19/12/2008

TPG : quelques commentaires sur le nouvel horaire : l'exemple du bus D et la desserte de Genève-Sud et du Genevois

L'entrée en vigueur d'un nouvel horaire des TPG est toujours l'occasion de découvrir de bonnes et mauvaises surprises… L'horaire entré en vigueur ce 14 décembre n'échappe pas à la règle.

 

Voici quelques commentaires et réflexions du modeste usager et observateur que je suis.

 

Le bus D… comme déplorable !

 

J'espère que cela ne vous dérange pas trop que je commence par le bus D, pas comme Deneys, rassurez-vous, mais toujours comme déplorable.

 

Je viens de recevoir "Direct, le bulletin des abonnés unireso", la communauté tarifaire (=le même ticket) genevoise. A la page 3, "Du neuf pour 2009", quelques "nouveautés TPG" sont présentées sous forme d'un petit plan. La ligne D est ainsi commentée : "Légèrement renforcée aux heures de pointe et le samedi après-midi".

 

Déplacement du terminus de la ligne au centre-ville

 

En premier lieu, il est regrettable de constater que la principale et plus pénible modification ne soit pas annoncée et assumée : le déplacement du terminus de la ligne de la gare Cornavin à la Place Bel-Air. Lorsqu'on sait que les lignes régionales ont un rôle à jouer également en terme de transport public au sens large, la liaison avec la gare Cornavin et les lignes CFF et SNCF est nécessaire pour garantir un minimum de qualité de service aux voyageurs responsables qui ne se déplacent pas en voiture.

 

La rupture de charge à Bel-Air est de nature à dissuader les usagers et encourage le recours à la voiture qui apparaît – et c'est malheureusement logique – plus "simple" à l'emploi que le gymkhana entre différents bus, des arrêts portant le même nom mais dispersés sur des centaines de mètres.

 

En direction du centre-ville

 

A ma gauche, l'horaire valable jusqu'au 13 décembre 2008 de l'arrêt Plan-les-Ouates. A l'écran, l'horaire du même arrêt valable dès le 14 décembre 2008.

 

Voyons, voyons… "Légèrement renforcée aux heures de pointe"…

 

Ancien horaire : 6h02 – 6h20 – 6h38 – 6h56

Nouvel horaire : 5h55 – 6h14 – 6h33 – 6h51

 

Ancien horaire : 7h14 – 7h32 – 7h50

Nouvel horaire : 7h08 – 7h24 – 7h39 – 7h56

 

Ancien horaire : 12h03 – 12h22 – 12h40 – 12h58

Nouvel horaire : 12h04 – 12h21 – 1239 – 12h57

 

Ancien horaire : 17h14 -  17h32 – 17h50

Nouvel horaire : 17h06 – 17h20 – 17h35 – 17h50

 

Ancien horaire : 18h08 – 18h26 – 18h44

Nouvel horaire : 18h05 – 18h20 – 18h35 – 18h50

 

On ne peut effectivement pas dire que ce soit plus que "léger". Quand on sait que le bus D est régulièrement surchargé, notamment en raison de la taille insuffisante de la plupart des bus qui assurent la liaison, on peut même en pleurer ! La voiture a décidément encore de beaux jours devant elle, merci !

 

L'autre – et habituelle – "cocasserie" (je pensais à un autre mot commençant par c) de l'horaire du bus D réside dans l'incapacité inexplicable à adopter un horaire cadencé ! Vous savez, on part chaque heure à 12, 22, 32, etc., ou même, allons, soyons fous !, plus compliqué, à 3, 18, 33, 48… enfin, ce n'est pourtant pas sorcier, on cadence selon une fraction entière de 60 minutes : 10, 12, 15, 20, 30 MAIS ON S'EN TIENT A CETTE LOGIQUE ! Ce qui vous évite de cauchemarder chaque nuit en cherchant le mystérieux algorithme permettant de savoir à quelle heure passera le prochain bus selon qu'il soit 8h ou 11h… C'est d'autant plus étrange que la plupart des autres lignes respectent un horaire cadencé ! Bon, le bus D a un statut particulier, il s'agit de bus au look TPG mais en réalité exploité par une autre entité, française, dans des conditions peu claires… Je n'arrive cependant pas à expliquer cette aberration d'horaire uniquement par un changement de pays, surtout que, à ma connaissance, nous utilisons les mêmes systèmes de mesure de temps et de distance…. et ce n'est pas non plus un effet pervers et indirect de la surexcitation brownienne régnant aujourd'hui à la tête de la République française, c'était déjà bordélique avant le bling-bling d'Etat.

 

Remarquez d'ailleurs la délicate subtilité de ce nouvel horaire : à 17h et 18h, c'est le même horaire, SAUF que nous avons 18h05 au lieu de 17h06 ! C'est vrai que 2 heures réellement et totalement cadencées auraient été de nature à déstabiliser complètement des usagers habitués à être traités comme des veaux.

 

De plus – mais avec le terminus à Bel-Air ce sera de toute façon encore pire – un horaire cadencé garantit une cohérence globale du système… avec les trains des CFF qui eux aussi circulent selon un horaire cadencé !

 

J'ai également sur mon bureau l'horaire CFF "Départ Gare de Genève, 14 décembre 2008 – 12 décembre 2009".

 

Prenons quelques trains particulièrement stratégiques pour les voyageurs :

 

6h10 – 7h10 – 8h10 – 9h10 – 10h10… : Lausanne – Fribourg – Berne – Lucerne

 

6h14 – 7h14 – 8h14 – 9h14 – 10h14… : Nyon – Morges – Yverdon-les-Bains – Neuchâtel – Bienne – (Bâle ou Zürich en alternance 1 fois sur 2)

 

6h36 – 6h56 - 7h33 (et 7h42) – 7h56 - 8h36 – 8h56 - 9h36 – 10h36… : Nyon – Morges – Lausanne – Sion – Brig

 

6h45 – 7h45 – 8h45 – 9h45 – 10h45… : Lausanne – Berne – Zurich – Saint-Gall

 

 

Vous serez sans doute d'accord avec moi pour constater qu'il semblerait possible de garantir des correspondances décentes en respectant justement un horaire cadencé au bus D. Même si c'est 2 fois par heure, des bus arrivant à la gare Cornavin à 6h – 6h30 – 7h – 7h30, ou même un peu mieux pour éviter les sprints fous à Cornavin, sauf pour le 56 vers le Valais qui passe sous le nez : 6h28 – 6h58 – 7h28 – 7h58… Donc, depuis mon arrêt préféré, revenons en arrière dans le temps : le trajet de l'horaire valable jusqu'au 13 décembre 2008 comptait 26 minutes jusqu'à Cornavin (en réalité c'est 26 minutes en moyenne, soit 20 ou moins quand il y a peu de trafic et 30 à 35 quand il y a des bouchons sur la Route de Saint-Julien ou la Route des Jeunes) : il aurait donc fallu partir de l'arrêt Plan-les-Ouates à 6h02, 6h32, 7h02, etc… Et évidemment rien ne vous empêchait de cadencer ces fréquences aux 20 minutes ou au quart d'heure pendant les heures de pointe.

 

Bon, la réflexion avait manifestement échappé aux stratèges de la planification des horaires du bus D, à moins que, dans un sursaut de folie, les informaticiens en charge de ce travail aient décidé d'utiliser la fonction Randomize... qui génère des nombres de façon aléatoire…

 

Aujourd'hui, avec le terminus de la ligne à Bel-Air, c'est plus compliqué car il faut en plus gérer la rupture de charge… De plus, le temps de trajet est rallongé d'une minute jusqu'à Bel-Air par rapport à l'horaire précédent, 24 minutes contre 23 (et de 2 minutes de plus jusqu'à la Jonction , 19 au lieu de 17 tout simplement parce qu'on laisse le bus D se traîner sans site propre sur la Route des Jeunes).

 

Le citoyen responsable qui souhaite utiliser les transports publics en venant de Saint-Julien ou de Plan-les-Ouates doit revoir sa stratégie pour se rendre à Cornavin car il doit faire face à une rupture de charge supplémentaire. Faut-il rester dans le bus jusqu'à la Place Bel-Air et compter sur "le prochain bus" qui ne manquera pas d'arriver pour aller en direction de Cornavin ? Faut-il plutôt quitter le bus D au Bachet-de-Pesay et prendre le tram 13 ? Ou au P+R Etoile pour prendre le tram 15 ? Ou à l'arrêt Stand parce que les arrêts sont plus concentrés ? En fait le problème est qu'il n'y a pas UNE réponse car sans horaire cadencé, c'est tout simplement impossible de définir systématiquement la meilleure stratégie de correspondance…. Bon, un adulte voyageant seul avec son sac à dos ou sa petite valise peut facilement changer de véhicule à un arrêt ou un autre et faire 100m de plus ou de moins à pied selon son choix… Mais pour une famille de 4 personnes, 2 enfants, 2 ou 3 valises et une poussette… c'est plus coton ! Un peu masochiste même peut-être…

 

Toujours pas de pôles d'échange dignes de ce nom

 

Ce dernier constat m'amène d'ailleurs à ce constat plus général : les TPG et unireso sont incapables de définir une véritable stratégie de pôles d'échange : déplacer le terminus de la ligne est une chose, en partie compréhensible en raison des travaux du tram Onex-Bernex (TCOB), mais l'arrêt Bel-Air offre-t-il des conditions d'accueil dignes de ce nom aux nombreux passagers qui le fréquentent ? La réponse est non. Presque pas de bancs. Quelques abris sommaires, 4 ou 5 personnes peuvent s'y asseoir, une dizaine s'y abriter. Plusieurs lieux de départ séparés notamment par les voies de circulation sur la place Bel-Air, mal signalés. Alors, typiquement, pour le bus D, faut-il laisser les passagers faire des choix tous aussi peu convaincants les uns que les autres (la galère au milieu des bagnoles au P+R Etoile ? Le néant inconfortable au Bachet ?) ou faut-il leur donner la possibilité de choisir un pôle d'échange aménagé en tant que tel, avec des abris, des bancs et si possible des toilettes publics ? Aujourd'hui, la réponse est le néant (mais c'est peut-être aussi parce que nous hébergeons le siège mondial du futur trou noir…).

 

En direction de Plan-les-Ouates et de Saint-Julien

 

Le fait que le départ du bus D soit déplacé à Bel-Air complique évidemment les déplacements des valeureux voyageurs qui arrivent à Genève en train. Rupture de charge et horaire stochastique sont de mise, comme dans l'autre sens… pourtant la cohérence des liaisons devrait être assurée, ne serait-ce que par des indications (panneaux indicateurs, tableaux électroniques, etc.) et un modèle de planification de la relation Gare Cornavin – arrêt Bel-Air départ Bus D. C'est là aussi que l'absence de moyens pour la définition et la conception de véritables pôles d'échange se fait sentir : voilà subitement que des lignes de bus, le K et le L ont leur terminus… à la Place De Neuve ! Un nouveau pôle d'échange ? Au milieu des bagnoles ? Au moins il y a le parc des Bastions ou des bistrots – je vous conseille Le Grütli, c'est vraiment une bonne adresse – si on rate le bus car il est parti 2 minutes en avance et que le suivant est 1h plus tard (si l'horaire est cadencé…). Mais de nouveau, il y a un moment où l'articulation des pôles d'échange de fait (Bel-Air) ou embryonnaires (Stand, Place Neuve) semble inexistante.

 

Je ne résiste cependant pas au "plaisir" de vous soumettre quelques nouveaux horaires en vigueur au départ de Bel-Air en direction de Plan-les-Ouates et Saint-Julien :

 

6h04 – 6h22 – 6h40 – 6h58

 

7h16 – 7h34 – 7h52

 

8h10 – 8h28 – 8h48

 

 

12h04 – 12h22 – 12h40 – 12h58

 

 

16h06 – 16h21 – 16h36 – 16h51

 

17h06 – 17h21 – 17h36 – 17h51

 

 

(Miracle ! 2 heures cadencées ! C'est UN SCOOP : C'EST P-O-S-S-I-B-L-E !!!)

 

18h06 – 18h24 – 18h46

 

En passant, dernier bus à 23h47 à Bel-Air, ce qui est plus tôt que dans l'horaire précédent (départ à 23h51 de Cornavin), idem le week-end, ce qui rend d'une part les arrivées tardives à Cornavin (de Paris à 23h35, de Bâle, Bienne, Neuchâtel et Yverdon à 23h46; peut-être que l'arrivée de Zurich-Berne à 23h24 vous permet d'y arriver… mais il ne vous faudra pas vous y lancer si vous avez 5 minutes de retard, sous peine de zoner à Bel-Air à minuit dans l'attente d'un hypothétique taxi…) et d'autre part les virées festives et nocturnes du week-end (donc il faudra prendre la voiture, ce qui est franchement incompréhensible quand on pense aux dangers liés à l'alcool au volant) incompatibles avec un déplacement en transport public jusqu'à Plan-les-Ouates ou Saint-Julien…

 

En fait, le bus D est un exemple, j'aurais peut-être dû en prendre un autre… Mais les questions de pôles d'échange, d'horaires cadencés et de non-rupture de charge méritent encore de nombreux efforts de la part du Conseil d'Etat, de la DGM et des TPG !

 

18:43 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : tpg, unireso, cff, horaires, bus d, trams, tram 15 | |  Facebook

22/05/2008

Des régies publiques mieux dirigées : Arthur Grosjean est-il incompétent ou malhonnête ?

Vendredi 16 mai, j'ai lu avec effroi l'édito d'Arthur Grosjean sur les Conseils d'administration des Régies publiques. Evidemment, M. Grosjean et la Tribune de Genève ont le droit d'être en faveur de ces projets de loi, c'est le cas depuis l'automne dernier et les débats épiques que nous avons eus ici au Grand Conseil, mais cet édito dépasse les bornes ! Comment M. Grosjean peut-il faire un résumé d'aussi mauvaise foi, en résumant l'enjeu à des victimes qui n'en sont d'ailleurs pas : les députés ?

 

 

Je cite : "Si l'affaire ne passe pas comme une lettre à la poste, c'est que l'amaigrissement des organes dirigeants fait des victimes : les députés. Ceux-ci avaient droit à un siège par parti."

 

 

Ces affirmations sont totalement mensongères ! Les partis politiques qui se sont opposés à ces projets de lois, les Socialistes et les Verts, ne l'ont jamais fait pour ces raisons ! L'incompatibilité du statut de Député avec celui d'administrateur d'une régie publique n'a jamais été considéré comme un argument déterminant pour accepter ou refuser ces propositions ! Le mémorial du Grand Conseil en est témoin. Et les rapports de minorité également. La mesure n'est peut-être – je dis bien : peut-être – pas dénuée de sens, mais à l'inverse, elle a tout de la mesure anti-moustachu !

 

 

M. Grosjean utilise cette artifice qui caricature facilement les opposants (on entend jusqu'ici l'électorat populiste : "Comment ? Ces privilégiés, ces magouilleurs de politiciens, tous pourris, voilà qu'ils veulent en plus se garder des sièges dans les Conseils d'administration ! C'est scandaleux !") car il résume le combat contre ces projets de loi au maintien de privilèges en faveur des députés !

 

 

Mais vraiment, je le répète et j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire car c'est l'argument de base du député libéral Gauthier pour défendre les projets de loi : on se moque complètement de l'incompatibilité éventuelle du statut de député !

 

 

Les représentants des Socialistes et des Verts ont refusé ces projets de loi pour UNE RAISON PRINCIPALE : la suppression de la représentation démocratique des propriétaires publics ! Contrairement à ce qu'écrit avec une mauvaise foi évidente (ou alors par incompétence, il n'aurait alors lu ni les lois ni les débats du Grand Conseil… ce qui m'étonne tout de même beaucoup) M. Grosjean, c'est totalement inexact de dire " Ceux-ci (les députés) avaient droit à un siège par parti.". Ce n'est pas les députés qui "avaient droit à un siège par parti", c'est les partis politiques ! C'est un représentant par parti du Grand Conseil ! Aucune obligation, aucune interdiction non plus, pour les députés, mais UN REPRESENTANT PAR PARTI !

 

D'ailleurs, et cela ne fait qu'empirer la médiocrité de ces lois, c'est que non seulement elles suppriment cette représentation des partis, donc des propriétaires et de la transparence qui va avec, mais elles ne s'attaquent surtout pas au vrai problème des Conseils d'administration : la compétence  des administrateurs ! J'en veux pour preuve – et une fois de plus contrairement à ce qu'écrit Arthur Grosjean "Moins de politique, plus d'efficacité", les articles des lois soumises en votation parlent de compétences de façon aussi peu précise que dans la Loi actuellement en vigueur ! Et tous les amendements soutenus et votés par les Socialistes et les Verts en plénière, qui visaient à préciser ce que veut dire "compétence" ont été refusés par la Droite ! M. Grosjean devrait le savoir !

 

A titre d'exemple, deux amendements refusés par la Droit (lisez la loi pour comparer !) et qui ne font donc pas partie des lois qui vous sont soumises :

 

PL 9628, Art. 7, chiffre 2 (nouveau) : qualification

 

En collaboration avec le Conseil d'administration en exercice, la Direction élabore annuellement le profil minimal de compétences auquel de nouveaux administrateurs doivent répondre pour pouvoir être désignés au sein du Conseil d'administration.

 

PL 9628, Art. 40, (nouveau) : mesure des performances du Conseil d'Administration

1 En collaboration avec le Conseil d'administration en exercice et la Direction de SIG, le Conseil d'Etat édicte tous les 4 ans un règlement comprenant la liste des indicateurs visant à mesurer annuellement la performance du Conseil d'administration et à définir les critères d'insuffisance de résultat.

 

2 Le règlement des indicateurs de performances est publié annuellement dans la FAO

 

3 Les résultats annuels de performance du conseil d'administration sont intégralement publiés dans les comptes de SIG

 

4 Lorsque la performance du Conseil d'administration se révèle insuffisante 3 années de suite, le Conseil d'administration est dissout et les membres ayant siégé durant cette période ne peuvent le faire à nouveau, à l'exception du Conseiller d'Etat en exercice.

 

Refusé ! refusé, toujours refusé ! Dans ces lois, il n'y a rien qui améliore les compétences des administrateurs ! D'ailleurs c'est assez farce ! M. Grosjean écrit "Les conseils d'administration sont pléthoriques et les députés qui y siègent ne maîtrisent pas à fond leur domaine". En réalité, le problème est général, pas lié aux quelques députés qui y siègent (de mémoire : Eric Stauffer aux HUG et SIG, Alberto Velasco à SIG, Michel Ducret aux TPG, Claude Marcet à SIG). Ben voyons ! Tant qu'on est député, on "ne maîtrise pas à fond le domaine" ! Le jour où on cesse de l'être, on le deviendrait ? Le vrai problème est que les partis ne nomment pas des représentants qui sont nécessairement compétents ! Des nominations pour services rendus, pour compensation de déception électorale ne devraient pas exister ! Or, rien ne l'empêchera dans les nouvelles lois ! Il n'y aucune exigence supplémentaire concernant les compétences des administrateurs !

 

 

En plus, M. Grosjean raconte une fois de plus des salades en prétendant que "le contrôle des députés" ne va pas disparaître. D'abord, ce n'est pas le contrôle des député-e-s qui pose fondamentalement problème, c'est celui des citoyens. Ensuite, le contrôle des Députés relève parfois de la farce (ou presque) : je siège depuis des années à la Commission de l'Energie et des SIG, qui étudie justement le budget de SIG… Nous devons accepter ou refuser (amendements impossibles !) ce budget approchant le milliard (oui ! le milliard !) de francs chaque année avant le 1er décembre… Mais évidemment le budget d'une entreprise de cette taille ne se fait pas en quelques heures au coin d'une table… donc nous l'obtenons fin octobre-début novembre pour l'étudier et le voter impérativement avant le premier décembre ! Vous pensez que c'est un contrôle, ça ? Je rigole !

 

 

Pour que les régies publiques soient mieux dirigées, il faut effectivement réformer les Conseils d'administration, ce que les Socialistes étaient prêts à faire lors des travaux en Commission, mais le résultat est ici catastrophique ! Il n'y a rien ! Alors que nous demandons plus de transparence, plus de compétence et plus de performance, la majorité de droite du Grand Conseil et M. Grosjean nous répond "pas de députés". N'importe quoi !

 

 

On peut pour de vraies bonnes raisons souhaiter que les Députés ne siègent pas dans les Conseils d'administration, notamment parce qu'ils votent des lois et gèrent les règles de fonctionnement (pas le fonctionnement ! Les règles de fonctionnement !) des régies publiques mais si on le souhaite, il n'était pas nécessaire de supprimer la représentation de tous les partis !

 

J'aimerais encore relever les prises de position du Conseil d'Etat et du Conseil Administratif de la Ville de Genève qui soutiennent ces projets de loi… A mon avis, on y voit surtout la classique et fort discutable volonté d'une grande majorité des membres des exécutifs d'éviter le contrôle transparent et détaillé de leurs actes…

 

 

Alors, pour conclure, je vous invite à refuser ces 3 lois dimanche 1er juin car il faut refuser des lois mal foutues et inefficaces et à reprendre cette problématique sur une base plus sérieuse !

 

 Les rapports :

 

SIG : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09628B.pdf

 

TPG : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09629B.pdf

 

HUG (hôpital) : http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09627B.pdf

 

 

PS : Les amendements anti-moustachus. Je l'ai rapidement évoqué lors des débats du Grand Conseil… Pensez aux malheurs du siècle passé… aux guerres, aux massacres… Souvent, on trouve des dictateurs à l'origine de ces malheurs. Hitler, Staline. Saddam Hussein. D'autres encore. Quels points communs entre tous ces dictateurs ? Des moustaches ! Ha oui, des moustaches… Donc, certainement, pour favoriser la démocratie et éviter l'avènement des dictateurs, il est raisonnable de prendre une mesure particulière : interdisons les moustaches et les moustachus… L'amendement qui vise à empêcher des députés à siéger dans les conseils d'administration s'apparente exactement à ça ! Ce n'est parce qu'on est député ou non qu'on est compétent ou non ! Cela n'a rien à voir ! Et certains députés ont du temps pour y siéger, d'autres non. On ferait une fois de plus mieux de s'attaquer au problème des compétences !

 

22:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : sig, tpg, hug, conseils d'administration, performance, compétence, transparence | |  Facebook