Crise financière grecque : pour le gel des avoirs grecs déposés en Suisse ! (06/07/2011)

Je ne sais pas si vous suivez, comme moi, d’un œil et d’une oreille un peu « dépités » le récit des événements de la crise financière actuelle, en particulier les fameux « plans d’austérité » que les Etats concernés doivent mettre sur pied pour obtenir une aide financière à court terme du FMI ou de l’Union Européenne.

Il y a quelques jours, j’ai essayé de savoir plus en détail qui avait demandé – imposé plutôt – à la Grèce de prendre telle ou telle mesure d’austérité.

Qui a demandé de baisser les salaires dans la fonction publique ?
Qui a demandé de baisser certaines rentes ?
Qui a demandé de privatiser l’eau ?

Outre le fait qu’il m’a été impossible de trouver une liste exhaustive de toutes les mesures – on pourrait plutôt parler de purges – imposées aux Grecs, je n’ai pas non plus été capable de déterminer qui avait demandé quoi.

Ce qui est certain par contre, c'est que les efforts demandés ne sont pas équitablement répartis sur l'ensemble des classes sociales grecques et que les privilégiés tricheurs ne contribuent notamment pas à l'effort national.

En ce qui me concerne, je ne peux en effet m’empêcher de penser que si certaines des mesures peuvent sembler « logiques » (p.ex. des hausses d’impôts, voire la suppression du 14ème salaire dans la fonction publique – encore qu’il faudrait vérifier le montant des salaires), d’autres s’apparentent à la mise en œuvre de politiques néolibérales visant à démanteler les Etats au profit des multinationales, selon le principe, sacré pour certains, de la privatisation des bénéfices et la collectivisation des pertes.

Il en va ainsi avec la proposition de privatisation du secteur de l’eau, qui est choquante à plus d’un titre.

Il s’agit en effet d’un bien vital qui ne devrait jamais être privatisable ni même être considéré selon une logique commerciale.

On a d’ailleurs pu vérifier les effets pervers d’une telle privatisation chez nos amis français, ou les « marchands d’eau », anciennement Générale des Eaux (devenue Vivendi puis aujourd’hui Veolia) et Lyonnaise des Eaux (aujourd’hui filiale de GDF Suez) ont non seulement alimenté en eau potable leurs clients, mais également les caisses noires des différents partis politiques… Ce qui n’est pas véritablement de nature à rassurer en matière de gestion efficace et rationnelle des biens publics…

D’ailleurs, quelque part, et c'est une bonne nouvelle, le peuple italien vient de donner une réponse cinglante aux partisans dogmatiques des privatisations, en refusant il y a quelques semaines la privatisation berlusconienne du secteur de l’eau en Italie.

Mais j’aimerais bien savoir si c’est le FMI ou l’Union Européenne qui souhaite imposer cette mesure à la Grèce…

Revenons cependant à nos amis grecs et à ces plans d’austérité aux contours mal connus.

Le fait que ces plans prônent, en plus de la vente des bijoux de famille par les privatisations, des mesures d’économies sur certains salaires ou les rentes ne me semble pas acceptable quand on sait – ou en tout cas les médias semblent le savoir puisque l’information est régulièrement évoquée – qu’une part non négligeable des grecs ne payent pas d’impôts. Des armateurs aux professions libérales, il semble bien que les Grecs riches et fortunés ne contribuent pas de façon proportionnée à l’effort imposé par la communauté internationale.

Cela n’est pas acceptable.

Si le système politico-économique grec ne peut pas s’atteler aujourd’hui à la réforme de sa fiscalité de façon plus globale et plus équitable, il ne me semble pas que cela soit une raison suffisante pour ne pas aider le gouvernement grec à récupérer une partie des fortunes et revenus qui n’auraient pas été déclarés par ses concitoyens et qui pourraient se trouver dans les coffres des banques suisses.

Dans cet esprit, il me semblerait donc judicieux que la Confédération agisse comme elle l’a fait pour les avoirs des Ben Ali et autres membres du clan Moubarak, en gelant les avoirs des ressortissants et entreprises grecs déposés dans les banques exerçant en Suisse et qu’elle transmette ensuite une liste au gouvernement grec pour que celui-ci puisse imposer et éventuellement amender les déposants qui ne seraient pas en règle avec leur fisc national.

J’ai donc décidé de proposer à mes collègues socialistes la Résolution suivante qui vise à demander au Conseil Fédéral d’agir dans les meilleurs délais pour contribuer, aussi par solidarité internationale, au désendettement plus équitable de la Grèce.

Resolution_GelDesAvoirsGrecsDeposesEnSuisse.pdf

09:45 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : crise grecque, banques, gel des avoirs grecs, tricheurs | |  Facebook