04/12/2008

La Course contre le profit (3) : faut-il payer des salaires ou rémunérer des actions ?

 

Une des questions essentielles posée par le pseudo-retour de la morale et de l'éthique dans le monde des affaires concerne le niveau de rémunération des dirigeants d'entreprises.

 

Etrangement, le débat se focalise sur le salaire des dirigeants, certes indécents dans de nombreux cas, mais il occulte l'autre volet de la distribution des bénéfices des entreprises, à savoir la distribution des dividendes aux actionnaires. En fait, la distribution de dividende est une soustraction en partie arbitraire de la richesse produite par les collaborateurs et collaboratrices de l'entreprise.

 

L'actionnaire est un co-propriétaire, il encaisse une rémunération pour son placement, son investissement (donc son risque aussi), pas pour son travail. Ainsi, on peut se demander si les pressions qui existent pour baisser les rémunérations des dirigeants ne sont pas davantage motivées par la volonté de rémunérer davantage les actionnaires plutôt que par de belles considérations égalitaristes.

 

Moins de fric pour les dirigeants, qui restent des "travailleurs", c'est plus de fric pour les actionnaires, les propriétaires qui "placent".

 

Une forte tendance économique des dernières années est justement d'encourager massivement la propriété, l'actionnariat. Et son corollaire, la spéculation. On l'a encore vu avec la votation du 24 février dernier mensongèrement intitulée "réforme des entreprises II" alors qu'elle visait essentiellement à faire des cadeaux fiscaux aux gros actionnaires (plus de 10% du capital, indépendamment du fait qu'on travaille ou non dans l'entreprise).. Placer plus, placer mieux pour gagner plus. Sans travailler. L'argent qui tombe du ciel. Le règne du bling bling.

 

L'existence de placements spéculatifs, aux risques plus élevés, introduit une distorsion fondamentale entre la rémunération "normale" de projets de l'économie réelle et la rémunération spéculative de projets déconnectés de l'économie réelle par différentes techniques financières à l'opacité croissante.

 

Un rendement compris entre 2% et 10% pour un projet de l'économie réelle n'est pas rare; il est considéré comme trop faible dans une économie spéculative, où une rémunération de l'ordre de 15%, voire de 20%, est considérée comme un minimum… Et la confusion – volontaire - est telle qu'on demande à l'économie réelle d'offrir les mêmes conditions de rémunération que la spéculation… ce qui explique d'ailleurs aussi les énormes pressions qui existent pour baisser les coûts de production, donc les salaires, dans l'économie réelle. La rémunération ne distingue plus le papier, la transaction informatique de la matière, de la production de biens et services matérialisés. Le profit ignore l'être humain, qui est un facteur de production, un coût, parmi d'autres.

 

Les systèmes économiques qui encouragent le placement, la propriété, au détriment du travail réel, se déconnectent de la réalité et surtout engendrent un système basé sur le parasitisme, les sangsues qui possèdent le capital sucent les revenus des travailleurs pour que cela rapporte plus.

 

Rien de nouveau sous le soleil en fait, l'inégalité des revenus étant considérée comme une sorte de fatalité et les droits de la propriété comme sacré, même lorsqu'ils s'exercent sans respect des autres. Et que bien souvent ils résultent d'opérations menées au détriment des autres; on gardera à l'esprit que des banques suisses telles que l'UBS, le Crédit Suisse ou à la défunte SBS ont fait d'excellentes affaires avec le régime sud-africain de l'Apartheid qui produisait de l'or et des diamants en exploitant des travailleurs noirs privés de droits. Plus loin dans notre histoire, on pensera aux excellents rapports commerciaux de la Suisse avec l'Allemagne nazie, aux banquiers genevois qui ont financé l'esclavagisme ou les exploitations coloniales (même si évidemment la problématique n'a pas concerné que la Suisse , les puissances coloniales ayant financé par le vol systématique de matières premières, de terres et d'esclaves leur industrialisation)

 

La rémunération du capital ne devrait pas être une fin en soi. Aujourd'hui, il est cependant extrêmement difficile d'envisager un système économique qui ne serait pas (plus) basé sur cette engeance, notamment parce que les Etats occidentaux ont trouvé le moyen d'étendre ce type de financement basé sur la spéculation aux systèmes de retraite… C'est un très mauvais calcul quand, comme aujourd'hui, des fonds de pension jouent les retraités d'aujourd'hui contre les travailleurs d'aujourd'hui… qui seront les retraités de demain !

 

Mais ce système n'est pas une fatalité ! Des entreprises, des banques mêmes, essayent de créer un système économique plus équitable entre les travailleurs et les propriétaires ! L'avenir est devant nous !

 

Mais en attendant, comme le chemin est encore long (je vous épargne les raffarinades possibles), je vous propose de venir faire une petite course avec les Socialistes et leurs amis dans le cadre de la course de la Marmite, ce samedi 6 décembre à 18h30... en vous déguisant selon l'inspiration du moment sur le thème de la course contre le profit, en lingot, berlingot, chèque de 60 milliards ou autre !

18:57 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rémunération, capital, salaire, sbs, ubs, cs, apartheid | |  Facebook

29/11/2008

Avec les Socialistes, participez à la Course contre le profit !

 

J-7

 

Samedi 6 décembre, dans le cadre de la course de la Marmite , je vous invite à venir courir avec les Socialistes… et profiter de l'occasion pour exprimer en couleur, en douleur, déguisés, en verve, à poil, en pleurs, en rires - ou en jaune cocu d'ailleurs peut-être - votre ras-le-bol !

 

Oui, ras-le-bol de ce système économique qui écrase les petits revenus, qui tond la classe moyenne, qui exclut du marché du travail toutes celles et tous ceux qui sont légèrement "hors normes" ou tout simplement considéré comme (biffez les mentions inutiles) : trop vieux, trop jeune, trop cher, trop qualifié, pas assez qualifié… Tout en faisant toujours plus de cadeaux aux riches, aux actionnaires, aux multinationales… Forfait fiscal par ici pour les riches étrangers, exonération pendant 10 ans pour les entreprises qui se délocalisent ici à Genève, revenus des actionnaires non soumis à l'impôt, pendant que  vous, au prétexte de considérer tous les revenus comme équivalents, vous êtes taxés sur l'aide personnalisée au logement, sur les rentes complémentaires, etc., etc. En réalité, c'est chaque franc de pauvres qui est équivalent et "égal" devant l'impôt… pas chaque franc de riches.

 

Concurrence, concurrence, gagner plus pour les uns, perdre encore plus pour les autres… A part les accros du bling-bling, qui peut encore croire que gagner toujours plus peut se faire sans conséquence néfaste pour les autres ? Est-il vraiment normal d'avoir des millionnaires, des milliardaires pendant que d'autres dorment dans la rue et ne mangent pas à leur faim ?

 

Est-il nécessaire de gagner plusieurs centaines de milliers de francs par mois pour vivre ? Pour être heureux ? Alors que M. Dupont se fait expulser de son logement car il n'a plus de travail depuis si longtemps qu'il ne touche plus d'allocations chômage ? Et que Mme Durand trime 8 heures par jour pour 3'500.- par mois ? Et rentrer extenuée le soir chez elle, dans son petit 3 pièces au loyer exorbitant ?

 

Est-ce que cela a un sens que d'avoir un patron qui gagne plusieurs millions de francs par an ? Il vient d'où cet argent ? De notre travail, de votre travail et encore plus de travail de milliards de personnes qui vivent dans la précarité, la misère, la faim, la soif, la peur…. pour notre petit confort de privilégiés parmi les privilégiés.

 

En Suisse, pays riche, de riches, on expulse des roumains miséreux qui quémandent quelques francs… mais on donne sans rechigner au banquier qui fait la manche pour 60 milliards…

 

Et après, EconomieSuisse et tous les milieux patronaux traditionnels, où les salaires indécents sont presque la norme, viennent pleurer misère pour vous dire qu'il n'est pas possible de financer une retraite flexible pour les classes moyennes ? On rigole, jaune, jaune, jaune.

 

D'ailleurs, j'aimerais aussi bien savoir d'où vient le fric de la campagne contre l'initiative sur l'AVS… Des partis qui ont peu de moyens propres, comme les PDC ou les Radicaux trouvent le moyen de se payer quotidiennement des annonces dans les médias ? Etrangement, les journalistes ne s'y intéressent guère, l'argent vient pourtant des entreprises, des lobbies patronaux et bancaires, qui veulent garder les millions pour eux. Alors, il vient d'où ce fric, mesdames et messieurs les journalistes ? On les pose les questions ou on pense au prochain cocktail mondain avec ces chers amis ? Ou à la prochaine et si sympathique invitation au chalet, à Verbier, pendant les fêtes ?

 

Mais nous n'aurons certainement jamais de réponse…

 

Alors, en attendant, profitons de l'occasion, la course de la Marmite , c'est comme le carnaval : même les pauvres, plumés, exploités, pressurés peuvent faire la fête pour oublier leurs malheurs !

 

PS : dans les "sponsors" de la course, le principal n'est-il pas l'UBS d'ailleurs ? On pourra méditer en courant sur le sens du "sponsoring"… financé en réalité par votre travail, votre argent… et maintenant vos impôts !

 

... En mangeant des pâtes quelques jours de plus par mois, pensez à M. Ospel et ses successeurs !

08:47 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : profit, capitalisme, libéralisme, ubs, banques, marmite, escalade | |  Facebook