Candidatures socialistes au Conseil d'Etat : les étranges méthodes de Pascal Décaillet (27/01/2009)

Message commun à Mmes Pürro, Emery-Torracinta, Fehlmann-Rielle et M. Tornare; copie à M. Longet. Je tiens vraiment à vous avoir TOUS ce soir sur mon plateau. Ne pas venir le jour où on annonce sa candidature serait un comportement politique icompréhensible et signalerait que vous ne vous intéressez pas à la campagne, dont acte. Meilleurs messages. Pascal Décaillet.

C'est textuellement (faute de frappe comprise) par ce SMS que, vendredi 23 janvier, les candidates et candidats socialistes à la candidature au Conseil d'Etat ont été "invités" par Monsieur Pascal Décaillet, journaliste-animateur-vedette de Léman Bleu, à son émission du soir.

 

Si l'esprit de la demande est sans doute légitime pour une émission phare d'une télévision locale, je suis par contre vraiment choqué de la formulation et des sous-entendus menaçants du message : comment M. Décaillet peut-il s'ériger en juge de l'engagement des candidats et de la nature de leur comportement politique par le simple fait que l'un ou l'autre d'entre eux n'aurait pas été présent sur son plateau le vendredi soir ? Alors que nous siégions au Grand Conseil, que la pause est courte, que les politiciennes de milice que sont les candidates ont – et heureusement ! – une vie en dehors de la politique, des enfants, la famille, des amis… voire des sollicitations d'autres journalistes, tout aussi respectables me semble-t-il ?!

 

J'ai l'impression que nous assistons ici à une nouvelle manifestation du manque de respect de M. Décaillet à l'égard des Socialistes, des Verts et de la gauche en général… j'ai même envie de dire aussi d'un certain manque de professionnalisme, en étant incapable de mettre de côté ses jugements de valeur lorsqu'il s'agit de s'adresser à des personnes qui ne pensent pas comme lui. On peut imaginer ce que cela donnera sur le plateau, ne serait-ce que par l'utilisation de cette pression malsaine.

 

Pourtant, libre à lui de penser ce qu'il veut… Mais cela ne devrait pas empêcher les citoyennes et citoyens genevois de bénéficier d'une couverture objective et sans a priori trop flagrants des élections cantonales de cet automne. Et j'ai de grands doutes avec Léman Bleu.

 

Au demeurant, même si les partis-pris (c'est le cas de le dire) de M. Décaillet me semblent plus particulièrement dérangeants quand ils ont lieu sur Léman Bleu, une télévision locale, créée avec des fonds publics, le problème reste le même quand il intervient sur Radio-Cité (vous savez, cette radio ex-associative qui permettait une certaine diversité d'informations avant l'arrivée de Mme de Witt).

 

En effet, la Loi fédérale sur la radio et la télévision, indique dans son article 4, "Exigences minimales quant au contenu des programmes" à son alinéa 4, que : "Les programmes des concessionnaires doivent refléter équitablement, dans l’ensemble de leurs émissions rédactionnelles, la diversité des événements et des opinions. Si une zone de desserte est couverte par un nombre suffisant de diffuseurs, l’autorité concédante peut exempter un ou plusieurs concessionnaires de l’obligation de diversité."

En fait notre démocratie mérite mieux que la pensée médiatique unique et il est terrible de savoir que pour pouvoir être connu par les téléspectateurs de Léman Bleu, il faut satisfaire aux exigences de M. Décaillet... Nous sommes mal barrés.

 

http://www.admin.ch/ch/f/rs/784_40/a4.html

 

ps1 : samedi matin, 24 janvier, matinée un peu glauque post-Grand Conseil avant un stand référendum LPP à 10h à la Place des Aviateurs, je fais lire ce SMS à ma maman, 72 ans en mai, ex-Conseillère nationale socialiste neuchâteloise, ex-vice-présidente du Parti Socialiste Suisse, toujours active en politique au sens large (à l'AVIVO suisse notamment) et évidemment intéressée - avec un recul bienvenu - aux péripéties de la politique genevoise… J'ai cru qu'elle allait faire une attaque ! Elle était scandalisée et furieuse !

 

ps2 : un très précieux ami journaliste, le célèbre bourdon des Pâquis, vient de s'envoler à nouveau pour l'Est, ex-Républiques soviétiques, où il forme des journalistes à la démocratie et à la presse qui va avec. Je lui envoie copie de ce SMS alors qu'il déguste des calamars à Istanbul entre deux avions…Il s'en étrangle d'indignation : " il se prend pour qui pour parler au nom de la population, et savoir ce qu'elle déduira de la présence ou de l'absence de quelqu'un sur son platelet ?" (et je vous épargne la suite)

 

07:37 | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : conseil d'etat, socialistes, décaillet, léman bleu, politique genevoise, médias genevois | |  Facebook