et gèrent les règles de fonctionnement (pas le fonctionnement ! Les règles de fonctionnement !) des régies publiques mais si on le souhaite, il n'était pas nécessaire de supprimer la représentation de tous les partis !

 

J'aimerais encore relever les prises de position du Conseil d'Etat et du Conseil Administratif de la Ville de Genève qui soutiennent ces projets de loi… A mon avis, on y voit surtout la classique et fort discutable volonté d'une grande majorité des membres des exécutifs d'éviter le contrôle transparent et détaillé de leurs actes…

 

 

Alors, pour conclure, je vous invite à refuser ces 3 lois dimanche 1er juin car il faut refuser des lois mal foutues et inefficaces et à reprendre cette problématique sur une base plus sérieuse !

 

 Les rapports :

 

SIG : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09628B.pdf

 

TPG : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09629B.pdf

 

HUG (hôpital) : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09627B.pdf

 

 

PS : Les amendements anti-moustachus. Je l'ai rapidement évoqué lors des débats du Grand Conseil… Pensez aux malheurs du siècle passé… aux guerres, aux massacres… Souvent, on trouve des dictateurs à l'origine de ces malheurs. Hitler, Staline. Saddam Hussein. D'autres encore. Quels points communs entre tous ces dictateurs ? Des moustaches ! Ha oui, des moustaches… Donc, certainement, pour favoriser la démocratie et éviter l'avènement des dictateurs, il est raisonnable de prendre une mesure particulière : interdisons les moustaches et les moustachus… L'amendement qui vise à empêcher des députés à siéger dans les conseils d'administration s'apparente exactement à ça ! Ce n'est parce qu'on est député ou non qu'on est compétent ou non ! Cela n'a rien à voir ! Et certains députés ont du temps pour y siéger, d'autres non. On ferait une fois de plus mieux de s'attaquer au problème des compétences !

 

22:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : sig, tpg, hug, conseils d'administration, performance, compétence, transparence | |  Facebook