Pierre Maudet : non, la page n'est pas (encore) tout à fait tournée.

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Toujours dans le déni et le délire, les quelques propos de Pierre Maudet que j'ai pu lire ou entendre dimanche en fin de journée après un ambrosiaque pique-nique sur les hauteurs neuchâteloises m'ont, une fois de plus, interpellé par leur stupide prétention : non, Pierre Maudet ne peut pas encore être laissé tranquille au fallacieux prétexte de sa défaite combinée au respect de sa vie privée et familiale !

 
Pierre Maudet a en effet encore des comptes publics à rendre, nombreux, sa défaite et sa famille n'y changent rien, et tant que ce ne sera pas le cas, il restera, peut-être malheureusement pour lui mais je n'y crois pas encore, une personne publique dont on appréciera, en toute connaissance de cause, les agissements et les propos.
 
Outre la suite en 2ème instance de son procès pour les actes gravissimes qu'il a commis en se rendant ainsi à Abu Dhabi, outre l'absence de transparence qu'il maintient lamentablement au sujet de ses tricheries fiscales, il y a tout le volet de la gestion calamiteuse et à des seules fins électoralistes de son département et le futur rapport de la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil sur l'OCPM.
 
On lira aussi avec intérêts ses comptes de campagne quand ils seront déposés.
 
On vérifiera encore s'il respecte sa promesse de l'époque de renoncer à sa rente à vie de Conseiller d'Etat à la retraite.
 
Et il y a certainement encore aussi une suite institutionnelle à donner au Grand Conseil, où ses partisans sont - ou étaient en tout cas jusqu'à dimanche... - nombreux, au point de toujours constituer une majorité du Grand Conseil ou en tout cas une très forte minorité nuisible, tous partis confondus, pour ENFIN, après 3 ans d'inaction incompréhensibles, légiférer en matière de destitution de Conseillers d'Etat, comme Neuchâtel a dû le faire après avoir connu un épisode tout aussi peu glorieux avec un autre Conseiller d'Etat PLR.
 
Et il y a effectivement aussi des lois portées par Pierre Maudet - et soutenues au final et souvent après pas mal de débats internes par le groupe socialiste auquel j'appartenais - qui méritent un regard rétrospectif critique et certainement des réformes, la LPol, loi sur la police, la LRDBHD, la loi sur les cafés-restaurants et j'en oublie d'autres.
Reste aussi à savoir si les réseaux plus ou moins occultes et clientélistes mais dans tous les cas nuisibles pour notre démocratie qui ont pu soutenir Pierre Maudet seront muselés ou partiellement démantelés.
 
Il y a aussi tout le volet pénitentiaire genevois, que Pierre Maudet a modifié en profondeur et de façon assez catastrophique, en se basant sur une planification pénitentiaire mégalomane, qu'il avait pourtant fait adopter par le Conseil d'Etat dès son arrivée... alors que, clairement, une telle planification, qui entraîne des investissements de plusieurs centaines de millions de francs et des charges de fonctionnement annuelles supplémentaires se comptant également en dizaines de millions de francs, devrait être débattue et votée par le Grand Conseil (et, en étant un minimum cohérent tant à gauche qu'à droite, en expliquant aussi comment les investissements et coûts de fonctionnement en question seraient assumés dans les futurs budgets cantonaux, le "on dépense aujourd'hui et on verra bien après comment on se démerde pour payer" ayant atteint les limites du supportable !).
 
Après tout ça, si Pierre Maudet décide sagement de trouver du travail dans l'économie privée - sans copinage pour obtenir un poste au détriment d'une autre personne - et se consacrer à sa famille, on pourra l'oublier et tourner la page...
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