16/10/2009

L'éthique en toc de la Tribune de Genève

Mercredi 7 octobre, l'émission "Médialogues" de la Radio suisse romande consacrait une partie de son émission à la publication, dans l'édition du lundi 5 octobre de la Tribune de Genève, de l'encart de l'UDC faisant un lien entre le projet de train Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA) et une "racaille" qui viendrait à Genève depuis la France voisine.

Dans son édition du 4 octobre, Pierre Ruetschi, rédacteur en chef du journal, avait déjà donné un avant-goût des raisons qui auraient guidé le choix de la rédaction. C'est au nom de "principes clairs" que celle-ci (c'est-à-dire lui-même) aurait en effet décidé d'accepter cet achat d'espace publicitaire: "D'abord, il est sain en démocratie de maintenir la plus grande liberté d'expression possible, dans les limites du droit bien entendu". De plus, "la publicité en question montre le vrai visage de l'UDC, sans fard ni artifice".

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13:45 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : éthique, tribune de genève, udc, journalisme, publicité, pierre ruetschi | |  Facebook

07/10/2009

Conseil d'Etat : Dr. Jekyll-Nidegger et Mr. Hyde-Pardo

La publicité de l'UDC dans la Tribune de Genève de ce lundi 5 octobre (« Le CEVA ? Un nouveau moyen de transport pour la racaille d'Annemasse ») a suscité une légitime levée de bouclier, d'indignations et de réactions scandalisées.

Je ne suis pourtant pas certain que le but premier de cette annonce provocatrice était de mobiliser l'électorat UDC pour les élections au Grand Conseil.

J'ai même l'impression que l'UDC, avec la complicité de certains responsables de la Tribune de Genève, que j'ai de la peine à considérer comme complètement naïfs, cherche à nous jouer un mauvais remake du film Le bon, la brute et le truand.

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08/12/2008

M. Stauffer et le Grand Conseil (en passant par M. Décaillet) : du mensonge à la violence

 

"La tromperie n'entre jamais en conflit avec la raison, car les choses auraient pu se passer effectivement de la façon dont le menteur le prétend. Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le menteur possède le grand avantage de savoir d'avance ce que le public souhaite entendre ou s'attend à entendre. Sa version a été préparée à l'intention du public, en s'attachant tout particulièrement à la crédibilité, tandis que la réalité a cette habitude déconcertante de nous mettre en présence de l'inattendu, auquel nous n'étions pas préparés."

 

 

Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, Agora Pocket, pp.10 et 11

 

Il y a quelques semaines, au lendemain de l'élection de M. Cerruti au Conseil administratif de Vernier, j'avais été violemment pris à parti par M. Décaillet sur son blog… et j'étais assez songeur… Peut-on exprimer des positions différentes sans recevoir en échange des anathèmes catégoriques ? Surtout que cette réaction virulente était liée à ma critique de la complaisance de M. Décaillet envers le Député Stauffer et des "valeurs" qu'il transmet.

 

Cette perplexité m'avait conduit dans une des meilleures librairies de Genève, la Librairie du Boulevard, à la recherche d'un ouvrage susceptible de nourrir mes réflexions…

 

J'y ai trouvé, au hasard, attiré par le titre, ce livre d'Hannah Arendt que j'ai commencé à lire immédiatement après dans le tram… Et j'y ai notamment trouvé cette citation qui me semble extrêmement bien correspondre à la problématique que pose M. Stauffer à notre démocratie et à notre Grand Conseil en particulier.

 

Jeudi soir – ce n'était qu'un début – dans le cadre du débat sur le budget 2009 des SIG, où M. Stauffer assénait avec sa violence coutumière des arguments inexacts, il m'a semblé utile de ressortir ce livre de mon sac… Car nous venions d'être violemment pris à parti pour avoir osé contester l'interprétation du Conducator … Après un déversement rituel de bile haineuse sur les socialistes (c'est sa façon de "prouver" qu'il n'est ni de gauche ni de droite), j'ai eu droit à un "je ne lis pas mes rapports"… Ben voyons !

 

Je me suis donc permis de lire cet extrait d'Hannah Arendt au Grand Conseil jeudi soir car il me semble très proche de ce que nous vivons, tout parti confondu : nous sommes désemparés et nous ne savons pas toujours quoi répondre car les tromperies sont tellement grossières MAIS si bien préparées !

 

En lisant l'édito de M. Etienne ce lundi 8 décembre dans la Tribune de Genève, en ayant appris que M. Décaillet semblait aussi soutenir M. Stauffer après son exclusion vendredi soir au Grand Conseil, je ne peux m'empêcher d'ajouter que les médias, la Tribune de Genève et Léman Bleu en particulier, amplifient l'effet des tromperies en question car elles les relayent avec force, alors qu'elles ne mériteraient que de finir dans les oubliettes du blabla de la République. Sans interview, sans invité spécial.

Je ne peux d'ailleurs pas non plus m'empêcher de penser que l'appât du gain, du tirage, de l'audimat facile sont à la base de cette écoeurante complaisance. Comme sur TF1 : si c'est scandaleux, sanglant, racoleur, c'est l'essentiel. Même si c'est faux.

 

18/10/2008

Constituante, arithmétique radicale et démocratie : on est mal barrés !

(en passant par la complaisance médiatique du moment)

 

 

La Constituante est un processus éminemment sérieux dans lequel je n'ai pas eu le temps de m'investir autant que je l'aurais souhaité. On ne peut pas tout faire. Je me contenterai d'évoquer ci-dessous une des raisons pour lesquelles j'ai des doutes quant au succès de ce processus.

 

 

A la lecture de la publicité radicale de la page 21 de la Tribune de ce vendredi 17 octobre, je ne peux m'empêcher de penser que nous vivons dans une démocratie arithmétiquement mal barrée.

 

 

Ainsi "l'ouverture" serait incarnée par "75 députés au lieu de 100" et signifierait "+ de démocratie" et "- de blabla".

 

 

Je sais que les radicaux genevois traversent une profonde crise de sens et qu'ils ont tendance à se raccrocher à toutes les idées simplistes qui passent tout en essayant de se donner une image jeune et branchée (festive, merci Frédéric; plus écolo, merci Antonio). Ces idées simplistes, véhiculées notamment et avec son brio habituel de chef des vendeurs de supermarché par l'ancien – et sympathique, c'est vrai - député Pierre Kunz, plaisent évidemment à mon cher ami Décaillet (je me demande d'ailleurs s'ils ne partagent pas un amour commun pour Louis Pauwels, sans que je puisse déterminer si cela se limite à la période Figaro Magazine/extrême droite conservatrice ou si cela inclut également la période moins connue des écrits érotiques… mystère !)… Mais franchement, où nous mènent-elles, ces idées ?

 

 

Comment peut-on par exemple aborder un véritable processus démocratique participatif, prospectif, tourné vers l'avenir, en respectant les sensibilités, les minorités, qui existent et qui ont le droit d'exister, en écrivant à l'avance un projet tout ficelé de nouvelle Constitution ? C'est un manque flagrant de respect des autres, de tous les autres, de gauche comme de droite, et cela augure mal de l'avenir.

 

 

Ensuite, ce qui me fait tiquer aujourd'hui, c'est cette équation "moins de députés = + de démocratie et – de blabla"…

 

 

Je n'ai rien contre l'hypothèse d'une baisse du nombre de députés mais franchement, y a-t-il un lien entre le nombre de députés et le taux de démocratie d'une société ? C'est un gag ! Cela signifierait donc que le Conseil National est moins démocratique que le Grand Conseil ? Que l'Assemblée nationale française l'est encore moins ?

 

 

En plus, les radicaux devraient alors aller au bout de leur stupide fantasme arithmétique : si moins de députés, c'est plus de démocratie et moins de blabla, alors 0 députés, la suppression du parlement, du pouvoir législatif, ce serait le nirvana démocratique ? Pour un parti qui revendique à longueur d'année son rôle historique "révolutionnaire", c'est un sacré retournement de situation ! Et avec un seul député, c'est certain que normalement on ne perd pas trop de temps à discuter avec soi-même… Cette démocratie ressemble furieusement à une dictature, non ? Vive l'Empereur Pierre 1er !

 

 

Le silence imposé aux minorités, à celles et ceux qui ne pensent pas assez à droite, est un véritable fond de commerce du Parti radical genevois, il l'a encore prouvé récemment au Grand Conseil en proposant puis en faisant voter des dispositions visant à limiter les droits et les temps de parole de la minorité.

 

 

C'est d'ailleurs assez "drôle" (politesse du désespoir) de voir les partis de droite, Libéraux en tête, qui se revendiquent de et pour la Liberté à toutes les sauces, imposer à longueur d'année des lois liberticides (restriction du droit de manifester, restriction de la liberté d'affichage, interdiction de la mendicité, réduction du temps de parole au Grand Conseil, contrôle politique - dans le sens commissaire politique, Weiss power - des associations, etc.)

 

 

Et une démocratie qui se construit sans écouter ses minorités ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Y a-t-il aujourd'hui des dysfonctionnements majeurs liés à la présence de minorités au Grand Conseil ? J'ai plutôt l'impression que c'est déjà le contraire aujourd'hui : la majorité de Droite du Grand Conseil écrase souvent la minorité, avec arrogance, avec mépris, sans écouter nos remarques, nos propositions, nos arguments… Sans aller jusqu'à imaginer que nous aurions pu avoir raison, il me semblerait pourtant utile dans une démocratie bien comprise de tenir compte des arguments de la minorité, ne serait-ce que pour éviter des référendums, des recours, des pertes de temps, des passages en force qui accentuent les malaises dans notre société. On peut penser à la Loi sur le chômage, refusée une première fois par le peuple et ensuite acceptée au forceps (chantage fédéral) et sans attendre dans une nouvelle mouture qui était loin de clarifier tous les problèmes soulevés lors de la première tentative de révision ou plus récemment aux lois tellement mal foutues sur les Conseils d'administration des régies publiques autonomes refusées en votation populaire (référendums aboutis à quelques dizaines de voix près, je n'ai jamais été aussi heureux qu'après mes 25 voix récoltées seul à Plan-les-Ouates… donc on imagine bien la solution radicale au "problème" : augmenter le nombre de signatures requises).

 

 

Je pense qu'il faut encore une fois rappeler que la Suisse et Genève en particulier vivent une démocratie effectivement lente, mais que cela est dû en grande partie à la complexité des problèmes et problématiques à résoudre sur un territoire restreint et dense ! Nier cette réalité en invoquant des blocages abusifs, c'est nier la démocratie suisse.

 

 

Enfin, la Constituante sera telle qu'elle sortira des urnes, alea jacta est, je n'essaye même pas (c'est bien trop tard) de vous convaincre de la nécessité de voter pour des listes et des personnes qui sont tournées vers l'avenir et des valeurs et pas pour celles qui sont tournées vers le passé et la défense de leurs intérêts personnels privilégiés…. Mais avec les Radicaux d'aujourd'hui et leur vision d'une démocratie toujours plus totalitaire, la nouvelle Constitution risque d'être une soupe à la grimace…

 

 

 

PS1 : rien à voir ou presque, complaisance médiatique saisie au vol: je crois que c'était dans la TdG de jeudi, une brève de Henri Della Casa sur l'excellente initiative des Verts de la ville pour les 200 places piétonnes : il termine son article par le rappel de la position des radicaux sur cet objet. Rien que les Radicaux. Pas l'UDC ou Solidarités, ni les libéraux ou les PDC, ni les Socialistes… seulement la position radicale… Comment pourrions-nous appeler cela, le terme m'échappe…

 

 

PS2 : puisque je suis reparti sur la presse et la TdG , je ne peux pas m'en empêcher : je suis toujours navré quand les comptes-rendus du Grand Conseil sont faits de façon trop "partiale", l'autre jour c'était le PL visant à faire entrer dans le droit genevois la disposition – pourtant optionnelle – visant à imposer seulement le 60% des revenus du capital… rapport de majorité, l'illustre Député Olivier Jornot, rapport de minorité, la moins médiatique Députée socialiste Lydia Schneider Hausser… Le compte-rendu de Marc Bretton dans la TdG relate le débat en citant plusieurs fois Olivier mais évoque seulement Lydia à une occasion. Evidemment - mais là je ne pense pas que Marc y puisse grand' chose, ça doit faire partie de la tradition TdG – la photo qui illustre l'article est celle d'Olivier, qu'on a déjà pourtant vu en grand la veille suite à son annonce de candidature au Conseil d'Etat… Et même si Lydia ou bibi ne se sont pas exprimés avec l'éloquence d'Olivier, même si je n'étais personnellement pas bon, il me semblerait pourtant possible de citer aussi quelques uns de nos arguments, tels que nous les avons formulés, sans les filtrer au préalable (ce qui signifie d'ailleurs en fait que le journaliste estime justement qu'ils ne sont pas bons, mais à mon avis c'est au lecteur de juger pas au journaliste… là, c'est vraiment, vraiment, vive Léman Bleu !)

 

 

02/10/2008

Décaillet ou la baudruche de la liberté autoproclamée qui se dégonfle

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

En arrivant en commission ce mercredi midi, j'apprends par un Député populiste ravi et gonflé à bloc, que l'invité de M. Décaillet ce matin sur Radio-Cité était Maître Bonnant, venu conforter la thèse du maître de céans, à savoir que le MCG n'était pas populiste. Quelques échos de-ci, de-là m'apprennent également que M. Décaillet s'est fendu d'une réponse sur son blog à mon précédent billet…

Voyons, voyons… M. Décaillet se la joue traditionaliste, il commence par une petite attaque personnelle gratuite " Député au Grand Conseil, élu pour s’occuper du bien commun, le socialiste Roger Deneys passe le plus clair de son temps à expectorer, dans un style où l’approximatif le dispute au nauséabond, le plus noir de son fiel contre tout journaliste de ce pays donnant la parole à d’autres voix que celles de son seul camp. C’est son occupation principale. Son moteur.".

Comme je n'ai jamais rencontré ce monsieur et que je ne pense pas qu'il se soit intéressé auparavant à mes modestes, très modestes, horriblement modestes faits et gestes de fourmi, je me demande évidemment sur quoi il se fonde concrètement pour tenir de tels propos, peut-être a-t-il pu consulter ma fiche à la P 26, au Vatican ou à Ecône ?

Mais impossible de le savoir. Pourtant, et je n'oserais évidemment pas donner de leçon de journalisme à M. Décaillet, il me semblait que les preuves, la précision, le récit des faits, des sources d'information identifiées étaient à la base du journalisme digne de ce nom… Mais ici, rien, il ne justifie même pas le contenu de son blog par un lien sur mon article ! 

Bon, je n'ai peut-être pas les qualités requises pour être considéré comme un expert en matière de journalisme, mais j'ai la chance d'avoir pu nourrir mes réflexions sur le sujet tant par une lecture attentive - et critique - du Canard Enchaîné depuis de très nombreuses années (c'est un modèle en la matière, d'autant plus qu'il n'a pas de publicité et ne dépend donc pas d'intérêts financiers occultes) et d'avoir plusieurs amis journalistes… dont le parrain et la marraine de mon fils : eux, dans leur travail, me semblent savoir faire preuve d'écoute et de respect, sans pour autant renoncer à leurs convictions.

Je suis "nauséabond" mais nous empruntons notre vocabulaire au même marécage, je le qualifie certes de crapaud mais son billet traite de grenouilles celles et ceux qui ne pensent pas comme lui…

Mon "occupation principale" est "d'expectorer mon fiel contre tout journaliste", "toute haine de l’autre joyeusement crachée" mais il ne connaît pas mon emploi du temps, ni mon travail ni mes autres activités. Je blogue de 7 en 14 alors que lui écrit ou paraît quotidiennement dans les médias genevois et que je lis régulièrement des papiers dans lesquels lui dénigre gratuitement le  monde politique genevois qui ne pense pas comme lui.

Il trouve mon style "approximatif" mais dans mon billet je cite précisément ses écrits alors que lui ne le fait pas (et il ne met même pas de lien sur mon billet, ce qui permettrait à tout un chacun de juger de nos styles et emportements respectifs).

Et je n'ai pas à ce jour eu connaissance des qualifications de M. Décaillet en matière de jugement de styles, la fréquentation mondaine des artistes ou autres "élites" ne me semblant pas de nature à faire de qui que ce soit un artiste, même si c'est une prétention courante chez les personnes qui se pensent cultivées. Mais en réalité, il n'y a pas d'art sans risque.

Mais c'est vrai qu'il a sans doute été désarçonné car il ne doit pas souvent lire ou entendre des critiques : tout le monde, des artistes aux politiques, sait bien que pour bénéficier de la puissance médiatique, il faut de préférence servir la soupe (pour parler poliment) de ces fantastiques, brillants, uniques journalistes et animateurs ! La complaisance est la norme. La vérité l'exception. D'ailleurs, la fourmi Deneys ne perd rien pour attendre, à un an des élections cantonales, elle va se faire broyer par le Décaillet déchaîné… Pauvre de moi ! J'en tremble déjà…

Le pire dans le papier de M. Décaillet, est qu'il ne sait même pas lire. Il interprète, suivi par quelques zélateurs obtus (on quitte le monde des batraciens pour entrer dans celui des ovins). La vue peut-être brouillée par la contradiction, comme un petit garçon boudeur, il me fait penser à mon fils de 6 ans et demi.

Mon papier revenait sur sa négation du qualificatif "populisme" au sujet du MCG. Dans ce papier, je n'ai pas du tout cherché d'explications aux résultats de dimanche dernier à Vernier. Et il ne sait même pas ce que j'en pense, il ne m'a pas appelé, ni interviewé, ni sur les résultats de dimanche, ni sur la candidature socialiste. Il n'a pas non plus pu le lire ici ou là car je ne me suis pas exprimé publiquement sur le sujet (ça viendra peut-être mais, vous savez, en politique comme ailleurs, on aime d'abord laver son linge sale en famille). Mais il sait : "Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est la confirmation, chez certains socialistes genevois (Dieu merci, pas majoritaires) de l’incapacité à perdre une élection sans immédiatement en rendre responsable la presse".

Je suis membre d'un parti politique, donc effectivement "partisan" et libre de l'être (parce que pour M. Décaillet, un socialiste devrait être conservateur, intégriste même, démagogique, favorable aux baisses d'impôts en faveur des plus riches, favorable à de grands projets qui bétonnent le territoire, etc., etc. … bref, tout sauf socialiste !) lui est journaliste, sensé respecter des principes d'indépendance et d'objectivité énoncés à la fois dans la "Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste" et la "Loi fédérale sur la radio et la télévision", mais il mélange allégrement les genres, quand ça l'arrange, comme ça l'arrange, passant d'une casquette d'éditorialiste dans la Tribune de Genève à celle de journaliste sur Léman Bleu ou Radio-Cité… C'est trop facile et c'est à mon avis un des principaux reproches qu'on peut faire à Léman Bleu, qui n'est pas TV Vatican ou TV Ecône : avec M. Décaillet et ses nombreuses casquettes interchangeables, les limites de l'article 4 de la Loi fédérale sur la radio et la télévision, Exigences minimales quant au contenu des programmes" sont atteintes, voire dépassées. Et il n'y a plus aucune vraie liberté, seulement la pensée unique, pour ne pas dire l'unique pensée.

Comme je n'étais jamais allé sur son blog, je vois que M. Décaillet l'a, en toute modestie, intitulé "Liberté".

 

Ben, voyons ! La démonstration est ici faite ! Liberté d'asséner des jugements à 2 balles sur tout un chacun, mais interdiction d'oser contredire le grand homme !

Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste http://www.presserat.ch/21730.htm  

Déclaration des devoirs

Le/la journaliste qui récolte, choisit, rédige, interprète et commente les informations respecte les principes généraux de l'équité exprimés par une attitude loyale envers ses sources, les personnes dont il/elle parle et le public ; il/elle tient pour ses devoirs essentiels de: 1.      Rechercher la vérité, en raison du droit qu'a le public de la connaître et quelles qu'en puissent être les conséquences pour lui-même. 2.      Défendre la liberté d'information et les droits qu'elle implique, la liberté du commentaire et de la critique, l'indépendance et la dignité de la profession. 3.      Ne publier que les informations, les documents, les images et les sons dont l'origine est connue de lui/d'elle; ne pas supprimer des informations ou des éléments d'information essentiels; ne dénaturer aucun texte, document, image et son, ni l'opinion d'autrui ; donner très précisément comme telles les nouvelles non confirmées; signaler les montages photographiques et sonores.

RS 784.40 Loi fédérale sur la radio et la télévision http://www.admin.ch/ch/f/rs/784_40/a4.html

Art. 4 Exigences minimales quant au contenu des programmes

1 Toute émission doit respecter les droits fondamentaux. Elle doit en particulier respecter la dignité humaine, ne pas être discriminatoire, ne pas contribuer à la haine raciale, ne pas porter atteinte à la moralité publique et ne pas faire l’apologie de la violence ni la banaliser. 2 Les émissions rédactionnelles ayant un contenu informatif doivent présenter les événements de manière fidèle et permettre au public de se faire sa propre opinion. Les vues personnelles et les commentaires doivent être identifiables comme tels. 3 Les émissions ne doivent pas nuire à la sûreté intérieure ou extérieure de la Confédération ou des cantons ni à leur ordre constitutionnel, ni violer les obligations contractées par la Suisse en vertu du droit international. 4 Les programmes des concessionnaires doivent refléter équitablement, dans l’en-semble de leurs émissions rédactionnelles, la diversité des événements et des opinions. Si une zone de desserte est couverte par un nombre suffisant de diffuseurs, l’autorité concédante peut exempter un ou plusieurs concessionnaires de l’obligation de diversité.

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2008/09/30/roger-deneys-l-impasse-du-destin.html#comments

Roger Deneys, l'impasse du destin

Sur le vif – Mardi 30.09.08 – 09.25h

Député au Grand Conseil, élu pour s’occuper du bien commun, le socialiste Roger Deneys passe le plus clair de son temps à expectorer, dans un style où l’approximatif le dispute au nauséabond, le plus noir de son fiel contre tout journaliste de ce pays donnant la parole à d’autres voix que celles de son seul camp. C’est son occupation principale. Son moteur. Cet élu, dont on attend vainement, au passage, l’amorce d’une idée pour faire avancer la vie de la Cité , s’en va vitupérant, toutes stridences sifflées, toute haine de l’autre joyeusement crachée, sur les chemins d’impasse de son destin. C’est son droit. Chacun occupe son existence comme il peut. Mais Roger Deneys, au fond, existe-t-il ? Ce qui est un peu plus inquiétant, c’est la confirmation, chez certains socialistes genevois (Dieu merci, pas majoritaires) de l’incapacité à perdre une élection sans immédiatement en rendre responsable la presse, comme on tue le messager de la mauvaise nouvelle. Oui, il y a, dans ce parti cantonal, une petite clique de censeurs, détestant au fond la presse, la libre circulation des idées, rugissant dès qu’on donne la parole à leurs adversaires, ou qu’on exprime un point de vue contrariant leur dogme. Juste une clique, mais qui fait du bruit : naguère un conseiller national, aujourd’hui une magistrate de la Ville , ainsi qu’un maire, lorsqu’on omet de faire la révérence devant la Lumière de sa Préciosité. Autant dire, pas grand monde. (…) Pascal Décaillet, alias "Liberté"

30/09/2008

MCG : Décaillet fait semblant de ne pas voir l'arbre qui cache la forêt

A la lecture de la chronique de M. Décaillet de ce lundi 29 septembre 2008, je ne peux m'empêcher d'être atterré devant tant de mauvaise foi.

Ainsi, ce serait de "mauvais perdants (qui) tentaient d'expliquer leur échec par le "populisme" du MCG", des "donneurs de leçons" qui ne verraient pas que "le meilleur allié du MCG, c'est sans doute, par exemple, l'arrogant silence du ministre de tutelle des SIG chaque fois qu'on le sollicite sur le sujet".

Et M. Décaillet , en sombre crapaud prophétique qui se proclame "ni MCG ni partisan du populisme", d'évoquer le chœur des batraciens coassant "populisme" pendant que le MCG, "lentement mais sûrement, continuera de marquer des points"

Que M. Décaillet ne soit pas populiste, je dois dire que j'ai des doutes. Au-delà de son vernis de culture qui éblouit même parfois les innocentes petites reinettes, il avait, presque au hasard, parmi ses invités favoris au moins du temps de Forum (mais je ne pense pas que cela ait changé depuis) Uli Windisch, un sociologue de l'Université de Genève qui tient des théories discutables, et même parfois proches des théories simplistes de l'UDC.

D'autre part, et c'est là que je pense que M. Décaillet bave un peu vite sur les gentilles grenouilles, il feint d'oublier qu'il contribue presque à plein temps au succès du MCG et de ses sbires les plus en vue en les invitant régulièrement sur son plateau de télévision, en en parlant dans sa chronique dans la Tribune, quand ce n'est pas encore en plus sur son blog qui est repris en dernière page de la Tribune… Ben voyons ! Pas de raison de s'arrêter : c'est bon pour l'audimat et le tirage ! Et ce qui est bon pour l'audimat et le tirage est bon pour les affaires… et sans doute aussi celles de M. Décaillet (plus de lecteurs, plus de téléspectateurs, plus d'auditeurs maintenant que Radio Cité s'y met aussi, augmentent la valeur marchande de M. Décaillet ).

Et jusqu'à ce jour, tant la Tribune de Genève que Léman Bleu, où sévit M. Décaillet , accordent une couverture médiatique totalement disproportionnée aux individus en question, alors même que la plupart de leurs affirmations (du genre de celles qu'on peut entendre au sujet du voyage du Grand Conseil qui serait payé par les contribuables ou d'un prétendu "vol de 100 millions aux genevois" par les SIG) sont d'une part fausses, mais surtout formulées en des termes qui ne laissent pas de place aux explications sérieuses. L'énormité des affirmations, le dénigrement sous-jacent et permanent des institutions et des personnes qui en seraient les auteurs, rendent le débat normal et sain sur le fonctionnement de nos institutions, totalement impossible !

En effet, les personnes sérieuses sont totalement incapables de répondre à ces affirmations que vous propagez avec délectation car, justement, des personnes sérieuses n'utilisent pas la même rhétorique… Et cela ne vous intéresse guère, M. Décaillet , ça ne fait pas vendre !

Si on prend la question des "100 millions volés aux genevois par SIG", comment est-il possible dans notre République, d'imaginer que cela puisse correspondre à la réalité ? La formulation est évidemment plus alléchante pour vendre le sujet mais c'est tellement faux qu'on ne devrait simplement pas avoir le droit de l'utiliser, sauf à vouloir jouer au pompier pyromane. En réalité, la question qui se pose est celle du prix de l'énergie payée par les genevois-e-s au regard des enjeux stratégiques de l'entreprise (qui est quand même revenue de loin et qui a encore pas mal de chemin à parcourir), de sa politique énergétique (verte, etc.), de l'appétit des actionnaires publics (et qui va d'ailleurs en s'accentuant, compte tenu de la politique de Droite qui consiste à baisser les impôts avant de rembourser les dettes et de payer les prestations nécessaires) et aussi de la nécessité sociétale de baisser des prix de biens précieux alors que le gaspillage est énorme ! Alors, quand on lit "100 millions volés", on est déjà mal barrés pour causer sérieusement ! Reformuler, recadrer, ne pas se laisser emporter dans une dérive professionnelle au relent commercial… C'est ce que j'attendrais de journalistes sérieux.

C'est d'ailleurs parce que M. Décaillet met le mot populisme entre guillemets quand il parle du MCG que je tique… Le MCG ne serait-il donc pas "populiste" comme le coassent les batraciens ? J'ai un doute… Alors, pour être plus au clair, je fais quand même quelques rapides recherches sur Internet. Il y a, parmi bien d'autres contributions, la définition de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique)

et une chronique du Nouvel Obs http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p19940602/articles/a34851-populisme_nationalisme_fascisme.html

dans laquelle je lis notamment ceci "A l'époque moderne, la télévision est l'instrument par excellence du populisme, d'où son utilisation par des démagogues de toutes origines et de toutes orientations comme Le Pen, Tapie, Berlusconi ou Jirinovski. Les démagogues partagent avec les narodniks le mépris des corps intermédiaires et des institutions représentatives. Toutefois, les premiers font appel à l'âme du peuple; les seconds, à son corps, et même à son ventre."

Cela ne vous rappelle personne ?

En plus, M. Décaillet se profile sur le même terrain lorsqu'il dénigre les citoyens responsables qui n'ont pas accepté le résultat d'une élection pour laquelle des doutes sérieux quant à la transparence du scrutin subsistaient… et que le Tribunal Fédéral, plus haute instance juridique du pays, a cru bon de confirmer la décision d'invalidation ? Truquer une élection ne serait donc pour M. Décaillet pas un "cas extrême" ? J'en suis soufflé ! Et quant aux résultats de hier, certes, j'en prends acte. Mais je n'oublie pas non plus que le sort juridique du candidat policier finalement élu a été scellé par un Procureur général qui était candidat à sa propre réélection.

Ce qui est par contre sûr, mais M. Décaillet veut l'ignorer, il n'aime pas les petites grenouilles roses et rouges, c'est que contrairement à ce qu'il prétend, la gauche et les socialistes se préoccupent toujours autant de la forêt cachée par quelques gros arbres qu'il feint de ne pas voir : les personnes défavorisées, la vie dans les quartiers "difficiles", les problèmes liés à l'intégration, aux migrations faites dans la douleur et dans la précipitation. L'insécurité et les incivilités aussi. Les personnes âgées, les enfants. Mais pour nous, les réponses ne sont pas possibles en niant la réalité des problèmes, donc elles sont complexes car la réalité EST complexe. Et difficilement intéressantes quand on cherche de l'Audimat entre un match de foot, un feuilleton "décomplexé", un jeu pour lobotomisés et une émission de téléréalité…

Alors, si cette forêt d'électeurs et électrices qui votent actuellement MCG ne sont pas tous populistes et qu'ils vivent dans des conditions pas faciles sans que les pouvoirs publics ne leur donnent de réponses satisfaisantes à leurs yeux, ils n'en sont pas moins effectivement menés par de vrais populistes dont M. Décaillet fait le lit au quotidien, même s'il feint de ne pas le voir.

03:41 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : décaillet, mcg, tribune de genève, léman bleu, sig, populisme | |  Facebook